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04/04/2017

Une opération irréprochable du point de vue de la technique

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« Cette semaine encore, un officier, jadis déporté, me racontait le spectacle auquel il avait assisté en Allemagne, dans son camp. Deux trains chargés de soldats allemands mutilés étaient arrivés un matin. C'étaient des mutilés graves, désormais impropres à tout service social, bref, pour une raison ou une autre, jugés des bouches inutiles. On les avait rassemblés de gare en gare, accueillis chaque fois avec des fanfares, ravitaillés copieusement par la Croix-Rouge en cigarettes et en cigares. Au camp, les SS leur avaient rendu les honneurs, le commandant et l'état-major du camp assistant au garde à vous à leur défilé. Puis, sous prétexte de les rafraîchir, on les avait poussés par groupes de vingt-quatre dans la chambre à gaz, elle-même décorée de drapeaux. L'opération avait duré quatre heures. Le témoin de cette scène n'est pas loin. Quelques-uns d'entre vous ont peut-être déjà entendu le même récit. Je trouve pour ma part l'opération irréprochable du point de vue de la technique. Oh ! je sais bien, vous me direz : ce sont des Allemands ! Mais ces techniques-là sont dans l'air, puisque le principe qui les inspire et les justifie est déjà entré plus ou moins avant dans les consciences. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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03/04/2017

Un homme pas très fréquentable

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« Un prophète n'est vraiment prophète qu'après sa mort, et jusque-là ce n'est pas un homme très fréquentable. Je ne suis pas un prophète, mais il arrive que je voie ce que les autres voient comme moi, mais ne veulent pas voir. Le monde moderne regorge aujourd'hui d'hommes d'affaires et de policiers, mais il a bien besoin d'entendre quelques voix libératrices. Une voix libre, si morose qu'elle soit, est toujours libératrice. Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train. L'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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Comme un organisme se dévitaminise...

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« La déchristianisation de l'Europe s'est faite peu à peu. L'Europe s'est déchristianisée comme un organisme se dévitaminise. Un homme qui se dévitaminise peut garder longtemps les apparences d'une santé normale. Puis il manifeste tout à coup les symptômes les plus graves, les plus impressionnants. A ce moment-là, il ne suffit pas de lui donner ce qui lui manque pour le guérir du même coup. Certaines formes d'anémie spirituelle paraissent ausi graves que l'anémie profonde qui, en dépit de tous les soins, finissait par emporter, des mois après leur libération, les déportés de Buchenwald ou de Dachau. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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02/04/2017

L'instinct des ouvriers de Lyon

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« On répète volontiers que ce monde moderne dénoncé par Péguy est, en réalité, le monde des mécaniques, et qu'en le dénonçant à mon tour j'ai l'air de céder au même mouvement de haine aveugle qui fit jadis se ruer les ouvriers de Lyon sur la première machine à tisser. Oh ! pardon ! Haine aveugle est vite dit ! Mais si, comme on le craint, comme il est permis de le craindre avec Einstein ou Juliot-Curie, une expérience de désintégration, plus concluante que les autres, fait sauter la planète, l'instinct des ouvriers de Lyon les aura-t-il tellement trompés ? Il est vain d'objecter qu'aucune force au monde n'eût été capable d'empêcher les développement des sciences physiques et les inventions qui en furent la conséquence, comme si les machines s'étaient multipliées d'elles-mêmes, dans un climat devenu brusquement favorable, comme les bêtes. L'esprit de l'homme n'a plus su contrôler les ouvrages de ses mains, voilà plutôt ce qu'il faut dire. »

Georges Bernanos, La Liberté, pour quoi faire ?

 

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01/04/2017

Flagrant délit de Discrimination...

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Le soldat serbe...

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Anarchy in the UK : un Sex Pistol défend Trump et le Brexit !

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et

 

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Dans les années 70 du siècle dernier, quand on en avait assez des solos de flûte traversière de Ian Anderson, du groupe Jethro Tull, de la pignolade guitaristique d’un Steve Hackett, du gang Genesis, ou des polyphonies centristes des Républicains indépendants (formation un peu tombée dans l’oubli depuis), demeurait au moins ce havre de paix : les Sex Pistols. Des gamins qui ne respectaient rien, même pas la reine d’Angleterre. Bref, des punks. Ou des « ponts », comme disait alors VGE.

2017, Tout a changé. John Lydon, chanteur des pistolets sexuels en question, alors plus connu sous le sobriquet de Johnny Rotten – Johnny le Pourri –, donne une nouvelle fois de la voix, mais pas dans celle (de voie) qu’on pouvait forcément attendre. Il a passé la soixantaine, s’occupe de sa famille, a pris du bide ; ce qui ne l’empêche pas de demeurer le rebelle qu’il a toujours été. Mais d’une autre manière, toutefois.

À propos du Brexit et de l’élection de Donald Trump aux USA, il assure ainsi : « Je crois que de temps en temps, le monde a besoin d’être secoué. La léthargie finit toujours pas récolter ce qu’elle mérite. […] Donald Trump est le genre de coup de pied aux fesses dont les gens avaient besoin. »

Le président en question a maintenant les cheveux teints en orange tandis que ceux du chanteur étaient jadis peints de vert ? Qu’importe ! John Lydon, toujours : « Donald Trump est très problématique en tant qu’être humain [avis de connaisseur, NDLR], mais il n’est pas raciste et il y a de fortes chances que quelque chose de bon sorte de cette situation, parce qu’il fout la trouille aux hommes politiques. » Punk un jour, punk toujours !

Et, histoire de mettre un peu de sable dans les rouages, l’artiste persiste et signe : « L’idée de faire de la politique sans rien changer, c’est fini, maintenant ! […] J’ai toujours vu l’anarchie comme un jeu de l’esprit des classes moyennes, les quelques privilégiés gâtés qui peuvent se permettre de s’adonner à ce genre de philosophie absurde. […] Quelqu’un doit construire des routes et ça ne sera certainement pas les anarchistes. »

À Libération et chez Les Inrockuptibles, il doit y avoir du « nerveux breakdown » dans l’air. Pauvres petits bouchons. Lesquels estiment de longue date que le monde du rock serait assujetti, comme par une sorte de droit divin, à la sainte gauche… Si les mêmes avaient mieux lu Rock & Folk, période Philippe Manœuvre, ou les écrits de Lester Bangs, époque Creem, ils devraient pourtant savoir que les pionniers du rock qui dérange et tape là où ça fait mal viennent rarement du cercle fermé des gommeux issus des grandes écoles.

Car John Lydon, issu d’une famille irlandaise et catholique, a connu la débine, la vraie, la crasseuse. Celle du prolétariat des bas quartiers de Londres, désormais submergés par un autre quart-monde issu de l’immigration : invisible, vu des bancs d’Eton ou de Cambridge. Pourtant, même rangé et fidèle à ses origines, Johnny le Pourri continue à brandir un doigt d’honneur à la face de la high society.

Son dernier coup en date ? Révéler que son récent entretien privé avec Nigel Farage, chef de file du Brexit, a tout bonnement été « fantastique ». Et de se féliciter en ces termes du verdict des urnes : « La classe ouvrière a parlé et je suis l’un d’entre eux et je suis avec eux. Voici le résultat ! »

« Never Mind the Bollocks », titre du premier et dernier album officiel des Sex Pistols ? « On s’en bat les roupettes ! » translated en french. Bravo, donc : Johnny Be Good et vive l’Irlande libre !

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SOURCE : Nicolas Gauthier pour Boulevard Voltaire

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Yeah ! Let's Celebrate Johnny "Fucking" Rotten ! 

 

 

 

 

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