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17/06/2008

Tout va très bien Madame la marquise...

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Pour faire écho à la note d'XP, je reprends son texte et y adjoins un film...

Voici ce qu’on pouvait lire dans le « Testament » d'Adolf Hitler, rapporté par Martin Bormann lui même au quartier général du Fürher, du 4 février au 2 avril 1945, préfacé par François Genoud :

« Tout l'Islam vibrait à l'annonce de nos victoires. Les Égyptiens, les Irakiens et le Proche-Orient tout entier étaient prêts à se soulever. Que pouvions-nous faire pour les aider […], comme c'eût été notre intérêt et notre devoir. La présence à nos côtés des Italiens […] créait un malaise chez nos amis de l'Islam [elle nous] a donc empêché de jouer l'une de nos meilleures cartes: soulever les pays opprimés par les Britanniques. Cette politique aurait suscité l'enthousiasme dans tout l'Islam. C'est en effet une particularité du monde musulman que ce qui touche les uns, en bien ou en mal, y est ressenti par tous les autres, des rives de l'Atlantique à celles du Pacifique. […] les peuples régis par l'Islam seront toujours plus proches de nous que la France, en dépit de la parenté du sang. […]. La France et l'Italie [ont empêché] l'Europe de faire une audacieuse politique d'amitié à l'égard de l'Islam. »

Adolf Hitler (cité parMartin Bormann)



Tout va très bien Madame la marquise...

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19/05/2008

In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni

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Radicale analyse de Guy Debord dans ce palindrome qui fait table rase.

C'est à voir, bien entendu.

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In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni, Part 1, 1978

data="http://ubu.artmob.ca/video/flash/flvplayer.swf?file=Debord-Guy_In-Girum-Imus-Nocte-Et-Consumimur-Igni_1978_Part-2.flv&autostart=false">



In Girum Imus Nocte Et Consumimur Igni, Part 2, 1978

Film disponible en ligne pour vous grâce à UbuWeb...



« Et qui devient Seigneur d’une cité accoutumée à vivre libre et ne la détruit point, qu’il s’attende d’être détruit par elle, parce qu’elle a toujours pour refuge en ses rébellions le nom de la liberté et ses vieilles coutumes, lesquelles ni par la longueur du temps ni pour aucun bienfait ne s’oublieront jamais. Et pour chose qu’on y fasse ou qu’on y pourvoie, si ce n’est d’en chasser ou d’en disperser les habitants, ils n’oublieront point ce nom ni ces coutumes...» Machiavel (Le Prince)... cité par Guy Debord in La Société du Spectacle.

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17/04/2008

Les soviets masqués d'Europe.

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Vladimir Boukovsky n'est pas le premier clampin venu... et il n'a pas sa langue dans sa poche...

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24/03/2008

Islam ?

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Un peu d'humour...





Et un peu de réalité...



LA Religion qui est en expansion n'est plus l'Islam, mais le Christianisme tendance évangélique. Le mouvement a même tendance à exploser au Maghreb... en Iran... les barbus font la grimace. Ne doutez pas un seul instant que les USA ne soient pas derrière cette affaire... et c'est tant mieux !

21:08 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : Islam, Christianisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

20/03/2008

« Là, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. »

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Chez les barbus, tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.



Je sais pas... mais le monsieur il a l'air énervé... ou alors il est défoncé. Probablement les deux.

15:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Islam, Hamas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/03/2008

Neil Young, Apocalypto, Sollers... et les Jésuites.

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Adolescent, j'écoutais la chanson de Neil Young, "Cortez the killer" en jubilant.

Les sons de guitares chaleureux, la voix plaintive de Monsieur Young, la production serrée et sèche comme un désert de poussière, tout cela me parlait, évoquant dans mon âme des choses secrètes que je ne parvenais pas à formuler, mais qui faisaient, d'écoute en écoute, leur chemin vers le palais de ma compréhension. Il y avait, surtout, les parties "lead" de la chanson, exécutées par un Neil inspiré, avec une guitare aux intonations mélancoliques, sur mode mineur, comme si elles décrivaient en saignant les effluves d'un monde serein évanoui dans une lointaine douleur dont le feedback n'en finissait plus de nous parvenir encore et encore.

"He came dancing across the water
With his galleons and guns
Looking for the new world
In that palace in the sun.
On the shore lay Montezuma
With his coca leaves and pearls
In his halls he often wondered
With the secrets of the worlds.

And his subjects
gathered 'round him
Like the leaves around a tree
In their clothes of many colors
For the angry gods to see.
And the women all were beautiful
And the men stood
straight and strong
They offered life in sacrifice
So that others could go on.

Hate was just a legend
And war was never known
The people worked together
And they lifted many stones.
They carried them
to the flatlands
And they died along the way
But they built up
with their bare hands
What we still can't do today.

And I know she's living there
And she loves me to this day
I still can't remember when
Or how I lost my way.

He came dancing across the water
Cortez, Cortez
What a killer.


Bon, à part la rapide allusion au sens du sacrifice, "And the women all were beautiful, And the men stood straight and strong, They offered life in sacrifice, So that others could go on", sans que l'on puisse d'ailleurs vraiment comprendre de quel type de Sacrifice il s'agit, on retient surtout que les femmes étaient toutes belles, les hommes dignes, et ô miracle, "la haine n'était qu'une légende et la guerre jamais connue" ("Hate was just a legend, and war was never known"), de quoi se faire s'ébahir les tenants démocrates de la pensée unique, naïve et pleurnicharde qui croient par cette curieuse haine de soi que l'homme blanc surtout, l'européen génocidaire symbolisé ici par le tueur Hernán Cortés, est à l'origine de tous les malheurs sur la surface de ce globe et que s'il abandonnait un peu ses valeurs égocentriques et conquérantes le monde (comprenez : le tiers-monde surtout) ne s'en porterait que mieux.

J'ai 42 piges et j'aime toujours beaucoup cette chanson, à la différence que je peux, aujourd'hui, l'entendre avec les oreilles qui conviennent et ne pas céder aux sirènes lisses et ensorceleuses qui s'y cachent.

De fil en aiguille...

L'autre soir, vers 2h00 du matin, je suis tombé sur le saisissant film de Mel Gibson, "Apocalypto", sur Canal +. J'ai bien calé le casque sur mes oreilles, me suis posé dans le canapé, et armé de thé vert et de fumigènes, j'ai entamé le voyage initiatique. Détendu mais concentré. "Bateau Ivre" descendant l'Amazone ou l'Orénoque.

Pardonnez-moi mes égarements, je sais bien que les Mayas, évoqués dans le film, ne se trouvent pas aux contours de l'Amazone ou de l'Orénoque, mais j'aime bien utiliser mes figures de style. J'écris aussi pour m'amuser, faut pas déconner, n'est-ce pas ?

... et je me suis pris une claque comme il faut. Le jeu des acteurs, la fougue de la mise en scène et la volonté du réalisateur controversé de "La Passion du Christ" de faire passer sa vision, non pas de l'Amérique précolombienne contrairement à ce que tout un tas d'abrutis lecteurs de Télérama ont pu croire, mais de notre monde d'aujourd'hui, ici et maintenant si je puis dire, tout cela fait oublier l'absence de nuances quant à la description des indiens en question et les erreurs historiques que les spécialistes de la question ont reproché au réalisateur. Tout comme Zack Snyder avec le film "300" ou Francis Ford Coppola avec le film "Apocalypse Now", Mel Gibson se sert d'un substrat historique pour développer sa vision de notre monde finissant. Je doute fort qu'il ait souhaité faire avec "Apocalypto" un film sur la civilisation Maya. Ce n'est pas son propos. C'est notre Civilisation qui est dans sa ligne de mire. Et il ne l'épargne pas, par de multiples suggestions visuelles et verbales, à commencer par cette citation de Will Durant mise en exergue au début du film : « Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur. » De même que Zack Snyder se sert de la bataille des Thermopyles, en 480 avant JC, pour nous parler de la confrontation entre un Empire Cosmopolite (symbolisé par Xerxès Ier) et un peuple libre aux moeurs identitaires, aristocratiques et guerrières (symbolisé par le Roi Léonidas Ier de Sparte) avec le sens du sacrifice comme valeur suprême, de même que Francis Ford Coppola utilise la guerre du Viêt Nam moins pour parler de la guerre et de la violence que de la noirceur de l'âme humaine, Mel Gibson a souhaité faire un film Chrétien et il y est parvenu avec style, sans évoquer ni le Christ, ni le monothéisme, ce qui est un exploit, à part les quelques secondes finales où l'on voit arriver les premiers conquistadors accompagnés d'un prêtre tenant une croix.

L'humble tribu de "Pat de Jaguar", le héros du film, veille le soir en écoutant le vieux sage de la tribu conter des paraboles presque bibliques mais transposées dans l'univers culturel indien. Durant une veillée collective il leur dit que l’être humain en désirant toujours plus finira par épuiser la terre qui le nourri :

Un homme était assis seul
profondément enfouis dans la tristesse.
Et tous les animaux vinrent près de lui et dirent :
"Nous n'aimons pas te voir triste
demande nous ce que tu veux et tu l'auras."
L'homme dit : "Je veux avoir une bonne vue."
Le vautour lui répondit : "Tu auras la mienne."
L'homme dit : "Je veux être fort."
Le jaguar dit : "Tu seras fort comme moi."
L'homme dit : "Je désire connaître les secrets de la terre."
Le serpent répondit : "Je te les montrerai."
Et il en fut ainsi de tous les animaux.
Et quand l'Homme eut tous les cadeaux qu'il purent donner,
il partit.
Le hiboux dit alors aux autres : 
"Maintenant l'homme sait beaucoup de choses et est capable d'en faire autant..."
"Et j'ai soudain peur."
Le cerf dit : "L'homme a tout ce dont il a besoin. Sa tristesse va cesser."
Le hiboux répondit : "Non."
"J'ai vu un creux dans l'Homme... profond tel une faim qu'il ne pourra jamais assouvir..."
"C'est cela qui le rend triste et lui fait vouloir..."
"Il continuera à prendre et à prendre..."
"Jusqu'au jour où le monde dira : Je ne suis plus et n'ai plus rien à donner."

Ils vivent simplement en chassant, leurs moeurs sont celles du clan uni par des règles ancestrales, ils font preuve d'humour et d'amour, ont des loisirs sans chichis, ne s'embarrassent pas de langage châtié et puritain pour nommer les choses ou parler de sexe. Des gens normaux en quelque sorte, Vivant en harmonie avec leur environnement.

Les guerriers qui viennent s'emparer d'eux, par contre, car c'est là le point de départ du film, viennent de la ville construite en Pierre au milieu d'une jungle déforestée (déjà), avec des habitants dévorés par une sorte de peste, l'environnement pollué par les déjections des taudis, les ressources naturelles épuisées dans des champs en terrasses asséchés, la compassion n'y règne pas, ni à l'égard des malades, ni à l'égard des sacrifiés qui ne le sont que pour trouver la faveur des dieux et une sortie hors leur situation de crise qui semble universelle. Dans la cité, les nobles bénéficient de positions sociales enviées, tandis que le bas peuple des paysans espère misérablement que les sacrifices lui seront favorables. Les regards que jette le peuple sur des dames aristocrates locales se frayant un chemin vers la pyramide, hissées au dessus de la masse par des porteurs, montrent bien, sans qu'il y ait nécessité de mots, que la haine couve. Et les dames en question ne semblent pas du tout rassurées. Par contre, peuple comme aristocrates, communient d'un même cri unanime à chaque coeur arraché et présenté au Soleil, à chaque tête tranchée et précipitée comme un ballon du haut des marches sacrées de la pyramide, au sommet desquelles le prêtre et le prince se sourient avec cette assurance satanique de posséder le pouvoir et de manipuler tous ces sujets entre leur pouce et leur index comme bon leur semble. Enfin, tout ce joli monde hystérique semble en proie à la transe, à la fièvre, à la communion collective festive, aux drogues probablement, si ce n'est à des formes de possession. Le Démon est bel et bien là lorsqu'on ne le soupçonne guère. On se croirait à un défilé de Jean-Paul Gould, mâtiné de Techno Parade, de cohortes de Nuremberg aux plus obscures heures de l'Histoire du XXème Siècle, et l'ivresse qui se saisit du peuple face au prêtre ressemble, à s'y méprendre, à l'ivresse qui s'emparait des allemands lors des discours fédérateurs du Führer ou qui s'empare encore des fanatiques lors des concerts Rock. Souvenez-vous du propos du groupe Pink Floyd dans leur chef-d'oeuvre The Wall. Les masses ont besoin de religiosité pour garder la tête haute et les salauds qui mènent la danse l'ont très bien compris. Le Führer, le Duce... ou notre chère démocrassouillardise avec ses nobles idéaux humanitaristes. Certes, la démocratie qui est la nôtre n'ouvre pas des camps d'extermination, ne brûle pas les livres en autodafés religieusement organisées, mais par d'autres voies, très douces et mièvre, nous arrache le coeur et nous tranche la tête avec... l'assentiment général.


apocalypto
13mn28s



Nous sommes loin, dans le film, des paroles ingénues de Neil Young. Et même si la volonté de Mel Gibson n'a pas été de suivre à la trace les faits historiques connus sur les Mayas, il faut reconnaître que sa description de la cité macabre où les sacrifices s'enchaînent à la pelle comme autant de sollicitations propitiatoires que le sang des victimes vient quémander à d'obscures divinités, n'est pas très loin de ce qu'étaient les cités Mayas ou Aztèques à la veille de leurs chutes. Il est vrai que la confusion règne un peu, car au moment de l'arrivée des espagnols les cités Mayas sont vides, leur civilisation étant déjà depuis un moment en décadence avancée. C'est plutôt la civilisation des Aztèques située aux contours de Mexico dans les haut-plateaux du Mexique central qui brille encore, alors que les cités Mayas, situées plus au sud, vers les actuels Honduras, Belize et Guatemala se sont éteintes depuis un moment.

