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10/09/2011

Massoud l'Afghan, par Christophe de Ponfilly

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Le son et l'image sont, par moments, décalés, mais ce reportage sur le Commandant Massoud vaut la peine d'être vu de bout en bout. Une pensée pour l'admirable Christophe de Ponfilly qui s'est donné la mort trop tôt, par désespoir, par dégoût, lui l'homme plein de courage, l'ami authentique de Massoud qui rigolait des postures de BHL quand celui-ci affirmait être l'ami du guerrier afghan, mais qui rigolait, sans doute, d'un rire qui pleurait en secret.


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09/09/2011

Ahmad Shah Masoud : "Toi, le Mollah, c'est trop dur pour toi..."

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Ahmad Shah Masoud

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Seul contre tous

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Je me disais donc que le monde est dévoré par l'ennui

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« Je me disais donc que le monde est dévoré par l'ennui. Naturellement, il faut un peu réflechir pour se rendre compte, ça ne se saisit pas tout de suite. C'est une espéce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu'elle ne craque même pas sous la dent. Mais que vous vous arrêtiez une seconde, la voilà qui recouvre votre visage, vos mains. Vous devez vous agiter sans cesse pour secouer cette pluie de cendres. Alors, le monde s'agite beaucoup. »

Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne

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08/09/2011

Je suis parfaitement normal !

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Les considérations de Le Bon sur la transformation de l'homme par les situations de masse sont désormais caduques

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« Les considérations de Le Bon sur la transformation de l'homme par les situations de masse sont désormais caduques, puisque l'effacement de la personnalité et l'abaissement de l'intelligence sont déjà accomplis avant même que l'homme ne sorte de chez lui. Diriger les masses dans le style Hitler est désormais inutile : si l'on veut dépersonnaliser l'homme (et même faire en sorte qu'il soit fier de n'avoir plus de personnalité) on n'a plus besoin de le noyer dans les flots de la masse ni de le sceller dans le béton de la masse. L'effacement, l'abaissement de l'homme en tant qu'homme réussissent d'autant mieux qu'ils continuent à garantir en apparence la liberté de la personne et les droits de l'individu. Chacun subit séparément le procédé de "conditionning" qui fonctionne tout aussi bien dans les cages où sont confinés les individus, malgré leur solitudes, malgré leurs millions de solitudes. Puisque ce traitement se fait passer pour "fun" ; puisqu'il dissimule à sa victime le sacrifice qu'il exige d'elle ; puisqu'il lui laisse l'illusion d'une vie privée ou tout du moins d'un espace privé, il agit avec une totale discrétion. Il semble que le proverbe allemand "un chez-soi" vaut de l'or, soit à nouveau vrai ; mais dans un tout autre sens. Si un chez-soi vaut aujourd'hui de l'or, ce n'est pas du point de vue du propriétaire qui y mange de la soupe conditionnée, mais du point de vue des propriétaires du propriétaire, de ce chez-soi, ces cuisiniers et fournisseurs qui lui font croire que sa soupe est faite maison. »

Günther Anders, L'obsolescence de l'homme

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07/09/2011

Qui n’a pas une fois désespéré de l’honneur ne sera jamais un héros

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« Pour être un héros, il faut avoir au moins une fois en sa vie senti l’inutilité de l’héroïsme et de quel poids infime pèse l’acte héroïque dans l’immense déroulement des effets et des causes, réconcilié son âme avec l’idée de lâcheté, bravé par avance la faible, l’impuissante, l’oublieuse réprobation des gens de bien, senti monter jusqu’à son front la chaleur du plus sûr et du plus profond repaire, l’universelle complicité des lâches, toujours béante, avec l’odeur des troupeaux d’hommes. Qui n’a pas une fois désespéré de l’honneur ne sera jamais un héros. »

Georges Bernanos, "Scandale de la vérité", dans "Essais et écrits de combat"

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06/09/2011

"STEVE JOBS, I-MORTEL" par Slobodan Despot

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L’homme à la Pomme croquée, l’homme dont tous les geeks du monde suivaient les annonces le souffle coupé pour tomber en transe au moment du « one more thing » (Oh, encore un détail…), l’homme qui révolutionna le mode même de notre interaction avec les machines, l’homme Steven Jobs va mourir. « Malheureusement, ce jour est arrivé », annonce-t-il laconiquement à ses employés. Cet adverbe a son poids dans une lettre de démission : celui qui l’écrit n’a pas seulement cédé la barre d’Apple, mais également celle de sa propre vie.

