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20/06/2007

Verbe

Lire la Vie, Écrire la Vie, requiert une attention toute particulière. On peut aussi la déchiffrer au sabre, à la hussarde, qu’importe ! Ce qui compte plus que tout c’est l’embrasement de lumière à atteindre : seule issue salvatrice. Au gré des pages vivantes tournées au quotidien (un peu comme on passerait les grains d’un chapelet dans le creux de sa main comme pour éprouver Dieu sait quoi) on trouve des formulations qui aident à vivre, des vers, des phrases qui participent à la texture même de la réalité. Pierres précieuses placées comme des indicateurs par les chemins ! Je dis « pierres précieuses », mais ces pierres précieuses peuvent être de simples petites pierres blanches sur le chemin d’une sombre forêt issue d’un conte du Pays d’enfance !
Il s’agit tout de même de ne pas perdre le fil d’Ariane, de faciliter le franchissement de la fougueuse rivière qui sépare la rive de ce que l’on sait de la berge inconnue et inexplorée. Nous assistons ainsi en de Royales occasions à l’émergence de l’Être se sachant à la fois créature et créateur de sens par le biais de la parole ! Car la parole n’est pas seulement cet éternuement binaire, ce code social utilitaire qu’elle tend de plus en plus à devenir ! « Yes ! I speak English ! Wall street English ! » dit la publicité ! La parole est ce creuset qui nous projette vers l’infini. Elle peut rendre fou ! Oui ! Elle peut rendre Saint ! C’est un itinéraire de la pensée par lequel la pensée se donne naissance à elle-même de façon renouvelée, constamment. Poésie, hurlement de l’Être, grâce, gloire de l’Être, pulsion vitale, prière, les quatre éléments, espace, temps, espace-temps, courbes, ellipses, stances, déchéance sombre, chant des cordes vocales qui de leurs vibrations magnétiques donnent naissance à un raisonnement supérieur.

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19/06/2007

Athanor


De ce regard jeté en arrière, pour considérer un peu mon parcours, que puis-je conserver ? Où en suis-je ? Qui suis-je ? Qu’est-ce que j’ai créé ? Quelles sont mes convictions ? Suis-je prêt à mourir ? Qu’est-ce que je laisserai derrière moi si je partais ? Ai-je assez donné et reçu d’amour ?

Aurores lointaines je vous appelle.
Pointez vos ailes vers moi.
Baptisez-moi d’une Sainteté d’Or.
Je veux votre vertige. Je veux votre ferveur.
O souffrance d’être ou de n’être pas.
O souffrance d’égaré.

Je m’efforce de lutter à armes égales avec le temps, c’est-à-dire avec la mortalité inéluctable. Seul l’Art me donne cette capacité. Mille et une forces travaillent mon corps et semblent l’anéantir. La purge est de plus en plus difficile. Et je suis fatigué d’en être encore à la catharsis !

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18/06/2007

Vivre... et se tenir prêt...

« Hâte toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie. »

Sénèque


Vivre chaque jour comme si c’etait le dernier. Vieille maxime Antique qui, des pré-Socratiques à l’Empire Romain, en passant par la bouche du Christ, nous invite à tenir nos affaires en ordre et à profiter du temps présent avant que la maladie, la guerre, la mort n’aient leurs mots à dire.

Je viens, justement, de visionner le film de Zack Snyder, "300" adapté de la bande dessinée de Frank Miller, lui-même inspiré par la Bataille des Thermopyles. Loin de jouer l'exactitude historique, le film met en avant le sens du sacrifice et la bravoure qui l'accompagne. Quelques sujets de réflexions auxquels devraient s'adonner les chiens qui nous font office d'hommes politiques... de "Drouâte" comme de "Gôche"... les extrêmes, de "Drouâte" comme de "Gôche", étant de pitoyables et vulgaires caricatures pseudo-traditionnalistes ou nationalistes bêlantes. Ce film, je vous conseille de le voir et puis votre intelligence en fera ce que bon lui semble. Quant à moi, je vais réouvrir "Paideia" de Werner Jaeger... et "Le Japon moderne et l'Éthique Samouraï" de Yukio Mishima.

Je m'en retourne à ma guitare.

 

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16/06/2007

United States of the World

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A l’origine, un fait, un acte, une information qu’on se donnait la volonté de diffuser faisait créer une communication propice à l’expansion de l’information en question. De nos jours, c’est le contraire qui s’est installé dans les habitudes de ce qu’on nomme à présent les médias : la communication tend à créer une information. Oui, faut tout de même pas déconner,y’a la boutique à faire tourner pour pouvoir casser la croûte, si possible chez Maxim et pas au bistrot du coin, encore moins dans une petite kitchenette aménagée. Le spectaculaire est bien intégré et il règne.

Il est cependant encore donné, à qui veut bien se creuser la cervelle, d’apercevoir la magouille, souvent grossière, la combine, le mensonge trafiqué, rendu acceptable, la ligne de front, la frontière du risque, l’injustice masquée, l’inégalité et la différence qui nécessitent un considérable effort de compréhension ; car, si les distances se sont amenuisées et que le Monde est disponible et vacant par un simple « click » de souris, il y a encore et toujours une réalité Historique (même si les abrutis pensent que nous accédons en ce moment même à la Fin de l’Histoire), Géographique, Géo-politique même, une réalité Sociologique, Religieuse, Culturelle, Militaire… Et dans chaque cas aux lectures et interprétations multiples . Jadis Réalité Ethnologique lointaine qui n’intéressait pas beaucoup les simples et braves gens mais faisait beaucoup rêver l’adolescent Rimbaldien, l’Archéologue, le Scientifique, l’Ecrivain, le Monde nous laissait le temps de le comprendre, de l’ignorer, de le savourer ou de le vomir. A présent la complexité est omniprésente, oppressante et semble toujours grandir, comme un monstre qui nous échappe.

La Mondialisation n'oeuvre qu’à une seule chose : simplifier cette réalité, la rendre plus uniforme en façade… mais créer toujours un peu plus de troubles en coulisses pour qu’une sorte de dictatoriale omniprésence de l’autre devienne un violent facteur d’éloignement, de repli sur soi, d’incompréhension et d’ignorance. Or, pour parvenir à aimer le monde il faut le complexifier.

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12/06/2007

"You're a Devil in disguise..."

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Ah! Le diable ! C’est une affaire de questions/réponses ! Ping-pong avec nos couilles dans les Sphères Méta-physiques ! Il fait de nous selon ce que nous faisons de lui ! Il n'est que notre projection « humaine trop humaine » et nous devenons bien vite la sienne. Il est vrai que lorsqu’ il nous échappe il prend ses aises qui s'avèrent souvent dévastatrices ! Mais c'est un Prince, disent les Saintes Écritures, et il faut lui rendre les honneurs d'un Prince, nous précisent-elles encore !

Je préfère de loin Dieu... même en tant qu'idée... pauvre agnostique que je suis. C'est le grand "Clandestin" de notre époque, comme dirait Sollers. Il se cache plus chez Rimbaud, Artaud et Picasso que dans les hosties et l'eau bénite !

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11/06/2007

Antenne brisée...

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Que ne donnerai-je pas pour être au meilleur de moi-même, afin d’avaler d’une bouchée, une seule, ce foutoir qui m’obsède, me torture et me fait me dresser dignement en de rares occasions où « quelque chose » de profond et de supérieur, s’empare de moi à son gré, malgré moi, sans me demander mon avis. Heureusement !

J’ai perdu le fil de ces instants particuliers que j’ai vécu maintes fois de par le passé, il n’y a pas si longtemps que ça d’ailleurs, mais qui me semblent aussi éloignées que le jour de ma naissance !

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10/06/2007

Spleen

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Le désespoir me tombe dessus sans aucune raison consciente. Il me faut l’accueillir tel quel. Que faire ?

« C’est peut-être cela que l’on cherche toute sa vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible, pour devenir soi-même avant de mourir. » Louis-Ferdinand CELINE

Toute la journée à demeurer sur le fil tranchant du rasoir. Il aurait suffi d’un léger vent pour que je bascule du mauvais côté. Un Spleen effroyable, toute la journée durant, m’a pilonné le cœur et la cervelle. Cette sensation désagréable m’a progressivement quitté en début de soirée sans aucune raison consciente. Ma séance d’enregistrement a dû jouer son rôle de catharsis. Cependant, comme toujours, une langueur morbide demeure. Me serre dans sa gangue. Me maintiens dans mes limites. Curieux comme je peux traverser divers cycles, très rapidement, au cours d’une simple journée. Soleil. Ténèbres. Crépuscule. Aurore lointaine et indistincte, à grande peine discernable.

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08/06/2007

Distance

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Tant de cons et de connes tout autour de nous... et en plus dans une promiscuité outrageuse ! Personne ne sait aimer... ou alors ce qu'ils nomment « amour » s'avère être bien souvent du CANNIBALISME couronné de NÉVROSES et décoré d'HYSTÉRIE ! De la joie ? NENNI ! De la légèreté ? NENNI ! De la tendresse ? Mon cul !!!! Rien que du PHAGOCYTAGE SANS HUMOUR! Même les plus chouettes des filles, femmes, amantes que je croise se dévoilent vite comme des POSSÉSSIVES, DOMINATRICES auxquelles il faut RENDRE DES COMPTES comme à des MAMANS !

Reproduction constante et éternelle des vieux schémas familiaux !

Destructeur !

Viendront un jour les dépressions, les chutes dans les gouffres, les cancers !


C’est triste, je trouve…

Avec le temps une distance s’impose à moi comme de toute première nécessité et de plus en plus et de plus en plus loin…
Être tranquille et en paix loin du remue-ménage quotidien…

L’écriture m’y aide, m’y invite constamment.
La chair des mots qui fait frémir les lettres du corps ?
Sans doute !

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07/06/2007

"Le Bonheur sur fond noir..."

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Un équilibre, en somme, que l'on cherche toute sa vie durant...avec plus ou moins de chance! Paraître ou être? Certes, certes, ÊTRE ! Mais... paraître, parfois, un certain temps, par stratégie... peut révéler une part de l'Être enfoui en nous ! Que la joie demeure !

Que les particules élémentaires tourbillonnent et circulent !
Déployons notre Verve Vivante…nos bénédictions ultimes en ces instants où le monde perd la tête.


Si épanchements d’âmes il y a…et bien, dans ce cas, qu’ils soient charnels ! Si les corps chancèlent…et bien, alors, que l’esprit demeure ! Mais que le plaisir règne…sinon… à quoi bon notre pitoyable incarnation ???!!! Je me le demande ! Une ascèse n’a de valeur que si elle est jouissive comme une danse au sabre… une maîtrise en somme de ce qui est et doit être et… sera… quelque chose qui conduit à une expansion de l’Être ! Un courant continu depuis la nuit des temps ! Energie Eternelle !

De l’allégresse…de la légèreté… de la douceur au terme d’une guerre ! La douceur est impossible pendant la guerre, car il faut compter ses balles ! Surtout quand on est encerclés par les cow-boys !

Un verre de Sauternes glacé… J’ouvre un livre (« La vie des femmes mariées » de Pierre Arétin- XVI ème Siècle)… L’aimée est là, à proximité, pleine de voluptueuses langueurs océanes… Jean Sébastien Bach par Pablo Casals en fond musical…

Oui… il faut jouir et être heureux, envers et contre tout…

…et parfois il faut faire la guerre ! Si possible sans haine…mais la faire !

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06/06/2007

Catacombes

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Pascal Quignard, dans « Les ombres errantes » : « Les sociétés secrètes d’hommes libres sont portées à devenir de plus en plus minuscules. Elles sont presque individuelles. Mes amis me sont de plus en plus chers et de moins en moins nombreux. »

Oui, certains jours je suis apprenti, compagnon et maître de loge à moi tout seul ! Une confrérie entière se tient dans ma bouche, au bout de ma queue et dans mon coeur !

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05/06/2007

Hurlement

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C’est comme si la terre entière, autour de moi, laissait échapper un hurlement lugubre et final de sa plaie béante. Comme si le point de non-retour était atteint. Comme si absolument tout s’écroulait. La confusion est générale et telle qu’on se demande, en ce monde, s’il y a une sortie. Ca se masturbe le bulbe de tous côtés !

J’ai bien envie, le moment est propice, de retourner à Montaigne.

Montesquieu écrivait : « Dans la plupart des auteurs, je vois l’homme qui écrit. Dans Montaigne, je vois l’homme qui pense. »

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04/06/2007

Sanctuaire

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Ma démarche est Spirituelle aussi. C’est une pénétration toute personnelle, un engagement (désengagé !) pour dire, formuler (dans l’exultation si possible) des liens supérieurs, la fracture intérieure vis-à-vis du monde, l’ouverture exacte et authentique, le dépassement de soi et de tout. Je suis seul face au monde et je peux m’y perdre. Je le désire probablement ! Il est vrai que c’est une errance. Bien entendu, je suis aussi structuré, bâti, étayé par ma relation au monde. Je cherche juste à pénétrer le sanctuaire d’une liturgie nouvelle. Son cœur.

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03/06/2007

Observance de la Parole...

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« Je trouve ma joie dans l’observance de la parole. » (Psaumes,119-14)

La texture du réel est là. La suivre de ma main comme une superbe étoffe en une caresse ou m’affirmer comme EN procédant est ce qui m’importe le plus. L’observance de la parole n’est pas pour les chiens obéissants. C’est une prière incarnée quand suinte autant le désastre. Les prêtres masqués ainsi que leurs dévots veillent. La guerre est bien-sûr déclarée.

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02/06/2007

Vivre et aimer...

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Un coup de dés qu’on lance. La fièvre dicte bien plus que la raison. Il reste l’Être et son expansion. La solitude est un Royaume béni des dieux. La transe souvent me devance dans mes découvertes. Toute cette réalité qu’on vit au quotidien est un gigantesque mensonge. Esclaves d’une totalité où règne la confusion. L’ordinateur n’aura pas de prise sur moi, ce n’est qu’un outil. La rébellion n’est pas dans la marge, elle est HORS LA MARGE, HORS LIMITES. La jouissance devrait être un bon cru tiré quotidiennement. Ecrire est peu de chose, s’incarner est beaucoup. Dire est plus essentiel que choisir ses mots, mais choisir ses mots est important quand on veut dire l’essentiel. La décadence est totale, multiple et unie. Le spectacle aveuglant est une constance de l’ère post-moderne. Nous tournons en rond dans une cage dorée où le pain et les jeux nous sont fournis presque à loisirs. D’un « click » de souris le monde ne s’ouvre pas à nous, il nous enferme.

A présent vivons et aimons si c’est possible.

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14/05/2007

Les Mots et les Maux

« Si l’on étudie volontiers aujourd’hui les structures linguistiques propres à une période historique révolue, en essayant de démontrer à quel point elles ont marqué le mode de pensée de l’époque en question, rien ne nous empêche de considérer de même notre siècle avec circonspection. » Czeslaw Milosz, Témoignage de la poésie.


Chaque époque finit toujours par être rongée par un mal qu’elle se plaît à accoucher elle-même jusqu’au bout, malgré toutes les attentions dont font preuve les esprits éclairés pour la mettre en garde. Ce n’est qu’au moment où, les siècles étant passés, l’historien se penche sur les berceaux des règnes et de leurs décadences que les reliefs apparaissent et participent à l’émergence d’un tableau qui nous indique ce qui fut, ce qui arriva et, d’une certaine manière, contribua aussi à faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui.

