Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/11/2008

RATP : Religion d'Amour, de Tolérance et de Paix... - II

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Certains me disent, "Dis, tu ne crois pas exagérer avec ton obsession à propos de l'Islam ?" Moi, exagérer ? Aucunement. Je suis bien conscient que la majorité des musulmans désire vivre en paix, dans un monde moderne, en ayant accès aux biens de consommation. Il suffit de jeter un oeil aux chaînes arabes par câble ou par satellite pour en être convaincu. Des ersatz de nos chaînes occidentales. Cependant le terreau culturel de l'Islam est tellement fort et hypnotique que je serais curieux de voir quel camp les musulmans choisiraient si il y avait un conflit conséquent entre Orient et Occident demain. Un conflit avec comme enjeu un choix civilisationnel. La Charia ou la démocratie, pour faire simple. Je ne suis sûr de rien, je m'interroge. En Bosnie, par exemple, les Musulmans les plus démocrates, sont passés rapidement côté Alija Izetbegovic, ce grand démocrate. Et ils ont eu le soutien de nos chers peroquets démocrassouillards franchouillards qui ne connaissent rien à l'Histoire et ne savent pas s'armer de rélexion.

Ce que j'apprécie par dessus tout, c'est lorsque j'ai affaire à des idéalistes naïfs qui défendent l'Islam alors qu'ils n'ont jamais ouvert le Coran par eux-mêmes. Et surtout lorsqu'ils mélangent tout. Si on attaque la Catholicité, par exemple, c'est normal. Si on attaque l'Islam, c'est du racisme. C'est à se demander si ils réalisent qu'on peut être italien et devenir bouddhiste sans pour autant changer de "race". Oui, je mets le mot "race" entre guillemets... je prends quelque précaution par les temps qui courent... les nains ont l'accusation facile. Je le répète, critiquer l'Islam n'a rien à voir avec le racisme, à part peut-être pour quelques dégarnis du bulbe, bas du plafond, frontistes ou skinheads moyens qui ne savent pas qu'il y a des arabes chrétiens et d'autres athées... et que d'ailleurs la majorité des musulmans dans le monde ne sont pas arabes, mais indonésiens, pakistanais, indiens, noirs africains, oïghours chinois, etc... L'Islam est une religion, pas une race, bande de sinistres crétins !

En tout cas, je ne suis jamais tombé, à ce jour, sur des musulmans ayant lu le Coran et étant capables de me donner une contextualisation efficiente des passages que je vais vous citer. Je sais qu'il est des soufis qui intériorisent tout et parviennent à donner, même des passages en question, des exégèses spirituelles et des herméneutiques dignes d'intérêt. Mais les soufis sont considérés comme hérétiques par les tenants de l'Islam orthodoxe, et ils ne sont qu'une infime minorité dans le monde musulman, même si leurs confréries sont tolérées dans de nombreux pays.

A l'occasion, jetez ou re-jetez un oeil sur l'échange musclé entre l'ami Restif et moi-même contre quelques énervés qui refusent de sortir de leur coquille, chez Isabelle des Charbinières, à propos de l'ésotérisme Chiite.

 

Nous pouvons lire, donc, dans les Hadîths :

"Je suis envoyé à ceux-là pour l’égorgement, et Allah va nous donner en butin leur richesses et va nous faire posséder leurs demeures." (hadîth)

D'après Ikrima :
"Le prophète a dit: "celui qui quitte sa religion, tuez-le !" Sahîh Bukhari : 6411

D'après `Abd-Allah ibn Mas`ûd (qu'Allah soit satisfait de lui) :
L'Envoyé d'Allah (pbAsl) a dit: "Il n'est pas permis de verser le sang d'un musulman qui témoigne qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah et que je suis l'Envoyé d'Allah, sauf dans ces trois cas: l'époux adultère, le coupable d’un meurtre et l'apostat qui abandonne la communauté musulmane." Sahîh de Muslim: 3175

Sahih Bukhari Volume 6, livre 61, Numéro 577 :
"J’ai entendu le prophète dire, “à la fin des temps, apparaîtront de jeunes gens aux idées folles. Ils parleront bien, mais ils sortiront de l’islam comme une flèche sort de son jeu, leur foi ne dépassera pas leur gorge. Ainsi, partout où vous les trouvez, tuez les, il y’aura une récompense, pour ceux qui les tueront, au jour de la résurrection."

Et dans le CORAN :

Sourate IV verset 89 : "... Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez... "

"Ô prophète ! Incite les croyants à la guerre !" (Cor 8,65)

"Il n’a pas été donné à un prophète de faire des captifs avant de se livrer à de grands massacres sur terre." (Cor 8,65)

Après la bataille dite « Bataille du fossé », Mahomet fait massacrer une tribu juive, les Banu Qurayza, décapitant six cent hommes et jetant leur corps dans une fosse commune, violant enfants et femmes puis les vendant comme esclaves. Il fait tuer le mari d’une jeune femme et se l’approprie. Le soir, après des heures durant lesquels elle assista, parmi les hurlements, les flots de sang, à l’assassinat de ses père, oncles, frères, neveux et amis d’enfance, elle est entraînée dans la tente de Mahomet, probablement pour parler d'amour. Le CORAN dit :

" La belle Rayhana, l’une des femmes du prophète, une Juive convertie à l’islam ".

 

Sourate V, 51 : "O vous qui croyez! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ; ils sont amis les uns des autres. Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est des leurs. Dieu ne dirige pas le peuple injuste."

Sourate II, 191 : "Tuez les partout où vous les rencontrerez ; chassez-les d'où ils vous auront chassés. La sédition est pire que le meurtre. Ne les combattez pas auprès de la Mosquée sacrée, à moins qu'ils ne luttent contre vous en ce lieu-même. S'ils vous combattent, tuez-les: telle est la rétribution des incrédules."

Sourate IX, 29 : "Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son prophète ont déclaré illicite; ceux qui, parmi les gens du Livre ne pratiquent pas la vraie Religion. Combattez-les jusqu'à ce qu'ils payent directement le tribut après s'être humiliés."

Le tribut en question est l'impôt que doivent payer les "gens du Livre", Juifs et Chrétiens, dans tout pays où la Charia est appliquée, afin de pouvoir demeurer Juifs et Chrétiens. Ce tribut se paye en plus des impôts normaux. Dans les Balkans ou en Espagne, que ce soit sous règne turc ou règne arabe, les juifs et chrétiens payaient cette "Jizya" (nom du tribut en question) et elle pouvait monter jusqu'à 25% des revenus. Le but de ce tribut est la soumission totale, mais aussi une incitation à la conversion.
Autre traduction de ce passage : "Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu, ni au Jour dernier, qui n'interdisent pas ce que Dieu et son messager ont interdit, et ceux des gens du Livre qui ne se donnent pas comme religion la religion de vérité, jusqu'à ce qu'ils versent la capitation sur le revenu des mains ; et qu'ils se fassent petits."

Sourate IV, 84 : "Combats donc dans le sentier d'Allah, tu n'es responsable que de toi-même, et incite les croyants (au combat) Allah arrêtera certes la violence des mécréants. Allah est plus redoutable en force et plus sévère en punition."

Sourate IV, 89 : "Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur."

Sourate IV, 95 : "Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux - sauf ceux qui ont quelques infirmités - et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d'Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d'excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah a promis la meilleure récompense; et Allah a mis les combattants au-dessus des non-combattants en leur accordant une rétribution immense."

Sourate VIII, 39 : "Et combattez-les jusqu'à ce qu'il ne subsiste plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah . Puis, s'ils cessent (ils seront pardonnés car) Allah observe bien ce qu'ils oeuvrent."

Sourate IX, 123 : "Ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu'ils trouvent de la dureté en vous. Et sachez qu'Allah est avec les pieux."

Sourate XXXVII, 4 : "Quand vous rencontrerez les infidèles, tuez-les jusqu'à en faire un grand carnage, et serrez les entraves des captifs que vous aurez faits."

Sourate VIII, 17 : "Ce n'est pas vous qui les avez tués : mais c'est Allah qui les a tués . Et lorsque tu lançais (une poignée de terre), ce n'est pas toi qui lançais : mais c'est Allah qui lançait, et ce pour éprouver les croyants d'une belle épreuve de Sa part !"

Sourate III, 56 : "Quant à ceux qui n'ont pas cru, Je les châtierai d'un dur châtiment , ici-bas tout comme dans l'au-delà; et pour eux pas de secoureurs."

Sourate II, 85 : "Quiconque cherche une autre religion que l'Islam ne sera pas accepté."

Sourate III, 151 : "Nous jetterons l'effroi dans le cœur des incroyants."

Sourate VIII, 55 : "Les pires bêtes, aux yeux d'Allah , sont les incroyants qui s'entêtent à ne pas croire."

Sourate XX, 16 : "Les incroyants qui nient nos signes et la rencontre de l'autre vie seront dans le tourment."

Qui a dit que l'Islam n'était pas Amour, Paix et Tolérance ? De ce livre Saint ne coulent que Lait et Miel.

Sourate II, versets 186 & 187 : "Et combattez dans le chemin de Dieu ceux qui vous combattent ,et ne transgressez pas. Dieu n'aime pas les transgresseurs. et tuez ceux-là, où que vous les rencontriez ; chassez-les d'où ils vous ont chassé : la persécution est plus grave que le meurtre ... Donc, s'ils vous combattent, tuez-les. Telle est la récompense des mécréants"

A partir de son exil à Médine, Mahomet utilise le terme "qital", la guerre où l'on tue, la tuerie. Plusieurs préceptes méritent d'être médités, en particulier dans la Sourate 47 :

-verset 4 : "Lors donc que vous rencontrez ceux qui mécroient, alors, frappez aux cols. Puis quand vous les avez dominés, alors serrez le garrot."

-verset 35 : "ne faiblissez pas, donc, appelez à la paix quand vous avez le dessus. Dieu est avec vous".

Dans la Sourate 5, verset 33 : "Rien d'autre : le paiement de ceux qui font la guerre contre Dieu et son messager et qui s'efforcent au désordre sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que leur soit coupée la main et la jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés de la terre : voilà pour eux l'ignominie ici bas ; et au delà il y a pour eux un énorme châtiment".

Sourate IV, v34 : "Les hommes sont les directeurs pour les femmes, à cause de l'excellence qu'entre eux Dieu accorde aux uns sur les autres, ainsi que de la dépense qu'ils font de leur bien... Et quant à celles dont vous craignez l'infidélité, exhortez-les, abandonnez-les dans leurs lits et battez-les".
Au verset 12 de la même Sourate, à propos de l'héritage : "Voici ce que Dieu vous enjoint au sujet de vos enfants : au garçon, une part comme celle de deux filles."

"Que le croyant ne prenne pour amis aucun des incroyants plutôt que les siens ; celui qui ne s’y conforme pas, Allah ne lui sera d’aucun secours." CORAN 3.28

"J’installerai la terreur dans le cœur des incroyants ; frappez-les au cou et arrachez leurs les ongles." CORAN 8.12

"Ces deux antagonistes se disputent à propos de leur Seigneur respectif ; mais pour ceux qui nient leur Seigneur, pour eux sera confectionné un vêtement de feu ; sur leurs têtes sera versé de l’eau bouillante. Ainsi sera brûlé l’intérieur de leurs corps tout comme leurs peaux. S’ajouteront des gourdins de fer pour les punir. Chaque fois qu’ils voudront s’échapper de leurs angoisses, ils seront forcés d’y revenir et il leur sera dit : Goûtez à la Pénalité du Feu." CORAN 22.19-22

Le CORAN promet le paradis aux musulmans qui meurent au combat (Sourate 4,verset 74) : "Qu'ils combattent donc dans le chemin de Dieu, ceux qui vendent la vie présente contre l'ultime. Et quiconque combat dans le chemin de Dieu, tué ou vainqueur, nous lui donnerons bientôt un énorme salaire."