Au moment même où il prépare le transfert de sa technologie dans le « nuage » immatériel, multiredondant et donc immortel, l’« i-Cloud », Steve Jobs va mourir. Une photo de lui a filtré, peut-être truquée mais qu’importe : lunettes rondes sur un crâne décharné, jambes d’échassier sous un peignoir informe. Pareil à Gandhi au sortir d’une grève de la faim. Gandhi, dont il fit l’un des emblèmes de son « Penser autrement ». Sauf que sa grève, à Steve, n’est pas volontaire. Elle est le fait de son corps périssable, sur lequel la science n’a aucune prise. Il le sait, il l’a prévu et exprimé : « la mort est la plus formidable invention de la vie », a-t-il dit.

Au moment même où Apple vient de détrôner, pendant quelques heures, la plus puissante cotation boursière, celle d’Exxon, Steve Jobs rejoint le parfait dépouillement. Il nous lègue une culture ambivalente qui accomplira peut-être la prophétie du grand Philip K. Dick : la fusion, voire le croisement, de l’homme et de la machine sur l’échelle de l’âme. Sa mort physique n’a au fond aucune importance.

La conquête avait commencé avec un petit cube bizarrement appelé Macintosh. La pub initiale, inspirée du 1984 d’Orwell, avait tout d’un manifeste. Briser l’écran de la pensée unique !

La publicité est toujours mensongère : celle-ci le fut moins que d’autres. Rappelez-vous ce divin soulagement. Avant, nous devions nous faire à la machine. Avec le Mac, la machine s’adaptait à nous et à nos symboles. Nous n’écrivions plus en vert sur noir, comme des taupes, mais en noir sur blanc, comme des gens. Le système concurrent, le MS-DOS de Bill Gates, apparut soudain sous son vrai visage : la raideur IBM-protestante couplée à la laideur est-allemande. La suite ne fut qu’une cavalcade de plagiaires aux trousses d’Apple, dont nul ne put égaler l’élégance et la simplicité.

Mon premier Mac, de 85, tourne encore. Il a écrit des milliers de pages. J’ai imposé des Mac partout, juste pour ne pas voir le kitsch dysfonctionnel, moralisateur et intrusif du système concurrent, qui tenait les 97 % du marché. Et qui noyait le monde sous les bugs et les virus.

Steve Jobs aura imprégné mon esprit plusieurs heures par jour depuis un quart de siècle. Après avoir combattu Big Brother, il l’est devenu lui-même. Mais je lui suis redevable de deux leçons essentielles : de n’avoir jamais oublié l’harmonie quand les autres ne visaient que l’utilité ; et d’avoir prouvé que la majorité n’a jamais raison.

Slobodan Despot, SOURCE : Despotica...

 

 

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05/09/2011

Ayn Rand is Back !

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La Grève (Atlas Shrugged) - Ayn Rand par LesBellesLettres

Pour mieux connaître cette femme d'exception qu'était Ayn Rand, voir la bio de Alain Laurent, à paraître, également aux Belles Lettres le 22 septembre prochain...

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Un verdict révoltant, par Xavier Raufer

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Le verdict est tombé début juillet. On le craignait révoltant. Il le fut. Voici les faits. En avril 2005, une fugueuse de 14 ans s’égare vers une cité hors contrôle de Carpentras. Happée par une meute, elle est, au long du mois d’avril, violée dans des caves ou des hôtels par environ 30 individus de 16 à 22 ans ; exhibée, filmée par les brutes, elle est même, au long d’une route, prostituée aux automobilistes de passage.