Mais les faits historiques, que disent-ils ?

Les chroniques espagnoles disent une chose, mais depuis quelques années les archéologues ont découvert de très nombreuses preuves matérielles qui viennent corroborer les chroniques en question. Les archéologues ont prouvé que les sacrifices pré-hispaniques mettaient en œuvre un large éventail de méthodes pour tuer avec brutalité et intentionnellement. De nombreux chercheurs ont cru que les récits espagnols étaient faussés afin de dénigrer des cultures considérées comme primitives et sauvages, d’autres affirmaient que les sacrifices étaient limités aux guerriers capturés, certains admettaient que les aztèques étaient sanguinaires mais pensaient comme Neil Young que les mayas l’étaient moins. « Nous avons à présent les preuves matérielles pour confirmer les chroniques littéraires et picturales », déclare l’archéologue Leonardo López Luján. Il ajoute : « Les courants “pro-indiens” ont toujours nié ce qui était arrivé ; ils disaient que les textes mentaient ».Davíd Carrasco, un expert en religions d’Amérique Centrale de la Harvard Divinity School déclare : « Les espagnols ont probablement exagéré le nombre des victimes pour justifier une guerre supposée juste contre l’idolâtrie, mais il n’y a plus l’ombre d’un doute sur la nature des tueries. Les textes illustrés indiens, connus sous le nom de Codex, aussi bien que les chroniques espagnoles de l’époque, indiquent que les indiens pratiquaient de multiples formes de sacrifices humains.» Une confirmation est venue sous la forme de tests chimiques poussés sur les planchers de stuc des temples aztèques, tests par lesquels il a été démontré qu’ils avaient été maculés en grande quantité de fer, d’albumine et de matériaux génétiques correspondant à du sang humain.
L’élite Maya et Aztèque étaient obsédées par le sang et le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. La saignée servait à se concilier le Dieu Soleil. Dans le film de Mel Gibson, le Maître de Guerre qui livre les prisonniers au prêtre pour le sacrifice, se saigne la paume de la main en signe d'allégeance au Dieu Soleil et à la communauté qui est la sienne. C'est le sang qui nourrit l'Univers.



Les deux individus qui ont contribué à la conquête première de l'Amérique Latine étaient Francisco Pizarro et Hernán Cortés qui au début du 16ème Siècle s'aventurent vers les territoires intérieurs, alors que Christophe Colomb se contente lors de son premier voyage (en 1492) d'accoster les Bahamas, Cuba, Saint-Domingue ; lors de son deuxième voyage (1493/1496) il explore la Guadeloupe, Porto Rico et la Jamaïque ; enfin, lors de sa troisième expédition (1498/1500) il ne s'aventure par le delta de l'Orénoque que vers les limites de la Colombie.
Christophe Colomb est un homme désintéressé, qui prie, qui pense qu'il faut convaincre les indigènes par la douceur et l'exemple du bien fondé de sa foi catholique. Francisco Pizarro et Hernán Cortés, eux, sont des guerriers qui vivent comme de véritables aventuriers. Pizarro est illettré. Tous deux témoignent d'une rapacité rare, "La Fièvre de l'Or" ne leur en fera pas trouver autant qu'ils le souhaitent.

Cependant, à quelle réalité le doux Christophe Colomb ou les deux brutes, Pizarro et Cortés, furent-ils confrontés ?

Nous sommes dans les Caraïbes ou en Amérique Centrale et en Amérique du Sud. Les indiens qui vivent ici n'ont aucune coutume en commun avec les indiens des plaines de l'Amérique du Nord. Ici, les tribus pratiquent le Sacrifice Humain et s'adonnent joyeusement à l'Anthropophagie. Dans les Caraïbes, les guerres entre tribus sont constantes. Le But ? La "razzia" pour pouvoir s'emparer de ses congénères afin... de les bouffer.

Chez les Mayas et les Aztèques afin de rendre gloire au dieu Soleil, pour le nourrir ou l'apaiser, il fallait immoler des victimes si possible choisies chez l'ennemi. Dans certains cas, des volontaires s'offrent volontairement comme sacrifice, même parmi l'élite. Quand ils pénètrent dans les cités Aztèques, les conquistadors témoignent de leur plus profond dégoût à l'égard de ce qu'ils y trouvent, car on est loin, alors, des images "touristiques" que nous prônent les cartes postales mondialistes en provenance de ces régions... ou, comme je le disais, nous sommes à l'opposé des paroles gentillettes de Mister Neil Young : partout règne une puanteur cadavérique, les murs sont barbouillés de sang, les mouches purulent, des charniers s'amoncellent à ciel ouvert aux pieds des pyramides où se déroulent les sacrifices, des femmes (dites vierges), des prisonniers de guerre (comme dans le film de Gibson), de jeunes enfants... On leur arrache le coeur encore battant et on barbouille les murs de ce sang innocent... On précipite, ensuite, les cadavres encore chaud en bas de l'édifice afin que ceux-ci soient dépecés et dévorés. Un des témoins occulaires de l'époque, Bernal Diaz del Castillo, raconte : "Chaque jour, les indiens sacrifiaient devant nous trois, quatre, cinq hommes dont le sang couvrait les murs." Chaque jour. "Ils coupaient bras, jambes, cuisses et les mangeaient, comme chez nous, la viande de boucherie." Histoire Véridique de la conquête de la nouvelle-Espagne par Bernal Diaz del Castillo (Édition, La Découverte)

Chez les Aztèques c'était ainsi... mais dans les Andes, chez les Incas, c'était la même chose : abomination et cruauté. Les enfants promis au sacrifice étaient engraissés avant.


(Inca children fattened up for sacrifice - 1 min 32 s. - en anglais (Enfants Incas engraissés pour le Sacrifice) BBC News).


Il me semble important de préciser que si quelques 300 conquistadors ont été en mesure de dominer des Nations indiennes puissantes en quelques courtes années, ce n'est pas uniquement parce qu'ils avaient quelques armures, d'inquiétants chevaux (le cheval est inexistant sur le territoire américain avant l'arrivée des Européens, tant au Nord qu'au Sud, et il impressionne les autochtones), des fusils et des pistolets qui tiraient un seul coup et qu'il fallait recharger, non, c'est précisémment parce qu'ils ont reçu le soutien Massif de toute une population qui n'en pouvait plus d'être esclave d'une telle terreur, les mères et les pères ne voulaient plus donner leurs filles vierges au dieu Soleil et les petites nations indiennes qui subissaient le joug des grandes voulaient s'émanciper. Ainsi, les Tlaxcaltèques fournirent à eux-seuls 6000 hommes à l'armée de Cortés.

Continuer de voir les civilisations précolombiennes comme des havres de paix et de bonheur que les horribles espagnols seraient venu souiller avec leur "fièvre de l'Or" et leur immonde Christianisme, c'est aller vite en besogne. Pour beaucoup d'indiens, les conquistadors ont été accueillis comme des Libérateurs.

Bien entendu, je ne vais pas ignorer les débordements, les saloperies, les fautes des colonisateurs. Je n'ignore pas les faiblesses humaines. Mais ne voir que cette face-là, c'est tronquer la réalité. Et je sais qu'il y a encore de nos jours, en Amérique Latine, un racisme latent de la part de certains "blancs hispaniques" à l'égard des indiens.

Deux personnages de l'époque ont largement contribué à la noirceur de la conquête espagnole, non pas parce que ces derniers auraient souillé leurs mains dans le sang indien... mais parce que les deux personnages en question ont tout bonnement écrit des livres qui ont contribués à la légende noire de cette colonisation dans le seul but de nuire à certains intérêts idéologiques et religieux d'alors :

* Théodore de Bry, Protestant Flamand, publie sur une période de 30 ans (de 1590 à 1623... il est mort en 1598, une partie de ses écrits sont publiés post-mortem) une série de récits de voyages aux Indes (on appelait encore ainsi les Amériques dans cette période) dont la volonté première est d'exposer les vices et horreurs dont faisaient preuve les Catholiques au Nouveau Monde.

* Bartolomé de Las Casas, prêtre Catholique dominicain qui idéalisa les indigènes dans son livre de 1541, Brévissime relation de la destruction des Indes, dans lequel il dénonce l'esclavage et les massacres dont les indiens sont victimes (et c'est courageux pour l'époque) mais sans tenir compte de la situation précédant l'arrivée des européens. Fils d'un des compagnons de Christophe Colomb, Bartolomé de Las Casas n'a de cesse de développer l'idée qu'il faut (tout comme le pensait Christophe Colomb) convertir les indiens par la douceur et l'exemple et non par la violence. Contrairement à de nombreux prêtres présent en Amérique Latine, Bartolomé ne parle pas un seul dialecte indien, ne prend pas la peine de pénétrer leur imaginaire, leurs croyances cruelles ou leurs Cultures.

Ce sont les postulats de ce Théodore et de ce Bartolomé qui seront repris par les philosophes des Lumières pour défendre le "le bon sauvage" que Jean-Jacques Rousseau reprendra à son compte pour fustiger la société de son temps, alors que ces philosophes n'ont jamais mis les pieds aux Amériques... et ce sont toujours ces mêmes postulats qui seront repris au XIXème Siècle par les anti-cléricaux voulant assoire leur idéologie et bouffer du curé. Ce sont toujours ces postulats qui prédominent dans les consciences de nos jours alors qu'ils sont faux ! Et même Mel Gibson est quelque peu piégé par cette image du "Bon Sauvage" puisque c'est précisément sous cet angle qu'il présente la tribu de "Patte de Jaguar". Rhétorique hollywoodienne.

De nombreux "Gôchistes" voient d'ailleurs dans Bartolomé de Las Casas, au 16ème Siècle, un précurseur de la déclaration des Droits de l'Homme. C'est aller un peu vite en besogne : Bartolomé de Las Casas était membre de l'Inquisition, dont il partageait la doctrine, et si certains voient en lui le premier porte-parole du Tiers-Monde, ils oublient qu'il fut de ceux qui conseillèrent avec ferveur l'implantation aux colonies américaines d'esclaves noirs venus d'Afrique, afin d'épargner les indiens (qui probablement trouvaient grâce a ses yeux de par leur couleur de peau plus claire que celle des nègres !).