Tout au long de l'Histoire, cette affirmation est reprise par les commentateurs musulmans.

Ainsi Mohammed al-Boukhari (810-870) : "Lorsque vous rencontrez l'ennemi, soyez endurants et sachez que le paradis est à l'ombre des sabres."

Muhammad ben Jarîr ben Yazîd al-Imâm abû Ja`far at-Tabarî (838-923), historien qui cite la lettre de Khalil ibn al-Walid (584-642), envoyée en 633 aux chefs perses, responsables de la surveillance des frontières : "Devenez musulmans et soyez sauvés. Sinon, acceptez notre protection et payez la Jizya. Sinon, je viendrai contre vous avec des hommes qui aiment la mort autant que vous le vin."

Al Muttaki (1477-1567) : "Le paradis est à l'ombre des épées… Un jour et une nuit de combat à la frontière valent mieux qu'un mois de jeûne et de prière... Les épées sont les clés du paradis... Chasse les juifs et les chrétiens de la péninsule arabique..."

 

 

 

Et histoire de nous réjouir jusqu'au bout :

 

"Le CORAN fait interdiction absolue à un Musulman d'accepter la souveraineté d'un non-Musulman en terre d'Islam. Il n'y a, à ce principe, aucune exception, ni à Jérusalem, ni au Caire, ni à Beyrouth, et pas même à Madrid ou peut-être demain à Paris." (Cheikh Samir Bou Assad, les Cahiers de l'Ouest, n° 7, 3° trimestre 1987, Paris)

"[Mein Kampf] le livre qui, répandu en Allemagne à plus d'un million d'exemplaires, a eu sur l'orientation soudaine de tout un peuple une influence telle, qu'il faut, pour en trouver l'analogie, remonter au CORAN."
(Extrait de l'Avertissement dans l'édition française de Mein Kampf publiée avant la seconde guerre mondiale.)

"La religion d'Hitler est la plus proche qui soit de l'islamisme, réaliste, terrestre, promettant le maximum de récompenses dans cette vie, mais avec ce Walhalla façon musulmane avec lequel les Allemands méritoires peuvent entrer et continuer à goûter le plaisir. Comme l'islamisme, elle prêche la vertu de l'épée."
(1936, C.G. Jung à propos d'Hitler, "Entretiens et Interview")

"Je n'ai rien contre l'islam, parce que cette religion se charge elle-même d'instruire les hommes, en leur promettant le ciel s'ils combattent avec courage et se font tuer sur le champ de bataille: bref, c'est une religion très pratique et séduisante pour un soldat."
(1943, le Nazi Heinrich Himmler)

D'ailleurs "Mein Kampf", écrit par Adolf Hitler, est un best-seller dans le monde arabe. Yasser Arafat, qui fut disciple d'Amin Al Husseini à l'age de 17ans, en a autorisé la publication en Palestine au nom de l'autorité Palestinienne. Le symbole est tout simplement terrifiant.

J'aimerais savoir, ce que les idéalistes sentimentaux pensent de tout ça. J'aimerais savoir si s'attaquer à ça c'est faire preuve de racisme ou de bon sens critique. J'aimerais savoir si ils ne croient pas que les populations arabes, entre autres, sont bel et bien les premières victimes de ce totalitarisme spirituel, politique et mental incroyable.

 

 

 

 

Ces photos prisent à Londres lors de manifestations pour raison d'humour mal avalé de caricatures offensantes ne représentent pas une exception dans notre monde occidental.

Le Cancer se propage progressivement même aux USA. Les anti-américains primaires doivent jubiler de concert avec les barbus haineux, tous ceux qui rêvent que l'Amérique aille mordre la poussière.

Voici qu'à présent existe le Muslim Day Parade, comme à New York le 12 octobre dernier. Le 12 octobre ou jour anniversaire de l’attentat contre le USS Cole. Coïncidence ? C'est ce qu'affirmeront les crétins mielleux déjà tout disposés à présenter leur cul aux futurs maîtres. Les musulmans n'ont pas osés le faire le 11 septembre, mais je suppute qu'ils y ont pensé très fort. En Grande Bretagne des manifestations islamistes ont déjà eu lieu le 11 septembre sans que cela ne choque personne. Mais bon, après tout si les tarlouzes ont leur défilé Gay Pride, pourquoi les musulmans n'auraient pas le leur ?


Drapeau des USA quelque peu modifié et objectif politique clairement affiché


Madison Avenue

 

 

 

 

Notez le flic en prière


Un autre flic

 

 

 


Sur ces deux photos, en fond, le drapeau noir du Jihad

 

 

 


Refus de toute sécularisation


Refus de la constitution américaine et préférence du Coran

 

Tout ceci est clairement affiché, avec une fiereté évidente, mais les bisounours persistent à affirmer que l'Islam est une Religion d'Amour de Tolérance et de Paix.


Le panneau dit : "C’est une guerre contre l’islam. De quel côté êtes-vous ? « Les croyants combattent dans le sentier d’allah, et les incroyants combattent dans le sentier de satan. Eh bien, combattez les alliés du diable, car la ruse du diable est faible ». (coran 4 :76)"


Quelques timides protestations

Source : "Point de Bascule", un site canadien dont je vous conseille la visite.

 

 

Il ne faut pas croire que les américains prennent ce phénomène à la légère, puisqu'il existe un projet de loi anti-jihad visant carrément à déporter toute personne susceptible d'en faire la promotion. Ce n'est pas demain la veille que nous aurons en France ce genre de projet de loi, puisqu'ici la moindre expulsion d'imam en appelant à taper les épouses pour les soumettre et déclarant que la République mérite la Charia se trouve automatiquement défendu par toutes les associations "gôchistes" que ce pays comporte et tous les avocats véreux que l'on peut imaginer, au nom des Droits de l'Homme, bien-sûr, Droits de l'Homme que les islamistes se feraient un devoir de supprimer si ils prenaient le pouvoir en nos régions. Mais je ne peux m'empêcher de croire que les occidentaux se compliquent considérablement l'existence puisqu'ils excellent dans la posture idéologique "droit-de-l'hommiste"...


Ne vous inquiétez pas, disent les blaireaux qui se parfument quotidiennement de pseudo-antiracisme...

 


... alors que les solutions pourraient être simples... et efficientes.

 

 

 

Dans le monde arabo-musulman,des personnalités importantes, comme un ancien ministre jordanien par exemple, tiennent des propos à notre encontre d'une telle violence, avec l'arrogance qui va avec et cela passe inaperçu. S'il n'y avait INTERNET nous ne le saurions même pas tellement nos médias sont à la dérive.

Le FBI considère de plus en plus, depuis le 11 Septembre 2001, que l'ennemi est bien implanté à l'intérieur. Des documents authentifiés par le FBI viennent, semble-t-il, confirmer tout cela. Cet article du Washington Times est édifiant, ça vous fera bosser votre anglais : Inside the Ring

 

 

 

Bon... le dégoût est total... et pour terminer...

Rien n'est plus émouvant que l'amour d'une mère pour son jeune enfant...


...ou d'un père pour son fils...

Dormez bien les valeureux...

 

 

15:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/11/2008

Esclavage en Islam - III

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

J'en avais déjà parlé ici et ... alors j'en balance une autre couche. C'est éloquent. Kémi Séba, qui s'est converti à l'Islam ne va pas être content. Il va encore accuser le Mossad d'être derrière ça. Quant à Dieudonné il ne va plus savoir à quel sein Saint se vouer.

 

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

25/10/2008

Obama veut casser la baraque ?

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

Les élections américaines sont pour très bientôt. Il est intéressant de voir la gigantesque Obamania qui s'est saisi de tout le monde et de l'intérêt littéralement racial porté au candidat dans l'espoir d'avoir, enfin, un changement conséquent aux USA. Mais Daniel Pipes n'est pas de cet avis. Et votre serviteur non plus...

 

 

"Colin Powell répétant désormais le mensonge selon lequel Barack Obama a toujours été un Chrétien, ce « en dépit des informations confirmant l'enfance musulmane d'Obama » (ainsi l'inscription à une école indonésienne le répertoriant comme musulman), on doit constater avec consternation que le candidat démocrate s'emploie à dissimuler la vérité sur cette question.

Portons notre attention, en ce contexte, sur un sujet connexe, les relations d'Obama tout au long de sa carrière avec l'islam extrémiste, et l'endettement moral impliqué. Sur un plan plus précis, Obama maintient des liens indirects, mais anciens et persistants, avec deux organisations, le Council on American Islamic Relations (CAIR), incriminé, sans mise en examen, par le gouvernement américain en 2007 comme complice de conspiration dans un procès concernant le financement du Hamas ; et The Nation of Islam, condamnée par l'Anti-Defamation League pour un passé marqué « de manière constante par le racisme et l'anti-sémitisme ».


Cliquez sur la photo...


Commençons par les liens d'Obama avec des islamistes :

Les relations à Khalid al-Mansour. Selon l'ancien président du quartier de Manhattan Percy Sutton, Al-Mansour a collecté de l'argent pour financer les « dépenses d'Obama à la Harvard Law School ». Al-Mansour un noir américain (nom de naissance Don Warden) est devenu un conseiller du prince saoudien Al-Walid bin Talal, le principal donateur du CAIR. Al-Mansour a des positions islamistes classiques : il nie que le gouvernement soudanais entérine l'esclavage, il nie les liens des Juifs à Jérusalem. Il a écrit une brochure appelée « Américains, prenez garde. Le complot sioniste contre l'Arabie saoudite ». (Obama et al-Mansour réfutent les déclarations de Sutton).

Les relations avec Kenny Gamble (connu aussi sous le nom de Luqman Abdul-Haqq) : Gamble, un producteur de musique pop autrefois connu, a coupé le ruban lors de l'inauguration d'un quartier général de campagne d'Obama situé dans un immeuble du sud de Philadelphie dont il est propriétaire. Gamble est un islamiste qui achète de nombreuses propriétés dans Philadelphie aux fins de créer une zone résidentielle réservée aux Musulmans. En tant qu'émir autoproclamé du United Muslim Movement, il a aussi des liens nombreux avec des organisations islamistes, dont le CAIR et la Muslim Alliance in North America. (Siraj Wahhaj, l'émir du MANA a été impliqué, sans mise en examen, pour complicité de conspiration dans l'attaque contre le World Trade Center en 1993).

Les relations avec Mazen Asbahi. Le premier coordinateur de la campagne d'Obama en direction des Musulmans a démissionné après des révélations montrant qu'il avait fait partie du bureau d'une organisation financée par l'Arabie saoudite, le North American Islamic Trust, position qu'il partageait avec Jamal Said, incriminé lui aussi, sans mise en examen, comme complice de conspiration dans le procès concernant le financement du Hamas en 2007. Asbahi a des liens avec les bureaux du CAIR à Detroit et à Chicago, avec l'Islamic Society of North America, incriminée elle-même, sans mise en examen, pour le financement du Hamas et d'autres organisations islamistes.

