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03/06/2008

Etuve...

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Tenir le cap, garder l’œil sur l’étoile, au milieu de ces métamorphoses. S’il faut mentir : mentir adroitement. Je me suis rasé la barbe et ayant vu le visage qui a émergé dans le miroir j’ai eu du mal à lui conférer un sens. Systématiquement, de me regarder dans les yeux convoque mes ombres, mes fantômes, mes illusions. Si je m’élève par la pensée dessus la ville, j’en vois les lumières pâles, à travers son nuage de pollution, qui transpercent les flancs de l’air et fument. Un tas doré d’ordures en fermentation avancée. S’il faut mentir : mentir adroitement, pour mettre à jour la vérité. Tenir le cap, garder l’œil sur l’étoile, au milieu du chuintement des vagues qui rend fou. Fixer les impressions qui viennent de loin avant qu’elles ne s’évanouissent dans l’âtre que je tisonne. Écrire. La valse des ombres tourbillonne comme des sheitans masqués en derviches tourneurs malsains, sans pivot, sans autre but que la noirceur. Je croupis dans mon étuve, emplis de dards empoisonnés. Plus de 42 années d’ampoules et de cornes aux pieds.

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02/06/2008

Rien II

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Peu, si peu. Si peu de forces. Si peu d’argent. Si peu de rêves. On croit faire sa vie mais c’est la Vie qui nous fait. Parfois mangeant je m’aperçois que c’est la nourriture qui me mange. Vaste sphère, le monde est devant moi. C’est ce qu’on croit. Mais c’est moi qui suis en le monde. La lumière vient se casser contre les murs. Naufrage. Que m’offre donc la vie ? Je ne sais. C’est, en vérité, à moi de lui faire des offres. Le ciel pèse sur tout, sur les arbres, sur les hommes, sur les chiens. Comment parvenir à faire basculer le jour en ma faveur ? D’y songer en cette aube de désastres, me donne la fièvre. Quand je perds pieds dans mes instants de désordres intenses, je m’aménage ma solitude en faisant grincer ma mémoire. La continuité cohérente des reliefs continentaux se trouve brisée lorsque on est face à l’océan. Et ma mémoire est un océan. À s’y noyer.

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01/06/2008

Rien

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Le monde est un lieu funeste dont s’est emparé un esprit de vertige, d’ivresse et de violence. Sodome, Gomorrhe, Babel fusionnés sur toute la face de cette misérable planète.
Début Juin dans cette opacité, cette brume. Ce ciel d’acier, bas, oppressant. Dans le cercle quotidien à l’incertaine pâleur. Reflets d’ardoise sur des murs de craie et d’aluminium. Thé et whisky. Tabac. Lectures possédées. Conjuration du temps contre ma carne. Je retournerai à la poussière dont cette farce fut tirée. Que restera-t-il des mots tracés par les hommes pour défaire la conjuration en question ? Que signifie la pensée humaine de l’autre côté des étoiles des Pléiades ? Même les massacres, les orgies, les génocides, les cathédrales, les pleurs d’enfants, les gémissements solitaires, les odes de Novalis, les Nations, les Empires, la syphilis de Nietzsche, la main gauche de Ravel, la jambe de Rimbaud. Ce souffle qui fouille la chair, la tend la taille, la coupe, la cisaille en tous sens pour s’emparer de l’âme secrète qu’elle renferme et lui donner le don d’avaler toutes les couleuvres de la condition humaine, toutes les angoisses de la terre et les porter à l’incandescence expiatrice dans l’Athanor intérieur des supplices existentiels. Gangrène. Putréfaction. Fumier propice à l’émergence des fleurs les plus délicates.

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11/05/2008

Sommeil...

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Cet hémisphère quotidien qui est le mien durant mes fins de semaines prolétariennes est celui du sommeil profond qui vient me prendre, à peine levé aux alentours de midi et quelques fruits secs avalés en compagnie d’un thé vert brûlant, sur les coups des deux heurs de l’après-midi je sombre à nouveau, parfois pour quatre ou cinq heures d’affilée, dans une nuit diurne qui m’emporte profondément vers mes abysses sereins. Bercé par les bruits de la maison, la télévision et les ronronnements de Minette qui vient se blottir contre moi. Lorsque je me réveille je m’en veux. Mais que puis-je faire contre une fatigue physique et morale à laquelle ma profession me condamne inexorablement ? De l’intérieur, cependant, ma rétine exulte à la vue des paysages que mon royaume compose selon l’humeur de mon verbe. Au-dedans de mes muscles, de mes nerfs et par-delà. Je songe à la masse prolétaire au jour où elle travaillait 12h00 par jour, 6 jours sur 7.

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09/05/2008

Petits bouts de papiers

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Triste sort que celui-là. Je n’ai que cette écriture qui m’allège et c’est tout. Petits bouts de papiers ou carnets secrets, fiches insignifiantes où je me délasse de ma lourdeur et de quelques stridences excessives. Le lendemain, j’ai déjà oublié et le tout brûlerai que cela ne me ferait presque, ni chaud ni froid. Si je regarde tout cela de très près, en l’intérieur, je constate que cela ne règle rien, la solution (à supposer qu’il y en ait une) demeure absente et je ne reçois pas même de l’argent à dépenser d’un éditeur admiratif, ou, au moins, convaincu. Brûlez donc, petits papiers, quelle importance, puisque mes mots ne trouvent guère le moindre échos obsessionnel et ne sont pas même un fil d’Ariane. Je rêve de me glisser dans un silence comme on se glisserait sous un voile, et de vivre satisfait d’un mutisme de poète.

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08/05/2008

Provocateur

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Je songe à ces personnes qui me considèrent, de par mes propos, mes idées (à supposer que j’en ai), mon aspect d’homme social, comme un provocateur ! Alors que je ne me construis pas de personnage pour les faire sursauter dans leurs candides certitudes. Je suis ce que je suis tout le temps, je suis comme je suis que cela plaise ou non, d’ailleurs qu’y puis-je ?

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07/05/2008

Être là, ici et maintenant.

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Douce lumière du réveil. Sentir le corps à nouveau. Renouer le contact. Reprendre le fil. Vivant. Partir sur la voie comme chaque jour. En avoir conscience. La pensée s’enroule, se déroule, se propage. Voici, comme à chaque fois, le Domaine où tout a lieu, où tout se perpétue. Point nodal se liant et se déliant en même temps sous le regard de Dieu, ou l’œil impitoyable du Néant.

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06/05/2008

Seigneur... t'es là ?

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« En Californie, il y avait de vieilles femmes avec un drôle de regard convaincues que la fin du monde était pour bientôt, ou encore que des hommes de l’espace n’allaient pas tarder à atterrir pour le Jugement dernier. On avait le choix entre les Vénusiens, les Martiens, Jésus-Christ, quand ce n’étaient pas des gens avec douze bras, des Indiens à la peau bleue. Sodome et Gomorrhe avaient été détruites par une bombe atomique larguée d’une fusée.
Jamie entendit le faible ronflement de la plus petite des deux sœurs, qui était censée prier. Dieu connaissait la chanson par cœur et ne prit même pas la peine de la réveiller. Surgie de nulle part, la rose aux couleurs vives était réapparue et elle l’étranglait à deux mains dans son sommeil. »

Denis JohnsonLa Débâcle des anges

Il me prend parfois l’envie de recevoir concrètement un baiser venu du Ciel, l’étreinte spirituelle donnant les larmes de la quiétude, de la joie couronnée.

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04/05/2008

Dans la nuit

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Nuit gonflée de vent. On entend le murmure de la ville et les fureurs retenues de l’immeuble. Gargouillis d’estomac. Ciment, tuyauterie, chuchotements chute d’objets, voix de béton, morts-vivants à l’affut. Ô fous qui s’ignorent. Grande dépression sur le système moléculaire général. Vision holoscopique. Comme une toile géante qui fourmille d’un suicide. Point terminal qui s’éternise. Ça suinte. Seule faille, ici, dans cette épaisse réalité visqueuse de tout le mal que l’homme engendre depuis la chute : Dieu ?

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03/05/2008

Écrire - XI

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Mes meilleurs auto-exorcismes sont ceux qui consistent, ayant écrit des phrases de sang, à lire, seul, à haute voix les mots de l’abandon sournois auquel je me suis livré pour le meilleur comme pour le pire. Ce sont de curieuses noces que celles de l’écrivain. Des noces quotidiennes. Des invocations ancestrales et futuristes. Des prières incarnées l’espace d’un spasme toujours recommencé. Parvenir au manuscrit qui annulerait tous les précédents. Impossible pari puisque, la plupart du temps, les nouveaux écrits ne viennent que compléter en aval les jaillissements en amont.

Écrire est une mise à l’écart, un labeur apocalyptique au sens étymologique du terme.

« Comme Shéhérazade sauve sa vie en racontant des histoires, aussi je sauve la mienne ou la maintient à force d’écrire. » Sören Kierkegaard

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02/05/2008

Écrire - X

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Ce sentiment, parfois, d’avoir des souvenirs qui ne sont plus vraiment à moi, comme s’ils étaient d’un autre corps, d’une autre voix, d’une langue qui n’est pas la mienne. Je suis déjà tombé sur des bouts de papiers non datés, clairsemés d’une écriture que je ne parviens même pas à déchiffrer, des mots qui disent l’agonie avec délectation et candeur, et quand je réalise par je ne sais quel sinueux parcours mental que j’en fus l’auteur je reste estomaqué par la fureur de cet acte de survie, lointain et probablement nocturne, alcoolisé et fiévreux, alors je soupire ou je souris, mais aussi, parfois, je pleure.

Je sais néanmoins, même si cela ne sert à rien, que la seule quiétude que j’ai pu trouver ici-bas, je l’ai enfermée dans cet immense amas de feuilles, de nappes de table, de cahiers écornés, de carnets décolorés par la violence de la lumière des longs jours qui reposent dans un monstrueux désordre dans la boite en carton débordée de toutes parts.

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01/05/2008

Meuh !

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Les vaches grasses qui peuplent ce monde (et je ne parle pas de ces vaches dont se sert Nietzsche pour inviter ses lecteurs à s’exercer dans l’art de la rumination afin de bien peser ce qu’ils absorbent), les bovidés tatoués, installés confortablement, le cul dans leur bouse, qui mâchent leur herbe et leur foin en regardant passer les trains ont le sens de la pérennisation, puisque, croient-ils, c’est en se goinfrant, en tapissant leurs bourses de billets et en l’alourdissant de pièces de monnaie, en pondant de la marmaille qui mâchera et chiera à son tour qu’ils se préserveront de la disparition inéluctable. À les considérer j’éprouve bien souvent un gouffre sidéral, en moi, monstrueux, aux effluves de métal froid. Abasourdi par leur bêtise sale et hautaine, je tente parfois une prière pour me laver de mon dégoût. Puis je m’allume un joint en ouvrant un livre avant, tard le soir, d’écrire mes mots éteints que je tente, maladroitement, d’allumer comme un âtre désespéré par son bois humide. Le temps compte soudain triple dans ces conditions de détresse. Je bois du picon-bière et dresse mes propres latitudes. En feu. Je me retrouve terrassé, déchiré, à la dérive et me répète, comme pour me donner du courage, ou est-ce pour justifier l’injustifiable ? que ma situation destructrice est mille fois préférable à la terreur métaphysique que suscite en moi l’état confortable de ces bovidés mâchant sous le ciel de Dieu. Ô putréfaction onctueuse des étables garnies de paille. De la viande aux étals à perte de vue.

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30/04/2008

Oui

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« Ta joie est ton chagrin démasqué, et le même puits d’où jaillit ton rire fut maintes fois empli de tes larmes. »
Khalil Gibran

C’est le même moi qui versa des larmes pour les raisons qui, à présent, me font sourire, l’expérience ayant creusé son sillon et les moissons douloureuses ayant donné du bon pain. Le bonheur, comme l’imaginent aisément les consciences naïves n’est pas et, probablement, n’a jamais été. On le croit en possession par d’autres que nous afin de se donner le faux espoir d’un jour être en mesure de le posséder nous-mêmes. Ce qui existe, en outre, ce sont les petits instants de bonheur qu’il ne tient qu’à nous de cueillir chaque fois qu’ils se présentent à nous, les cueillir pour nous, les offrir aussi dans une gratuité totale, par simple soucis jubilatoire. Un proverbe chinois dit : « Une seule joie disperse cent chagrins. » Jouir de cette incarnation, profonde, intime, c’est parvenir à remplir les grains de sable du temps tueur de sens et ne s’embarrasser d’aucune entrave, ne laisser aucune brèche pour un remord ou, même, un faux consentement. Être dans une acceptation légère, dansante, sans petit « oui » ni petit « non ». Dans un grand « oui » total.

« Considérons comme perdu chaque jour où nous n’avons pas dansé au moins une fois. Et considérons comme fausse chaque vérité qui ne fut pas accompagnée d’un rire. »
Friedrich Nietzsche

Combien de fausses vérités ai-je, ainsi, embrassé et combien de jours ai-je perdu ? oui !

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29/04/2008

Shalom

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J’ai rêvé que j’étais un juif, marchant dans le froid humide du ghetto de Venise. Usurier le jour, seule charge professionnelle autorisée par le Doge. Dieu donne et il reprend, qu’il soit béni. Formidable religion flirtant avec le blasphème, où Dieu, Adonaï, Eternel, tétragramme imprononçable, qui bénit et vous donne le don de le bénir en retour. Kabbaliste au soir descendant, avec quelques autres sages, je parcours la sainte Torah en souriant, ivre de son Amour et de ses mystères. C’est l’hiver. Seules nous réchauffent les candélabres à sept branches qui nous rappellent depuis Moïse le feu du Buisson Ardent. Porteur de l’Ancienne Alliance. Je la porte, là, gravée dans ma chair, ce prépuce cisaillé proprement par le vieux barbier du quartier, mort avant qu’ayant grandi je puisse me le remémorer, au huitième jour de ma vie, alliance scellée par la prière du Rabin de la communauté, un vieillard à présent qui s’inquiète des avancées de mes travaux mystiques et n’a de cesse, souriant, irradié de me mettre en garde contre la tentation de franchir la frontière, car l’Ancienne Alliance est toujours à la limite. À l’extrême limite des confins de la vie et de la mort.

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28/04/2008

Connection

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Alcools forts. Toujours à me connecter à mon alchimie interne selon des voies néfastes. L’album du jour, THE VINES, Vision Valley. Dehors le froid nocturne d'Avril. La nuit épaisse. La fumée qui me glace, le joint une fois éteint. Les mots qui, soudain, se bousculent et me basculent dans le précipice d’une musique que l’écrivain seul connaît. Je me garde le reste des impressions, par peur de faire se tarir le jaillissement nuptial qui invite au rire et à la danse.

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