Bon, Bartolomé a contribué à alerter Charles Quint sur le sort des indiens, ont peut lui en rendre la gloire. Mais il faut également savoir qu'il y a un écart drastique entre ce que conseillait la couronne d'Espagne et ce qui était appliqué sur le terrain, bien souvent par quelques aventuriers peu scrupuleux vis-à-vis de ces "bons sauvages". Dans les mentalités méditerranéenne du XVème Siècle, l'esclavage est monnaie courante et fait partie des pratiques bien établies dans les faits et les mentalités. Néanmoins, lorsque Christophe Colomb fait envoyer des indigènes à la cour d'Espagne comme des esclaves, Isabelle Ire de Castille les fait libérer en donnant les instructions suivantes : " Les indiens se doivent d'être traités comme des personnes libres et non comme des esclaves." (1492)
En 1504 elle renouvelle ses instructions dans son testament : "Je recommande et j'ordonne de n'admettre ni de permettre que les indigènes des îles et terre ferme subissent le moindre tort dans leurs personnes et dans leurs biens, mais au contraire de mander qu'ils soient traités avec justice et humanité." Ne la surnommait-on pas "Isabelle la Catholique" ? La monstrueuse erreur que les espagnols ont commis lors de la Reconquista a bien été d'avoir chassé les Juifs d'Espagne, sans doute à cause des préjugés anti-judaïques de l'époque, mais le comportement de la Reine à l'égard des indiens indique qu'elle n'était pas en proie à un racisme primitif comme nos thuriféraires anti-racistes veulent le faire croire. Les choses "humaines trop humaines" sont bien plus compliquées que ça et il convient de les examiner sans esprit binaire. Si ces recommandations ne sont pas suivies sur le terrain, Charles de Habsbourg, dit Charles Quint fera édicter par la suite de nouvelles lois limitant les droits des Seigneurs locaux et prohibant l'esclavage. Même si ces lois n'ont pas toujours été suivies elles contribuèrent à la définition d'un Droit, ce qui fut un progrès considérable dans le flot de l'Histoire, puisque c'est en se basant sur les lois édictées auparavant que certains juristes et avocats rebelles ont été en mesure, progressivement, de faire cesser des pratiques cruelles et injustes.

D'ailleurs, pour ce qui est des débats relatifs à l'humanité ou non des indiens... La Controverse de Valladolid reste la plus connue. En 1550, Charles Quint charge 15 juges ecclésiastiques d'examiner la meilleure façon dont la colonisation et la christianisation doivent être conduites. Réunis à Valladolid les opinions s'affrontent pendant plusieurs mois. Bartolomé de Las Casas d'un côté et Juan Ginés de Sepúlveda de l'autre. Las Casas défend le droit à la différence, selon un schéma de pensée que ne rejetteraient pas les "différencialistes" droitiers du GRECE tels Alain de Benoist (ce qui est comique lorsqu'on sait ce que nos humaniste modernes pensent du GRECE mais prennent, néanmoins, la défense de Bartolomé de Las Casas) tandis que Juan Ginés de Sepúlveda défend, une autre idée : celle de l'ingérence. On est en plein débat actuel ! Las Casas considère que seul un nombre réduit de prêtres se doit de rester au Nouveau Monde afin de contribuer à l'évangélisation tout en respectant les spécificités locales. Sepúlveda estime qu'il faut pacifier la région en supprimant par la force la barbarie des sacrifices humains et des dominations sanguinaires des Aztèques ou Incas sur les tribus mineures.

Pourtant la vérité est simple : les Européens en arrivant en Amérique Latine ont éprouvé un véritable choc ! Ce qu'ils y ont vu les a révulsé au plus profond d'eux-mêmes... même s'ils étaient, pour la plupart grossiers, incultes et analphabètes. Et d'ailleurs l'Église Catholique, n'a pas attendu Charles Quint et la controverse de Vallodid pour édicter ses principes à elle. Dés 1493, le Pape Alexandre VI, lançant la mission dans le Nouveau Monde par la bulle Piis Fidelium affirme l'unité du genre humain, puis en 1537, le Pape Paul III, par la bulle Sublimis Deus confirme : "Les indiens sont des hommes véritables, capables de recevoir la foi chrétienne par l'exemple d'une vie vertueuse. Ils ne doivent être privés ni de leur liberté, ni de la jouissance de leurs biens."

L'évangélisation, comment se déroula-t-elle ?

Au Mexique, les Franciscains apprennent les langues et dialectes indiens, en composent une grammaire, créent des dictionnaires et des catéchismes dans les langues locales !!!! Les indiens des forêts reculées n'avaient ni grammaire officielle, ni écriture digne de ce nom. Quant aux indiens des cités où les sacrifices avaient lieu, ils avait développé avec un génie certain une écriture hiéroglyphique ( les codex retrouvés l'attestent) qui fut mise à mal par l'évêque Fray Diego de Landa qui ordonna de très nombreuses autodafés, en dépit des prescriptions du Vatican. Il dû en rendre compte auprès de ses autorités. Les indiens ne connaissaient ni la roue, ni le cheval de trait, ni le boeuf. L'animal de trait c'était... la femme ! Dés 1552, à Lima, le premier concile d'Amérique avait interdit fermement la destruction des temples et des idoles ainsi que leur pillage : "Nous ordonnons que personne ne baptise d'Indien de plus de huit ans sans s'assurer qu'il y vienne volontairement ; ni ne baptise d'enfant indien avant l'âge de raison contre la volonté de ses parents."

En 1572, de retour à Londres après 5 années de trafics en tout genre dans le nouveau monde, l'aventurier anglais Henry Hawks écrit dans ses notes relatant son périple : " Les indiens révèrent beaucoup les religieux parce que grâce à eux et à leur influence, ils se voient libres d'esclavage." Le franciscain, Bernardino de Sahagún, considéré comme le père de l’anthropologie moderne, rédige une Historia de las cosas de Nueva España où il fait l’inventaire de toutes les croyances, coutumes, traditions indigènes, afin de les conserver à la mémoire des peuples de la région. Le premier archevêque de Lima, Jérôme de Loaisa, passe les dix dernières années de sa vie dans un réduit de l’hôpital qu’il a bâti pour les indiens. Au Mexique, l’évêque de Michoacan, Vasco de Quiroga, réalise un programme complet d’organisation communautaire pour les indigènes, avec maternité, infirmerie, hôpital.

L’historien français, Bartolomé Bennassar en vient à conclure : « L’église du Nouveau Monde est loin d’avoir été toujours exemplaire. Cependant, elle a exercé dans l’ensemble un rôle positif et a été à l’avant-garde de la défense des indiens contre les abus de toutes sortes. » (L’évangile débarque au Nouveau Monde—Histoire du Christianisme Magazine, Février 2000)

En 2002, le pape Jean-Paul II a consacré cette symbiose entre la culture indigène et le christianisme en canonisant à Mexico, dans la basilique Notre-Dame-de-Guadalupe, Juan Diego Cuauhtlatoatzin qui aurait assisté à une apparition de la Vierge.

Et cela nous ramène à notre film. Lorsque les membres de la tribu de "Patte de Jaguar" sont emmenés en captivité vers la cité démoniaque pour y finir comme esclaves ou comme sacrifices, leurs enfants, considérés comme inutiles, sont abandonnés en arrière. Une mère adresse une prière à une déesse locale, cependant le ton utilisé, la compassion mise dans ses mots fait penser indiscutablement à la Sainte Vierge, comme si Mel Gibson voulait nous signifier que les indiens étaient bel et bien prêts à recevoir la parole de l'Évangile. Je suis d'accord pour le suivre sur ce terrain. Question de sensibilité intellectuelle. Vous pouvez en penser ce que bon vous semble. Je pense même que tous les paganismes de cette terre préparaient les peuples à embrasser le monothéisme et il n'est pas curieux de réaliser, lorsqu'on creuse un tout petit peu, que les divinités invoquées par les primitives peuplades sur la surface de ce globe évoquent aussi, par leur face claire, les attributs, ou les noms multiples du Dieu unique, leur face sombre évoquant... le Démon. Les voies du Seigneur sont impénétrables.
Plus loin, dans la jungle, à l'approche de la ville, les captifs liés et leurs nouveaux maîtres tombent sur une petite fille malade, prostrée à côté du cadavre de sa mère, le visage dévoré de pustules qui, inspirée, assène une prophétie aux sanguinaires guerriers, d'où probablement le titre du film, révélant les intrications mystérieuses de la Providence : le jaguar vous mènera vers la fin de votre monde de haine.

Enfin, il est juste de se demander si un génocide des indiens d'Amérique Latine a bien eu lieu. Certains affirment qu’un demi-siècle après l’arrivée des européens en Amérique centrale et en Amérique latine 80% de la population indigène aurait disparu. En vérité, aucun document fiable n’atteste de ce chiffre. Ce qui est sûr c'est qu'une dépopulation subite est survenue et les européens ont été responsables… mais involontairement : ils ont introduit, malgré eux, des microbes et germes avec lesquels les indiens n’avaient pas été en contact jusque là. Au 15ème et 16ème Siècles, autant le dire, personne n’a la moindre idée des microbes et des germes. Alors qu'au 19ème Siècle, les américains du nord refileront des couvertures ou des ustensiles contaminés aux Sioux, Cheyennes et autres Commanches afin de les éliminer ouvertement selon la fameuse devise : « Un bon indien est un indien mort », mot célèbre, datant de 1968, du Général Philip Henry Sheridan. Les découvertes de Pasteur étaient, depuis, passées par là.
Médecin et directeur de recherches au CNRS et auteur de deux ouvrages sur la civilisation indienne, Nathan Wachtel, dans le magazine « L’Histoire » de Juillet-Août 1991, affirme : « La cause principale de ce désastre, on la connaît : ce sont les épidémies. Les Amerindiens n’étant pas immunisés contre les maladies (grippes, peste, variole) importées par les colonisateurs. Le terme génocide me semble impropre. Des massacres, des violences de toutes sortes ont certes eu lieu, mais on ne saurait imputer aux européens le projet conscient et raisonné d’une élimination systématique par le fer et par le feu. »



En Amérique Espagnole, la protection légale des indiens passait par la propriété des terres, qui limitait le peuplement européen contrairement à l’Amérique du Nord où les autorités ont déclaré les terres indiennes « Propriété Fédérale » permettant, ainsi, aux pionniers européens de racheter ces terres au gouvernement fédéral américain puis d’en expulser (avec l’aide de l’armée) les indigènes et de les parquer dans des réserves. L’administration américaine a fait son mea-culpa dans les années 80 et 90 en avouant que quelques 17 millions d’indiens avaient été victimes de la conquête de l’Ouest. Aux Etats-Unis les indiens ne représentent plus que 1% de la population nord-américaine. Au Mexique ce pourcentage est de 29%, auxquels s’ajoutent pas moins de 55% de métis. Il faut croire que les européens étaient moins racistes qu’on ne veut bien nous le faire croire, 55% de métis en est la preuve. Un autre exemple, au Pérou il y a 46% d’indiens et 38% de métis.

En Amérique hispanique, il n’y a pas eu de génocide, n'en déplaise à nos chers "droit-de-l'hommistes" tellement aptes à simplifier le Monde et son Histoire pour asseoir leur idéologie.


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L’aventure jésuite

"Je regarde ces sculptures, leurs formes torsadées, recueillies ; leurs couleurs. Un enfant blanc, châtain, bouclé, vêtu d’une légère tunique bleue et jaune, s’avance dans le vide, le bras gauche tendu le long du corps, le bras droit replié sur la poitrine, mais esquissant déjà un geste énergique de départ. Ses yeux sont grand ouverts, et pourtant il semble voir quelque chose que nous ne percevons pas, comme s’il regardait à l’intérieur d’eux-mêmes. Son sourire, surtout, est énigmatique : détermination ? confiance ? certitude ? joie ? ironie ? On ne sait pas. L’affirmation qui l’anime, en revanche, est indubitable. On a l’impression qu’il pourrait dire : « je ne connais pas d’autre grâce que celle d’être né. Un esprit impartial l’a trouve complète. »

Où sommes-nous ? À Rome, Vienne, Naples, Prague ? Dans l’une des capitales du baroque et de la Contre-Réforme ? Non : cette fraiche merveille enfantine nous vient du Paraguay, au XVIIIe siècle, quand les Jésuites y poursuivaient leur expérience spirituelle et formelle, divine et humaine, politique et mystique. Une très étrange histoire, qui a fait beaucoup parlé et rêvé, depuis les philosophes jusqu’à nos jours ; une aventure qu’on peut suivre d’un bout à l’autre de la planète. L’époque héroïque est sans doute passée, mais sa mémoire demeure. L’Europe, le Japon, l’Inde, la Chine, l’Amérique ? Autant d’épopées, souvent martyrologiques, celle des « réductions » du Paraguay restant la plus singulière. En tous cas, l’enfant dont je viens de parler a été anonymement façonné là-bas. Il est âgé de deux siècles et demie, mais il est en réalité millénaire puisqu’il s’agit de l’Enfant Jésus. Si nous ne le savions pas, nous aurions du mal à l’identifier. Tel est l’étrange message que les indiens Guaranis et la Compagnie de Jésus nous envoient par-delà le temps et l’espace.