Les relations avec Minha Husaini. Le second coordinateur de la campagne d'Obama en direction des Musulmans a un passé islamiste et a travaillé comme stagiaire au Muslim Public Service Network. Immédiatement après sa nomination par Obama, elle a rencontré un groupe d'une trentaine de Musulmans incluant des gens aussi connus que Nihad Awad du CAIR, Mahdi Bray de la Muslim American Society, qui a soutenu publiquement des groupes terroristes tels le Hamas et le Hezbollah, et Johari Abdul Malik de la Dar Al-Hijrah Mosque de Falls Church en Virginie, qui a déclaré aux Musulmans Américains : « Vous pouvez faire sauter des ponts, mais vous ne pouvez pas tuer des gens innocents qui se rendent à leur travail ».

Passons aux liens d'Obama avec The Nation of Islam :

Le donateur et l'allié de longue date d'Obama, Antoin « Tony » Rezko a été, trois décennies durant, le partenaire de Jabir Herbert Muhammad, fils d'Elijah Muhammad, dirigeant de The Nation of Islam, et dit qu'il a donné à Jabir et à sa famille des « millions de dollars au fil des ans ». Rezko a aussi été directeur exécutif de la Muhammad Ali Foundation, une organisation douteuse qui, sans l'autorisation d'Ali, a utilisé le nom de celui-ci qui, par ailleurs, a été récompensé par le CAIR.

Jeremiah Wright, le pasteur estimé d'Obama pendant vingt ans, a des liens passés avec The Nation of Islam, a accepté récemment la protection d'un détachement de sécurité de The Nation of Islam, et a parlé louangeusement de Louis Farrakhan comme de « l'un des géants de l'expérience religieuse des Afro-Américains ». L'église de Wright a célébré Farrakhan pour avoir été « la parfaite illustration de la grandeur ».

Farrakhan lui-même a annoncé son soutien à Obama, le qualifiant d' « espoir du monde entier », de « celui qui peut relever l'Amérique après sa chute », et même de « Messie ».

Le fait que la biographie d'Obama montre des liens si fréquents avec des organisations aussi peu recommandables que le CAIR et The Nation of Islam devrait donner à réfléchir. Combien de politiciens ont-ils eu des liens avec une organisation de ce genre, et combien en ont eu avec sept d'entre elles ? John McCain appelle charitablement Obama « une personne dont vous ne devez pas avoir peur si elle devenait Président des Etats-Unis ». mais les liens multiples d'Obama avec des organisations anti-Américaines et subversives, signifie qu'il ne répondrait pas aux critères de sécurité exigés pour l'engagement des employés du gouvernement fédéral.

L'agression islamique constitue l'ennemi stratégique de l'Amérique. Les nombreuses relations insalubres d'Obama suscitent des doutes graves concernant son aptitude à être Commandant en chef des Etats-Unis d'Amérique."

----------------------------------------------------------------------------------------

Source, pour le texte : Chez Daniel Pipes

----------------------------------------------------------------------------------------

 

Je vous invite également à jeter un oeil vers chez "5 Years Later"

où j'ai trouvé ces vidéos qui parlent toutes seules, non ?

Les liens du Pasteur d'Obama avec la Nation of Islam

 

 

 

 

Jeremiah Wright, le pasteur, ami et mentor de Barack Obama, révisionniste faisant de Jésus un noir et axant ses discours et son prêchi-prêcha sur sa haine des blancs...

 

 

 

 

Barack Obama s'en prend aux actes de guerre de John McCain et refuse de présenter ses excuses

 

 

 

 

 

Mais McCain, pendant que Barack Obama jouait aux soldats de plomb et étudiait (en 1967) dans une école musulmane en Indonésie, avait un comportement héroïque dans les géôles vietnamiennes en tant que prisonnier de guerre de 1967 à 1972.

Un reportage français, retrouvé dans les archives de l'INA, l'atteste.

 

23:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (23) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/09/2008

Vicky de Sainte Hermine

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=



A la toute fin des années 80 j'ai eu l'occasion de croiser deux ou trois fois le chemin de Vicky de Sainte Hermine dans le quartier Latin, où il tenait des stands improvisés pour parler Monarchie et... Rock and Roll. Le verbe fleuri et l'attitude rebelle, Vicky était émouvant en même temps que radical. J'ai retrouvé vraiment par hasard, en fouinant sur Dailymotion, cette émission de "Ciel mon mardi", animé par Dechavanne, consacrée aux Royalistes. Les Royalistes qui s'y expriment sont lourdingues, Jean-Edern Hallier fait son numéro de clown habituel, mais Vicky de Sainte Hermine, présent sur le plateau, sort du lot et dit avec son air de Schtroumphf des bas-fonds des choses essentielles. Certes, probablement suis-je trop poète, moi aussi, pour concevoir les problèmes politiques avec le sérieux qu'ils exigent de notre part pour être assumés, mais Vicky me transporte tout en me faisant rire... les autres me font soupirer ou bailler.

Sur la première vidéo l'intervention de Vicky de Sainte Hermine est vers les 8min45, sur la deuxième vers les 5 minutes. Mais prenez le temps de regarder de bout en bout, lorsque Vicky arrive, un vent de fraîcheur surgit sur le plateau.




Après avoir retrouvé cette émission que j'avais vue à l'époque, j'ai trouvé par Google le site de Vicky... sur lequel y'a pas grand chose... mais j'suis content de voir qu'il est toujours aussi fou. Voilà.


Charles Mérovée de Sainte-Hermine, dit Vicky, en compagnie de Lemmy du groupe Motörhead

Les postulats de Vicky...

"A BAS LA REAC-PUBLIQUE !

"Passablement conformiste et pronfondement réactionnaire, l'opinion public est une putain stupide que les flatteur poussent à son tombeau."(le Lion de Belleville)

Face à un gouvernement de pédés, à une opposition de taffiotes, à un centrisme de tarlouzes et à un double extrémisme de travelos ; 
Où sont les Hommes !?, les Bandits d' Honneur, les Brigands Gentilhommes et autres Voyous Magnifiques que la Noble Voluptée d'un plaisir chevalresque conduisait tout naturellement à mourir pour l'amour des Dames et de la Liberté.

Aussi, face à la lachetée normopathique des bons citoyens et des bons parroissiens qui portés par un vulgaire réalisme de ménagère acariatre et de chaisières préfectorales, ont toujours collaboré au pire, c'est parmis nos frères marginaux, nomades et exilés que surgira la nouvelle résistance et non point en ce peuple de majorettes tricolores qui à force d'avoir des papiers à perdu la Parole.

C'est pour cela que j'appelle dès à présent tous les véritables révolutionnaires qui n'ont été encore nationaux-socialisés par l'uniforme civique à s'élever à la Sensorielle Altitude d'un Machisme Critique Epique et Romanesque afin que nous puissions cul-butter allégrement les guestapettes républicaines de sécurité.


Seule la noblesse des poêtes est aristocratique ! 

Seule la Beauté Spirituelle est révolutionnaire !

CHRIST is a BAD BOY!

Les Chevaliers du Lys Rouge
Organe Résistant des Galants Flibustiers"



Et aussi...

"Vous êtes assez bien éduqués selon les normes de l'ordre physique,de la sécurité et de l'argent certes ! Mais devant le règne de l'harmonie spirituelle, de la sérénité et de la Lumière,vous ne serez toujours que des gueux !

Alors, soyez plus humbles devant mes frères marginaux nomades et exilés qui en réalité ne tournent mal que lorsque sous la pression de votre matérialisme beauf et de votre société occidentaliste qui tue qui polue et qui rend con, ils se mettent à vous ressembler.

Charles Mérovée de Sainte-Hermine,
Lignée Davidique et saccerdotale du Christ."


Cliquez sur les images...





Sacré Vicky...

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (5) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/09/2008

RATP : Religion d'Amour, de Tolérance et de Paix...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

Mais que faut-il aux habitants de ce pays... de ce continent... pour ouvrir enfin les yeux ?

 

 

La purge que ça appelle... ni plus ni moins...

22:39 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/07/2008

Le Seppuku de Yukio Mishima

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

« J'ai découvert que la voie du Samouraï réside dans la mort. Lors d'une crise, quand il existe autant de chances de vie que de mort, il faut choisir immédiatement la mort. Il n'y a là rien de difficile ; il faut simplement s'armer de courage et agir. Certains disent que mourir sans avoir achevé sa mission, c'est mourir en vain. Ce raisonnement que tiennent les marchands gonflés d'orgueil qui sévissent à Osaka n'est qu'un calcul fallacieux, qu'une imitation caricaturale, de l'éthique des Samouraïs.

Faire un choix judicieux dans une situation où les chances de vivre ou de mourir s'équilibrent est quasiment impossible. Nous préférons tous vivre et il est tout à fait naturel que l'être humain se trouve toujours de bonnes raisons pour continuer à vivre.

Celui qui choisit de vivre tout en ayant failli à sa mission encourra le mépris et sera à la fois un lâche et un raté.

Celui qui meurt après avoir échoué, meurt d’une mort fanatique, qui peut sembler inutile. Mais il ne sera, par contre, pas déshonoré. Telle est en fait la voie du Samouraï.

Pour être un parfait Samouraï, il faut se préparer à la mort matin et soir et même toute la journée.

Quand un Samouraï est constamment prêt à mourir, il a acquis la maîtrise de la Voie et il peut sans relâche consacrer sa vie entière a son Seigneur. »
Tsunetomo Yamamoto dit Jôchô Yamamoto (1659 - 1719) in (Le Hagakuré)


Jôchô Yamamoto

« J'ai commencé à le lire durant la guerre et je l'avais toujours près de moi ou sur ma table de travail, et s'il y a un ouvrage auquel je me suis constamment référé, vingt années durant, en relisant un passage ça et là, sans manquer de me sentir ému, c'est le Hagakuré. » Yukio Mishima (1925 - 1970)


Yukio Mishima









« Quiconque manque d’imagination n’a d’autre choix que de fonder ses conclusions sur la réalité qu’il voit autour de lui. » Yukio Mishima

15:25 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/07/2008

Esclavage en Islam - II

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Excellente prestation de Tidiane Ndiaye.

19:10 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/06/2008

Attaque Radicale...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

14:05 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/06/2008

Esclavage en Islam

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

22:46 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/06/2008

Tout va très bien Madame la marquise...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Pour faire écho à la note d'XP, je reprends son texte et y adjoins un film...

Voici ce qu’on pouvait lire dans le « Testament » d'Adolf Hitler, rapporté par Martin Bormann lui même au quartier général du Fürher, du 4 février au 2 avril 1945, préfacé par François Genoud :

« Tout l'Islam vibrait à l'annonce de nos victoires. Les Égyptiens, les Irakiens et le Proche-Orient tout entier étaient prêts à se soulever. Que pouvions-nous faire pour les aider […], comme c'eût été notre intérêt et notre devoir. La présence à nos côtés des Italiens […] créait un malaise chez nos amis de l'Islam [elle nous] a donc empêché de jouer l'une de nos meilleures cartes: soulever les pays opprimés par les Britanniques. Cette politique aurait suscité l'enthousiasme dans tout l'Islam. C'est en effet une particularité du monde musulman que ce qui touche les uns, en bien ou en mal, y est ressenti par tous les autres, des rives de l'Atlantique à celles du Pacifique. […] les peuples régis par l'Islam seront toujours plus proches de nous que la France, en dépit de la parenté du sang. […]. La France et l'Italie [ont empêché] l'Europe de faire une audacieuse politique d'amitié à l'égard de l'Islam. »

Adolf Hitler (cité parMartin Bormann)



Tout va très bien Madame la marquise...

22:43 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (23) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/05/2008

In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Radicale analyse de Guy Debord dans ce palindrome qui fait table rase.