La malheureuse parle de « cauchemar ». Ces faits sont d’autant plus graves que la réitération des crimes et la préméditation y sont flagrants. Le lecteur doit ici savoir ce qu’encourt tout condamné pour “viols en réunion sur mineure de 15 ans”, “séquestration”, “corruption de mineure” et “proxénétisme aggravé” : pour un mineur, de 10 à 15 ans de prison, le double pour un adulte.

Des arrestations adviennent enfin quand la gamine s’échappe. Finalement, un procès se tient en juin dernier, à Avignon, devant la cour d’assises des mineurs du Vaucluse. Or, pour qui a encore les yeux ouverts, la lecture des articles consacrés à ce procès par le quotidien régional la Provence suscite d’abord l’incrédulité puis un dégoût toujours plus vif et enfin, même, un sentiment d’horreur.

Car ce qu’on expose au procès, c’est la Guerre des boutons ou une histoire de boy-scouts – et pas le massacre d’une jeune fille tel qu’évoqué ci-dessus.
Le psy, d’abord, caricature de gauchiste en chemise à fleurs. Les violeurs ? Ils ont vécu ce passage à l’acte « comme un rite initiatique », s’inscrivant « dans un désir d’appartenance au groupe ». Des jeunes certes « intolérants à la frustration » mais, hélas, pas « armés pour anticiper la relation avec cette jeune fille » : ils n’ont donc pas « perçu la contrainte situationnelle » – par groupes de dix dans une cave, à la lueur des téléphones portables : on goûtera l’artistique minimalisme du qualificatif.

Quant à la jeune fille – là, on se surprend à serrer les poings –, le psy insinue qu’elle a pu, durant son calvaire, « ressentir une forme de plaisir affectif ». Mais demain ? interroge quand même un juge. Tout est au mieux, assure le psy, les violeurs « ne présentant aucun risque de récidive ». Dix lignes plus bas, on lit cependant que, lors du procès, deux des principaux prévenus sont « détenus pour une autre cause ».

Surprenante, ensuite, l’attitude du quotidien, qui, passé le rappel des faits, édulcore constamment. Jusqu’à, par exemple, titrer sur ce qui a bien pu se passer « dans la tête de ces enfants terribles ». Pour mémoire, les Enfants terribles, film onirique et précieux écrit par Jean Cocteau sorti en 1950, ressemble autant au viol collectif de Carpentras qu’une matinée enfantine au carnage de Verdun.

À la fin, le verdict. Il est « mesuré », se réjouit le quotidien. De façon entortillée, on apprend qu’une poignée des mis en cause passera peut-être deux à trois ans en prison, mais encore pas sûr, vu le savant mélange du sursis et des peines de prison ferme.

À ce point du récit, un commentaire du criminologue – mais surtout, un grave constat. Le commentaire : ce procès pue fortement la trouille et l’intimidation.

Chacun – hélas ! pas le seul quotidien et son journaliste – y est fort attentif à ne heurter aucun des prévenus, dont les familles sont massivement présentes dans la salle. Tous se tiennent à carreau. Tous marchent sur des œufs. Tous prennent soin de parler par périphrases aimables et euphémismes délicats. Certes l’expert (un second psy) admet « ne pas avoir eu d’entretien prolongé avec les mis en cause » mais assure quand même que ce sont « des personnes plutôt bien » dont le comportement est « un grand mystère ».

Mais il y a pire que ce climat, disons, sicilien. Et ce second mystère explique que l’auteur – éberlué – ait patienté tout l’été avant d’écrire cet article. Il attendait en effet la riposte outragée, le collectif cri d’horreur des féministes – mais rien, juste un silence de mort. Une jeune fille violée à répétition. Prostituée de force. En prime, ce que disent d’elle les avocats de la défense est affreux. Échantillon : « C’est dans la relation avec le sexe qu’elle va vers l’autre. Ce n’est pas une recherche de plaisirs ; elle s’exprime avec son cul » (sic). Or silence sans faille, absolue absence de féministes, admettant tête basse qu’une femme violée en groupe “s’exprime avec son cul”.