On se souvient que Claudel, au début du Soulier de Satin, fait parler un père jésuite attaché à un mât, sur le pont d’un bateau dévasté par un abordage, et qui est en train de sombrer dans l’océan Atlantique :

Et c’est vrai que je suis attaché à la croix, mais la croix où
je suis n’est plus attachée à rien. Elle flotte sur la mer.
La mer libre à ce point où la limite du ciel connue s’efface
Et qui est à égale distance de ce monde ancien que j’ai
quitté
Et de l’autre nouveau.


Claudel prend soin d’ajouter, un peu plus loin, que l’action de son drame se déroule dans une dimension du temps où le passé et l’avenir sont faits « d’une seule étoffe indéchiffrable ». Le projet jésuite, à travers le monde, était, n’en doutons pas, celui-là.

Il faut, bien entendu, traverser beaucoup d’ignorance et de préjugés pour considérer calmement ces aventuriers italiens, portugais, espagnols. Ils sont Jésuites, franciscains, dominicains. Ce sont des prêtres, mais également des savants : théologiens, mathématiciens, astronomes, géographes, linguistes, juristes. Nous apprenons avec surprise qu’ils étaient, aussi, des artistes : architectes, musiciens, dessinateurs, sculpteurs. Ils ne se contentent pas de propager leur foi et de convertir, ils enseignent. Les continents qu’ils abordent sont inconnus, dangereux, et ils posent vite (surtout en Amérique du Sud) une question neuve : ces hommes qu’on a jamais vus dans l’univers « civilisé », ces Indiens, ces « hurons », sont-ils des hommes comme vous et moi, c’est-à-dire des créatures divines avec une âme, ou bien des mécaniques animales, proches du démon et, par conséquent, vouées à l’exploitation et à l’esclavage ?

On sait quels effets comiques Voltaire a tirés de cette situation. L’Ingénue en est la preuve. Mais c’est oublier que la tentative jésuite, au-delà des sarcasmes dont elle a été l’objet, a eu ses partisans jusque dans le camp des Lumières. Montesquieu, D’Alembert, Buffon s’y sont intéressés et Voltaire (qui est, après tout, un ancien élève de la Compagnie) y a même vu un « triomphe de l’humanité ». Les missionnaires, en effet, se sont vite opposés (et parfois par les armes, soutenus par les populations locales) au pouvoir économique et administratif, comme aux avidités meurtrières qu’il légitimait. Les « réductions » du Paraguay, l’autonomie qu’elles ont peu à peu acquises, sont ici l’exemple le plus célèbre et, en un sens, le plus mystérieux.

Ce système social inédit est mis en place dès le début du XVIIe siècle. En 1627, il compte déjà trente mille Indiens « protégés ». L’organisation agricole soustrait ces derniers à l’esclavage, et assure également la pérennité de leur langue et de leur culture (musique, chants, danse). Les Jésuites doivent à la fois se battre contre la brutalité des colons, plaider leur propre cause en Espagne et maintenir ainsi un équilibre fragile qui finira par s’effondrer. Nous ne sommes pas encore entrés dans la longue histoire des Droits de l’Homme : c’est pourtant ici qu’elle a été, la première fois, tentée.

Le Libro de Ordenes, de 1649, nous décrit le Code civil et pénal mis en place. Ainsi, la peine la plus lourde est celle de la réclusion pour dix ans. Fait unique à cette époque, la peine de mort n’existe pas. Les réductions (terres cultivées, villages) disposent d’une milice armée. Une forme de vie communautaire s’installe, au grand scandale des propriétaires terriens, et, bientôt, de leurs alliés créoles. Les Indiens se sédentarisent, et la propriété (très relative) dont ils disposent est fondée, christianisme oblige, sur la monogamie. Chaque nouveau ménage reçoit, au moment du mariage (en général précoce), une maison et un terrain à cultiver.

Les Jésuites dirigent tout. Mais ce qui nous intéresse particulièrement est le développement de l’artisanat, donc de l’art. Telle est l’origine de nos sculptures.

Édouard Pommier, dans Les Missions Jésuites du Paraguay (texte qui accompagne l’étonnant enregistrement des Vêpres solennelles de Saint-Ignace, du musicien Jésuite Dominico Zipoli, 1688-1726), donne quelques exemples frappants de la vie des réductions.

La vie est rythmée par la pratique religieuse. L’assistance à la messe dominicale est obligatoire. Les fêtes religieuses sont accompagnées de danses et de représentations théâtrales dans la langue locale. On a ainsi recueilli des fragments transmis oralement d’un opéra, Le Drame d’Adam. L’important est que la culture soit fondée sur le maintien et le respect de la langue guarani dont les Franciscains ont été les défenseurs dès 1575, les Jésuites continuant leur œuvre. En 1640, le père Ruiz Montoya, pendant son séjour à Madrid, publie deux livres sur ce sujet.

Cette politique amène la formation, parmi les Indiens, d’une classe cultivée. En 1724 et 1727 le cacique Nicolas Yapuguay publie, en guarani, un commentaire du catéchisme et un recueil de sermons.

Le développement de cette culture s’appuie sur l’introduction, dès 1695, de l’imprimerie sur le territoire des réductions (alors que Buenos Aires attendra jusqu’en 1780). Ces Jésuites sont décidément dangereux : ils vont transformer les esclaves en hommes, et même en hommes sachant lire et écrire. Pourquoi pas, aussi, en artistes ? On peut imaginer l’énorme jalousie qui se développera, à cette occasion, chez les Blancs, ou les demi-Blancs, puisqu’on oublie toujours trop facilement que la propagande anti-jésuite a été aussi une propagande « capitaliste ».

Les églises dont on voit aujourd’hui les ruines ont été construites au début du XVIIIe siècle en succédant à des constructions provisoires. Les architectes jésuites ? Ils sont italiens : Angel Petragrassa (1656-1729), José Brasanelli (1659-1728), Giovanni Primoli (1673-1747). Mais il y a aussi l’Espagnol Ribera, et le père autrichien Anton Sepp (1635-1733), qui écrit un manuel pratique de construction. Il est bon de citer ces noms méconnus pour contrebalancer une censure séculaire.

Édouard Pommier écrit : « Les statues qui ont survécu à la destruction des églises se réfèrent en grande majorité à l’iconographie du Nouveau Testament et des saints de la Compagnie. Bien que les textes manquent à cet égard, on peut supposer qu’elles sont l’œuvres des Guaranis, guidés par l’enseignement des pères et inspirées par les gravures d’œuvres européennes qui ont circulé un peu partout dans l’Amérique coloniale. La sensibilité profonde, l’émotion contenue, la spiritualité sincère dont elles sont imprégnées sont peut-être le meilleur témoignage de la valeur de l’œuvre religieuse et civilisatrice accomplie par les Jésuites. »
Par ailleurs un voyageur, José de Escandon, note ceci (nous sommes donc au XVIIIe siècle) : « Il y a des chants tous les jours de fête, ainsi que le samedi. La musique est de grande qualité, à tel point que même ici, en Espagne, elle serait considérée d’un niveau supérieur. […] Chaque village possède sa chapelle de musique, qui compte tant d’instruments et de voix qu’il n’en est pas une, petite ou grande, qui ait moins de 20 à 24 musiciens. Ceux-ci sont très habiles à la lecture, et ils jouent de tous les types d’instruments dont on se sert ici, en Europe, dans les églises. Les voix […] savent très bien écouter d’oreille ou lire les partitions qu’on leur envoie d’Espagne ou qu’on leur fabrique là-bas, car il y a de tout, et les deux méthodes sont utiles. De même qu’ils connaissent bien la musique et peuvent la déchiffrer sur les partitions, afin de la chanter et de la jouer, ils savent fabriquer, et construisent tout type d’instrument, même des orgues…»

L’iconographie du Nouveau Testament et les saints de la Compagnie seraient les seuls sujets sculptés ? Cette description ne nous dit pas grand chose et, de plus, elle est erronée, puisque beaucoup de statues représentent des saints de toutes les époques. Mieux vaudrait parler d’un théâtre du temps, avec ses points de répétitions.
Voyez cette jeune femme radieuse, emportée vers le large comme une belle frégate. Tout, en elle, est mouvement, plis, replis, bonté éblouie du visage, le jaune et le rouge exaltant son triomphe. Mais pourquoi tient-elle, sous son bras gauche, comme un rouleau biblique, cette tour à deux étages ? Il s’agit de Sainte-Barbe, mais qui est Sainte-Barbe ? Et plus généralement, pourquoi savons-nous désormais si peu de chose des saintes et des saints ? Voici une vierge et martyre du IIIe siècle, en Égypte. La légende veut que son père l’ai fait enfermer dans une tour à cause de sa beauté. Puis, apprenant qu’elle est devenue chrétienne et qu’elle se refuse au mariage, il l’a traine devant des tribunaux, la fait condamner à mort et la décapite de sa propre main. À ce moment précis la foudre le frappe. Conséquence : Sainte Barbe se retrouve patronne des canonniers et de tous les métiers qui manient la poudre, carriers et mineurs. Van Eyck lui a consacré un tableau en 1437.
Ce genre d’histoire ne se raconte pas par hasard, et touche au plus près l’imaginaire universel (suivons Freud dans sa certitude). Un père incestueux, une fille qui ne le sait que trop et préfère épouser Dieu : une Indienne Guarani peut être aussi sensible à ce récit que n’importe qu’elle Européenne du temps. Et voilà le beau navire de Sainte Barbe lancé à travers les mers. Tonnez, cannons ! pour la plus grande gloire de Dieu ! Célébrez une fille libre à la barbe de tous les pères.

Ou encore Saint Érasme : c’est un jeune gentilhomme bleu, portant, sans effort apparent, une lourde croix. Il a une attitude militaire concentrée, il appartient sans aucun doute à un corps d’élite dirigé par un grand général. Mais attention : c’est le même Saint Érasme que nous voyons, dans une autre sculpture, crucifié et atrocement supplicié par deux soldats (romains ? espagnols ?). Le ventre ouvert, le corps tailladé, il est, espérons le, soutenu dans son martyr par un angelot qui le coiffe, en douce, d’une couronne de fleurs.
Oui, mais qui est Saint Érasme ? Rien à voir, bien entendu, avec le grand humanisme du même nom, si bien peint par Holbein, et dont la vie a été une habile navigation entre catholiques et protestants. Non : Saint Érasme (appelé aussi Saint Elme) était un évêque de Formie, près de Gaète, au Ve siècle. Les Lombards ariens (l’arianisme est une hérésie tenace) l’ont affreusement torturé et mis à mort. Est-ce parce qu’il a été soumis à une douleur insupportable qu’il est vite devenu saint patron des femmes en couche ? étrange rapprochement, qui nous paraît aujourd’hui sans objet, mais c’est vouloir oublier le long cri de souffrances de la naissance ayant traversé notre espèce, l’ « ardent sanglot » dont parle Baudelaire. Regardez, côte à côte, le gentilhomme bleu acier, lumineux et inaccessible dans sa défense de la foi, et ce pauvre condamné démantibulé sur lequel des brutes grotesques s’acharnent. Le contraste est saisissant : c’est toute une pièce de théâtre qui parle aux yeux et au cœur.
Nous sommes encore dans la marine : les navigateurs du temps (et le Jésuites avec eux) connaissaient bien les feux Saint-Elme, phénomène d’étincelles électriques enflammant les mâts des bateaux pendant les orages en mer (et revoici notre père jésuite du Soulier de Satin). Saint Érasme : la chair retournée et sanglante, l’impassibilité divine, le feu du ciel. Voilà ce qui se racontait aussi dans les réductions du Paraguay, voilà qui ne manquait pas d’embraser l’imagination des artistes populaires entrés non seulement dans la communion catholique mais dans le goût européen.