C'est à voir, bien entendu.

data="http://ubu.artmob.ca/video/flash/flvplayer.swf?file=Debord-Guy_In-Girum-Imus-Nocte-Et-Consumimur-Igni_1978_Part-1.flv&autostart=false">



In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni, Part 1, 1978

data="http://ubu.artmob.ca/video/flash/flvplayer.swf?file=Debord-Guy_In-Girum-Imus-Nocte-Et-Consumimur-Igni_1978_Part-2.flv&autostart=false">



In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni, Part 2, 1978

Film disponible en ligne pour vous grâce à UbuWeb...



« Et qui devient Seigneur d’une cité accoutumée à vivre libre et ne la détruit point, qu’il s’attende d’être détruit par elle, parce qu’elle a toujours pour refuge en ses rébellions le nom de la liberté et ses vieilles coutumes, lesquelles ni par la longueur du temps ni pour aucun bienfait ne s’oublieront jamais. Et pour chose qu’on y fasse ou qu’on y pourvoie, si ce n’est d’en chasser ou d’en disperser les habitants, ils n’oublieront point ce nom ni ces coutumes...» Machiavel (Le Prince)... cité par Guy Debord in La Société du Spectacle.

19:15 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (7) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/04/2008

Les soviets masqués d'Europe.

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=


Vladimir Boukovsky n'est pas le premier clampin venu... et il n'a pas sa langue dans sa poche...

21:19 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/03/2008

Islam ?

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Un peu d'humour...





Et un peu de réalité...



LA Religion qui est en expansion n'est plus l'Islam, mais le Christianisme tendance évangélique. Le mouvement a même tendance à exploser au Maghreb... en Iran... les barbus font la grimace. Ne doutez pas un seul instant que les USA ne soient pas derrière cette affaire... et c'est tant mieux !

21:08 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : Islam, Christianisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/03/2008

« Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Chez les barbus, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.



Je sais pas... mais le monsieur il a l'air énervé... ou alors il est défoncé. Probablement les deux.

15:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Islam, Hamas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/03/2008

Neil Young, Apocalypto, Sollers... et les Jésuites.

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Adolescent, j'écoutais la chanson de Neil Young, "Cortez the killer" en jubilant.

Les sons de guitares chaleureux, la voix plaintive de Monsieur Young, la production serrée et sèche comme un désert de poussière, tout cela me parlait, évoquant dans mon âme des choses secrètes que je ne parvenais pas à formuler, mais qui faisaient, d'écoute en écoute, leur chemin vers le palais de ma compréhension. Il y avait, surtout, les parties "lead" de la chanson, exécutées par un Neil inspiré, avec une guitare aux intonations mélancoliques, sur mode mineur, comme si elles décrivaient en saignant les effluves d'un monde serein évanoui dans une lointaine douleur dont le feedback n'en finissait plus de nous parvenir encore et encore.

"He came dancing across the water
With his galleons and guns
Looking for the new world
In that palace in the sun.
On the shore lay Montezuma
With his coca leaves and pearls
In his halls he often wondered
With the secrets of the worlds.

And his subjects
gathered 'round him
Like the leaves around a tree
In their clothes of many colors
For the angry gods to see.
And the women all were beautiful
And the men stood
straight and strong
They offered life in sacrifice
So that others could go on.

Hate was just a legend
And war was never known
The people worked together
And they lifted many stones.
They carried them
to the flatlands
And they died along the way
But they built up
with their bare hands
What we still can't do today.

And I know she's living there
And she loves me to this day
I still can't remember when
Or how I lost my way.

He came dancing across the water
Cortez, Cortez
What a killer.


Bon, à part la rapide allusion au sens du sacrifice, "And the women all were beautiful, And the men stood straight and strong, They offered life in sacrifice, So that others could go on", sans que l'on puisse d'ailleurs vraiment comprendre de quel type de Sacrifice il s'agit, on retient surtout que les femmes étaient toutes belles, les hommes dignes, et ô miracle, "la haine n'était qu'une légende et la guerre jamais connue" ("Hate was just a legend, and war was never known"), de quoi se faire s'ébahir les tenants démocrates de la pensée unique, naïve et pleurnicharde qui croient par cette curieuse haine de soi que l'homme blanc surtout, l'européen génocidaire symbolisé ici par le tueur Hernán Cortés, est à l'origine de tous les malheurs sur la surface de ce globe et que s'il abandonnait un peu ses valeurs égocentriques et conquérantes le monde (comprenez : le tiers-monde surtout) ne s'en porterait que mieux.

J'ai 42 piges et j'aime toujours beaucoup cette chanson, à la différence que je peux, aujourd'hui, l'entendre avec les oreilles qui conviennent et ne pas céder aux sirènes lisses et ensorceleuses qui s'y cachent.

De fil en aiguille...

L'autre soir, vers 2h00 du matin, je suis tombé sur le saisissant film de Mel Gibson, "Apocalypto", sur Canal +. J'ai bien calé le casque sur mes oreilles, me suis posé dans le canapé, et armé de thé vert et de fumigènes, j'ai entamé le voyage initiatique. Détendu mais concentré. "Bateau Ivre" descendant l'Amazone ou l'Orénoque.

Pardonnez-moi mes égarements, je sais bien que les Mayas, évoqués dans le film, ne se trouvent pas aux contours de l'Amazone ou de l'Orénoque, mais j'aime bien utiliser mes figures de style. J'écris aussi pour m'amuser, faut pas déconner, n'est-ce pas ?

... et je me suis pris une claque comme il faut. Le jeu des acteurs, la fougue de la mise en scène et la volonté du réalisateur controversé de "La Passion du Christ" de faire passer sa vision, non pas de l'Amérique précolombienne contrairement à ce que tout un tas d'abrutis lecteurs de Télérama ont pu croire, mais de notre monde d'aujourd'hui, ici et maintenant si je puis dire, tout cela fait oublier l'absence de nuances quant à la description des indiens en question et les erreurs historiques que les spécialistes de la question ont reproché au réalisateur. Tout comme Zack Snyder avec le film "300" ou Francis Ford Coppola avec le film "Apocalypse Now", Mel Gibson se sert d'un substrat historique pour développer sa vision de notre monde finissant. Je doute fort qu'il ait souhaité faire avec "Apocalypto" un film sur la civilisation Maya. Ce n'est pas son propos. C'est notre Civilisation qui est dans sa ligne de mire. Et il ne l'épargne pas, par de multiples suggestions visuelles et verbales, à commencer par cette citation de Will Durant mise en exergue au début du film : « Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur. » De même que Zack Snyder se sert de la bataille des Thermopyles, en 480 avant JC, pour nous parler de la confrontation entre un Empire Cosmopolite (symbolisé par Xerxès Ier) et un peuple libre aux moeurs identitaires, aristocratiques et guerrières (symbolisé par le Roi Léonidas Ier de Sparte) avec le sens du sacrifice comme valeur suprême, de même que Francis Ford Coppola utilise la guerre du Viêt Nam moins pour parler de la guerre et de la violence que de la noirceur de l'âme humaine, Mel Gibson a souhaité faire un film Chrétien et il y est parvenu avec style, sans évoquer ni le Christ, ni le monothéisme, ce qui est un exploit, à part les quelques secondes finales où l'on voit arriver les premiers conquistadors accompagnés d'un prêtre tenant une croix.

L'humble tribu de "Pat de Jaguar", le héros du film, veille le soir en écoutant le vieux sage de la tribu conter des paraboles presque bibliques mais transposées dans l'univers culturel indien. Durant une veillée collective il leur dit que l’être humain en désirant toujours plus finira par épuiser la terre qui le nourri :

Un homme était assis seul
profondément enfouis dans la tristesse.
Et tous les animaux vinrent près de lui et dirent :
"Nous n'aimons pas te voir triste
demande nous ce que tu veux et tu l'auras."
L'homme dit : "Je veux avoir une bonne vue."
Le vautour lui répondit : "Tu auras la mienne."
L'homme dit : "Je veux être fort."
Le jaguar dit : "Tu seras fort comme moi."
L'homme dit : "Je désire connaître les secrets de la terre."
Le serpent répondit : "Je te les montrerai."
Et il en fut ainsi de tous les animaux.
Et quand l'Homme eut tous les cadeaux qu'il purent donner,
il partit.
Le hiboux dit alors aux autres : 
"Maintenant l'homme sait beaucoup de choses et est capable d'en faire autant..."
"Et j'ai soudain peur."
Le cerf dit : "L'homme a tout ce dont il a besoin. Sa tristesse va cesser."
Le hiboux répondit : "Non."
"J'ai vu un creux dans l'Homme... profond tel une faim qu'il ne pourra jamais assouvir..."
"C'est cela qui le rend triste et lui fait vouloir..."
"Il continuera à prendre et à prendre..."
"Jusqu'au jour où le monde dira : Je ne suis plus et n'ai plus rien à donner."

Ils vivent simplement en chassant, leurs moeurs sont celles du clan uni par des règles ancestrales, ils font preuve d'humour et d'amour, ont des loisirs sans chichis, ne s'embarrassent pas de langage châtié et puritain pour nommer les choses ou parler de sexe. Des gens normaux en quelque sorte, Vivant en harmonie avec leur environnement.

Les guerriers qui viennent s'emparer d'eux, par contre, car c'est là le point de départ du film, viennent de la ville construite en Pierre au milieu d'une jungle déforestée (déjà), avec des habitants dévorés par une sorte de peste, l'environnement pollué par les déjections des taudis, les ressources naturelles épuisées dans des champs en terrasses asséchés, la compassion n'y règne pas, ni à l'égard des malades, ni à l'égard des sacrifiés qui ne le sont que pour trouver la faveur des dieux et une sortie hors leur situation de crise qui semble universelle. Dans la cité, les nobles bénéficient de positions sociales enviées, tandis que le bas peuple des paysans espère misérablement que les sacrifices lui seront favorables. Les regards que jette le peuple sur des dames aristocrates locales se frayant un chemin vers la pyramide, hissées au dessus de la masse par des porteurs, montrent bien, sans qu'il y ait nécessité de mots, que la haine couve. Et les dames en question ne semblent pas du tout rassurées. Par contre, peuple comme aristocrates, communient d'un même cri unanime à chaque coeur arraché et présenté au Soleil, à chaque tête tranchée et précipitée comme un ballon du haut des marches sacrées de la pyramide, au sommet desquelles le prêtre et le prince se sourient avec cette assurance satanique de posséder le pouvoir et de manipuler tous ces sujets entre leur pouce et leur index comme bon leur semble. Enfin, tout ce joli monde hystérique semble en proie à la transe, à la fièvre, à la communion collective festive, aux drogues probablement, si ce n'est à des formes de possession. Le Démon est bel et bien là lorsqu'on ne le soupçonne guère. On se croirait à un défilé de Jean-Paul Gould, mâtiné de Techno Parade, de cohortes de Nuremberg aux plus obscures heures de l'Histoire du XXème Siècle, et l'ivresse qui se saisit du peuple face au prêtre ressemble, à s'y méprendre, à l'ivresse qui s'emparait des allemands lors des discours fédérateurs du Führer ou qui s'empare encore des fanatiques lors des concerts Rock. Souvenez-vous du propos du groupe Pink Floyd dans leur chef-d'oeuvre The Wall. Les masses ont besoin de religiosité pour garder la tête haute et les salauds qui mènent la danse l'ont très bien compris. Le Führer, le Duce... ou notre chère démocrassouillardise avec ses nobles idéaux humanitaristes. Certes, la démocratie qui est la nôtre n'ouvre pas des camps d'extermination, ne brûle pas les livres en autodafés religieusement organisées, mais par d'autres voies, très douces et mièvre, nous arrache le coeur et nous tranche la tête avec... l'assentiment général.


apocalypto
13mn28s



Nous sommes loin, dans le film, des paroles ingénues de Neil Young. Et même si la volonté de Mel Gibson n'a pas été de suivre à la trace les faits historiques connus sur les Mayas, il faut reconnaître que sa description de la cité macabre où les sacrifices s'enchaînent à la pelle comme autant de sollicitations propitiatoires que le sang des victimes vient quémander à d'obscures divinités, n'est pas très loin de ce qu'étaient les cités Mayas ou Aztèques à la veille de leurs chutes. Il est vrai que la confusion règne un peu, car au moment de l'arrivée des espagnols les cités Mayas sont vides, leur civilisation étant déjà depuis un moment en décadence avancée. C'est plutôt la civilisation des Aztèques située aux contours de Mexico dans les haut-plateaux du Mexique central qui brille encore, alors que les cités Mayas, situées plus au sud, vers les actuels Honduras, Belize et Guatemala se sont éteintes depuis un moment.