Où est Mme Caroline Fourest, qu’on dit fort attachée à la cause des femmes ? Où sont les Chiennes de garde, ici sans voix ni crocs ? De son côté, Osez le féminisme ! n’a pas franchement osé grand-chose.

Pourquoi ce silence ? Le féminisme bobo s’évanouirait-il à l’entrée des cités chaudes ? Et comment auraient réagi ces militantes à éclipse si, au lieu de lascars, la “tournante” avait impliqué des adhérents d’un quelconque parti de droite ?

On ose espérer une réponse. Car dans un drame si terrible, tout silence retentira comme un accablant aveu. 

Xavier Raufer, criminologue


 

Source : Valeurs Actuelles

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04/09/2011

Appel au djihad devant la grande mosquée de Paris (26 aout 2011)

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Douce France... cher pays de mon enfance...

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"Je me fous de la France. Je me fous de mes médailles. Ce que je veux, c’est b… encore une fois avant de crever."

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« Il se rappelle ce qu’une infirmière lui a raconté de ce grand blessé de guerre qui arrachait ses médailles et criait, en la regardant avec des yeux atroces : "Je me fous de la France. Je me fous de mes médailles. Ce que je veux, c’est b… encore une fois avant de crever." (Pourquoi n’y aurait-il pas des femmes qui choisiraient pour devoir cet office-là, auprès des condamnés à mort ? Une œuvre ne pourrait-elle être créée en ce sens ? Mais pourquoi ne serait-ce pas un ordre de religieuses qui se spécialiserait dans cette forme sublime de la charité ?) »

Henry de Montherlant, Les lépreuses

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03/09/2011

Tout était frelaté

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« On avait pris l’habitude de regarder la hiérarchie de l’argent comme la seule qui existât et même comme la seule qui fut possible. Il n’y avait donc plus qu’un but dans la vie, qui était de gagner le plus d’argent qu’on pouvait et le plus vite qu’on pouvait, par n’importe quel moyen. On avait renoncé à l’image un peu patriarcale des grands rassembleurs de fortune, qu’on avait réussi à imposer quelques temps avant 1914. On ne croyait plus à Edison. On sentait derrière son fabuleux destin l’appui des banques. On ne croyait plus au boursier méritant, fils d’instituteur sorti premier de Polytechnique et devenu capitaine d’industrie. On était trop sûr de rencontrer dans sa carrière quelque heureux mariage ou quelque profitable servilité. Le self-made-man de la fin du siècle faisait sourire. Félix Potin, les époux Cognac, étaient devenus de touchantes estampes du passé. Les grandes fortunes d’affaires n’étaient plus une aventure de l’énergie et du caractère. Elles se faisaient en achetant les députés et en soupant avec les ministres. Et il n’y avait rien d’autre que cela. On ne pouvait croire en personne, on ne pouvait se proposer personne comme modèle. Tout était frelaté. DE temps en temps, on nous consolait comme des enfants avec quelque belle image, la cape rouge de Bournazel, la robe de bure du Père de Foucauld. Nos dieux étaient ceux qui mouraient en plein ciel. Nous adorions Guynemer. Et Lindbergh nous paraissait le dernier des hommes d’autrefois. Mais nous savions que c’était des leurres. Bournazel se faisait tuer pour qu’on agrandît les concessions de Mokta-El-Hadid, Lindbergh accomplissait un exploit fabuleux et cela servirait finalement à la TWA. Ces miroirs aux alouettes nous rabattaient vers les filets des financiers. Nos vieux maîtres traçaient sans se lasser des signes dans le ciel, ils criaient dans la nuit pour cette nation à la dérive que les voleurs tiraient vers les marais du Styx. Nous nous indignions sans comprendre qu’on ne pille que les cadavres. Comment aurait-elle pu être vivante cette France qui n’était plus que la Bourse de Paris ?

Nous sentions confusément que le nationalisme ne suffisait plus. C’était aussi autre chose qui était en cause. Les zigzag, les dérapages, les brusques percées vers l’âpreté révolutionnaire de Drieu la Rochelle, d’Ernst von Salomon, de Brasillach, de Thierry Maulnier, n’étaient pas des caprices de poulains fougueux. Nous cherchions un air pur, une vallée inconnue qui pût nous conduire vers d’autres contrées. Tout ce qui, en nous, aspirait à la générosité, à la justice, à l’héroïsme, était sans emploi. Parfois, le communisme nous fascinait. Mais il menait à une caserne où des esclaves terrifiés chantaient. L’Amérique nous envoyait ses rêves. Son gigantisme nous rappelait que les hommes possèdent la baguette de Moise, mais qu’il ne savent s’en servir que pour construire d’inutiles palais.

Nous nous sentions des étrangers non seulement dans notre patrie mais dans notre siècle et dans la morale de notre temps. Les hymnes montaient autour de nous pour célébrer la grandeur de la science et les bénédictions du progrès. Le monde était doux comme un soir d’été pour ceux qui déposaient le harnais des hommes. Qu’elles étaient reposantes, nos neuves épaulettes ! Parés de nos robes de mandarins, nous entrions dans l’immense et solennel cortège subalterne, nous marchions du pas tranquille de la docilité. Notre pitance serait sagement réglée come celle des hommes par d’insensibles dévaluations, nos plaisirs seraient tarifés et exploités, notre pensée serait fabriquée, dosée, soigneusement empaquetée. Et il n’y aurait rien d’autre, absolument rien d’autre. Selon le nombre de nos boutons et la largeur de nos épaulettes, notre vie serait consacrée à l’Urbaine ou à la Shell ou à l’Etat, et nous serions ainsi de "bons serviteurs" et plus tard de "vieux serviteurs", on ne savait pas très bien de quoi. »

Maurice Bardèche, Sparte et les sudistes

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02/09/2011

La vieillesse était tombée sur lui comme une chape

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« La vieillesse était tombée sur lui comme une chape, quand il attendait la femme de ménage qui ne viendrait pas, et c’est elle qui l’avait recroquevillé dans le fauteuil. Les journées sans visites, sans courrier, sans coup de téléphone devinrent interminables : elles lui donnaient la sensation de la mort. Il portait fréquemment le regard sur la pendule : comme l’aiguille avançait avec lenteur ! quelle étendue que cinq minutes ! Naguère encore, il se disait que dans la vieillesse on doit surveiller d’autant plus son temps qu’il est devant vous plus réduit. Mais à présent il voyait tout au contraire que la vieillesse est l’époque du temps perdu. Car tout lui était indifférent, qu’importait ce qu’il mettait dans ses heures ou s’il n’y mettait rien ? Et c’est pourquoi, du matin au soir – un peu semblable à ces soldats de l’armée de Lucullus dont parle Plutarque, qui hébétés par la chaleur, déplaçaient au hasard des pierres dans le désert d’Afrique – il faisait n’importe quoi, en attendant de se coucher tôt pour échapper par le sommeil à la conscience de soi-même. »

Henry de Montherlant, Le Chaos et la Nuit, Pléiade vol. II

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01/09/2011

Il y a ici des personnes qui se croient des âmes d'élite, qui s'approchent souvent des sacrements, et qui font peser sur leurs frères un fardeau plus lourd que la mort

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« Cest demain le terme d’octobre. On le paiera, sans doute, comme on a payé les autres. Avec quel argent ? C’est Dieu qui le sait. Tout ce que les créatures peuvent savoir, c’est que, depuis la fondation de Rome dont les Douze Tables féroces livraient le mauvais payeur à son créancier pour le vendre ou le mettre en pièces, il ne s’est assurément jamais rencontré une chienne plus implacable que la propriétaire des Léopold.

La voici, justement, assise devant son prie-Dieu, un peu en avant de Clotilde et de Léopold venus pour entendre la grand’messe. Elle a déjà, certainement, répandu des actions de grâces très abondantes et remercié le Seigneur de n’être pas une publicaine.

Enfin, ce qu’il y a de sûr et de consolant, c’est qu’elle ne peut pas mordre tout de suite. « À chaque jour suffit son tintouin », est-il dit dans le Discours sur la montagne.

Un prêtre vient de monter en chaire. Ce n’est pas le curé, personnage vertueux, sans indiscrétion ni fureur, qui, interrogé un jour par Léopold sur les sentiments religieux de sa paroisse, lui fit cette réponse : — Oh ! Monsieur, il n’y a ici que de très petites fortunes !!! et qui ne vint pas une seule fois consoler ses brebis nouvelles, quand elles étaient dans les affres de leur supplice.

Non ce n’est pas lui. C’est un vicaire humble et timide

par qui fut administrée Clotilde. Celle-ci le regarde avec une grande douceur et se prépare à l’écouter. Qui sait si ce « serviteur inutile » ne va pas lui donner précisément le secours dont elle a besoin ?

Quelle occasion, d’ailleurs, de parler à des pauvres, à des gens qui souffrent! Ce dimanche est le XXIe après la Pentecôte. On vient de lire l’Évangile des deux Débiteurs.

 

"Le royaume des cieux est comparé à un Roy, lequel voulut faire compte avec ses serviteurs.

 Et quand il eut commencé à faire compte, on luy en présenta un qui luy devoit dix mille talents.

Et d’autant qu’iceluy n’avoit de quoy payer, son Seigneur commanda que luy, et sa femme, et ses enfants, et tout ce qu’il avoit, fust vendu et que la debte fust payée.

Parquoy ce serviteur, se jettant en terre, le supplioit, disant : Seigneur, aye patience envers moy, et je payeray tout.

Adonc le Seigneur de ce serviteur, esmeu de compassion, le lascha, et luy quitta la debte.

Mais quand ce serviteur fut party, il trouva un de ses compagnons en service, qui lui devait cent deniers : lequel il saisit, et l’estrangloit, disant : Paye-moy ce que tu dois.

Et son compagnon en service, se jettant à ses pieds, le prioit, disant : Aye patience envers moy et je te payeray tout.

Mais il n’en voulut rien faire, ains s’en alla et le mit en prison jusques à tant qu’il eust payé la debte.

Voyans ses autres compagnons ce qui avoit esté fait, furent fort marris : dont s’en vindrent, et narrèrent à leur Seigneur tout ce qui avoit esté fait.

Lors son Seigneur l’appela, et lui dit : Meschant serviteur, je t’ay quitté toute ceste debte, pour tant que tu m’en as prié :

Ne te falloit-il pas aussi avoir pitié de ton compagnon en service, ainsi que j’avoye eu pitié de toy ?

Adonc son Seigneur courroucé le bailla aux sergens, jusqu’à ce qu’il luy eust payé tout ce qui luy estoit deu. "

 

Quel texte à paraphraser, la veille du jour où on étrangle les pauvres diables ! Tous les amnistiés, tous les libérés, tous les propriétaires du pays sont là, et il ne serait peut-être pas absolument impossible d’atteindre la conscience de quelques-uns. Mais le vicaire, qui est lui-même un pauvre diable et qui a la consigne générale de ménager les ventres pleins, tourne court sur « l’étranglement » et interprète la Parabole, si nette pourtant, si peu évasive, par le précepte infiniment élastique de pardonner les injures, noyant ainsi, dans la confiture sacerdotale de Saint-Sulpice, l’indiscrète et désobligeante leçon du Fils de Dieu.

Alors un nuage tombe sur Clotilde, qui s’endort. Maintenant, c’est un autre prêtre qui parle :

— Voilà l’Évangile, mes frères, et voici vos cœurs. Du moins j’ose présumer que vous les avez apportés. Je veux être persuadé que vous ne les avez pas oubliés au fond de vos caisses ou de vos comptoirs, et que je ne parle pas seulement à des corps. Qu’il me soit donc permis de leur demander, à vos cœurs, s’ils ont compris quelque chose à la parabole qui vient d’être lue.

Absolument rien, n’est-ce pas ? Je m’en doutais. Il est probable que la plupart d’entre vous avaient assez à faire de compter l’argent qu’ils recevront ou qu’ils pourront recevoir demain de leurs locataires, et qui leur sera très probablement versé avec d’intérieures malédictions.

Au moment où il est dit que le serviteur exonéré par son maître prend à la gorge le malheureux qui lui doit à lui-même une faible somme, les mains de quelques-uns ou de quelques-unes ont dû se crisper instinctivement, à leur insu, ici même, devant le tabernacle du Père des pauvres. Et quand il l’envoie en prison, sans vouloir entendre sa prière, oh ! alors, sans doute, vous avez été unanimes à vous écrier dans vos entrailles que c’était bien fait et qu’il est vraiment fâcheux qu’une pareille prison n’existe plus.

Voilà, je pense, tout le fruit de cet enseignement dominical que vos anges seuls ont écouté, avec tremblement. Vos Anges, hélas ! vos Anges graves et invisibles, qui sont avec vous dans cette maison et qui, demain, seront encore avec vous, quand vos débiteurs vous apporteront le pain de leurs enfants ou vous supplieront en vain de prendrepatience. Les pauvres gens, eux aussi, seront escortés de leurs Gardiens, et d’ineffables colloques auront lieu, tandis que vous accablerez de votre mécontentement, ou de votre satisfaction plus cruelle, ces infortunés.

Le reste de la parabole n’est pas fait pour vous, n’est-ce pas ? L’éventualité d’un Seigneur qui vous jugulerait à son tour est une invention des prêtres. Vous ne devez rien à personne, votre comptabilité est en règle, votre fortune, petite ou grande, a été gagnée le plus honorablement du monde, c’est bien entendu, et toutes les lois sont armées pour vous, même la Loi divine.

Vous n’avez pas d’idoles chez vous, c’est-à-dire vous ne brûlez pas d’encens devant des images. de bois ou de pierre, en les adorant. Vous ne blasphémez pas. Le Nom du Seigneur est si loin de vos pensées qu’il ne vous viendrait même pas à l’esprit de le « prendre en vain ». Le dimanche, vous comblez Dieu de votre présence dans son Église. C’est plus convenable qu’autre chose, c’est d’un bon exemple pour les domestiques et cela ne fait, au demeurant, ni chaud ni froid. Vous honorez vos pères et mères, en ce sens que vous ne leur lancez pas, du matin au soir, des paquets d’ordure au visage. Vous ne tuez ni par le fer ni par le poison. Cela déplairait aux hommes et pourrait effaroucher votre clientèle. Enfin, vous ne vous livrez pas à de trop scandaleuses débauches, vous ne faites pas des mensonges gros comme des montagnes, vous ne volez pas sur les grandes routes où on peut si facilement attraper un mauvais coup, et vous ne pillezpas non plus les caisses publiques toujours admirablement gardées. Voilà pour les commandements de Dieu.

Il est à peu près inutile de rappeler ceux de l’Église. Quand on est « dans le commerce », comme vous dites, on a autre chose à faire que de consulter le calendrier ecclésiastique, et il est universellement reconnu que « Dieu n’en demande pas tant ». C’est une de vos maximes les plus chères. Donc, vous êtes irréprochables, vos âmes sont nettes et vous n’avez rien à craindre…

… Dieu, mes frères, est terrible quand il lui plaît de l’être. Il y a ici des personnes qui se croient des âmes d’élite, qui s’approchent souvent des sacrements et qui font peser sur leurs frères un fardeau plus lourd que la mort. La question est de savoir si elles seront précitées aux pieds de leur Juge, avant d’être sorties de leur épouvantable sommeil…

Les impies se croient héroïques de résister à un Tout-Puissant. Ces superbes, dont quelques-uns ne sont pas inaccessibles à la pitié, pleureraient de honte, s’ils pouvaient voir la faiblesse, la misère, la désolation infinies de Celui qu’ils bravent et qu’ils outragent. Car Dieu, qui s’est fait pauvre en se faisant homme, est, en un sens, toujours crucifié, toujours abandonné, toujours expirant dans les tortures. Mais que penser de ceux-ci qui ne connurent jamais la pitié, qui sont incapables de verser des larmes, et qui ne se croient pas impies ? Et que penser enfin de ceux-là qui rêvent la vie éternelle, en bras de chemise et en pantoufles, au coin du feu de l’enfer ?

… Je vous ai parlé des locataires pauvres dont cette paroisse est suffisamment approvisionnée, et qui tremblent déjà, en songeant à ce que vous pouvez leur faire souffrir demain. Ai-je parlé à une seule âme vraiment chrétienne ? Je n’ose le croire.

Ah ! que ne puis-je crier en vous ! sonner l’alarme au fond de vos cœurs charnels ! vous donner l’inquiétude salutaire, la sainte peur de trouver votre Rédempteur parmi vos victimes ? Ego sum Jesus quem tu persequeris ! est-il dit à saint Paul fumant de rage contre les chrétiens, qui étaient alors comme les locataires de la Cité du Démon et qu’on pourchassait de gîte en gîte, l’épée ou la torche dans les reins, jusqu’à ce qu’ils payassent de tout leur sang le logis permanent des cieux. Je suis Jésus que tu persécutes !

On sait que ce Maître s’est souvent caché au milieu des indigents, et quand nous faisons souffrir un homme plein de misère, nous ne savons pas quel est celui des membres du Sauveur que nous déchirons. Nous avons appris du même saint Paul qu’il y a toujours quelque chose qui manque aux souffrances de Jésus-Christ, et que ce quelque chose doit être accompli dans les membres vivants de son Corps.

— Quelle heure est-il ? Père, disent à Dieu ses pauvres enfants, tout le long des siècles, car nous veillons « sans savoir le jour ni l’heure ». Quand finira-t-on de souffrir ? Quelle heure est-il à l’horloge de votre interminable Passion ? Quelle heure est-il ?…

— C’est l’heure de payer ton terme, ou d’aller crever dans la rue, parmi les enfants des chiens ! répond le Propriétaire…

Ah ! Seigneur ! je suis un très mauvais prêtre. Vous m’avez confié ce troupeau dormant et je ne sais pas le réveiller. Il est si abominable, si puant, si totalement affreux pendant son sommeil !

Et voici que je m’endors à mon tour, à force de le voir dormir ! Je m’endors en lui parlant, je m’endors en priant pour lui, je m’endors au lit des agonisants et sur le cercueil des morts ! Je m’endors, Seigneur, en consacrant le Pain et le Vin du Sacrifice redoutable ! Je m’endors au Baptême, je m’endors à la Pénitence, je m’endors à l’Extrême-Onction, je m’endors au sacrement de Mariage ! Quand j’unis, pour votre éternité, deux de vos images engourdies par le sommeil, je suis moi-même si appesanti que je les bénis comme du fond d’un songe et que c’est à peine si je ne roule pas au pied de votre autel !…

Clotilde se réveilla au moment où l’humble prêtre descendait de la chaire. Leurs regards se rencontrèrent et parce quelle avait le visage baigné de larmes, il dut croire que c’était son prône qui les avait fait couler. Il avait raison, sans doute, car cette voyante était tombée à un si profond sommeil qu’elle pouvait bien avoir entendu les vraies paroles qu’il n’avait osé prononcer que dans son cœur. »

Léon Bloy, La femme pauvre

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