Des reliques de saint Érasme sont conservées à Bologne, Naples, Vérone, Cologne et Mayence. Mais, là encore, les artistes imposent leur loi : Le Martyr de Saint Érasme est un tableau important de Poussin exécuté pour Saint-Pierre de Rome. Razzié par les français en 1797, il a été restitué au Vatican en 1815. Poussin, peintre philosophe allié des Jésuites ? Mais oui : il suffit de contempler son Saint François Xavier rappelant à la vie la fille d’un habitant de Cangoxima (Kagoshima) au Japon dit, aussi, Le Miracle de Saint François Xavier. Ce dernier tableau, on le sait, a été victime d’une cabale du camp Simon Vouet, et c’est à la suite de ces désagréments que le grand Poussin a choisi de s’expatrier à Rome. Les deux saints jésuites les plus fameux, Ignace de Loyola et François Xavier, eux, ont été canonisés ensemble, en 1622.
Et Saint Roch, ce saint bondissant ! Qui pense à le rapprocher de San Rocco ? Pourtant, c’est lui à Venise, là où l’on va admirer l’impressionnante série du Tintoret. C’est un saint français du Moyen Âge, né à Montpellier en 1293, et mort dans la même ville en 1324 (à 31 ans, donc). Il veille sur les malades, les pestiférés : on l’invoque pendant les épidémies. Ses reliques ont d’abord été en Arles, puis ont été transférés dans la Sérénissime. On le fête le 16 août. La légende veut qu’au désert son chien lui rapportait, chaque jour, un morceau de pain donné par une main inconnue.
Avoir de son côté pour combattre la peste, Tintoret, Rubens et des sculptures en bois, ce n’est pas rien ! Protégez-nous donc dans les forêts américaines, Saint Roch, Sainte Barbe, Saint Érasme, mais aussi Saint Sébastien, Sainte Catherine, Saint François d’Assises, Saint François Xavier (avec, dans la main droite, un drôle de violon) ! Et puis encore Saint Jean Baptiste, Saint Joseph ! Quoi ? Vous dites qu’il n’y a pas de sculptures de saintes ou de saints guaranis ? Patiente, cela viendra. Il suffit d’attendre trois ou quatre siècles.

À tout seigneur, tout honneur. Mais aussi toute horreur. Les représentations du Christ souffrant sont une épreuve. Elle est inévitable. Le corps humain est à franchir, ce que ne comprendrons jamais ceux qui croient naïvement, ou par calcul, à sa nécessité animale ou biologique. La leçon est dure : des blessures, du sang. Le Christ à la colonne n’est pas le même au XVIIe et au XVIIIe siècle mais les deux sont sublimes. S’ils éveillent en vous des pulsions cruelles et sadiques, ou, au contraire, de dépression masochiste, ce sera votre faute, pas la leur, puisqu’ils sont visiblement ailleurs, immergés dans une sagesse ou une sérénité incompréhensibles. On tient, là, la clé de la puissance de suggestion catholique : elle ne peut pas laisser indifférent. Soit elle déclenche la perversion, et elle la traverse et l’annule ; soit c’est la répulsion troublée, le dégoût et la preuve est faite par le refoulement. De toute manière, le regardeur est révélé, il ne dit d’ailleurs pas forcément ce qu’il ressent ou pense.

Ce dos flagellé, ces taches de sang font encore rêver ou délirer de nos jours. Une vierge en plâtre est censé pleurer des globules rouges ? Non, bien sûr, mais l’événement supposé signale l’impasse de l’art saint-sulpicien, l’affadissement est le déclin de l’art sacré depuis le XIXe siècle. Ici, au Paraguay, à l’époque héroïque, les choses sont infiniment sérieuses, directes, vraies. Les Jésuites et leurs fidèles sont dans leur moment de splendeur. Pas de mièvrerie, de bigoterie, de pruderie : l’essentiel, la force. Le Christ du XVIIe siècle est basané, il pourrait être indien. Celui du XVIIIe siècle, stigmatisé, est au contraire très blanc mais tous les deux sont liés à la même colonne qui est une sorte de temple à elle seule. La signification est claire : le martyr guarani et le martyr jésuite se situent du même côté. On dirait qu’ils déposent ensemble au tribunal de la Justice et de la Vérité. Les mains liées, le corps violé, le visage déjà dans la mort, ou plutôt dans une vision qui la surplombe, l’effet de grandeur est imparable : ecce homo.

Pour comprendre de tels chefs-d’œuvre sculptés, il faut aller à la source, c’est-à-dire non seulement au Nouveau Testament, mais aux textes du fondateur de l’Ordre, Ignace de Loyola lui-même.

Car le voici, lui. On dirait un moine ascétique, absorbé par on ne sait quelle scène (la sculpture est là pour faire voir l’invisible). Il a l’air étonné d’être en vie. Il contemple, avec respect et compassion, quelque chose. Quoi ?
« Voir Notre Dame, Joseph, la servante, et l’Enfant Jésus après qu’il est né, me faisant, moi, comme un petit pauvre et un petit esclave indigne qui les regarde, les contemple et les sert dans leurs besoins, comme si je me trouvais présent, avec tout le respect et la révérence possibles. Et réfléchir ensuite en moi-même afin de tirer quelque profit.
Regardez et considérez ce qu’il font comme, par exemple, voyager et peiner pour que le Seigneur vienne à naître dans la plus grande pauvreté et qu’au terme de tant de peines, après la faim, la soif, la chaleur et le froid, les outrages et les affronts, il meurt en croix : et tout cela pour moi. Puis, réfléchissant, tirez quelque profit spirituel.
Terminez avec un colloque et par un pater noster. »


Nous venons de lire une séquence des fameux Exercices spirituels. Mais dans son Journal spirituel, Ignace de Loyola nous raconte de drôles d’expériences. Par exemple : « allant à la messe. Avant elle, non sans larmes ; pendant, nombreuses et très apaisées. Très nombreuses intelligences de la très Sainte-Trinité, qui illuminait l’esprit, au point qu’il me semblait qu’à force d’étudier je ne saurai pas autant ; et ensuite, réfléchissant encore à ce que je ne comprenais en sentant et voyant, j’avais toujours cette impression, quand bien même j’étudierais toute ma vie. »

On voit que les exercices sont représentatifs alors que les extases sont extrêmement abstraites : la combinaison des deux définie la spiritualité jésuite. Pas de mystique sans considération des formes, pas de formes sans plongée dans l’essence divine. Telle est, en somme, la définition du baroque.

Tout cela a lieu, ne l’oublions pas près de la ville d’Asunción : Assomption. C’est ainsi que s’appelle la capitale du Paraguay. Cela doit faire un curieux effet de répondre à la question : « où habitez-vous ? » par : « Assomption. » Étrange histoire.
La noblesse de ses vierges est impressionnante. Leur recueillement dégage une lumière bouddhiste. L’Immaculée Conception règne sur la terre. La Vierge au chapelet (c’est-à-dire rosaire) partage son royaume avec son fils enfant. La Vierge Marie est une femme-fleur qui prie sans cesse, elle est pleine de grâce, elle est bénie entre toutes les femmes, elle se penche sur nous. Son drapé flottant rouge, ses mains jointes la retourne entièrement sur elle-même. La Vierge de pitié, elle, avec son barbu adulte, grand comme un enfant, sur les genoux, n’est pas indigne du sommet du genre, la Pietà de Michel Ange. C’est du même génie qu’il s’agit.

Victoire, donc, à travers la torture et la mort. Affirmation sans mélange au cœur du chaos. Ici, la figure de l’Archange guerrier : Saint Michel. Son nom, en hébreu, signifie, on le sait : « qui est comme dieu ». Il est là pour anéantir Celui qui veut être « comme » Dieu : Satan en personne. Prince de la milice céleste, protecteur d’Israël, il était logique de le rencontrer dans l’armée jésuite. Le voici donc, dans deux apparitions fulgurantes.
Il danse, l’Archange, il est un des stars du ballet divin. Il tombe du ciel sur la scène, comme s’il était animé par la vive musique de Vivaldi, de Haendel. Il vole de biais, étoffes rouges et jaunes, en foulant aux pieds, en passant, une masse informe qui n’est autre que le Démon. Regardez cette espèce de gros cerveau sanglant, ce tas de mou de veau d’où émerge à peine une tête stupide. Telle est la lutte incessante contre la maladie psychique de l’univers. On lui répond par l’élégance physique instantanée. Même désinvolture de fouet ailé dans la façon dont, l’épée à la main, dans une autre sculpture, Saint Michel triomphe de la bête qui lui sert de piédestal. La tragédie est terminée, l’horreur surmontée, le négatif nié.
Il y a le château Saint-Ange dédié à saint Michel à Rome. Et qui ne connaît, en France, le mont Saint-Michel ? On retrouve l’Archange militaire à Bruxelles, à Munich. Il a pour lui Raphael, Rubens (encore lui !), Delacroix. C’est la guerre.

« Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges, mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. On le jeta donc, l’énorme Dragon, l’antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l’appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui. Et j’entendis une voie clamer dans le ciel : " Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la dénomination à son Christ, puisqu’on a jeté bas l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait nuit et jour devant notre Dieu. Mais eux l’ont vaincu avec le sang de l’Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu’à mourir. Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. "» (St Jean, Apocalypse, XII, 7-11)

Pauvre terre, pauvre mer ! Beaucoup de dévastations leur sont promises ! Et nous n’avons pas la chance d’être les « habitants des cieux ». Prions donc saint Michel, comme l’ont fait les artistes guaranis, qui avaient de bonnes raisons de douter de la paix terrestre. Les massacres se multipliaient. La bestialité quotidienne était invivable (et qui dira que notre siècle ne s’est pas surpassé dans la diablerie ?). Pourtant l’opéra jésuite était là. On pouvait parfois danser, faire sonner les instruments, s’émerveiller des sculptures. La joie, après tout, se situe par définition hors du temps.
Dans quel but cet orchestre ? ce grand théâtre ?
Ad majorem Dei gloriam. Pour la plus grande gloire de Dieu. Une gloire qui brille secrètement, toujours à travers ces figures. "

Philippe Sollers (Éloge de l'Infini)

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17/03/2008

Vous avez dit "Art Contemporain ?" - II

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Certaines Hautes Consciences se demandent peut-être si Finky n'exagère pas quand il évoque l'état dans lequel se trouve l'Art Contemporain...

Et bien, même s'il fait mouche dans ses propos, il est relativement gentil...

Après avoir vu un artiste chinois consommer un foetus... ou divers masochistes mettre en scène leur propre mutilation pour le plaisir des voyeurs les plus pervers, voici un artiste du Costa Rica, Guillermo Vargas Habacuc, qui met en scène la mort d'un chien pendant la "Bienal Centroamericana de Arte"... Attaché, l'animal est privé d'eau et de nourriture à la plus grande joie des amateurs (c'est comme ça qu'on dit ?) d'Art Contemporain... Il meurt à petit feu pendant la durée de l'exposition...

Tout va très bien, Madame la Marquise, après tout, je ne suis qu'un sale fasciste, un "nazi cool" disent mes ennemis bien intentionnés. Quel honneur que de me faire ainsi insulter par une telle engeance de rats qui n'ont pas le moindre respect pour la vie, pas même pour la vie d'un chien des rues...




"Tu es ce que tu lis"... dit l'inscription "conceptuelle"...




Notez le vif intérêt porté à l'animal...












Mais c'est bien sûr... il fallait y penser... des croquettes pour chien...


...pour nous faire réfléchir sur la famine dans le monde, probablement...







Et puisqu'il faut mettre une tronche sur la sinistre crapule qui conceptualise de telles saloperies...


Guillermo Vargas Habacuc

Voilà... comme ça, si vous le croisez un jour, vous pourrez toujours échanger quelques nobles et dignes propos en sa compagnie... ou, éventuellement, ai-je le droit de faire de l'ironie ?, l'attacher à la prochaine biennale, et le laisser crever de faim aux yeux et au nez de tous... Mais on y vient.

Bientôt des dissections en "direct live" devant les bobos ébahis ?

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Les mirages de l’art contemporain avec Christine Sourgins (Fichier "mp3"), émission issue de l'excellent site, Canal Académie, à écouter avec intérêt...

Et lire aussi cet article... pour une autre piste...

14:35 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (96) | Tags : guillermo vargas habacuc, art contemporain | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/03/2008

Vous avez dit "Art Contemporain ?"

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Lumineuse intervention de DJ Finky...

Où comment l'Art Moderne aime à traîner son cul, et notre âme, dans le caniveau...



Faites circuler...

"Le peintre qui traduit par pratique et jugement de l'oeil, sans raisonnement, est comme le miroir où s'imitent les choses les plus opposées, sans cognition de leur essence."

Léonard de Vinci "Traité de la peinture"


"J'ai la plus haute idée, et la plus passionnée, de l'art. Bien trop haute pour consentir à le soumettre à rien. Bien trop passionnée pour vouloir le séparer de rien ."

Albert Camus " Carnets II "

12/03/2008

Khmers verts

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Dans le Magazine n°: 13 d'Actuel d'Octobre 1971, consacré à l'écologie, dans une série d'articles de tonalité apocalyptique et misanthropique on pouvait lire des choses comme celles qui suivent :

"Le Sahara avance de dix kilomètres par an. À ce jour, l'homme a détruit deux milliards d'hectares de terres, soit 24% de la totalité cultivable. La mer Baltique est une mer morte. C'est l'homme qui l'a tuée. le lac de Zurich est mort, le lac Léman moribond."

-=-

"En 1980, le Japonais moyen devra porter en permanence un masque à gaz"

-=-

"On ne pourra rien faire de New York, la ville est trop énorme, il faudra la détruire".

-=-

"Dans quatorze ans, la terre toute entière ne sera qu'un désert inexploitable"


Dans le même numéro, un des fondateurs d'Actuel, Michel-Antoine Burnier, s'irrite de ce catastrophisme et défend une position plus raisonnée :

"Comme toutes les idéologies, la pensée écologique se croit universelle : non point une réflexion sur notre société et ses contradictions, mais un impérialisme intellectuel qui prétend embrasser les lois de l'univers et juger souvairement de l'avenir. Le problème écologique est éclatant : il n'est pas question de nier la gravité des déséquilibres humains et physiques qu'entraîne la société industrielle. Encore faut-il les situer par rapport à cette société et -- dans le temps et dans l'espace -- par rapport aux sociétés différentes.

L'ouvrier français ingurgite quotidiennement une viande trafiquée. Il y a deux siècles, le paysan mangeait deux fois par jour une soupe trempée -- et certains jours pas du tout --, de la viande une fois par mois. [...] L'espérance de vie de la paysannerie européenne du XVIIe siècle ou de la paysannerie indienne contemporaine est de 30 ou 35 ans. De 60 à 70 ans pour un citoyen européen ou américain. Et pourtant la pollution menace les vies européennes et américaines.

Cela veut simplement dire que l'homme n'est pas un être de nature, que ses rapports avec son environnement physique et avec lui-même se sont toujours définis par le conflit, la mort, la souffrance. Il n'y a pas d'équilibre idéal entre l'homme et la nature, mais des équilibres successifs et précaires à chaque étape, et des ruptures. [...]

Pourquoi prophétiser à tout prix ? Nous devrions pourtant savoir depuis quelques siècles que les sociétés humaines n'évoluent jamais linéairement ; la projection pure et simple dans le futur des caractères spécifiques d'une époque relève de l'absurdité [...]"


_______________________________________

Merci à l'ami Lionel de m'avoir communiqué ces infos...

12:57 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Réchauffement Climatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Réchauffement Climatique

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Je ne vois pas pour quelle raison les scientifiques qui affirment avec du poids le contraire de ce qu'affirme le GIEC auraient moins de valeur que les scientifiques officiellement reconnus. Je suis comme tout le monde, les problèmes liés à la pollution me touchent et me concernent au plus haut point, seulement les films et les liens que j'ai mis en ligne, et qui sont très instructifs, montrent comment les conclusions du GIEC ont été fortement orientées par Thatcher à un moment précis où elle voulait mettre en avant le nucléaire au détriment des autres formes d'énergies, notamment le charbon (puisqu'elle avait les mineurs à museler) ou le pétrole (aucune confiance envers le moyen-orient)... de cet instant ont vu le jour de nombreuses orientations propagandistes qui ont fait naître du Business d'avenir et, depuis, on oriente les résultats afin que le business persiste et grossisse. Le Co2 est un véritable marché, une manne financière, dans laquelle Al Gore est trempé à 1000%. Ce n'est pas rien, en tout cas c'est à prendre en considération dans la réflexion qu'on peut en avoir. Le GIEC a beau affirmer que leurs spécialistes mettent en balance tous les résultats scientifiques opposés et contraires avant de conclure, force est de constater que les théories opposées au "réchauffement climatiques à cause des activités humaines" ne sont pas du tout mises en avant par aucun média ni aucun "khmer vert"... De ce point de vu là il faut garder la tête froide, si je puis dire. Et personnellement je suis bien plus inquiet par la chasse à la baleine, la déforestation de l'Amazonie ou les OGM sur lesquels il ne faut sûrement pas arrêter les recherches (bien au contraire) mais tout du moins maintenir un principe de précaution le temps d'y voir plus clair. Voilà... et je rappelle qu'entre 700 et 1300 de notre ère les anglais avaient des vignes, les scandinaves aussi (!!!) et les vikings au Groenland faisaient du fermage !!! Et à l'époque y'avait pas d'usines, pas de bagnoles, pas de mines de charbon. Cycle Solaire naturel. Et lorsque les degrés grimpent sur toutes les planètes du système solaire selon un schéma assez équivalent à celui de notre planète, alors qu'il n'y a ni martiens ni vénusiens pour y foutre le brin, il est légitime pour un cerveau bien fait de se pencher sur la question autrement que par le biais du politiquement correct habituel. De plus, les scientifiques en question qui nient les conclusions du GIEC, sont bel et bien de vrais scientifiques, ils n'ont pas plus d'intérêt à ce que la planète crève, je pense même plutôt qu'ils veulent le contraire. Les climatologues alarmistes, par contre, pour peu qu'ils considèrent le réchauffement climatique comme un problème à attaquer de front par rapport aux comportements humains, ils ont toujours des fonds à faire débloquer pour poursuivre leurs "recherches" et être payés en bonne et due forme. Vous me suivez ?

En attendant, et suite aux accords du Grenelle de l'environnement, en coulisses ça doit batailler sévèrement, à qui signera les contrats des énergies alternatives... car à long terme ça se chiffre en milliards...

00:19 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : réchauffement climatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

10/03/2008

La réponse à Al Gore le manipulateur...

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Servez-vous un thé... ou roulez-vous un joint... et prenez le temps de voir ce film, présenté ici en 4 parties, histoire de gamberger un peu avant d'avaler toutes les jolies couleuvres que le système veut nous faire avaler.










-----------------------------------------------------------

Voici maintenant la courbe réelle de l’histoire climatique terrestre du dernier millénaire:





La période 700-1300 est une période chaude, nettement plus chaude qu’aujourd’hui, considérée par les climatologues encore il y a peu comme un optimum climatique.

C’est à cette époque que les vikings islandais découvrent le Groenland : Greenland, la Terre Verte, et y établissent une colonie ; ils y pratiquaient l’élevage ! S’ils l’avaient découvert en l’an 1300 ou 1400, ils l’auraient sûrement appelé Huitrland, Whiteland, la Terre Blanche !



Nous possédons des gravures d’époque montrant des paturages là où ajourd’hui la langue terminale de la Mer de Glace à Chamonix recouvre le fond de la vallée.



A partir de 1200, le climat se refroidit, on estime que les colonies groenlandaises ont disparu vers l’an 1300 ; le Groeland prend la forme inhospitalière qu’il a encore aujourd’hui.



Suit “le Petit Âge Glaciaire” (1560-1830), période de fort refroidissement, c’est l’époque où en hiver les parisiens pouvaient faire du patin à glace sur la Seine et les anglais la foire sur la Tamise et où le vin gelait sur la table du roi Louis XIV.



Ces variations n’ont pas affecté le seul hémisphère Nord comme tentent de le soutenir Michael Mann et le GIEC, cherchant en permanence à retarder le moment fatidique où la supercherie éclatera aux yeux de tous, mais toute la planète : nous disposons d’éléments probants pour le monde entier.



Les partisans, car c’est bien de partisans qu’il s’agit, du réchauffement global ont toutjours délibérément nié ces deux périodes qui entraient en contradiction avec leurs théories dans leur acharnement à vouloir démontrer que le climat est resté stable de l’an 900 à l’an 1900, de façon à corréler la montée des températures avec le développement de l’industrie à partir de la fin du XIXème siècle.



En matière de science, on a le droit de faire des erreurs, d’émettre des hypothèses mal fondées, de ne pas connaître ce qui contredit ses thèses, d’arriver à de fausses conclusions, c’est humain, ; mais à partir du moment où l’on se fait démontrer ses erreurs et qu’on maintient quand même sa thèse, c’est qu’on est de mauvaise foi.



Source : Réchauffement global : Les chiffres truqués

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Autres liens...


*1-=--=Un maladroit mensonge ?=--=

*2-=--=Pression sur les Scientifiques qui ne sont pas d'accords...=--=

*3-=--=Al Gore... Mensonge, Business et Hypocrisie...=--=

*4-=--=Le réchauffement global d’Al Gore : instrument d’un nouvel impérialisme environnemental=--=

*5-=--=RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : MANIPULATIONS ET MENSONGES DU LOBBY INDUSTRIEL=--=

*6-=--=Un site de référence... mais en anglais=--=



*7-=--=Un glaciologue à qui on ne la fait pas...=--=



*8-=--=Des scientifiques climato sceptiques... mais en anglais aussi...=--=



*9-=--=Des néo-Zeélandais... pas du tout d'accord... en anglais encore...=--=



*10-=--=Contre la pensée unique...=--=


C'est à se demander si la manipulation à propos du réchauffement climatique, en plus d'être un Immense Business, ne vise pas à simplement focaliser les habitants de toute cette pauvre planète vers un même point d'attention afin de la faire tendre vers l'Unité de la Mondialisation en cours puisqu'il est un héritage que nous avons tous en commun : celui de l'environnement... à méditer.

16:55 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : al gore, réchauffement climatique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/02/2008

Les Chiens se rassemblent

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Hashim Thachi : leader terroriste de l'UCK et criminel... actuel premier ministre du Kosovo libre et indépendant.
Bernard Kouchner : politicien français, actuel ministre des affaires étrangère et occasionnel porteur de sac de riz.
Michael Jackson : commandant de l'Otan, ancien massacreur d'irlandais (Bloody Sunday).
Agim Ceku : chef militaire de l’UCK, accusé de crime de guerre en Croatie (au côté des Croates) et au Kosovo (au côté des Albanais), Premier ministre du Kosovo du 10 mars 2006 au 9 janvier 2008.
Wesley Clark : commandant general de l'Otan auteur de la phrase célébre: "il ne doit plus y avoir de place en Europe pour les peuples non métissés." Aussi stupide que d'interdire des mariages mixtes.



Hashim Thachi avec Madeleine Albright, qui faisait parti de l'administration CLINTON, celle-là même qui en 1996, lors d'une interview accordée à Leslie Stahl dans le magazine de CBS "60 Minutes", déclara à propos des sanctions contre l'Irak et de la mort d'un demi-millions d'enfants Irakiens : "Je pense que c'est un choix difficile mais c'en est le prix." ("I think this is a very hard choice, but the price -- we think the price is worth it.").

00:08 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Srpski Kosovo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

18/02/2008

Jihad...

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Tout va très bien, Madame la marquise...

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21/12/2007

Négritude

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Je lis, ça et là, sur la "réacosphère" des commentaires parfois douteux. Non de ce doute qui secoue la fibre bien-pensante du bobo gôchiste moyen qui renifle du racisme partout où le système insuffle de sa moraline chiasseuse pour maintenir les neu-neu-rô-rônes enchaînés aux petites certitudes mitterrandiennes qui interdisent le sens critique. Non... je dis "des commentaires douteux" autant insufflés de haine à l'égard des crouilles, des négros, des jaunes que certains crouilles, négros et jaunes ont la haine envers les blanc-becs, les céfrans, les mangeurs de porc et autres "souchiens", "sous-chiens" ou que sais je ?... De la confusion rajoutée à la confusion. Ce qui explique pourquoi je n'ai jamais été en mesure de me joindre au moindre mouvement "identitaire" européen, même sous prétexte de défendre une identité qui me tient au coeur et à l'âme, car les divers mouvements en question ont toujours, de près ou de loin, des relents de racisme fascisant, surtout s'ils le voilent derrière l'improbable épithète de "nationaliste-libertaire" ou tout autre lubie idéologique du même calibre.

Entre un FN fondé avec, en son sein, d'anciens Waffen-SS, qui a fini par accueillir un ancien marxiste du PC insatisfait de sa non-réussite littéraire (et qui fait les yeux doux à Houria Bouteldja sur les plateaux de télévisions en rêvant sûrement que les beurs une fois canalisés par la poigne de fer de Jean-Marie Le Pen ou celle de sa descendance rendront la France plus virile) et des "Faisceaux Français" ou une nouvelle "Gauche Nationale" (pourquoi pas « National Socialisme » pendant qu’on y est) qui se réclament plus ou moins ouvertement de Mussolini, autant le dire, le Nihilisme a le vent en poupe et j'ai du mal à croire que ces gens puissent sauver la France demain, et s'ils parvenaient au pouvoir, je frémis quand je songe au régime moisi qu'ils installeraient en lieu et place de notre démocrassouillardise qui ne vaut guère mieux. Mythe du Progrès contre Révolution Nationale. Non merci, on a déjà donné. Le Ressentiment est leur moteur et le pire c'est que certains d'entre eux (les néo-païens mis à part) s'affirment chrétiens, ce qui est comique. Car si je ne supporte pas que le christianisme soit caricaturé par l'abbé Pierre, je ne puis me résoudre à n'en faire que l'exutoire d'une Reconquista, fut-elle nécessaire. En Bosnie-Herzégovine, mes frères serbes ont exécuté de sang froid des musulmans en masse... avant d'aller se signer à l'église après avoir recouvert les charniers proprement. Avouez que c'est joli comme chute. De quoi vomir.

Bon, c’est vrai, on n'a pas parlé des massacres perpétrés par le musulman Naser Oric, par exemple. Silence radio. Mais c'est un autre débat. Bref...

Je lis donc, ça et là, disais-je, des envies de massacres, des commentaires bouffés par des turpitudes mentales refoulées. C'est tout juste s'ils se retiennent, difficilement, de cracher un bon gros « vivement la ratonnade, et pourvu qu'elle soit générale ». Puis ça parle de "revanche" et "de se faire plaisir". Ouais. Sortons les battes, les fusils et les lance-flammes. Mais la guerre a muté. Elle est d'un type nouveau. Le front est partout et nulle part. Dans nos têtes pour commencer. Elle se déroule et se poursuit également en nous-mêmes pendant que nous pensons à autre chose, que nous vivons nos vies de producteurs et consommateurs zombifiés.

Je vous présente trois collègues de boulot qui remplacent, largement, les nombreux "z'y vas" blancs comme mon cul et de souche européenne voire gauloise, parce qu'avant d'allumer un lance-flamme, messieurs les intransigeants, il faut avoir les yeux en face des trous et se servir de sa matière grise.

Ces trois mecs sont dangereux... mais pas dans le sens que vous pourriez imaginer.


Dee-Jay "D". Non content d'aimer Public Enemy, Mister Dee-Jay "D" collectionne les Vinyles et admire Louis XIV et Napoléon Ier... oui oui oui... celui-là même qui a rétabli l'esclavage à cause de Joséphine... la Salope ! Mais Dee-Jay "D" a les pieds sur terre et sait faire preuve de sens critique. Il ne succombe pas au politiquement correct des derniers mois qui a fait comparer Napoléon à Hitler sous les bons auspices d'un histrion d'historien noir qui avait une revanche nauséabonde à prendre sur la France. Et puis attention, Dee-Jay "D" aime l'Histoire avec un "H" majuscule, aussi il se délecte de Jacques Bainville. C'est que Dee-Jay "D" a du goût. Voilà.


Mister "G". Oui oui oui... regardez bien sa mine défaite. Mister "G" s'envoie des joints à l'occasion, c'est vrai. Mais entre deux disques de Miles Davis et John Coltrane, et un cours de Taï-Chi et de Kung Fu avec Sabre, Mister "G" joue du Saxophone et lit la Bible. Son verbe fleurit entre Jean Gabin tendance Audiard et le Livre des Proverbes dans l'Ancien Testament. Sujet de prédilection : le Christ. Expression favorite, scandée à la Aretha Franklin :"Jesus Christ My Lord !" Il est pas né celui qui pourra le convertir.


Bakari. Bois du Champagne pour les grandes occasions. Un musulman maghrébin que j'ai vu une fois venir lui faire la morale pour sa coupe de Champagne s'est vu renvoyé sur les roses par un majestueux :"Dis donc, toi, tu vas pas me fâcher avec le vieux là-haut ! Tu te crois à la mosquée là ?" Ah ! Si vous aviez pu voir la tête du maghrébin en question ! Bakari a fait une partie de ses études en ex-RDA, résultat du temps où le Mali entretenait de saines relations avec les pays communistes. Quelques signes particuliers : ne connaît pas son âge à cause de l'absence d'administration dans la savane où il est né, appelle les polygames "les idiots du village", comme il a le droit de vote a voté Sarkozy mais le trouve trop mou et trop gentil car lui renverrait par navire, à fond de cale, tous les étrangers irréguliers, les fouteurs de merde même s'ils sont nés en France et ceux qui ne respectent pas le pays qui les accueille, ce qui selon ses propres mots ferait un paquet de monde. À la question "Bakari, que fais-tu demain si ça pète dans ce pays ?", répond :"Je sors ma lance pour la France." Malgré un accent à découper au couteau et un poste d'agent de maîtrise il se comporte comme un grand Seigneur. Charmant avec les dames et volontariste avec ses gars. Juste et perspicace dans ses jugements.

"Cogito Ergo Sum" disait Descartes. C'est précisément sur l'Être que l'on se doit de juger les gens... et non sur le paraître. "You can't judge a book by looking at the cover" chantait avec conviction Bo Diddley. Puisque le paraître peut en de nombreux cas s'avérer factice. C'est sur l'Être... à commencer sur sa présence... que le jugement s'exerce. Dis-moi comment tu penses, comment tu agis... je te dirais qui tu es... Merci docteur Freud, merci docteur Jüng.

Et puis écoutez le ce morceau, composé par le Géant du Blues Willie Dixon...

"You can't judge an apple by looking at a tree,
You can't judge honey by looking at the bee,
You can't judge a daughter by looking at the mother,
You can't judge a book by looking at the cover.

Oh can't you see,
Oh you misjudge me,
I look like a farmer,
But I'm a lover,
You can't judge a book by looking at the cover.

Oh come on in closer baby,
Hear what else I gotta say !
You got your radio turned down too low,
Turn it up !

You can't judge sugar by looking at the cane,
You can't judge a woman by looking at her man,
You can't judge a sister by looking at her brother,
You can't judge a book by looking at the cover.

Oh can't you see,
Oh you misjudge me,
I look like a farmer,
But I'm a Lover,
You can't judge a book by looking at the cover.

You can't judge a fish by lookin' in the pond,
You can't judge right from looking at the wrong,
You can't judge one by looking at the other,
You can't judge a book by looking at the cover.

Oh can't you see,
Oh you misjudge me,
I look like a farmer,
But I'm a lover,
You can't judge a book by looking at the cover."


Bo Diddley

 

 


Willie Dixon

23:35 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (23) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/12/2007

III-In Memoriam... Fred Chichin et digressions diverses...

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Fred Chichin, qui venait de la Gauche, a simplement ouvert les yeux sur cette Gauche, et puis il a regardé un peu vers sa droite, c'est tout. Il a compris que la vraie tolérance ne peut se baser que sur la vraie diversité et non sur les mélanges qui "diluent tout". Logique implacable.

Comme j'aime à le dire, autant les racistes me débectent quand ils estiment que les noirs, les blancs, les jaunes, ne devraient surtout pas se mélanger, autant les thuriféraires du « métissage à tout prix » me font marrer avec leur moraline et leur propagande. Ils me font marrer et gerber aussi à l’occasion.
Car les seuls mélanges qui fonctionnent très bien sont les mélanges d'Amour. Lorsqu'il y a de l'Amour, tous les mélanges, tous les métissages peuvent aboutir à de belles choses, même à des choses supérieures. Mais notre société manque cruellement d’Amour, je veux dire d’amour authentique.


1-Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celles des anges,
s'il me manque l'amour,
je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.


2-Quand j'aurais le don de prophétie,
la connaissance de tous les mystères et toute la connaissance,
quand j'aurais la foi la plus totale,
celle qui transporte les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien.


3-Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés,
quand je livrerais mon corps aux flammes,
s'il me manque l'amour,
je n'y gagne rien.


4-L'amour prend patience, l'amour rend service,
il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil,


5-il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune,


6-il ne se réjouit pas de l'injustice,
mais il trouve sa joie dans la vérité.


7-Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

8-L'amour ne disparaît jamais.
Les prophéties ? Elles seront abolies.
Les langues ? elles prendront fin.
La connaissance ? elle sera abolie.


9-Car notre connaissance est limitée et limitée notre prophétie.

10-Mais quand viendra la perfection,
ce qui est limité sera aboli.


11-Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant,
je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant.
Devenu homme, j'ai mis fin à ce qui était propre à l'enfant.


12-A présent, nous voyons au-dedans un miroir et de façon confuse,
mais alors, ce sera face à face.
À présent, ma connaissance est limitée,
alors, je connaîtrai comme je suis connu.


13-Maintenant donc ces trois-là demeurent,
la foi, l'espérance et l'amour,
mais l'amour est le plus grand.


Bible, Nouveau Testament : 1 Corinthiens 13

L’Amour authentique, n’est-ce pas, et non pas de ces « idées chrétiennes devenues folles » dirait Éric Zemmour avec sa tête de fouine qui se poile, qui ont accouché de la bien-pensance ambiante, des droâââ-de-l’hômme et de la tolérance de tout et de n’importe quoi. Ces idées-là pullulent jusqu’à la nausée.

Semer de l’Amour, aujourd’hui, je veux dire de cet amour authentique, n’est plus vraiment possible que dans un parcours individuel quotidien, au jour le jour. C'est déjà pas mal, d'être positif dans sa vie de tous les jours, ne pas juger facilement et rapidement, dans le dialogue, dans l'échange, dans l’évaluation juste. Mais il faut bien avouer que c'est restreint et que cela ne donne des fruits que limités et, souvent, mitigés. Que cela ne nous empêche pas de le faire néanmoins. Mais voilà... dans la cité il est difficile et tabou de parler d'Amour... cela ne correspond pas à l'imaginaire des peuplades larguées qui y vivent, même si individuellement, le lascar espère secrètement de connaître ça un jour au moins avec avec une « meuf »... il est vite rattrapé par sa culture machiste, à la fois conquérante et soumise... bien loin de Diderot ou Rimbaud… et ne parlons pas du Christ qui est à leurs yeux (selon notre conception chrétienne) une abomination car Allah ne peut pas avoir de fils, mais juste des prophètes. S’il est incapable d’avoir un fils, on se demande comment il a bien pu créer l’Univers.

Du coup, de plus en plus de personnes en France s'interrogent sur les bienfaits de l'immigration. En tout cas sur la manière de la gérer et de la considérer, cette « Chance Pour La France ». À commencer par les immigrés parfaitement intégrés, comme moi, ou les descendants d'immigrés, qui sont reconnaissants à ce pays de la Chance qu'il nous a donné, lui à nous ou à nos parents, pour construire notre vie de manière sensée. Voilà.



Alors en parcourant la toile, j’ai pu voir que Paratext y allait de son hommage aussi, à Fred Chichin, en profitant, par la même occasion, pour saluer Jean-Louis Murat qui est du genre à ne pas mâcher ses mots non plus. Je reproduis ici, du coup l’un des extraits qu’il a balancé sur son Blog et où Jean-Louis Murat assassine comme il faut, de sa position de chansonnier-baroudeur, l’ennemi larvé de face :


« Michaux ou René Char me tombent des mains ! J'aime mieux me replonger dans la lecture des chansons de Pierre Jean de Béranger, dont je viens de faire un album de reprises. Il faut d'urgence rééditer ses textes! Au XIXe siècle, c'était une star, admirée par Victor Hugo, Goethe ou Lamartine. Il a été complètement autodidacte, comme moi, et il est devenu l'un des plus grands poètes du XIXe siècle. La richesse de son écriture n'a rien à voir avec le niveau de la chanson française d'aujourd'hui, qui illustre bien l'échec de l'Education nationale. Les textes ne disent rien, on remplit des cases avec des mots, comme s'ils étaient innocents...
Quand j'écoute la radio, je deviens dingue. On a l'impression de vivre pendant l'entre-deux-guerres, lorsque les vedettes de la chanson n'étaient autres que les pétomanes...
Le niveau du roman français contemporain, c'est pareil. Récemment, il n'y a guère que Philippe Muray et Renaud Camus qui m'aient semblé de vrais défenseurs de la langue française. »


LIRE, mai 2005

Je ne connais pas du tout Pierre Jean de Béranger, par contre je ne vois pas en quoi l’on ne pourrait être en mesure d’apprécier Michaux et Char ainsi que Philippe Muray et Renaud Camus. Mais je comprends son invective. Michaux et Char ont, dans une certaine mesure, contribué à complexifier la Poésie en la rendant abstraite. Cherchant à percer le centre de la cellule, cherchant à atteindre les particules elles-mêmes, leur Verbe a influencé, par la suite, toute une flopée d’écrivaillons qui pensaient que plus ils s’étaleraient dans l’abstraction verbale plus ils se trouveraient élevés sur le piédestal de la gloire poétique. Risible ! En attendant, oser citer Renaud Camus, lorsqu’on connaît la controverse qu’a provoqué l’écrivain et que ses lamentables détracteurs traitent de pétainiste, c’est courageux. On apprends aussi, dansun article du 1er Octobre 2007 dans Libération que « Peu avant sa mort, en 2006, l’essayiste Philippe Muray avait écrit deux lettres au chanteur. Jean-Louis Murat regrette de ne pas l’avoir rencontré. » Comme je le comprends. Ils auraient trinqué ensemble et Muray aurait indiqué à Murat quelque éclairage nuancé sur sa vision du monde.

Il se passe quoi là, en effet, dans le Rock ? comme se le demande un petit névrosé dans un commentaire affligeant sur ma « brève » Al Fath. Les Rita Mitsouko d’abord. Jean-Louis Murat ensuite. Qui n’y est pas allé seulement de sa verve dans le magazine Lire.

Dans le journal Le Monde du 17 novembre 2007 Jean-Louis Murat se lache :

"L'écrivain américain Brett Easton Ellis a dit : "Depuis la nuit des temps, l'Antéchrist cherche un moyen de prendre le pouvoir sur les consciences de l'homme, enfin il y est arrivé avec Internet." Le Web rend les gens hypocrites, il incite à prendre des pseudonymes. C'est un monde de délation, intoxiqué de spams et de pubs.

(...)

Question : La gratuité n'est-elle pas le meilleur moyen de démocratiser la culture ?

C'est une blague ! Cela nous tue. La démocratisation, c'est à l'école maternelle qu'elle doit être ancrée. Une fois les bases et l'envie acquises, chacun peut faire son choix. Par ailleurs, je ne suis pas démocrate, je suis happy few. La culture est le fait d'une minorité, d'une élite qui fait des efforts. Attention, pas une élite sociale ! La femme de ménage ou le facteur sont absolument capables de sentiment artistique. Mais la démocratisation, pour moi c'est le concours de l'Eurovision : chaque pays envoie son artiste fétiche. Et là, comme disait Baudelaire, la démocratie, c'est la tyrannie des imbéciles. Sur MySpace, vous allez voir 45 000 nigauds, les 45 000 artistes ratés qui ont ouvert leur page - j'y suis aussi, parce que sinon on me vole mon nom."



Dans le Nouvel Observateur il ne prend aucun détour :

«Baudelaire est un poison. Je me suis laissé intoxiquer par sa poésie négative. L’époque va si vite qu’il n’y a rien de plus novateur que l’alexandrin. Alors, moi, je fais l’éboueur: je ramasse Baudelaire. Baudelaire, c’est le voyage intérieur qui finit dans la ténèbre, comme il dirait. Il ne croit plus à rien, éventuellement à la grâce. Il a un côté prêtre défroqué. Ce genre de comportement amène à des catastrophes collectives. Le dernier homme de Nietzsche a les deux pieds dans la merde et ne s’en rend pas compte. Baudelaire, c’est l’avant-dernier homme. Il est victime de son système nerveux. Souvent, il tombe dans une hystérie de rentier, à la façon des gens payés à rien foutre d’aujourd’hui. Il est très actuel. C’est un culbutos: il oscille sans cesse entre l’amour de soi, la rumination de soi, la haine de soi, de l’autre, du peuple.

Ni démocrate ni royaliste, il n’aime pas le peuple. Au XXIe siècle, plus personne n’aime le peuple: on ne se soucie que des téléspectateurs, des ceux-ci, des ceux-là, on découpe le saucisson et on n’a plus affaire qu’à des rondelles. Baudelaire n’aime guère le suffrage universel. Il faut le dédouaner: la première expérience de suffrage universel amène Napoléon III au pouvoir et accouche d’un tyran.»

«Pour nous, Français, dans la musique il y a une rupture en 1789. C’est l’époque où on pète tous les violons, parce que ça fait mauvais genre. La musique devient une affaire de conservatoire et on se retrouve avec du folklore: on n’arrive plus à faire le lien. En Angleterre, les héritiers de Purcell, c’est les Beatles. Chez nous, il n’y a pas cette continuité.»

«J’ai chanté Béranger, mais je déteste les gens qui manifestent leurs idées politiques dans leurs chansons. Quand tu écoutes les interviews de Ferré ou de Brassens, tu hallucines. Ils sont contre l’armée, contre la police, contre le truc et le machin. Qu’est-ce qu’ils veulent avec leur anarchisme de droite ? Brassens met Roosevelt, de Gaulle, Hitler dans le même bateau! Et il part gentiment avec son paquetage visser des Messerschmitt avec Marchais pendant trois ans en Allemagne.

Manu Chao, c’est de la rigolade; l’altermondialisme, c’est son fonds de commerce. 1981, c’est la naissance de l’Homme Bon, dit Philippe Muray. L’Homme Bon a ses icônes. Il adore Manu Chao car Manu Chao a pris tous les gimmicks de l’Homme Bon. Baudelaire t’éclaire sur cette hypocrisie totale. Manu Chao a réussi à faire ce que Bové ne réussira jamais; c’est son frère de lait, mais lui, c’est d’abord un businessman. Manu Chao, si tu fais du «rock équitable», t’as qu’à verser les royautés aux prisonniers cubains au lieu d’investir dans l’immobilier en Espagne…

Le public de la chanson française est de gauche, donc tout le monde fait supergaffe à ce qu’il dit. Avant, tu avais un Ernest Pinard [l’avocat impérial qui accusa “les Fleurs du mal” et “Mme Bovary”]. Maintenant, tu as 60 millions d’Ernest. Et moi! Et moi! Et moi! Pinard, c’est extra. Pinard et Cauchon [l’accusateur de Jeanne d’Arc] sont les deux mamelles de l’âme française! Quand ça donne des interviews, c’est “plus à gauche que moi tu meurs”, alors qu’à ma grande stupéfaction 99% du business était pro-Sarkozy pendant la campagne.
»




«Baudelaire a une prescience supermoderne du féminisme, genre elles vont toutes devenir imbaisables, ces salopes ! Dans la chanson, il y a une nouvelle génération de chanteuses qui “font leur étroite”, comme on aurait dit au XIXe siècle. Du talent, mais si tu écoutes bien leurs textes, elles vivent très bien sans nous. Elles préfèrent le fantasme Chabal. Ou All Blacks. Quand tu vois le haka, tu as envie de prendre un fusil à lunettes et de descendre les quinze. Baudelaire avait pressenti la tarlouzification des âmes, dont l’emblème est Ségolène Royal. J’ai toujours trouvé que le gros cul du Poitou n’assurait pas une cacahuète. Ce pauvre François Hollande a bien fait de se barrer. Depuis, il va mieux: il a maigri, il tète les gros orteils des filles, il renaît.»



Il se passe que le « politiquement correct » craque progressivement de toutes parts. Et ce n’est que le début. Voilà. Il y aura des surprises encore. On est pas au bout du long tunnel mais y’a un brin de lumière au bout, là-bas. Le Rock ‘n’ Roll est né en voulant avoir une emprise sur la réalité et le réel, non en partant dans les songes creux des lendemains qui déchantent. C’était une volonté de vivre enfin sa sexualité, de tendre la main aux blancs pour les noirs, aux noirs pour les blancs, de réinstaller le Corps à la place qui se devait d’être la sienne, dans la danse et le mouvement et la révolte à la fois sociale et métaphysique, mais certainement pas politique. La politique gavait toute la jeunesse et à peu près au même moment les beatniks montraient la voie. La voie, c’est-à-dire le chemin spirituel, l’épreuve intérieure. Certains iront, ensuite, se fourvoyer dans des entreprises festives et pseudo-situationnistes, comme Woodstock en 1969, ou John Lennon et Yoko Ono avec leur « bed-in » pour la Paix. Conneries. Je me souviens qu’au début des années Reagan, dans une interview dans le magazine Best ou Rock & Folk, je ne sais plus, John Kay, le leader de Steppenwolf (les créateurs de « Born to be wild »(mp3)), disait déjà qu’il fallait aux américains une armée forte et puissante pour défendre les USA contre les rouges. C’est ce qui s’appelle avoir les pieds sur terre face aux pacifistes qui faisaient le jeu de l’URSS, même malgré eux, dans les années 50, 60, 70, 80. De longues décennies sartriennes à n’en plus finir tellement elles s’étiraient dans leur guimauve et leur morale de purs. Ce n’est même plus une question de situation sociale. Je suis, quant à moi, un modeste magasinier payé au lance-pierre, qui a passé les 16 dernières années à faire son travail correctement en disant « merde » aux syndicats couchés devant leurs centrales ou aux ordres du patron. En disant « merde », aussi, aux cadres qui voulaient me soumettre au-delà des limites qui leurs étaient imparties. C’est une question de positionnement par rapport à la réalité, par rapport au Réel, par rapport à l’Être (s’il existe encore) en nous et qui est, pour ma part, indéfectible à ce qui me structure, me rend pensant et actif. Juste bailler en allant voter à Gôche, en soutenant les « sans papiers » sans plus aucun respect pour le principe d’État de Droit, la mixité et la diversité Jack Languiennes, les altermondialistes qui vont étreindre Ahmadinejad ou Tariq Ramadan, ce n’est pas être libre, c’est être une larve rampante, un cloporte sans libre-arbitre, un couche-toi-là sans couilles qui n’ose pas regarder la vie à hauteur d’homme et dire, simplement, quelques vérités.

Donc, Rita Mitsouko, Jean-Louis Murat, John Kay, voici qu’à présent, comme me le signale encore Paratext , c’est l’icône Pop Homo, ex-leader du fabuleux groupe The Smiths, qui y va de ses déclarations sulfureuses.





Dans le dernier NME il a déclaré, cartes sur table, ou plutôt, selon le mot de Céline en « mettant sa peau sur la table » que la Grande-Bretagne « est devenu un pays terriblement négatif, qui fout les gens en l’air et les repousse. En outre, concernant l’immigration, c’est très difficile, car plus l’afflux d’étrangers est en hausse en Angleterre et plus l’identité britannique disparaît. Si vous voyagez en Allemagne, c’est toujours absolument l’Allemagne. Si vous voyagez en Suède, celle-ci a toujours une identité suédoise. Mais si vous voyagez en Angleterre, vous n’aurez aucune idée où vous êtes. Je ne reviendrai jamais vivre à Londres ou même en Angleterre à cause de l’explosion de l’immigration. Dans les rues de Londres on entend toutes sortes d’accents du sud mais pas d’accent britannique. J’ai tourné la page.”

Il ajoute plus loin “L’Angleterre, c’est du passé.” et aussi :“Vous ne pouvez pas dire à tout le monde : “Entrez chez moi, et faites comme chez vous.”"

Il est exact que Steven Morrissey avait osé chanter cette sublime chanson à la fois Patriotique et anti-dictatoriale (anti-Cromwell, pour être précis), « Irish Blood, English Heart »(mp3) dont le texte est sans équivoque :

Irish blood, English heart, this I'm made of
There is no-one on earth I'm afraid of
And no regime can buy or sell me

I've been dreaming of a time when
To be English is not to be baneful
To be standing by the flag not feeling
Shameful, racist or partial

Irish blood, English heart, this I'm made of
There is no-one on earth I'm afraid of
And I will die with both my hands untied

I've been dreaming of a time when
The English are sick to death of Labour
And Tories, and spit upon the name of Oliver Cromwell
And denounce this royal line that still salute him
And will salute him forever


Depuis toujours Morrissey s’est déclaré Patriote, amoureux de son pays, ce qui ne l’a nullement empêché d’exercer une vive critique à son encontre avec des chansons acides, voire pleines de napalm : à propos de la monarchie (The Queen is dead), du Premier ministre (Margaret on the guillotine), du système éducatif (The Headmaster rituel) ou du très homophobe conservatisme britannique en laissant planer le doute sur sa sexualité (I want the one that I can’t have). « We sadly know that we are the last truly British people you’ll ever know » affirmait-il déjà dans les années 90 dans son album « Your Arsenal ». Avec Mick Ronson à la production, il déployait des cohortes militaires dans chaque chanson et il n’y avait que les cons sans sel et sans saveur pour trouver quelque chose à y redire.



L’essentiel de ce que je pense de tout ça, des positions jugées « conservatrices » et du Rock ‘n’ Roll, je l’avais déjà écrit là : en janvier 2007, juste avant que le groupe musical auquel j’avais consacré laborieusement 16 années de ma vie ne se défasse et ne s’enfonce dans les eaux sombres de la lagune dont il portait le nom. Mes prises de positions d'homme libre ont été en grande partie à l’origine de ce « split ». On peut ainsi mesurer les dégâts que la bien-pensance peut faire dans les têtes les mieux faites. Et je ne parle pas ici de ma tête à moi.