Ainsi, on s’accordera pour dire que le fourmillement des idées dans la Grèce antique, s’il a concouru à poser des axes de pensées encore valables de nos jours s’est vu, sur sa fin, partir en d’insondables bavardages pleins de contradictions, ce qui participa à sa décadence, car quand la parlotte s’empare des esprits, les Légions en profitent.

Ce furent les Romains qui tirèrent leur épingle du jeu en fondant leur Empire non pas par le biais des idées et du commerce, mais par une organisation plus proche de Sparte que d’Athènes, autrement dit : par les armes. Puis, à leur tour, le relâchement hédoniste sans contrôle de Rome, affirma le début de sa fin par la division de l’Empire en deux entités dont le monde occidental souffre encore de nos jours et qui n’a pas été sans conséquences dans nos rapports avec la partie asiatique et méditerranéenne du monde.

Par la suite, le moyen-âge eut de belles heures de gloire, la scolastique prit part à cette gloire, mais très vite se heurta à des gloses incessantes qui diminuèrent les savoirs en engouffrant le monde intellectuel d’alors dans des excès de paroles, l’usage des mots pour les mots… ainsi, l’histoire est connue, à l’ouest, par Rome, le fanatisme religieux en imposa à la multitude, la chrétienté devint conquérante (Dante ne place pas pour rien, dans sa sublime « Divine Comédie » des papes en enfer, pas si loin de « Mahomet l’hérétique » d’ailleurs), alors qu’à l’est, Byzance tomba aux mains des Turcs le 29 mai 1459, tandis qu’à l’intérieur de la ville se tenait un concile où la dispute allait bon train à propos du sexe des anges. De là vient d’ailleurs l’expression : « Querelles Byzantines » pour indiquer le gouffre qu’il peut y avoir entre des discussions irraisonnées et les exigences de la réalité.

Mais je ne vais pas parcourir tous les détours de l’Histoire, tas de fainéants, et je vais en venir directement à notre temps. Je m’avance trop même. Pas en 2007. Mais disons : tout de suite après 1789. Le stupide 19ème Siècle que vomissaient Flaubert, Baudelaire, Rimbaud et duquel, selon ce qu’en ont dit Philippe Muray ou Philippe Sollers, nous ne sommes pas encore sortis, alors que nous sommes à l’ère des computers, des téléphones portables, du câble télévisuel, des satellites espions, des guerres propres, de l’énergie nucléaire et… des pensées quantiques. Quel est le mal dont souffre notre civilisation de décennies en décennies depuis le temps des révolutions politiques, industrielles et techniques ?

J’use volontiers des termes de « canular », « tromperie », « mystification », « charlatanisme », « escroquerie », « imposture », « falsification ». Mieux : « Subversion ».

Bah, me direz-vous, les faux dévots ont existé de tout temps et ont toujours cherché à régenter la vie de leurs semblables. Voilà qui est acquis. L’hypocrisie et l’affection de dévotion et de vertu, les calculs sociaux et politiques ne datent pas d’hier. Oui. Vous avez raison. Or, la nouvelle donne, à partir de la terreur de Robespierre, fut bien la collectivisation de l’imposture. Paré de sa vertu sanglante, Maximilien nous imposa les louanges à l’Être Suprême, sous le couvert de la déesse Raison. Syncrétismes et carnavals. Orgies populacières et hypnotisme général. De ce temps, à grands coups de têtes tranchées, s’est imposé à nous, puis au reste du monde (la France a eu quelque rayonnement suffisant pour impressionner le reste du monde par des influences bonnes comme néfastes) l’érection en règle d’une certaine pensée, une certaine manière d’être qui s’est progressivement, mais sûrement distillée dans les consciences occidentales par des cheminements divers et variés pour aboutir, au lendemain de la seconde guerre mondiale, au « politiquement correct » qui souligne à merveille notre sinistre époque d’un trait faussement bariolé.

Car j’ai toujours à l’esprit ce souvenir : Enfant, avec de fines tiges de pâte à modeler de multiples couleurs, je m’étais aperçu qu’il n’y avait que deux façon de mélanger les coloris ;

- En enroulant tout d’abord les tiges judicieusement choisies entre elles je parvenais à créer des mariages qui me charmaient, où les nuances de « rouge » et de « vert » s’agençaient en des colonnes antiques imaginaires que je voulais Atlantes ou martiennes. Des guerriers apocalyptiques, sombres ou lumineux, charpentés en couleurs roses et claires, ou ocres et noires. Puis je les habillais d’une armure blanche ou bleue. Casque avec pic. Cheval de fortune gris, tacheté de noir. Épées grises. Lances d’or. Je confectionnais même des étendards avec des armoiries.

- Ou alors, les jours où l’inspiration me manquait, énervé par une vie enfantine grisâtre et ennuyeuse, je malaxais toutes les couleurs ensemble, par dépit, pour obtenir à chaque fois, systématiquement un amas kaki sans vie, uniforme, sans détails, sans nuances.

Et je savais déjà, bien que je n’étais point capable de le formuler, que ces deux manières d’effectuer des mélanges se faisaient d’un côté avec bon sens, raison, amour et rigueur, qui n’excluaient nullement la légèreté enfantine, la fantaisie, l’extravagance et la convocation de la créativité sous le couvert de l’inspiration ; de l’autre côté, sans retenue, sans contrôle, avec dégoût, abdication, renoncement mortifère, névrose juste évacuée sur une réalité qui, à son tour, nourrit la suite des évènements.

Ordre et Volupté ou désordre macabre et purge tripale.

Bref, un nouveau langage s’est infiltré dans les brèches successives s’appliquant à évincer des mots, des faits par des sens voilés, indirects et obliques parfois, allusifs toujours, en tout cas dissemblables ou divergents. Les mots, bien entendu, sont en première ligne.

La signification initiale d’un mot n’a parfois plus le même sens, une fois qu’il est passé au filtre de la censure merdeuse de nos marxistes affichés ou masqués.

Pour nous faire un beau mélange kaki, nos bien-pensants aiment à manipuler les signifiants et les signifiés.

Ainsi le beau mot de « libération » fut utilisé pour célébrer les massacres et les déportations du Cambodge, sous les auspices de feu Jean-Paul Sartre, dans un quotidien qui avait le même nom.
« Jean-Sol Patre » disaient, à juste titre, Boris Vian et Louis Ferdinand Céline.

Il nous faut réapprendre à lire entre les lignes. Prendre avec précaution les nouvelles propagées par nos quotidiens très sérieux. Les enjeux de l’avenir se trouvent en grande partie liés au langage. C’est dans le domaine culturel et idéologique que les prémices de l’affrontement final prennent leurs racines. Car les chamboulements ou les révolutions, les guérillas ou les guerres ouvertes ne se gagnent pas par les urnes et les magouilles politiciennes aux calculs hypocrites et machiavéliques, ils se fraient leur voie de façon nébuleuse dans les âmes. Il ne faut pas perdre ce fait de vue et il faut tenter toujours d’y répondre à sa juste mesure.

La liberté meurt de la séduction qu’exerce sur nous la subversion.

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Bande son du moment : Living Out Of Time par Robin Trower

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citations du jour : « Les mots faisaient primitivement partie de la magie, et de nos jours encore le mot garde beaucoup de sa puissance de jadis. Avec des mots un homme peut rendre son semblable heureux ou le pousser au désespoir, et c'est à l'aide de mots que le maître transmet son savoir à ses élèves, qu'un orateur entraîne ses auditeurs et détermine leurs jugements et décisions. Les mots provoquent des émotions et constituent pour les hommes le moyen général de s'influencer réciproquement. » Sigmund Freud (Introduction à la psychanalyse)

« Nous nous servons des mots avec l'habileté mais aussi l'imprudence des ouvriers qui manipulent chaque jour des explosifs. Il faut avoir peur des mots. » Gilbert CESBRON (Journal sans date)

Humeur du moment : En Retrait...

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