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11/06/2013

Il faut renoncer à une idée reçue, celle d’une Espagne dans laquelle les trois religions du Livre auraient vécu en bonne intelligence

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« Il faut renoncer à une idée reçue, celle d’une Espagne dans laquelle les trois religions du Livre –chrétiens, musulmans et juifs- auraient vécu en bonne intelligence pendant les premiers siècles de la domination musulmane, puis dans l’Espagne chrétienne des XII éme et XIII éme siècles. La tolérance suppose l’absence de discrimination à l’égard des minorités. Ce n’est pas le cas dans l’Espagne musulmane, ni plus tard de l’Espagne reconquérante. Les maîtres du pays ont toujours été convaincus de la supériorité de leur foi. Juifs et mozarabes n’ont jamais été que des sujets de seconde catégorie. »

Joseph Pérez, Histoire de l'Espagne

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La source des Droits de l'Homme n'est pas la loi de Dieu ni la loi du Congrès, mais la Loi de l'Identité...

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« La source des Droits de l'Homme n'est pas la loi de Dieu ni la loi du Congrès, mais la Loi de l'Identité. Toute chose est ce qu'elle est, et l'Homme est un homme. Les Droits sont les conditions d'existence nécessitées par la nature de l'homme afin que celui-ci vive décemment. Dès lors que l'homme doit vivre sur terre, il a le droit de se servir de sa conscience rationnelle, il a le droit d'agir librement d'après son propre jugement. Il a le Droit de travailler conformément à ses propres valeurs et de disposer du produit de son travail. Si ce qu'il veut c'est vivre sur terre, il a le Droit de vivre comme un être rationnel : la nature même lui interdit l'irrationalité. »

Ayn Rand, Atlas Shrugged

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10/06/2013

L’attitude actuelle de l’Europe est parfaitement infâme...

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« Au nom de ce même Dieu dont je parle sans cesse, ne vous emballez pas trop sur les Grecs. Il n’y a pas au monde un peuple moins intéressant, et tout le bruit qu’on fait autour d’eux n’est qu’une vile blague. Je refuse absolument de compatir à ces schismatiques, habitants d’une terre vouée, depuis trois mille ans, à tous les démons, et dont les ancêtres au moyen âge ont fait rater toutes les Croisades. Leur histoire n’est qu’une traînée de pourriture et de sang.

L’attitude actuelle de l’Europe est parfaitement infâme, sans doute ; mais ne remarquez-vous pas que tout ce potin grec est surtout en vue de faire oublier l’Arménie, dont l’épouvantable massacre n’a ému aucun de nos chevaleresques étudiants, qui parlent aujourd’hui de se faire tuer pour la Grèce et qui seraient fort embêtés si on les prenait au mot ?

Pourtant, savez-vous ce que c’est que l’Arménie ? C’est le pays le plus mystérieux du monde, le lieu choisi pour la Réconciliation. C’est là que le déluge prit fin et que recommença la multiplication humaine.

Depuis une dizaine de siècles, au moins, il n’y a jamais eu qu’une Question d’Orient, question à triple face et à triple tour. Extermination ou du moins expulsion des Musulmans, extermination des Grecs et conquête du Saint-Sépulcre. Tout le reste est imbécillité ou mensonge.

Mais que penser de ce Pape qui s’occupe de politique parlementaire pendant qu’on débite par petits morceaux deux ou trois cent mille chrétiens en Arménie ? Ah ! il faut avoir une foi robuste et ne vraiment compter que sur Dieu. »

Léon Bloy, Lettre à Henry de Groux, le 14 janvier 1897, repris dans son "Journal" de la même année

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Les intellectuels tournent de l’œil facilement... C’est qu’aussi ce sont des intellectuels...

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« J’ai tâché de trouver la mesure, ce qui ne m’a pas épargné les faux pas. La grande difficulté est celle-ci pour un artiste qui veut s’engager dans son opinion. Pour bien savoir ce que vaut cette opinion qui le tente, il lui faut s’engager dans une action. Or, entre une opinion toute pure, toute logique, toute belle et l’action qui l’incarne, il y a autant de différence qu’entre une vierge et une femme cabossée par dix accouchements. Si vous n’avez point chevillé au corps un véritable amour pour quelque chose dans cette opinion – cela pourra ne pas être son principe, mais l’un de ses aspects secondaires, qui botte particulièrement votre sensibilité – vous tournerez de l’œil devant les métamorphoses de votre fiancée. Les intellectuels tournent de l’œil facilement dans ces cas-là ; ou bien ce sont de petits intrigants qui se moquent bien de la fiancée et ne souhaitent que de tirer des sous de la dame cabossée. Les intellectuels tournent de l’œil facilement... C’est qu’aussi ce sont des intellectuels. Je n’aime pas beaucoup les intellectuels, j’aime mieux les artistes. Un artiste, c’est un homme qui sait que la vie, ça ne va pas tout droit – ce qui n’empêche pas de travailler. Un artiste n’est jamais content de ce qu’il a fait ; il pardonnera donc beaucoup aux hommes d’action qui ont pris en main son opinion, qui se sont chargé de la faire vivre dans le siècle, qui l’on épousée. Il sera d’autant plus indulgent qu’il risque beaucoup moins qu’eux. Certes, c’est le métier des hommes d’action de risquer leur peau, comme c’est celui des hommes de guerre. Et, d’autre part, moi qui fait du journalisme politique, je peux très bien finir au poteau... Non, mon vrai risque, c’est d’écrire de mauvais livres. Si je suis fusillé, ce sera comme tant d’autres. »

Pierre Drieu La Rochelle, Article de Journal dans "Je suis partout", 12 juin 1937


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09/06/2013

Par la machine, l’homme s’éloigne de plus en plus de son corps et de la nature...

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Si Pierre Drieu La Rochelle avait totalement saisi la profonde signification de ce qu'il écrit là, jamais il ne se serait engagé dans la néfaste collaboration avec l'occupant nazi qui l'a conduit au suicide suite, très certainement, à la compréhension apocalyptique de son erreur.

Il n'y a, en effet, rien de plus machinique que le nazisme, le fascisme, le communisme... et de nos jours l'Islam, suivi de près par les démocraties occidentales étatistes et Keynésiennes nées de la Révolution Française et de la Face Sombre des prétendues Lumières... 

 

« Par la machine, l’homme s’éloigne de plus en plus de son corps et de la nature. Il s’engage dans une spéculation terre à terre, dans une mythologie de plus en plus confinée à la surface des objets, dans une idolâtrie, un fétichisme sans frémissement. La machine engendre la machine, et la multiplication des objets qu’on dit utiles fait une inutilité énorme, terne, morne, sans rayonnement, un encombrement destructeur. »

Pierre Drieu La Rochelle, Notes pour comprendre le siècle


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Notre seule plénitude, c’est une civilisation vue de loin, où les joies et les chagrins se mêlent...

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« Les gens ne savent plus s’ils doivent encore travailler ou ne plus rien faire. Ils ne savent pas s’ils doivent jouir ou s’abstenir. Je dis qu’individus épuisés, ils ne peuvent plus jouir que des grandes figures de l’esprit dessiné par le corps social. Regardez les abeilles, les fourmis, que pouvons-nous faire d’autre ? Notre seule plénitude, c’est une civilisation vue de loin, où les joies et les chagrins se mêlent. Il n’en reste que le dessin. Tout est dans le dessin. La qualité. La qualité se retrouvera, le jour où la quantité sera limitée. »

Pierre Drieu La Rochelle, Socialisme Fasciste


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08/06/2013

L’indispensable prise de possession de son propre destin

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« Je me rappelle avoir entendu un jour un président du Conseil expliquer la situation, dans la quiétude peu croyable de son grand cabinet Louis XV. Il répéta pendant une heure : "ils ne comprennent pas ceci, ils ne font pas cela, ils..." J’avais envie de lui crier : "Mais enfin, qui ils ? C’est vous le chef, c’est vous qui êtes au centre, ils ne disent et ne font que ce que vous ne les empêchez pas de dire ou de faire. Dites : Je". Il ne dit "je" qu’une fois : "Je m’en f...". Eh bien, évidemment, ce "président", qu’il eût été éduqué dans une école primaire ou dans un lycée, qu’il fût passé par l’Ecole normale ou par Polytechnique, n’avait jamais entendu parler de cette sainte vertu qu’on appelle Responsabilité. On l’avait bourré de notions sur la géographie ou sur la prosodie d’Homère, sur les mathématiques pures ou sur la physique la plus théorique, mais aucun de ses maîtres ne s’était occupé de mettre dans les muscles et les nerfs de son corps, dans les réflexes de son âme l’indispensable prise de possession de son propre destin et de celui des autres hommes qu’est pour un homme le prononcement sérieux et conscient de ce maître-mot : Je. »

Pierre Drieu La Rochelle, Ne plus attendre


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Que m’importe de n’avoir pas vu le Parthénon ?

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« Que m’importe de n’avoir pas vu le Parthénon ? C’est le chef-d’œuvre d’un Grand Siècle. Le Ve avant Jésus-Christ, c’est comme le XVIIe, le Parthénon c’est Versailles. Aujourd’hui quelle leçon pouvons-nous prendre à Versailles ? Nous redevenons des Barbares, en mal de formes neuves et inconnues ; aussi ce qui nous attire dans l’histoire, ce sont les premiers mouvements. Certes, je ne suis pas dupe, je sais bien que la faiblesse des contemporains, qu’ils soient européens, indiens ou chinois, n’est pas plus capable d’imiter les rudiments primitifs que l’exquise complexité de l’achèvement. Mais près de retomber dans le creuset obscur, penchés sur le prochain abîme, nous rêvons des germinations de demain à travers les effondrements et les pourritures qui nous entraînent. Nous sommes à bout de souffle, rien ne renaîtra plus de nous dans les formes que nous connaissons, la force de création ne reprendra en Europe qu’après de terribles dissolutions ; mais alors que le fleuve de notre civilisation est près de déboucher dans la mer qui noie tout, parcourant d’un trait le cycle récurrent des évaporations, des nuages et des pluies, notre imagination se rejette vers les sources d’où sortira le fleuve nouveau. Je rôde autour des abîmes parce que je sais que j’y retombe et que j’en ressortirais... »

Pierre Drieu La Rochelle, Une femme à sa fenêtre


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07/06/2013

Tout est honteux, rampant, lent...

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« Le courage est devenu peur, et quand on voit encore du courage, ce n’est plus que la peur qui se hérisse. Chacun a peur de tous et tous ont peur de chacun. Tout est honteux, rampant, lent. Tout va trop lentement et soudain tout va trop vite et il y a un choc si violent qu’on ne sent plus rien. A ce moment-là, on ferait n’importe quoi. Et puis, recommence la lente fièvre de tous les jours. Cette maladie qui est dans la nation l’a divisée, elle a tant envenimé certains hommes qu’elle les a retournés contre les autres. »

Pierre Drieu La Rochelle, Charlotte Corday

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Chaque héros nourrit dix grands artistes...

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« La musique a besoin de grandes formes qui se lèvent sur l’horizon. Shakespeare doit tout à Elisabeth, et Goethe n’aurait pas fait le second Faust s’il n’avait pas eu sous les yeux la Révolution française. Donnez-nous de grands hommes et de grandes actions pour que nous retrouvions le sens des grandes choses. Chaque héros nourrit dix grands artistes ; Goethe et Hugo se sont trempés dans le sang versé par Napoléon. »

Pierre Drieu La Rochelle, L'homme à cheval

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06/06/2013

Le fléchissement de notre pouvoir créateur

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« A l’intérieur de la civilisation libertaire et industrielle, sur cette planète toute gagnée à cette mode, toute engagée dans ce pari moderne, il faut lutter contre tout ce qui attaque l’esprit créateur, contre tant de nouveautés qui étaient belles hier, qui sont déjà laides aujourd’hui. La stérilité, l’onanisme, l’inversion sont des maux spirituels. L’alcoolisme, les drogues sont le premier degré qui mène à cette défaillance de l’imagination, à cette décadence de l’esprit créateur, quand l’homme préfère subir que s’imposer. Le sport mal compris, contaminé par l’argent, réduit à des simulacres de cirque entre professionnels pour nourrir le cauchemar de foules inertes, le militarisme, sont des perversions de l’instinct de lutte, du goût antique et sain pour la destruction et le sacrifice. La fabrication en séries, le renoncement au travail des mains qui sont des outils de l’esprit, l’abandon aux machines du pouvoir de l’homme sur la matière manifestent, comme l’onanisme, le fléchissement de notre pouvoir créateur. »

Pierre Drieu la Rochelle, Mesure de la France


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Et peut-être ce que j’appelle France, demain se prononcera autrement...

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« Je peux dire que j’aime les Français. Ils bénéficient tous à mes yeux de la même faveur. C’est ainsi qu’on aime les femmes, et parmi elles des brutes, des lâches, des goinfres. Mais je ne les aime pas tant parce que leur génie est tel et tel, mais parce que ce sont les hommes au milieu desquels j’ai vécu. Et si notre nation, par suite de pittoresques catastrophes toujours prévisibles dans l’Histoire, quittait cette contrée-ci pour aller camper ailleurs, au bout de quelques siècles le génie de mes camarades changerait sous le charme d’un autre horizon ? Mais je puis anticiper ma fidélité à ceux qu’ils deviendraient ; car dans les êtes aimés, on aime tout ce qu’ils sont, chacune des particularités par quoi ils se rendent sensibles et aussi un point abstrait comme nous aimons en nous-mêmes. La France imperceptiblement se métamorphose dans nos bras, sans qu’il y ait brusque rupture des mille liens dont chacun est accidentel et insuffisant, mais dont semble se former tout notre attachement. Et peut-être ce que j’appelle France, demain se prononcera autrement. »

Pierre Drieu la Rochelle, Etat civil


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05/06/2013

Car il y a quelque chose qui nous oppresse, qui nous écrase...

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« Il y a belle lurette que la guerre est finie, et pourtant, notre malheur n’a cessé depuis ce moment. Qu’est-ce qui nous oppresse ? Car il y a quelque chose qui nous oppresse, qui nous écrase... Nous ne sommes pas content de nous, nous avons honte. Honte. Pourtant les trains marchent bien et beaucoup ont chez eux un appareil de radio. Mais quand nous crevions dans les tranchées nous disions que nous ferions quelque chose, et nous n’avons rien fait, rien. Nous rêvions pourtant de quelque chose d’admirable, d’inouï. Oui, seul quelque chose d’inouï pouvait nous faire oublier cette horreur. Pourtant… Nous, les soldats, nous, les héros. Nous avons été les plus grands lâches. »

Pierre Drieu la Rochelle, Le Chef


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La guerre pour nous, nés dans un temps de longue paix, parut une nouveauté merveilleuse, l’accomplissement qui n’était pas espéré de notre jeunesse...

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« La guerre pour nous, nés dans un temps de longue paix, parut une nouveauté merveilleuse, l’accomplissement qui n’était pas espéré de notre jeunesse. Nous voulions épuiser la vie dans un irréparable élan. Or, doute que la paix nous eût assouvis aussi magnifiquement. A nous autre, jeunes hommes éduqués par le verbe orgueilleux de Nietzsche et de Barrès, Paul Adam, Maurras, d’Annunzio, Kipling, excitateurs du monde occidental, la guerre offrit une fraîche tentation.

(…)

Nous ne pouvons pas regretter la guerre. La guerre a introduit une solennité dans notre vie que nous n’espérions plus des évènements humains et dont l’absence nous faisait sentir dans l’homme une perte. »

Pierre Drieu la Rochelle, Interrogation


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04/06/2013

La passion nationaliste fait plus que tout autre pour le triomphe des révolutions et des dictatures qui en découlent

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« Le nœud qu’on voit toujours se faire entre révolution intérieur et guerre extérieure mériterait une étude particulière. Là encore, nous verrions la thèse de la lutte de classes complètement débordée ou controuvée. Toute révolution reçoit de la nécessité de faire face à l’étranger un appoint de force énorme qui facilite l’avènement, puis le maintien des forces extrémistes, jusqu’au jour où celles-ci donnent naissance au despotisme personnel qu’elles portent en germe. Les puritains ont tiré leur force de la lutte contre les Ecossais et les Irlandais, de la jalousie contre les Hollandais, de la haine contre les Français – tous sentiments dont les Stuarts prenaient le contre-pied. Et Cromwell fut adoré comme vainqueur des Irlandais encore plus que du Roi. Les Jacobins ont pris le pouvoir à la faveur de l’invasion prussienne, et l’ont gardé dans la guerre perpétuelle jusqu’à le céder à Bonaparte. Lénine a bientôt profité de la défense nationale, Staline en profite plus que jamais. Mussolini et Hitler sont nés de réactions au traité de Versailles. La passion nationaliste fait plus que tout autre pour le triomphe des révolutions et des dictatures qui en découlent. »

Pierre Drieu la Rochelle, Socialisme fasciste


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