Mais les faits historiques, que disent-ils ?

Les chroniques espagnoles disent une chose, mais depuis quelques années les archéologues ont découvert de très nombreuses preuves matérielles qui viennent corroborer les chroniques en question. Les archéologues ont prouvé que les sacrifices pré-hispaniques mettaient en œuvre un large éventail de méthodes pour tuer avec brutalité et intentionnellement. De nombreux chercheurs ont cru que les récits espagnols étaient faussés afin de dénigrer des cultures considérées comme primitives et sauvages, d’autres affirmaient que les sacrifices étaient limités aux guerriers capturés, certains admettaient que les aztèques étaient sanguinaires mais pensaient comme Neil Young que les mayas l’étaient moins. « Nous avons à présent les preuves matérielles pour confirmer les chroniques littéraires et picturales », déclare l’archéologue Leonardo López Luján. Il ajoute : « Les courants “pro-indiens” ont toujours nié ce qui était arrivé ; ils disaient que les textes mentaient ».Davíd Carrasco, un expert en religions d’Amérique Centrale de la Harvard Divinity School déclare : « Les espagnols ont probablement exagéré le nombre des victimes pour justifier une guerre supposée juste contre l’idolâtrie, mais il n’y a plus l’ombre d’un doute sur la nature des tueries. Les textes illustrés indiens, connus sous le nom de Codex, aussi bien que les chroniques espagnoles de l’époque, indiquent que les indiens pratiquaient de multiples formes de sacrifices humains.» Une confirmation est venue sous la forme de tests chimiques poussés sur les planchers de stuc des temples aztèques, tests par lesquels il a été démontré qu’ils avaient été maculés en grande quantité de fer, d’albumine et de matériaux génétiques correspondant à du sang humain.
L’élite Maya et Aztèque étaient obsédées par le sang et le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. La saignée servait à se concilier le Dieu Soleil. Dans le film de Mel Gibson, le Maître de Guerre qui livre les prisonniers au prêtre pour le sacrifice, se saigne la paume de la main en signe d'allégeance au Dieu Soleil et à la communauté qui est la sienne. C'est le sang qui nourrit l'Univers.



Les deux individus qui ont contribué à la conquête première de l'Amérique Latine étaient Francisco Pizarro et Hernán Cortés qui au début du 16ème Siècle s'aventurent vers les territoires intérieurs, alors que Christophe Colomb se contente lors de son premier voyage (en 1492) d'accoster les Bahamas, Cuba, Saint-Domingue ; lors de son deuxième voyage (1493/1496) il explore la Guadeloupe, Porto Rico et la Jamaïque ; enfin, lors de sa troisième expédition (1498/1500) il ne s'aventure par le delta de l'Orénoque que vers les limites de la Colombie.
Christophe Colomb est un homme désintéressé, qui prie, qui pense qu'il faut convaincre les indigènes par la douceur et l'exemple du bien fondé de sa foi catholique. Francisco Pizarro et Hernán Cortés, eux, sont des guerriers qui vivent comme de véritables aventuriers. Pizarro est illettré. Tous deux témoignent d'une rapacité rare, "La Fièvre de l'Or" ne leur en fera pas trouver autant qu'ils le souhaitent.

Cependant, à quelle réalité le doux Christophe Colomb ou les deux brutes, Pizarro et Cortés, furent-ils confrontés ?

Nous sommes dans les Caraïbes ou en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Les indiens qui vivent ici n'ont aucune coutume en commun avec les indiens des plaines de l'Amérique du Nord. Ici, les tribus pratiquent le Sacrifice Humain et s'adonnent joyeusement à l'Anthropophagie. Dans les Caraïbes, les guerres entre tribus sont constantes. Le But ? La "razzia" pour pouvoir s'emparer de ses congénères afin... de les bouffer.

Chez les Mayas et les Aztèques afin de rendre gloire au dieu Soleil, pour le nourrir ou l'apaiser, il fallait immoler des victimes si possible choisies chez l'ennemi. Dans certains cas, des volontaires s'offrent volontairement comme sacrifice, même parmi l'élite. Quand ils pénètrent dans les cités Aztèques, les conquistadors témoignent de leur plus profond dégoût à l'égard de ce qu'ils y trouvent, car on est loin, alors, des images "touristiques" que nous prônent les cartes postales mondialistes en provenance de ces régions... ou, comme je le disais, nous sommes à l'opposé des paroles gentillettes de Mister Neil Young : partout règne une puanteur cadavérique, les murs sont barbouillés de sang, les mouches purulent, des charniers s'amoncellent à ciel ouvert aux pieds des pyramides où se déroulent les sacrifices, des femmes (dites vierges), des prisonniers de guerre (comme dans le film de Gibson), de jeunes enfants... On leur arrache le coeur encore battant et on barbouille les murs de ce sang innocent... On précipite, ensuite, les cadavres encore chaud en bas de l'édifice afin que ceux-ci soient dépecés et dévorés. Un des témoins occulaires de l'époque, Bernal Diaz del Castillo, raconte : "Chaque jour, les indiens sacrifiaient devant nous trois, quatre, cinq hommes dont le sang couvrait les murs." Chaque jour. "Ils coupaient bras, jambes, cuisses et les mangeaient, comme chez nous, la viande de boucherie." Histoire Véridique de la conquête de la nouvelle-Espagne par Bernal Diaz del Castillo (Édition, La Découverte)

Chez les Aztèques c'était ainsi... mais dans les Andes, chez les Incas, c'était la même chose : abomination et cruauté. Les enfants promis au sacrifice étaient engraissés avant.


(Inca children fattened up for sacrifice - 1 min 32 s. - en anglais (Enfants Incas engraissés pour le Sacrifice) BBC News).


Il me semble important de préciser que si quelques 300 conquistadors ont été en mesure de dominer des Nations indiennes puissantes en quelques courtes années, ce n'est pas uniquement parce qu'ils avaient quelques armures, d'inquiétants chevaux (le cheval est inexistant sur le territoire américain avant l'arrivée des Européens, tant au Nord qu'au Sud, et il impressionne les autochtones), des fusils et des pistolets qui tiraient un seul coup et qu'il fallait recharger, non, c'est précisémment parce qu'ils ont reçu le soutien Massif de toute une population qui n'en pouvait plus d'être esclave d'une telle terreur, les mères et les pères ne voulaient plus donner leurs filles vierges au dieu Soleil et les petites nations indiennes qui subissaient le joug des grandes voulaient s'émanciper. Ainsi, les Tlaxcaltèques fournirent à eux-seuls 6000 hommes à l'armée de Cortés.

Continuer de voir les civilisations précolombiennes comme des havres de paix et de bonheur que les horribles espagnols seraient venu souiller avec leur "fièvre de l'Or" et leur immonde Christianisme, c'est aller vite en besogne. Pour beaucoup d'indiens, les conquistadors ont été accueillis comme des Libérateurs.

Bien entendu, je ne vais pas ignorer les débordements, les saloperies, les fautes des colonisateurs. Je n'ignore pas les faiblesses humaines. Mais ne voir que cette face-là, c'est tronquer la réalité. Et je sais qu'il y a encore de nos jours, en Amérique Latine, un racisme latent de la part de certains "blancs hispaniques" à l'égard des indiens.

Deux personnages de l'époque ont largement contribué à la noirceur de la conquête espagnole, non pas parce que ces derniers auraient souillé leurs mains dans le sang indien... mais parce que les deux personnages en question ont tout bonnement écrit des livres qui ont contribués à la légende noire de cette colonisation dans le seul but de nuire à certains intérêts idéologiques et religieux d'alors :

* Théodore de Bry, Protestant Flamand, publie sur une période de 30 ans (de 1590 à 1623... il est mort en 1598, une partie de ses écrits sont publiés post-mortem) une série de récits de voyages aux Indes (on appelait encore ainsi les Amériques dans cette période) dont la volonté première est d'exposer les vices et horreurs dont faisaient preuve les Catholiques au Nouveau Monde.

* Bartolomé de Las Casas, prêtre Catholique dominicain qui idéalisa les indigènes dans son livre de 1541, Brévissime relation de la destruction des Indes, dans lequel il dénonce l'esclavage et les massacres dont les indiens sont victimes (et c'est courageux pour l'époque) mais sans tenir compte de la situation précédant l'arrivée des européens. Fils d'un des compagnons de Christophe Colomb, Bartolomé de Las Casas n'a de cesse de développer l'idée qu'il faut (tout comme le pensait Christophe Colomb) convertir les indiens par la douceur et l'exemple et non par la violence. Contrairement à de nombreux prêtres présent en Amérique Latine, Bartolomé ne parle pas un seul dialecte indien, ne prend pas la peine de pénétrer leur imaginaire, leurs croyances cruelles ou leurs Cultures.

Ce sont les postulats de ce Théodore et de ce Bartolomé qui seront repris par les philosophes des Lumières pour défendre le "le bon sauvage" que Jean-Jacques Rousseau reprendra à son compte pour fustiger la société de son temps, alors que ces philosophes n'ont jamais mis les pieds aux Amériques... et ce sont toujours ces mêmes postulats qui seront repris au XIXème Siècle par les anti-cléricaux voulant assoire leur idéologie et bouffer du curé. Ce sont toujours ces postulats qui prédominent dans les consciences de nos jours alors qu'ils sont faux ! Et même Mel Gibson est quelque peu piégé par cette image du "Bon Sauvage" puisque c'est précisément sous cet angle qu'il présente la tribu de "Patte de Jaguar". Rhétorique hollywoodienne.

De nombreux "Gôchistes" voient d'ailleurs dans Bartolomé de Las Casas, au 16ème Siècle, un précurseur de la déclaration des Droits de l'Homme. C'est aller un peu vite en besogne : Bartolomé de Las Casas était membre de l'Inquisition, dont il partageait la doctrine, et si certains voient en lui le premier porte-parole du Tiers-Monde, ils oublient qu'il fut de ceux qui conseillèrent avec ferveur l'implantation aux colonies américaines d'esclaves noirs venus d'Afrique, afin d'épargner les indiens (qui probablement trouvaient grâce a ses yeux de par leur couleur de peau plus claire que celle des nègres !).

Bon, Bartolomé a contribué à alerter Charles Quint sur le sort des indiens, ont peut lui en rendre la gloire. Mais il faut également savoir qu'il y a un écart drastique entre ce que conseillait la couronne d'Espagne et ce qui était appliqué sur le terrain, bien souvent par quelques aventuriers peu scrupuleux vis-à-vis de ces "bons sauvages". Dans les mentalités méditerranéenne du XVème Siècle, l'esclavage est monnaie courante et fait partie des pratiques bien établies dans les faits et les mentalités. Néanmoins, lorsque Christophe Colomb fait envoyer des indigènes à la cour d'Espagne comme des esclaves, Isabelle Ire de Castille les fait libérer en donnant les instructions suivantes : " Les indiens se doivent d'être traités comme des personnes libres et non comme des esclaves." (1492)
En 1504 elle renouvelle ses instructions dans son testament : "Je recommande et j'ordonne de n'admettre ni de permettre que les indigènes des îles et terre ferme subissent le moindre tort dans leurs personnes et dans leurs biens, mais au contraire de mander qu'ils soient traités avec justice et humanité." Ne la surnommait-on pas "Isabelle la Catholique" ? La monstrueuse erreur que les espagnols ont commis lors de la Reconquista a bien été d'avoir chassé les Juifs d'Espagne, sans doute à cause des préjugés anti-judaïques de l'époque, mais le comportement de la Reine à l'égard des indiens indique qu'elle n'était pas en proie à un racisme primitif comme nos thuriféraires anti-racistes veulent le faire croire. Les choses "humaines trop humaines" sont bien plus compliquées que ça et il convient de les examiner sans esprit binaire. Si ces recommandations ne sont pas suivies sur le terrain, Charles de Habsbourg, dit Charles Quint fera édicter par la suite de nouvelles lois limitant les droits des Seigneurs locaux et prohibant l'esclavage. Même si ces lois n'ont pas toujours été suivies elles contribuèrent à la définition d'un Droit, ce qui fut un progrès considérable dans le flot de l'Histoire, puisque c'est en se basant sur les lois édictées auparavant que certains juristes et avocats rebelles ont été en mesure, progressivement, de faire cesser des pratiques cruelles et injustes.

D'ailleurs, pour ce qui est des débats relatifs à l'humanité ou non des indiens... La Controverse de Valladolid reste la plus connue. En 1550, Charles Quint charge 15 juges ecclésiastiques d'examiner la meilleure façon dont la colonisation et la christianisation doivent être conduites. Réunis à Valladolid les opinions s'affrontent pendant plusieurs mois. Bartolomé de Las Casas d'un côté et Juan Ginés de Sepúlveda de l'autre. Las Casas défend le droit à la différence, selon un schéma de pensée que ne rejetteraient pas les "différencialistes" droitiers du GRECE tels Alain de Benoist (ce qui est comique lorsqu'on sait ce que nos humaniste modernes pensent du GRECE mais prennent, néanmoins, la défense de Bartolomé de Las Casas) tandis que Juan Ginés de Sepúlveda défend, une autre idée : celle de l'ingérence. On est en plein débat actuel ! Las Casas considère que seul un nombre réduit de prêtres se doit de rester au Nouveau Monde afin de contribuer à l'évangélisation tout en respectant les spécificités locales. Sepúlveda estime qu'il faut pacifier la région en supprimant par la force la barbarie des sacrifices humains et des dominations sanguinaires des Aztèques ou Incas sur les tribus mineures.

Pourtant la vérité est simple : les Européens en arrivant en Amérique Latine ont éprouvé un véritable choc ! Ce qu'ils y ont vu les a révulsé au plus profond d'eux-mêmes... même s'ils étaient, pour la plupart grossiers, incultes et analphabètes. Et d'ailleurs l'Église Catholique, n'a pas attendu Charles Quint et la controverse de Vallodid pour édicter ses principes à elle. Dés 1493, le Pape Alexandre VI, lançant la mission dans le Nouveau Monde par la bulle Piis Fidelium affirme l'unité du genre humain, puis en 1537, le Pape Paul III, par la bulle Sublimis Deus confirme : "Les indiens sont des hommes véritables, capables de recevoir la foi chrétienne par l'exemple d'une vie vertueuse. Ils ne doivent être privés ni de leur liberté, ni de la jouissance de leurs biens."

L'évangélisation, comment se déroula-t-elle ?

Au Mexique, les Franciscains apprennent les langues et dialectes indiens, en composent une grammaire, créent des dictionnaires et des catéchismes dans les langues locales !!!! Les indiens des forêts reculées n'avaient ni grammaire officielle, ni écriture digne de ce nom. Quant aux indiens des cités où les sacrifices avaient lieu, ils avait développé avec un génie certain une écriture hiéroglyphique ( les codex retrouvés l'attestent) qui fut mise à mal par l'évêque Fray Diego de Landa qui ordonna de très nombreuses autodafés, en dépit des prescriptions du Vatican. Il dû en rendre compte auprès de ses autorités. Les indiens ne connaissaient ni la roue, ni le cheval de trait, ni le boeuf. L'animal de trait c'était... la femme ! Dés 1552, à Lima, le premier concile d'Amérique avait interdit fermement la destruction des temples et des idoles ainsi que leur pillage : "Nous ordonnons que personne ne baptise d'Indien de plus de huit ans sans s'assurer qu'il y vienne volontairement ; ni ne baptise d'enfant indien avant l'âge de raison contre la volonté de ses parents."

En 1572, de retour à Londres après 5 années de trafics en tout genre dans le nouveau monde, l'aventurier anglais Henry Hawks écrit dans ses notes relatant son périple : " Les indiens révèrent beaucoup les religieux parce que grâce à eux et à leur influence, ils se voient libres d'esclavage." Le franciscain, Bernardino de Sahagún, considéré comme le père de l’anthropologie moderne, rédige une Historia de las cosas de Nueva España où il fait l’inventaire de toutes les croyances, coutumes, traditions indigènes, afin de les conserver à la mémoire des peuples de la région. Le premier archevêque de Lima, Jérôme de Loaisa, passe les dix dernières années de sa vie dans un réduit de l’hôpital qu’il a bâti pour les indiens. Au Mexique, l’évêque de Michoacan, Vasco de Quiroga, réalise un programme complet d’organisation communautaire pour les indigènes, avec maternité, infirmerie, hôpital.

L’historien français, Bartolomé Bennassar en vient à conclure : « L’église du Nouveau Monde est loin d’avoir été toujours exemplaire. Cependant, elle a exercé dans l’ensemble un rôle positif et a été à l’avant-garde de la défense des indiens contre les abus de toutes sortes. » (L’évangile débarque au Nouveau Monde—Histoire du Christianisme Magazine, Février 2000)

En 2002, le pape Jean-Paul II a consacré cette symbiose entre la culture indigène et le christianisme en canonisant à Mexico, dans la basilique Notre-Dame-de-Guadalupe, Juan Diego Cuauhtlatoatzin qui aurait assisté à une apparition de la Vierge.

Et cela nous ramène à notre film. Lorsque les membres de la tribu de "Patte de Jaguar" sont emmenés en captivité vers la cité démoniaque pour y finir comme esclaves ou comme sacrifices, leurs enfants, considérés comme inutiles, sont abandonnés en arrière. Une mère adresse une prière à une déesse locale, cependant le ton utilisé, la compassion mise dans ses mots fait penser indiscutablement à la Sainte Vierge, comme si Mel Gibson voulait nous signifier que les indiens étaient bel et bien prêts à recevoir la parole de l'Évangile. Je suis d'accord pour le suivre sur ce terrain. Question de sensibilité intellectuelle. Vous pouvez en penser ce que bon vous semble. Je pense même que tous les paganismes de cette terre préparaient les peuples à embrasser le monothéisme et il n'est pas curieux de réaliser, lorsqu'on creuse un tout petit peu, que les divinités invoquées par les primitives peuplades sur la surface de ce globe évoquent aussi, par leur face claire, les attributs, ou les noms multiples du Dieu unique, leur face sombre évoquant... le Démon. Les voies du Seigneur sont impénétrables.
Plus loin, dans la jungle, à l'approche de la ville, les captifs liés et leurs nouveaux maîtres tombent sur une petite fille malade, prostrée à côté du cadavre de sa mère, le visage dévoré de pustules qui, inspirée, assène une prophétie aux sanguinaires guerriers, d'où probablement le titre du film, révélant les intrications mystérieuses de la Providence : le jaguar vous mènera vers la fin de votre monde de haine.

Enfin, il est juste de se demander si un génocide des indiens d'Amérique Latine a bien eu lieu. Certains affirment qu’un demi-siècle après l’arrivée des européens en Amérique centrale et en Amérique latine 80% de la population indigène aurait disparu. En vérité, aucun document fiable n’atteste de ce chiffre. Ce qui est sûr c'est qu'une dépopulation subite est survenue et les européens ont été responsables… mais involontairement : ils ont introduit, malgré eux, des microbes et germes avec lesquels les indiens n’avaient pas été en contact jusque là. Au 15ème et 16ème Siècles, autant le dire, personne n’a la moindre idée des microbes et des germes. Alors qu'au 19ème Siècle, les américains du nord refileront des couvertures ou des ustensiles contaminés aux Sioux, Cheyennes et autres Commanches afin de les éliminer ouvertement selon la fameuse devise : « Un bon indien est un indien mort », mot célèbre, datant de 1968, du Général Philip Henry Sheridan. Les découvertes de Pasteur étaient, depuis, passées par là.
Médecin et directeur de recherches au CNRS et auteur de deux ouvrages sur la civilisation indienne, Nathan Wachtel, dans le magazine « L’Histoire » de Juillet-Août 1991, affirme : « La cause principale de ce désastre, on la connaît : ce sont les épidémies. Les Amerindiens n’étant pas immunisés contre les maladies (grippes, peste, variole) importées par les colonisateurs. Le terme génocide me semble impropre. Des massacres, des violences de toutes sortes ont certes eu lieu, mais on ne saurait imputer aux européens le projet conscient et raisonné d’une élimination systématique par le fer et par le feu. »



En Amérique Espagnole, la protection légale des indiens passait par la propriété des terres, qui limitait le peuplement européen contrairement à l’Amérique du Nord où les autorités ont déclaré les terres indiennes « Propriété Fédérale » permettant, ainsi, aux pionniers européens de racheter ces terres au gouvernement fédéral américain puis d’en expulser (avec l’aide de l’armée) les indigènes et de les parquer dans des réserves. L’administration américaine a fait son mea-culpa dans les années 80 et 90 en avouant que quelques 17 millions d’indiens avaient été victimes de la conquête de l’Ouest. Aux Etats-Unis les indiens ne représentent plus que 1% de la population nord-américaine. Au Mexique ce pourcentage est de 29%, auxquels s’ajoutent pas moins de 55% de métis. Il faut croire que les européens étaient moins racistes qu’on ne veut bien nous le faire croire, 55% de métis en est la preuve. Un autre exemple, au Pérou il y a 46% d’indiens et 38% de métis.

En Amérique hispanique, il n’y a pas eu de génocide, n'en déplaise à nos chers "droit-de-l'hommistes" tellement aptes à simplifier le Monde et son Histoire pour asseoir leur idéologie.


-------------------------------------------------------------

L’aventure jésuite

"Je regarde ces sculptures, leurs formes torsadées, recueillies ; leurs couleurs. Un enfant blanc, châtain, bouclé, vêtu d’une légère tunique bleue et jaune, s’avance dans le vide, le bras gauche tendu le long du corps, le bras droit replié sur la poitrine, mais esquissant déjà un geste énergique de départ. Ses yeux sont grand ouverts, et pourtant il semble voir quelque chose que nous ne percevons pas, comme s’il regardait à l’intérieur d’eux-mêmes. Son sourire, surtout, est énigmatique : détermination ? confiance ? certitude ? joie ? ironie ? On ne sait pas. L’affirmation qui l’anime, en revanche, est indubitable. On a l’impression qu’il pourrait dire : « je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial l’a trouve complète. »

Où sommes-nous ? À Rome, Vienne, Naples, Prague ? Dans l’une des capitales du baroque et de la Contre-Réforme ? Non : cette fraiche merveille enfantine nous vient du Paraguay, au XVIIIe siècle, quand les Jésuites y poursuivaient leur expérience spirituelle et formelle, divine et humaine, politique et mystique. Une très étrange histoire, qui a fait beaucoup parlé et rêvé, depuis les philosophes jusqu’à nos jours ; une aventure qu’on peut suivre d’un bout à l’autre de la planète. L’époque héroïque est sans doute passée, mais sa mémoire demeure. L’Europe, le Japon, l’Inde, la Chine, l’Amérique ? Autant d’épopées, souvent martyrologiques, celle des « réductions » du Paraguay restant la plus singulière. En tous cas, l’enfant dont je viens de parler a été anonymement façonné là-bas. Il est âgé de deux siècles et demie, mais il est en réalité millénaire puisqu’il s’agit de l’Enfant Jésus. Si nous ne le savions pas, nous aurions du mal à l’identifier. Tel est l’étrange message que les indiens Guaranis et la Compagnie de Jésus nous envoient par-delà le temps et l’espace.

On se souvient que Claudel, au début du Soulier de Satin, fait parler un père jésuite attaché à un mât, sur le pont d’un bateau dévasté par un abordage, et qui est en train de sombrer dans l’océan Atlantique :

Et c’est vrai que je suis attaché à la croix, mais la croix où
je suis n’est plus attachée à rien. Elle flotte sur la mer.
La mer libre à ce point où la limite du ciel connue s’efface
Et qui est à égale distance de ce monde ancien que j’ai
quitté
Et de l’autre nouveau.


Claudel prend soin d’ajouter, un peu plus loin, que l’action de son drame se déroule dans une dimension du temps où le passé et l’avenir sont faits « d’une seule étoffe indéchiffrable ». Le projet jésuite, à travers le monde, était, n’en doutons pas, celui-là.

Il faut, bien entendu, traverser beaucoup d’ignorance et de préjugés pour considérer calmement ces aventuriers italiens, portugais, espagnols. Ils sont Jésuites, franciscains, dominicains. Ce sont des prêtres, mais également des savants : théologiens, mathématiciens, astronomes, géographes, linguistes, juristes. Nous apprenons avec surprise qu’ils étaient, aussi, des artistes : architectes, musiciens, dessinateurs, sculpteurs. Ils ne se contentent pas de propager leur foi et de convertir, ils enseignent. Les continents qu’ils abordent sont inconnus, dangereux, et ils posent vite (surtout en Amérique du Sud) une question neuve : ces hommes qu’on a jamais vus dans l’univers « civilisé », ces Indiens, ces « hurons », sont-ils des hommes comme vous et moi, c’est-à-dire des créatures divines avec une âme, ou bien des mécaniques animales, proches du démon et, par conséquent, vouées à l’exploitation et à l’esclavage ?

On sait quels effets comiques Voltaire a tirés de cette situation. L’Ingénue en est la preuve. Mais c’est oublier que la tentative jésuite, au-delà des sarcasmes dont elle a été l’objet, a eu ses partisans jusque dans le camp des Lumières. Montesquieu, D’Alembert, Buffon s’y sont intéressés et Voltaire (qui est, après tout, un ancien élève de la Compagnie) y a même vu un « triomphe de l’humanité ». Les missionnaires, en effet, se sont vite opposés (et parfois par les armes, soutenus par les populations locales) au pouvoir économique et administratif, comme aux avidités meurtrières qu’il légitimait. Les « réductions » du Paraguay, l’autonomie qu’elles ont peu à peu acquises, sont ici l’exemple le plus célèbre et, en un sens, le plus mystérieux.

Ce système social inédit est mis en place dès le début du XVIIe siècle. En 1627, il compte déjà trente mille Indiens « protégés ». L’organisation agricole soustrait ces derniers à l’esclavage, et assure également la pérennité de leur langue et de leur culture (musique, chants, danse). Les Jésuites doivent à la fois se battre contre la brutalité des colons, plaider leur propre cause en Espagne et maintenir ainsi un équilibre fragile qui finira par s’effondrer. Nous ne sommes pas encore entrés dans la longue histoire des Droits de l’Homme : c’est pourtant ici qu’elle a été, la première fois, tentée.

Le Libro de Ordenes, de 1649, nous décrit le Code civil et pénal mis en place. Ainsi, la peine la plus lourde est celle de la réclusion pour dix ans. Fait unique à cette époque, la peine de mort n’existe pas. Les réductions (terres cultivées, villages) disposent d’une milice armée. Une forme de vie communautaire s’installe, au grand scandale des propriétaires terriens, et, bientôt, de leurs alliés créoles. Les Indiens se sédentarisent, et la propriété (très relative) dont ils disposent est fondée, christianisme oblige, sur la monogamie. Chaque nouveau ménage reçoit, au moment du mariage (en général précoce), une maison et un terrain à cultiver.

Les Jésuites dirigent tout. Mais ce qui nous intéresse particulièrement est le développement de l’artisanat, donc de l’art. Telle est l’origine de nos sculptures.

Édouard Pommier, dans Les Missions Jésuites du Paraguay (texte qui accompagne l’étonnant enregistrement des Vêpres solennelles de Saint-Ignace, du musicien Jésuite Dominico Zipoli, 1688-1726), donne quelques exemples frappants de la vie des réductions.

La vie est rythmée par la pratique religieuse. L’assistance à la messe dominicale est obligatoire. Les fêtes religieuses sont accompagnées de danses et de représentations théâtrales dans la langue locale. On a ainsi recueilli des fragments transmis oralement d’un opéra, Le Drame d’Adam. L’important est que la culture soit fondée sur le maintien et le respect de la langue guarani dont les Franciscains ont été les défenseurs dès 1575, les Jésuites continuant leur œuvre. En 1640, le père Ruiz Montoya, pendant son séjour à Madrid, publie deux livres sur ce sujet.

Cette politique amène la formation, parmi les Indiens, d’une classe cultivée. En 1724 et 1727 le cacique Nicolas Yapuguay publie, en guarani, un commentaire du catéchisme et un recueil de sermons.

Le développement de cette culture s’appuie sur l’introduction, dès 1695, de l’imprimerie sur le territoire des réductions (alors que Buenos Aires attendra jusqu’en 1780). Ces Jésuites sont décidément dangereux : ils vont transformer les esclaves en hommes, et même en hommes sachant lire et écrire. Pourquoi pas, aussi, en artistes ? On peut imaginer l’énorme jalousie qui se développera, à cette occasion, chez les Blancs, ou les demi-Blancs, puisqu’on oublie toujours trop facilement que la propagande anti-jésuite a été aussi une propagande « capitaliste ».

Les églises dont on voit aujourd’hui les ruines ont été construites au début du XVIIIe siècle en succédant à des constructions provisoires. Les architectes jésuites ? Ils sont italiens : Angel Petragrassa (1656-1729), José Brasanelli (1659-1728), Giovanni Primoli (1673-1747). Mais il y a aussi l’Espagnol Ribera, et le père autrichien Anton Sepp (1635-1733), qui écrit un manuel pratique de construction. Il est bon de citer ces noms méconnus pour contrebalancer une censure séculaire.

Édouard Pommier écrit : « Les statues qui ont survécu à la destruction des églises se réfèrent en grande majorité à l’iconographie du Nouveau Testament et des saints de la Compagnie. Bien que les textes manquent à cet égard, on peut supposer qu’elles sont l’œuvres des Guaranis, guidés par l’enseignement des pères et inspirées par les gravures d’œuvres européennes qui ont circulé un peu partout dans l’Amérique coloniale. La sensibilité profonde, l’émotion contenue, la spiritualité sincère dont elles sont imprégnées sont peut-être le meilleur témoignage de la valeur de l’œuvre religieuse et civilisatrice accomplie par les Jésuites. »
Par ailleurs un voyageur, José de Escandon, note ceci (nous sommes donc au XVIIIe siècle) : « Il y a des chants tous les jours de fête, ainsi que le samedi. La musique est de grande qualité, à tel point que même ici, en Espagne, elle serait considérée d’un niveau supérieur. […] Chaque village possède sa chapelle de musique, qui compte tant d’instruments et de voix qu’il n’en est pas une, petite ou grande, qui ait moins de 20 à 24 musiciens. Ceux-ci sont très habiles à la lecture, et ils jouent de tous les types d’instruments dont on se sert ici, en Europe, dans les églises. Les voix […] savent très bien écouter d’oreille ou lire les partitions qu’on leur envoie d’Espagne ou qu’on leur fabrique là-bas, car il y a de tout, et les deux méthodes sont utiles. De même qu’ils connaissent bien la musique et peuvent la déchiffrer sur les partitions, afin de la chanter et de la jouer, ils savent fabriquer, et construisent tout type d’instrument, même des orgues…»

L’iconographie du Nouveau Testament et les saints de la Compagnie seraient les seuls sujets sculptés ? Cette description ne nous dit pas grand chose et, de plus, elle est erronée, puisque beaucoup de statues représentent des saints de toutes les époques. Mieux vaudrait parler d’un théâtre du temps, avec ses points de répétitions.
Voyez cette jeune femme radieuse, emportée vers le large comme une belle frégate. Tout, en elle, est mouvement, plis, replis, bonté éblouie du visage, le jaune et le rouge exaltant son triomphe. Mais pourquoi tient-elle, sous son bras gauche, comme un rouleau biblique, cette tour à deux étages ? Il s’agit de Sainte-Barbe, mais qui est Sainte-Barbe ? Et plus généralement, pourquoi savons-nous désormais si peu de chose des saintes et des saints ? Voici une vierge et martyre du IIIe siècle, en Égypte. La légende veut que son père l’ai fait enfermer dans une tour à cause de sa beauté. Puis, apprenant qu’elle est devenue chrétienne et qu’elle se refuse au mariage, il l’a traine devant des tribunaux, la fait condamner à mort et la décapite de sa propre main. À ce moment précis la foudre le frappe. Conséquence : Sainte Barbe se retrouve patronne des canonniers et de tous les métiers qui manient la poudre, carriers et mineurs. Van Eyck lui a consacré un tableau en 1437.
Ce genre d’histoire ne se raconte pas par hasard, et touche au plus près l’imaginaire universel (suivons Freud dans sa certitude). Un père incestueux, une fille qui ne le sait que trop et préfère épouser Dieu : une Indienne Guarani peut être aussi sensible à ce récit que n’importe qu’elle Européenne du temps. Et voilà le beau navire de Sainte Barbe lancé à travers les mers. Tonnez, cannons ! pour la plus grande gloire de Dieu ! Célébrez une fille libre à la barbe de tous les pères.

Ou encore Saint Érasme : c’est un jeune gentilhomme bleu, portant, sans effort apparent, une lourde croix. Il a une attitude militaire concentrée, il appartient sans aucun doute à un corps d’élite dirigé par un grand général. Mais attention : c’est le même Saint Érasme que nous voyons, dans une autre sculpture, crucifié et atrocement supplicié par deux soldats (romains ? espagnols ?). Le ventre ouvert, le corps tailladé, il est, espérons le, soutenu dans son martyr par un angelot qui le coiffe, en douce, d’une couronne de fleurs.
Oui, mais qui est Saint Érasme ? Rien à voir, bien entendu, avec le grand humanisme du même nom, si bien peint par Holbein, et dont la vie a été une habile navigation entre catholiques et protestants. Non : Saint Érasme (appelé aussi Saint Elme) était un évêque de Formie, près de Gaète, au Ve siècle. Les Lombards ariens (l’arianisme est une hérésie tenace) l’ont affreusement torturé et mis à mort. Est-ce parce qu’il a été soumis à une douleur insupportable qu’il est vite devenu saint patron des femmes en couche ? étrange rapprochement, qui nous paraît aujourd’hui sans objet, mais c’est vouloir oublier le long cri de souffrances de la naissance ayant traversé notre espèce, l’ « ardent sanglot » dont parle Baudelaire. Regardez, côte à côte, le gentilhomme bleu acier, lumineux et inaccessible dans sa défense de la foi, et ce pauvre condamné démantibulé sur lequel des brutes grotesques s’acharnent. Le contraste est saisissant : c’est toute une pièce de théâtre qui parle aux yeux et au cœur.
Nous sommes encore dans la marine : les navigateurs du temps (et le Jésuites avec eux) connaissaient bien les feux Saint-Elme, phénomène d’étincelles électriques enflammant les mâts des bateaux pendant les orages en mer (et revoici notre père jésuite du Soulier de Satin). Saint Érasme : la chair retournée et sanglante, l’impassibilité divine, le feu du ciel. Voilà ce qui se racontait aussi dans les réductions du Paraguay, voilà qui ne manquait pas d’embraser l’imagination des artistes populaires entrés non seulement dans la communion catholique mais dans le goût européen.

Des reliques de saint Érasme sont conservées à Bologne, Naples, Vérone, Cologne et Mayence. Mais, là encore, les artistes imposent leur loi : Le Martyr de Saint Érasme est un tableau important de Poussin exécuté pour Saint-Pierre de Rome. Razzié par les français en 1797, il a été restitué au Vatican en 1815. Poussin, peintre philosophe allié des Jésuites ? Mais oui : il suffit de contempler son Saint François Xavier rappelant à la vie la fille d’un habitant de Cangoxima (Kagoshima) au Japon dit, aussi, Le Miracle de Saint François Xavier. Ce dernier tableau, on le sait, a été victime d’une cabale du camp Simon Vouet, et c’est à la suite de ces désagréments que le grand Poussin a choisi de s’expatrier à Rome. Les deux saints jésuites les plus fameux, Ignace de Loyola et François Xavier, eux, ont été canonisés ensemble, en 1622.
Et Saint Roch, ce saint bondissant ! Qui pense à le rapprocher de San Rocco ? Pourtant, c’est lui à Venise, là où l’on va admirer l’impressionnante série du Tintoret. C’est un saint français du Moyen Âge, né à Montpellier en 1293, et mort dans la même ville en 1324 (à 31 ans, donc). Il veille sur les malades, les pestiférés : on l’invoque pendant les épidémies. Ses reliques ont d’abord été en Arles, puis ont été transférés dans la Sérénissime. On le fête le 16 août. La légende veut qu’au désert son chien lui rapportait, chaque jour, un morceau de pain donné par une main inconnue.
Avoir de son côté pour combattre la peste, Tintoret, Rubens et des sculptures en bois, ce n’est pas rien ! Protégez-nous donc dans les forêts américaines, Saint Roch, Sainte Barbe, Saint Érasme, mais aussi Saint Sébastien, Sainte Catherine, Saint François d’Assises, Saint François Xavier (avec, dans la main droite, un drôle de violon) ! Et puis encore Saint Jean Baptiste, Saint Joseph ! Quoi ? Vous dites qu’il n’y a pas de sculptures de saintes ou de saints guaranis ? Patiente, cela viendra. Il suffit d’attendre trois ou quatre siècles.

À tout seigneur, tout honneur. Mais aussi toute horreur. Les représentations du Christ souffrant sont une épreuve. Elle est inévitable. Le corps humain est à franchir, ce que ne comprendrons jamais ceux qui croient naïvement, ou par calcul, à sa nécessité animale ou biologique. La leçon est dure : des blessures, du sang. Le Christ à la colonne n’est pas le même au XVIIe et au XVIIIe siècle mais les deux sont sublimes. S’ils éveillent en vous des pulsions cruelles et sadiques, ou, au contraire, de dépression masochiste, ce sera votre faute, pas la leur, puisqu’ils sont visiblement ailleurs, immergés dans une sagesse ou une sérénité incompréhensibles. On tient, là, la clé de la puissance de suggestion catholique : elle ne peut pas laisser indifférent. Soit elle déclenche la perversion, et elle la traverse et l’annule ; soit c’est la répulsion troublée, le dégoût et la preuve est faite par le refoulement. De toute manière, le regardeur est révélé, il ne dit d’ailleurs pas forcément ce qu’il ressent ou pense.

Ce dos flagellé, ces taches de sang font encore rêver ou délirer de nos jours. Une vierge en plâtre est censé pleurer des globules rouges ? Non, bien sûr, mais l’événement supposé signale l’impasse de l’art saint-sulpicien, l’affadissement est le déclin de l’art sacré depuis le XIXe siècle. Ici, au Paraguay, à l’époque héroïque, les choses sont infiniment sérieuses, directes, vraies. Les Jésuites et leurs fidèles sont dans leur moment de splendeur. Pas de mièvrerie, de bigoterie, de pruderie : l’essentiel, la force. Le Christ du XVIIe siècle est basané, il pourrait être indien. Celui du XVIIIe siècle, stigmatisé, est au contraire très blanc mais tous les deux sont liés à la même colonne qui est une sorte de temple à elle seule. La signification est claire : le martyr guarani et le martyr jésuite se situent du même côté. On dirait qu’ils déposent ensemble au tribunal de la Justice et de la Vérité. Les mains liées, le corps violé, le visage déjà dans la mort, ou plutôt dans une vision qui la surplombe, l’effet de grandeur est imparable : ecce homo.

Pour comprendre de tels chefs-d’œuvre sculptés, il faut aller à la source, c’est-à-dire non seulement au Nouveau Testament, mais aux textes du fondateur de l’Ordre, Ignace de Loyola lui-même.

Car le voici, lui. On dirait un moine ascétique, absorbé par on ne sait quelle scène (la sculpture est là pour faire voir l’invisible). Il a l’air étonné d’être en vie. Il contemple, avec respect et compassion, quelque chose. Quoi ?
« Voir Notre Dame, Joseph, la servante, et l’Enfant Jésus après qu’il est né, me faisant, moi, comme un petit pauvre et un petit esclave indigne qui les regarde, les contemple et les sert dans leurs besoins, comme si je me trouvais présent, avec tout le respect et la révérence possibles. Et réfléchir ensuite en moi-même afin de tirer quelque profit.
Regardez et considérez ce qu’il font comme, par exemple, voyager et peiner pour que le Seigneur vienne à naître dans la plus grande pauvreté et qu’au terme de tant de peines, après la faim, la soif, la chaleur et le froid, les outrages et les affronts, il meurt en croix : et tout cela pour moi. Puis, réfléchissant, tirez quelque profit spirituel.
Terminez avec un colloque et par un pater noster. »


Nous venons de lire une séquence des fameux Exercices spirituels. Mais dans son Journal spirituel, Ignace de Loyola nous raconte de drôles d’expériences. Par exemple : « allant à la messe. Avant elle, non sans larmes ; pendant, nombreuses et très apaisées. Très nombreuses intelligences de la très Sainte-Trinité, qui illuminait l’esprit, au point qu’il me semblait qu’à force d’étudier je ne saurai pas autant ; et ensuite, réfléchissant encore à ce que je ne comprenais en sentant et voyant, j’avais toujours cette impression, quand bien même j’étudierais toute ma vie. »

On voit que les exercices sont représentatifs alors que les extases sont extrêmement abstraites : la combinaison des deux définie la spiritualité jésuite. Pas de mystique sans considération des formes, pas de formes sans plongée dans l’essence divine. Telle est, en somme, la définition du baroque.

Tout cela a lieu, ne l’oublions pas près de la ville d’Asunción : Assomption. C’est ainsi que s’appelle la capitale du Paraguay. Cela doit faire un curieux effet de répondre à la question : « où habitez-vous ? » par : « Assomption. » Étrange histoire.
La noblesse de ses vierges est impressionnante. Leur recueillement dégage une lumière bouddhiste. L’Immaculée Conception règne sur la terre. La Vierge au chapelet (c’est-à-dire rosaire) partage son royaume avec son fils enfant. La Vierge Marie est une femme-fleur qui prie sans cesse, elle est pleine de grâce, elle est bénie entre toutes les femmes, elle se penche sur nous. Son drapé flottant rouge, ses mains jointes la retourne entièrement sur elle-même. La Vierge de pitié, elle, avec son barbu adulte, grand comme un enfant, sur les genoux, n’est pas indigne du sommet du genre, la Pietà de Michel Ange. C’est du même génie qu’il s’agit.

Victoire, donc, à travers la torture et la mort. Affirmation sans mélange au cœur du chaos. Ici, la figure de l’Archange guerrier : Saint Michel. Son nom, en hébreu, signifie, on le sait : « qui est comme dieu ». Il est là pour anéantir Celui qui veut être « comme » Dieu : Satan en personne. Prince de la milice céleste, protecteur d’Israël, il était logique de le rencontrer dans l’armée jésuite. Le voici donc, dans deux apparitions fulgurantes.
Il danse, l’Archange, il est un des stars du ballet divin. Il tombe du ciel sur la scène, comme s’il était animé par la vive musique de Vivaldi, de Haendel. Il vole de biais, étoffes rouges et jaunes, en foulant aux pieds, en passant, une masse informe qui n’est autre que le Démon. Regardez cette espèce de gros cerveau sanglant, ce tas de mou de veau d’où émerge à peine une tête stupide. Telle est la lutte incessante contre la maladie psychique de l’univers. On lui répond par l’élégance physique instantanée. Même désinvolture de fouet ailé dans la façon dont, l’épée à la main, dans une autre sculpture, Saint Michel triomphe de la bête qui lui sert de piédestal. La tragédie est terminée, l’horreur surmontée, le négatif nié.
Il y a le château Saint-Ange dédié à saint Michel à Rome. Et qui ne connaît, en France, le mont Saint-Michel ? On retrouve l’Archange militaire à Bruxelles, à Munich. Il a pour lui Raphael, Rubens (encore lui !), Delacroix. C’est la guerre.

« Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. Et j’entendis une voie clamer dans le ciel : " Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la dénomination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait nuit et jour devant notre Dieu. Mais eux l’ont vaincu avec le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. "» (St Jean, Apocalypse, XII, 7-11)

Pauvre terre, pauvre mer ! Beaucoup de dévastations leur sont promises ! Et nous n’avons pas la chance d’être les « habitants des cieux ». Prions donc saint Michel, comme l’ont fait les artistes guaranis, qui avaient de bonnes raisons de douter de la paix terrestre. Les massacres se multipliaient. La bestialité quotidienne était invivable (et qui dira que notre siècle ne s’est pas surpassé dans la diablerie ?). Pourtant l’opéra jésuite était là. On pouvait parfois danser, faire sonner les instruments, s’émerveiller des sculptures. La joie, après tout, se situe par définition hors du temps.
Dans quel but cet orchestre ? ce grand théâtre ?
Ad majorem Dei gloriam. Pour la plus grande gloire de Dieu. Une gloire qui brille secrètement, toujours à travers ces figures. "

Philippe Sollers (Éloge de l'Infini)

00:35 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (47) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook