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20/09/2007

Écrire - V

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=


Entre Varna qui se demande si je ne me pose pas trop de questions sur l'Écriture pour oser écrire...(Voir ici...) et Saneptia qui me met en garde contre l'emphase...(Voir là...)... j'ai décidé, bien entendu, d'être encore et toujours dans le questionnement et l'écriture, fut-elle qualifiée d'emphatique, à mon modeste niveau. Mais en auriez-vous douté ?

Ce n’est pas la première fois que l’on sous-entend, autour de moi, que je me pose un peu trop de questions en matière d’écriture. Pour ce qui est de la critique littéraire, je n’ai pas de culture véritablement assise et la sémantique, dans mon cas, est synesthésie du Verbe. Mais même la synesthésie doit faire sens et ne pas se parer d’un hermétisme gratuit. Rimbaud. Artaud. Lautréamont. Baudelaire et ses correspondances. Les formes, le fond, l’inspiration se percutent, se répercutent, se déclarent et se professent, certifient quelque chose qui va au-delà. Au-delà de quoi ? Au-delà de cet espace-temps qui me porte, vers Le Lieu et La Formule.

Il est exact que je ne suis pas prêt à écrire, c’est précisément pour cela que j’écris, sinon je n’écrirais certainement pas. Je serais, une fois prêt, comme un Verbe incarné ?

Non… je ne suis pas prêt.

Il est exact, aussi, que faibles sont mes certitudes… pour tout un tas de raisons. Passons.

J’admire ceux qui ont tranché et assis ne bougent plus, satisfaits, s’agitent sur place et, s’agitant sur place, croient parcourir l’univers. Je les admire car j’aspire moi aussi, de temps à autre, à un peu de repos. Être là, en le point nodal qui les fonde, les affirme, et les projette, parés d’une force que je n’ai pas, comment me mesurerais-je à eux, moi qui ne suis qu’un pèlerin dérivant de questions en questions ? Peut-être suis-je trop « juif » pour eux ? Peut-être ma culpabilité est-elle trop innocente aussi ? Peut-être suis-je trop nomade ?

Après son baptême, Jésus, le Verbe en personne, partit jeûner 40 jours au désert pour que le Malin le tente. Lorsque le Verbe incarné se confronte aux 1000 et 1 questions de sa part « humaine trop humaine », qui suis-je, moi, pauvre glèbe, pour m’affirmer seigneurial ?

J’écris, sans aucune autre prétention que celle de survivre. Ça aide. C’est déjà pas mal par les temps qui courent. Mais, bien entendu, même si mon blog est une part de mon autobiographie (infime… sachez-le), même s’il est le reflet de mes réflexions, de mes lectures, du parcours de mon Corps à travers ce Temps et cet Espace, je ne souhaite en rien faire croire que les désastres du monde tournent autour de mon nombril. J’écris juste pour avoir un peu d’air pur dans cette fournaise infernale. Et si quelqu’un d’autre reçois un peu d’air pur à la lecture de mes petites brèves, de mes humeurs littéraires ou de mon « écriture en acte » j’en suis plus que satisfait et m’en contente avec jubilation.

Mais avant tout, Montaigne l’a très bien dit, écrivant on se sonde, on se sculpte, on se découvre, on se bâtit. Je me détermine par ma quête perpétuelle dans la conscience que j’ai de ma durée, dans ma capacité ou absence de capacité à réagir, agir, me soumettre et m’affirmer face aux représentations de mon Espace et de mon Temps et aux manières que je trouve (il s’agit de tenter constamment de les renouveler) à investir cet Espace et ce Temps comme des territoires de bonheur et de litige. Ici la langue est primordiale car dés l’instant où elle me structure, me faisant m’élaborer dans une relation vivante avec moi-même, mes semblables, elle passe vite le stade de l’instrument, de l’outil permettant une structuration individuelle et sociale, et devient une altération de mes perceptions immédiates m’ouvrant mille portes dérobées vers… l’INTIMITÉ DE L’ÊTRE… canal me reliant au monde, à la communauté, au Logos révélé… la Langue devient une révélation. Et soudain, tout se détruit et se crée, se fait… rien n’est maintenu, tout est illusoire, permanent… se transforme sans se perdre, car la Langue, ici, là, hier, maintenant, demain, toujours… comme existant par elle-même, au delà du livre et de ses phrases –ô Voluptueuses Phrases– dans la texture même du Réel demeure, se perpétue, s’élabore et change.

Écrire c’est parfois pénétrer une pièce, une chambre baignée de lumière où l’on voit se soulever la poussière et cette poussière pénètre les lignes de l’écrit comme des trophées arrachés à la pénombre, voire aux ténèbres ! Poussière d’Or. Le Pouvoir des ténèbres, le Pouvoir de la Lumière s’échangent et s’intervertissent remarquablement : la Lumière parfois nous aveugle, là où la Ténèbres vient à nous éclairer.

Écrire, c’est ressentir le mouvement interne, lent et affirmatif des plaques tectoniques qui envers et contre tout avancent. Combinaisons dévastatrices du centre, ses champs multiples en liaison nerveuse avec son épicentre gravitationnel creusant un peu plus loin la boursouflure inévitable, existentielle, de la profondeur. Abcès appelé à exploser là où on ne l’attend pas toujours. Au sommet de l’accouchement douloureux ou joyeux, ou joyeusement douloureux, ou douloureusement joyeux, par le Magma apparaît le poème, le souffle, la Stance Vivante. Et malgré moi, croyez-le bien. J’écris, oui, mais ce n’est pas moi, c’est l’Autre en moi, l’Ange qui affrontait déjà Jacob.

Vient, après, le sentiment d’être un assentiment incarné. Le goût des origines et du futur assiège mon palais. Sel et miel et vin et lait. Chairs.

Transfigurer la douleur en Extase Incarnée. Me tromper parce que JE SUIS. Jouir d’Être, bien sûr.

Saint-Exupéry dans « Citadelle » : « Mais il est des heures où le marin s’interroge :"Pourquoi la mer ? " Et l’époux : "Pourquoi l’amour ?" Et ils s’occupent dans l’ennui. Rien ne leur manque sinon le nœud divin qui noue les choses. Et tout leur manque. »

Et il dit aussi plus loin : « Ceux-là qui mélangent les langages se trompent, car, certes, il peut manquer ça et là une épithète comme d’un certain vert qui est celui de l’orge jeune et peut-être la trouverai-je dans le langage de mon voisin. Mais il s’agit ici de signes. Ainsi puis-je désigner la qualité de mon amour en disant que la femme est belle. Ainsi puis-je désigner la qualité de mon ami en parlant de sa discrétion. Mais ainsi je ne porte rien qui soit mouvement de la vie. Mais considération sur l’objet tel que mort. »

Pourtant les questions s’imposent au pauvre ermite sur son chemin de Damas. Et qu’est-ce donc que l’écriture si ce n’est un autre chemin de Damas qui peut aveugler pour éclairer plus en profondeur et tenter de défaire les litiges du Langage, des concepts, des pensées emmêlées les unes aux autres.

Écrire c’est parvenir à danser dessus le gouffre avec l’Infini, le Néant, le Singulier, le Multiple et s’emparer de la Vie par-delà la morne bassesse sociale, quotidienne, figurative, comédienne. Redevenir le metteur en scène et le narrateur de sa langue, saisir, enfin, le feu qui consume tout. C’est emphatique, dites-vous ?

« Les livres tournent sur eux-mêmes, sortis des noms propres comme des langues de feu, et ces mêmes langues de feu sortent d'elles-mêmes et viennent se dire à moi. Ce sont des paroles ailées toute la nuit, les livres défilent et leur voix sort du volume en panaches entrelacés, comme une neige douce, comme des phylactères. Ces phrases volantes composent bientôt, éployés en ramures qui me couvrent le corps, un lierre vert et frais qui m'embrasse, et par lequel je respire l'effluve inconnu des plus anciennes beautés : à mesure que fleurit le lierre en moi, et que mes phrases aux siennes s'enchevêtrent pour ne plus bientôt faire qu'une seule plante grimpante, je descends les siècles; mes phrases s'offrent avec l'application du buisson à rejoindre cette région peuplée de noms propres où étant reconnues, agrées, leur descente s'inversera : avec des tremblements de joie continue, elles se feront la courte échelle, elles grimperont, bourgeon sur bourgeon, afin d'atteindre, en bas ou en haut peu importe, plus loin en tout cas que ces limites vers lesquelles le désir humain aime à lancer ses filets, à ce nulle part où les phrases éclosent, sans nous, sans personne, et d'où elles nous sont renvoyées à travers le temps, signées par l'un, signées par l'autre, qui se saluent depuis toujours et se parlent dans le lierre dont la feuillaison prolifère. » Yannick Haenel (Introduction à la mort française)

Ah ! Ces emphatiques !

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Lecture du moment :

*Le peintre Nolten d'Eduard Mörike

Bande son :

*Ronnie Montrose : Speed of Sound

Citation du jour :

"I hurt myself today
to see if I still feel
I focus on the pain
the only thing that's real
the needle tears a hole
the old familiar sting
try to kill it all away
but I remember everything

what have I become?
my sweetest friend
everyone I know
goes away in the end
you could have it all
my empire of dirt
I will let you down
I will make you hurt

I wear my crown of thorns
on my liar's chair
full of broken thoughts
I cannot repair
beneath the stain of time
the feeling disappears
you are someone else
I am still right here

what have I become?
my sweetest friend
everyone I know
goes away in the end
you could have it all
my empire of dirt
I will let you down
I will make you hurt

if I could start again
a million miles away
I would keep myself
I would find a way"


Trent Reznor, la chanson "Hurt" du groupe NIN, dont je conseille aussi la version bien incarnée de feu Johnny Cash.

20:29 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : Écrire, Yannick Haenel, Saint-Exupéry | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/08/2007

Eve/Lilith

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

La Femme. Cette Volonté démesurée pour obtenir ce qu’elle veut. Salope calculatrice. Même inconsciemment. Surtout inconsciemment, c’est sa profonde nature. Elle sait être dictatoriale et despotique. Quand elle perd la tête elle ne s’en rend même pas compte. Objet tout désigné pour les névroses et l’hystérie. Un homme un peu clairvoyant peut en faire ce que bon lui semble. Exterminatrice, elle devient facilement proie lascive à son tour. Mais si on lui affirme un semblant de résistance, quand elle exulte sur son trône impérial, elle explose avec une telle force. Et cette force n’en est pas une. C’est juste une très forte énergie. La Force de la Femme vient d’ailleurs. Ou plutôt, elle vient, cette force, de cet endroit même, lorsque, enfin, le ménage y a été fait. Car la Femme semble être le terrain propice pour les hallucinations de toutes sortes. Un remue-ménage hormonal constant. D’une redoutable curiosité quand elle ne sait rien, elle en vient à oublier ce qu’elle sait quand elle sait tout. Un véritable fatras organique où se tissent mille problèmes moraux quand, passionnée, elle met en marche avec une fureur tout juste contenue, son désir, le flot de sa vulve, pour obtenir ce qui lui incombe. Destructrice.

07:25 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : Femme, Eve, Lilith | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/08/2007

Possession - II

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

Je respire encore malgré la transe intérieure qui me défait.

03:10 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Écrire, Possession | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/08/2007

Possession

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Ma main se saisit du stylo. Le regard se perd. Dans mon cercle visuel et tactile l’action prime. Je crois que ça y est : quelque chose de terrible, de violent est en train d’éclore et j’ai cette force en moi pour recevoir même l’horreur.

20:10 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Écrire, Possession | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

05/07/2007

Dieu... ce Scientifique - II

Les perspectives qu’ouvrent les théories de Bohm sur la médecine, les arts, les échanges humains, sont incroyables. On se sent connectés à l’ensemble, tout en se distinguant de la masse. Singularité faisant partie du grand Tout mais non dévorée par elle. C’est, il me semble, ce qu’ont éternellement exprimé les grands Artistes, les grands Religieux au cours des Siècles. L’Art prend à nouveau une profonde signification au contact de cette Théorie Quantique dont il se nourrit. De même la Religion.

Il est évident que l’Art Abstrait, le Surréalisme, par exemple, ont pressenti l’approche de cette nouvelle Révolution Copernicienne que la mentalité ultra-traditionaliste limitée et tournée vers elle-même, vers son petit nombril, a rejeté avec un dédain bourgeois. Or, comme le disent si bien les Kabbalistes, la tradition authentique veut la révolution, l’avancée, le progrès vers la source avec respect total des racines, non l’écart fondamentaliste ouvert ou… masqué ! Les textes anciens, la parole Divine, quelle qu’elle soit, veut, exige, ordonne : LA SCIENCE ! Tout le reste est ténèbres.

Nous sommes véritablement tournés vers le pauvre matérialisme du 19ème Siècle. A l’heure de la Valse Quantique. C’est lamentable.

20:55 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Intuition Globale

Mon problème c’est bien cette inaptitude que j’ai, que j’ai toujours eu, à approcher les mathématiques et la physique à une moindre échelle. Alors, amis lecteurs, je ne vous parle même pas de la physique quantique. De quoi, en effet, devenir fou. Cependant, j’ai très bien saisi intuitivement un certain nombre de postulats et il ne me manque plus qu’à mettre des mots sensés dessus pour les formuler à mon niveau. Bien entendu, je ne veux pas me ridiculiser en me prenant pour un Scientifique, chose que je ne suis pas et ne serais jamais. J’ai juste besoin de réponses, ou plutôt d’orientations, concernant mon difficile cheminement sur ce globe, de ma naissance à ma mort inévitable prochaine.

07:40 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/07/2007

Dieu... ce Scientifique

Très curieusement, cet intérêt pour la science quantique, alors que je n’entrave pas grand chose aux simples Mathématiques, me plonge dans une sorte de confiance assez religieuse. Comme si ce vieil adage Hindou : « Rien ne se perd, tout se transforme. » prenait enfin une dimension rationnelle. Je ne sais plus qui a affirmé qu’un peu de Science éloignait de Dieu et que beaucoup de Science y ramenait, mais cela prend une telle évidence.

06:40 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (23) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/07/2007

Matière... Esprit...

En fait, plus on pénètre dans la matière , plus on s’aperçoit de la subtilité de celle-ci ! Au niveau quantique les lois changent et deviennent imprévisibles. Les frontières entre ondes et matière ne sont plus aussi prononcées qu’à notre niveau macroscopique. On baigne dans un monde ou, semble régner l’information. Ou plutôt, celle-ci semble avoir une primauté de premier ordre. C’est-à-dire que tout est en relation avec tout. Tout communique avec tout. Nous même sommes un hologramme. « Ce qui est en haut est en bas. Ce qui est en bas est en haut. » dit la tradition.

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01/07/2007

Amen

Les travaux de David Bohm. La physique quantique et ses ouvertures incroyables sur les intuitions religieuses qui ont illuminé l’Histoire de l’Humanité. Ce qui est incroyable c’est de voir à quel point nous sommes passés à côté de quelque chose de fondamental depuis une centaine d’année. Au début du 20ème Siècle les bases de la Physique Quantique ont été posées par une poignée de conquérants abordant un continent totalement vierge car… paradoxal ! Il est évident que si on avait organisé notre perception de la réalité autour de ses nouvelles théories, le sort de l’humanité aurait changé du tout au tout. L’Univers comme Unité Insécable et Holographique rejoint en bien des points les intuitions (ou révélations) du Bouddhisme, de la Kabbale, de la gnose. Je suis bouleversé par ce lien concret entre Religion et Science. J’ai le sentiment d’être ensemencé !

07:45 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/06/2007

Ars Magna...

La Présence en moi de quelque chose de difficile à cerner. Bouillonnement qui relève à la fois du meilleur comme du pire. Comme si une transformation radicale allait m’entraîner dans sa spirale. Quelque chose de la sorte. Ce n’est pas la première fois que j’éprouve ce genre de sentiment complexe et il ne s’est pas toujours passé quelque chose. J’ai l’impression d’être un œuf en gestation.

07:45 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/06/2007

"Combat... avec le Démon..."

On ne se remet jamais de sa venue au monde. On cherche toute sa vie la respiration paisible qui effacera la violence et le mystère de ce jour. Mais dés nos premiers pleurs nous héritons de tout ça, sans le vouloir vraiment, malgré nous, et toute notre vie nous devons le porter. Tout ce bordel. Et toute notre vie nous apprenons à nous en débarrasser et à n’en conserver que la meilleure part. Du moins pour ceux qui se sentent concernés. De nos jours, pour y parvenir, nous devons nous créer de toutes pièces un « No man’s land », un « Underground ». Et c’est difficile. Avoir part à son intimité profonde est de plus en plus difficile – les endroits se fondent les uns dans les autres de manière chaotique. L’image n’est pas claire. Quand elle a l’air claire elle manque de précision. Tout semble devenir plus petit. Plus bas. Accessible à tous. Lieux communs. Temps. Espace. Mots. Maux. Tout se réduit. Adieu ô Nuance ! La Globalisation nous écrase. Adieu ô Singularité. Marcher tel Rimbaud, tel Jim Morrison ? Fini tout cela. Il s’agit à présent de se taire (pas même d’un noble silence), demeurer assis dans une attente dépourvue d’objet, cligner des yeux devant la vache bariolée. Mourir à petit feu en souriant.

« It’s better to burn out than to fade away. » Neil Young


L’Ordre reviendra. Affaire de temps. Tout ce qui arrive se devait d’arriver. Le yin et le yang travaillent en synergie qu'on le veuille ou non. Tout le reste n'est que de la parlote, je trouve, des œillères qu'on se met. En gros ça sécurise, mais ça éloigne de la Véritable Vie ! D'où des incompréhensions dans les meilleurs des cas...et des massacres et des génocides dans les pires !

10:15 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/06/2007

"Love me tender, love me true..."

D’une façon générale on forme un couple en espérant qu’il est et demeurera une construction fixe, inaltérable, immuable. Or, les premiers meubles installés et les premiers vêtements rangés dedans, les premiers draps inaugurés dans le nid douillet (home sweet home), les premiers petit-déjeuners pris ensemble entre quatre yeux pétillants, le couple change déjà, n’est plus le même. On peut se faire des déclarations d’amour quotidiennes, se promettre la Lune à défaut de Mars, dire « toujours » et « rien que toi », chercher la fusion, la routine telle une valse enivrante (mais d’un mauvais vin) nous fera effectuer les mêmes gestes, adopter la même attitude avec constance et sans discernement, distribuer les mêmes caresses, éprouver les mêmes désirs, et nous nous mentirons en très bons comédiens, parfois même en excellents acteurs, en nous persuadant mutuellement que nous sommes identiques au premier jour béni des dieux et égaux à nous-mêmes. Faux, bien-sûr. Le temps nous change. Le temps change l’autre. Nous nous réveillons un jour à côté d’un ou d’une inconnu(e). Il ou Elle nous a échappé. Il ou Elle nous échappe encore. Nous redoutons l’inconnu. Nous quémandons avec nostalgie le retour de la routine salvatrice. Mais la Vie balaye ça d’une simple pulsion. Une pulsion vitale, pour être plus précis.

La vérité c’est qu’un individu est en constante mutation. Qu’il le veuille ou non. S’il se refuse à cette évidence, le cancer le guette. S’il s’accroche à ce qu’il croit acquis, le retour de manivelle sera foudroyant. Il y a LUI, il y a Elle. Le couple est encore une troisième entité qui devrait trouver une dynamique et l’appliquer, y répondre, se construire ainsi dans le changement, le dialogue constant, la redéfinition commune de règles en perpétuelles avancées. Les envies, les désirs peuvent changer de cibles. Pour l’UN, pour l’AUTRE, pour le COUPLE. Ce sont là trois secteurs qui se doivent de trouver leurs Libertés particulières, leurs confrontations communes d’où doivent aussi émerger des obligations, des devoirs auxquels on ne peut échapper. Un couple qui dure dans la joie est un couple dont les protagonistes savent changer ensemble par le dialogue tel que l'a défini David Bohm.

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Bande son du moment : Le Groupe Black Stone Cherry, album du même nom.

Lecture du moment : "Le peintre Nolten" d'Eduard Mörike

Citation du jour : « Et surtout soyons-nous l'un à l'autre indulgents. » Paul Verlaine (Jadis et naguère)

Humeur du moment : Humeur musicale...

21:35 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : Couple, Dialogue, L'Autre, Lui, Elle, Liberté | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

26/06/2007

Born to Lose... Born to Win...

Les faux dieux s’affrontent dans la joie. Que nous reste-t-il sinon nos yeux pour pleurer ? Les larmes souvent nous empêchent de voir la réalité avec clarté. Le monde est rentré dans une vibration particulière. Une accélération mortuaire est apparue dans le cours de la vie. L’espace des possibles est ouvert, large, comme une offrande qu’il ne tient qu’à nous de prendre.

Il s’agit bien de se mettre le couteau sous la gorge, de s’acculer au mur pour se confronter aux lumières du monde, au HAZAR du MEKTOUB, forcer les faits ou conjuguer avec eux. Exorciser le mal, la ténèbres et la défaite de l’Être.

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25/06/2007

Palimpseste

Lorsque l’encre parle, par le souffle de ma main, c’est pour dire le palimpseste de la vie et de sa mémoire. Curieux parchemin toujours maladroitement effacé pour en écrire un autre, puis un nouveau, puis un autre, toujours recommencé. Et cependant, bien qu’avançant vers l’avenir, l’écriture à chaque étape nouvelle cherche à éclairer l’origine, à reconstituer le manuscrit initial.

07:10 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/06/2007

L'Oeuvre au Noir...

je me suis battis pour survivre à ma détresse et à ma solitude d’enfant exilé puis d’adolescent perdu une carapace de chevalier bien épaisse qui m’a donné cet air intrépide et indestructible, alors que ma fragilité bien réelle n’a fait qu’augmenter de l’intérieur au cours des années !

L’histoire fameuse du chevalier à l’armure rouillée. Je passe sur les détails, mais la symbolique est forte : Il s'agit d'un chevalier qui par la force a réussi à tout combattre, tout affronter sans sourciller, mais s'est forgé une carapace résistant à toute émotion. Sa force est symbolisée par son armure qui le recouvre tout entier... mais dont finalement, à y voir de plus près, il se retrouve prisonnier. Sa force mentale ne suffit plus pour lui permettre d'avancer dans sa quête. Seuls les pleurs qu'il réussit à verser vont peu à peu rouiller son armure et l'en libérer... Car il s’agit bien de nous libérer de nos émotions, nous montrer tels que nous sommes et nous faire accepter la nudité de ce que nous sommes tels quels ! Autrement dit : je dois me reconstruire de fonds en combles en permanence, là est le challenge. Il ne suffit pas de quelques séances de "bien-être", d’acupuncture et de psychanalyse pour aller mieux ! Il est question d’ascèse !
Car il s’agit bien pour moi, à présent , de lire entre les lignes de mon être et d’y trouver le complément, qui jusqu’à présent m’a toujours échappé, de ce que je suis vraiment ! Sinon comment m’accomplir ?

Il me faut bien faire émerger un être nouveau de mes eaux sombres comme émergerait une nouvelle Tora selon les Kabbalistes anciens !

Des liens essentiels sont là, sous nos propres yeux, et nous ne savons pas les voir, des liens entre notre petit être tourné et retourné sur son propre tourment, sa dépravation ou son extase et l’Être Majeur vers lequel nous aspirons… appelons le : Dieu, ça nous aidera à nous comprendre… mais pour que ce lien, ce canal ou ces canaux soient vacants, disponibles, pour recevoir nos communications qui quémandent, espèrent, désirent, il nous faut bien regarder notre fibre, notre réalité propre en face, et surtout ne rien y changer, n’enlever ou n’y ajouter aucune lettre ! Mais lire entre les lignes ! Le dogme biblique affirme qu’il n’y a pas d’autre Tora que celle transmise par Moïse et accomplie par Jésus-Christ. Comment une nouvelle Tora pourrait donc surgir ?

Nous-mêmes, faits à l’image de Dieu, portons en nous l’Adam primordial et l’Adam-Kadmon, l’ « Homme Total », le « Sur-Homme » de Nietzsche ! Tout cela, pour moi, c’est la même chose ! Pour que cet Adam-Kadmon advienne il nous faut lire entre les lignes de la fibre palpable ET impalpable de notre être ! Lisons ceci : « Voilà ce qui en est : le blanc, les espaces dans le rôle de la Tora proviennent également des lettres. A l’époque messianique, Dieu révélera le blanc de la Tora dont les lettres sont actuellement invisibles pour nous, et c’est ce que le terme « nouvelle Tora » laisse penser. » Cité par Gershom Scholem dans « La Kabbale et sa symbolique ».

De nouveau rouleaux sont promis à l’ouverture !

Sans attendre l’époque Messianique Universelle, il me faut faire venir mon époque Messianique personnelle et intérieure et me reconstruire à partir de ce que je sais, vers ce qui se doit d’être. Simplement !

C’est une ascèse... une ascèse.

07:50 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook