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15/01/2013

Dieu seul est

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« Les choses sont une façade, une croûte. Dieu seul est. Mais dans les livres, il y a quelque chose de divin.
Le monde est mystère, les choses évidentes sont mystère, les pierres et les végétaux. Mais dans les livres peut-être y a-t-il une explication, une clef.
Les choses sont dures, la matière, les gens, les gens sont durs, et inamovibles.
Le livre est souple, il est dégagé. Il n’est pas une croûte. Il émane. Le plus sale, le plus épais émane. Il est pur. Il est d’âme. Il est divin. De plus il s’abandonne. »

Henri Michaux, "Plume", précédé de "Lointain Intérieur"

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14/01/2013

Depuis Maurras il n’y a personne, aucun renouvellement, seulement des répétitions

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« Nous avons été un certain nombre à vivre la croissance du pouvoir de l’État comme étant vraiment démoniaque. C’était le phénomène du Mal agressant et prenant possession de la société. Il est évident que ce jugement a été directement inspiré par l’expérience fasciste et nazie et par la transformation de l’Etat bolchevique fédéral – l’État des soviets – en un État bureaucratique et centralisé. Alors nous avons vraiment eu l’impression que l’État était ce qu’en disait Nietzsche : “le plus froid de tous les monstres froids”. [...]
Dans l’État moderne, les fameux centres de décision sont tellement évanescents que l’on est totalement désarmé face à eux. C’est pour cela que j’ai toujours souhaité une lutte contre l’État administratif d’une part, et la restitution d’un certain pouvoir à la base, d’autre part. [...] Mes amis anarchistes croient qu’une société libertaire est possible alors que, pour moi elle ne l’est sûrement pas. Mais, dans l’état actuel des choses, c’est le seul vecteur de combat contre l’autorité qui se répand dans tous les secteurs de la société. Autrement dit, la volonté de ramener une certaine capacité de décision au niveau des groupes les plus multiples, diversifiés, en évitant les institutionnalisations et les rigidités, me paraît, je ne dis pas la vérité politique dans l’éternité, mais l’œuvre actuelle qu’il s’agit d’effectuer. [...]
On peut chercher où l’on veut il n’y a pas l’ombre d’une pensée ni d’une doctrine à droite. Cela peut paraître méchant pour les nouveaux philosophes ; mais depuis Maurras il n’y a personne, aucun renouvellement, seulement des répétitions. »
(Jacques Ellul)

Patrick Chastenet, Entretiens avec Jacques Ellul

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13/01/2013

La botte souveraine de la réalité

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« La botte souveraine de la réalité, disait le vieux Léon. Les censeurs, les idéologues, les inquisiteurs de la pensée libre travestissent la réalité, la badigeonnent de leurs mensonges, traînent en justice ceux qui osent égratigner les façades peinturlurées. Et puis un jour, on entend un bruit de plus en plus proche, un fracas puissant qu'on ne parvient plus à étouffer, géante, irrésistible, "la botte souveraine de la réalité" vient, s'impose. Le contreplaqué de mensonges s'écroule, le glapissement des folliculaires stipendiés s'étrangle, les mots prostitués retrouvent leur sens. La réalité se dresse devant nous, irréfutable. Bien vu, camarade Trotski ! »

Andrei Makine, Cette France qu'on oublie d'aimer

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Passe-moi donc une cigarette

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« J’aimerais aimer aimer.
Un instant… Passe-moi donc une cigarette,
De ce paquet sur la table de nuit.
Continue… Tu disais
Que dans le développement de la métaphysique
De Kant à Hegel
Quelque chose s’est perdu.
Je suis absolument d’accord.
Oui, je t’ai bien écouté.
Nondum amabam et amare amabam (Saint Augustin).
Comme c’est curieux ces associations d’idées !
Je suis fatigué de penser à ressentir autre chose.
Merci. Laisse, je vais l’allumer. Continue. Hegel… »

Fernando Pessoa, J’aimerais aimer aimer

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12/01/2013

Il faut se faire la guerre, une guerre d'embuscade

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« Car la légereté est un abîme, à condition d'avoir quelque chose à y jeter. »

« C'est que je déteste le vin, le cognac et toutes ces saletés. J'aime la vodka. Elle est blanche. Elle est sûrement intelligente. »

« Moi, je ne suis d'aucune époque. S'il y a la guerre, je servirai sous Maurice de Saxe. C'est une balle de Solférino, restée en l'air pendant un siècle, qui me tuera. »

« Dieu, saint Michel et moi, nous n'aimons pas les chrétiens de votre sorte. Nous trouvons qu'il faut être malhonnête avec soi-même. Se faire la guerre, une guerre d'embuscades. »

Roger Nimier, Les enfants tristes

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11/01/2013

Ses femmes minces

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« Je caressais son corps, il était beau comme son visage. C'est la mode au XX° siècle, nous détestons la molesse. Nous avons un tel amour pour la sauvagerie qu'on ne sait si nous sommes barbares ou décadents. Moi qui affecte tant de dégoût pour les hommes, je suis heureux de leur ressembler dans les actions essentielles de la vie. J'aime leurs églises, leurs tableaux. Je proteste conte le monde moderne, mais j'adore ses femmes minces. » (Le personnage Sanders)

Roger Nimier, Le hussard bleu

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La terre nous attend, elle n'est pas pressée

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« Je ne comprends toujours pas, sinon que je ne saurai jamais mourir. Rien n'est plus horrible que de se mélanger à la nature, rien n'est plus odieux que la terre. Elle nous attend, elle n'est pas pressée. En une seconde je pense amoureusement aux villes, aux maisons bien-aimées, aux trottoirs, à leur douce peau goudronnée. » (Le personnage Saint-Anne)

Roger Nimier, Le hussard bleu

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Il en sort de tous les arbres fruitiers...

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« Cette région est pleine de petites filles. Il en sort de tous les arbres fruitiers. Il ne faut pas dire qu'elles sont moches. Elles sont moches, mais ce sont des Lorraines et ce mot est si gentil qu'il faut leur sourire. »

Roger Nimier, Le hussard bleu

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10/01/2013

La lutte contre la tentation de la mort volontaire

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« Il est faux de n'appeler suicidés que ceux qui se suppriment réellement. Parmi ceux-là, il s'en trouve beaucoup qui, en quelque sorte, ne deviennent des suicidés que par hasard et n'ont pas nécessairement le suicide dans le sang. Parmi les hommes sans personnalité, sans empreinte puissante, sans destinée, il en est qui périssent de leur propre main, sans pour cela, de par leur sceau et leur empreinte, appartenir au type des suicidés ; par contre, parmi ceux qui, par essence, appartiennent aux suicidés, beaucoup, la plupart même, ne se suppriment pas en réalité. Le propre du "suicidé" - et Harry l'était - n'est pas de se trouver forcément en relations constantes avec la mort, mais de sentir son moi, à tort ou à raison n'importe, comme un germe particulièrement dangereux, douteux, menaçant et menacé de la nature ; c'est de se croire toujours exposé au danger, comme s'il se trouvait sur la pointe extrême d'un rocher d'où la moindre poussée du dehors et la moindre faiblesse du dedans peuvent suffire à le précipiter dans le vide. On reconnaît ces hommes à une ligne de destin qui prouve que, pour eux, le genre de mort le plus vraisemblable est le suicide, du moins dans leur imagination. Cet état d'âme, qui se manifeste presque toujours dans leur première jeunesse et ne les quitte pas de toute leur vie, n'est pas conditionné par une trop faible vitalité ; au contraire, on trouve parmi les suicidés des natures extraordinairement tenaces, avides et même téméraires. Mais, de même qu'il est des tempéraments chez qui la moindre indisposition provoque la fièvre, de même, chez ceux que nous appelons suicidés et qui sont toujours infiniment sensibles et impressionnables, le moindre bouleversement provoque l'abandon de l'idée de la mort. Si nous avions une science possédant l'audace et le sentiment de responsabilité nécessaires pour s'occuper des hommes et non seulement du mécanisme des phénomènes vitaux, si nous avions quelque chose comme une anthropologie, comme une psychologie, ces faits seraient connus de tous.


 (...)

Beaucoup sont incapables d'accomplir le geste du suicide réel, dans lequel ils ont profondément reconnu le péché. Cependant, ils nous apparaissent comme des suicidés, puisque la libératrice, pour eux, est la mort et non pas la vie ; qu'ils sont prêts à la rejeter, à l'abandonner, à l'étreindre et à retourner au commencement. De même que toute force peut devenir une faiblesse (*doit* même le devenir dans certaines circonstances), de même le suicidé typique peut, lui, faire de sa faiblesse apparente une force et un appui ; et c'est ce qu'il fait très souvent.

Ce cas était celui d'Harry, le Loup des steppes. L'idée que le chemin de la mort lui était accessible à n'importe quel moment, il en fit comme des milliers de ses semblables, non seulement un jeu d'imagination d'adolescent mélancolique, mais un appui et une consolation. Il est vrai que tout bouleversement, toute souffrance, toute situation défavorable provoquaient immédiatement en lui, comme en tous ceux de son espèce, le désir de s'y soustraire par la mort. Mais peu à peu, il transforma ce penchant en philosophie utile à la vie. L'accoutumance à l'idée que cette sortie de secours lui était toujours ouverte lui donnait de la force, le rendait curieux de goûter les douleurs et les peines, et lorsqu'il se sentait bien misérable, il lui arriver d'éprouver une sorte de joie féroce : "Je suis curieux de voir combien un homme est capable de supporter. Si j'atteins à la limite de ce qu'on peut encore subir, eh bien, je n'ai qu'à ouvrir la porte et je serai sauvé !" Il existe beaucoup de suicidés qui puisent dans cette idée des forces extraordinaires.

D'autre part, ils connaissent tous la lutte contre la tentation de la mort volontaire. Chacun d'eux, dans quelque recoin de son âme, sait fort bien que le suicide n'est qu'une sortie de secours piteuse et illégitime, et qu'il est plus beau et plus noble de se laisser vaincre et abattre par la vie elle-même que par sa propre main. Cette science, cette conscience du péché dont la source est la même que celle d'où découlent les remords des onanistes, oblige la plupart des "suicidés" à une lutte perpétuelle contre leur tentation. »

Hermann Hesse, Le Loup des Steppes

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09/01/2013

Et c'est ainsi que le Loup des steppes empoisonnait de sa dualité

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« Cependant la vie la plus douloureuse a encore ses heures ensoleillées et ses petites fleurs de bonheur parmi les sables et les pierres. Il en était ainsi pour le Loup des steppes. La plupart du temps, on ne saurait le nier, il souffrait et pouvait aussi faire souffrir les autres, notamment ceux qui l'aimaient et qu'il aimait. Car tous ceux qui lui donnaient leur amour ne voyaient d'ordinaire en lui qu'un seul côté. Certains l'aimaient comme un homme fin, personnel et intelligent, et se montraient horrifiés et déçus quand ils découvraient en lui le loup. Mais ils ne pouvaient faire autrement que le découvrir parce que Harry, comme tout être, désirait qu'on l'aimât tout entier et ne voulait pas camoufler ni truquer le loup, surtout aux yeux de ceux à l'amour desquels il tenait le plus. Mais d'autres, justement, aimaient en lui le fauve, l'essence libre, sauvage, indomptable, dangereuse, puissante, et ceux-là, à leur tour, subissaient le désappointement le plus cuisant, quand le loup farouche et furieux se trouvait encore, par-dessus le marché, être un homme, quand il éprouvait la nostalgie de la tendresse et de la douceur, qu'il voulait entendre Mozart, lire des vers et nourrir un idéal humain. Ceux-là, pour la plupart, étaient les plus déçus et les plus irrités, et c'est ainsi que le Loup des steppes empoisonnait de sa dualité et de sa disparité tous les destins qu'il frôlait. »

Hermann Hesse, Le Loup des Steppes

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08/01/2013

C'était une musique de décadence

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« J'aspirais l'air un long moment, je flairais la musique sanglante et bariolée, je humais, lubrique et exaspéré, l'atmosphère du dancing. La partie lyrique du morceau était sucrée, graisseuse, dégoulinante de sentimentalité ; l'autre était sauvage, extravagante, puissante, et toutes les deux, pourtant, s'unissaient naïvement et paisiblement et formaient un tout. C'était une musique de décadence, il devrait y en avoir eu de pareille dans la Rome des derniers empereurs. Comparée à Bach, à Mozart, à la musique enfin, elle n'était, bien entendu, qu'une saleté, mais tout notre art, toute notre pensée, toute notre civilisation artificielle, ne l'étaient-ils pas, dès qu'on les comparait à la culture véritable ? Et cette musique-là avait l'avantage d'une grande sincérité, d'une bonne humeur enfantine, d'un négroïsme non frelaté, digne d'appréciation. »

Hermann Hesse, Le Loup des Steppes

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07/01/2013

Une certaine bestialité qui n’est qu’aux hommes

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« Une certaine grossièreté dans l’amour n’a toute sa laideur que chez des amants bourgeois, vernissés d’une apparence trompeuse, et qui trouvent là l’occasion de se montrer tels qu’ils sont. Ce serait s’abuser beaucoup que les comparer aux bêtes, qui, dans les espèces supérieures, mêlent à leurs amours des tendresses, des élégances, des timidités qui manquent tout à fait à ces couples là. Je me rappelle avoir admiré un matin un couple de tigres magnifiques qui folâtraient et se lutinaient dans une des grandes rotondes du jardin zoologique d’Anvers. Je ne puis dire quels soins, quels égards, quels ménagements ils mettaient dans leurs ébats. Ces pattes formidables devenaient aussi légères, aussi gentilles et câlines que celles des petits chats. Les deux têtes énormes s’appuyaient rêveusement l’une à l’autre. Les corps pleins d’une force terrible se détendaient dans une langueur où toutes leurs lignes étaient inondées de la même grâce qui coule sur les formes des odalisques. C’est lorsqu’on a vu des jeux si doux, et bien d’autres encore depuis ceux des biches jusqu’à ceux des oiseaux, qu’on sait qu’il y a une certaine bestialité que les bêtes n’ont pas, et qui n’est qu’aux hommes. »

Abel Bonnard, L'amour et l'amitié

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06/01/2013

Dans la solitude artificielle des chambres

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« Il faut ici se présenter la disposition intérieure de beaucoup d’hommes modernes en face de l’amour, j’entends ceux qui lui sont liés par un mélange de besoins du coeur et du corps dont la proportion varie selon chacun d’eux. Tout les détourne de croire en lui, sans les empêcher d’en dépendre : à une connaissance explicite des défauts des femmes s’ajoute le sentiment sourd de leur propre sécheresse et de leur égoïsme secret, tandis que quelques bons vers restés dans leur mémoire avec bien plus de mauvais, et jusqu’aux clameurs des chanteurs dans les opéras, les persuadent de garder encore quelque crédulité pour ce Dieu en qui ils ont cessé d’avoir foi. Le plaisir de rester sensible s’oppose au point d’honneur de n’être plus dupe, et le souvenir des romans qui passent pour cruels, en n’étant que grossiers, est balancé en eux par celui des romances qui sont niaises et passent pour tendres. Le dégoût même n’empêche pas le besoin, mais ce besoin change de nature ; quand nous n’espérons plus dans l’amour pour nous rendre heureux, nous comptons sur lui pour tricher avec le bonheur. Quand nous cessons de croire qu’il puisse remplir notre vie, nous ne lui réclamons que plus âprement des jouissances qui l’interrompent ; s’il n’est plus l’élixir de l’âme, il devient la drogue du corps ; si nous renonçons à atteindre par lui des moments plus clairs, nous lui demandons avidement de plus sombres ; des deux appels qu’il adresse aux hommes, l’un de vie et l’autre de mort, nous n’entendons plus que le dernier. Ainsi, au terme d’une évolution immense, dans cette sauvagerie illuminée des grandes villes qui ne reproduit que trop bien la sauvagerie obscure des forêts, ce que l’individu consumé demande à l’amour répond étrangement à ce qu’en a reçu l’homme primitif ; comme celui-ci ne connaissait l’amour que par un instant de jouissance gloutonnement saisi, au fond d’un bois ou d’une caverne, celui-là n’en attend qu’un moment aussi, mais savamment étiré dans la solitude artificielle des chambres. »

Abel Bonnard, L'amour et l'amitié

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05/01/2013

On est injuste pour les femmes gaies...

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« On est injuste pour les femmes gaies. Tandis que la moindre boudeuse se fait la réputation d'avoir une âme, par son air de tout attendre sans être capable de rien donner, on ne loue pas assez celles qui gardent la force qu'il faut pour ouvrir dans nos jours des commencements et qui ont eu le courage d'écarter leurs propres ennuis, avant d'avoir l'art de chasser les nôtres. Elles nous rendent la netteté du présent. Elles nous donnent des instants intacts. Voilà le grand point. »

Abel Bonnard, L'amour et l'amitié

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04/01/2013

Rien n'est si ridicule que d'exercer sur autrui une critique qu'on ne ramène sur soi

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« Rien n'est si ridicule que d'exercer sans cesse sur autrui une critique qu'on ne ramène jamais sur soi. Les gens médiocres trouvent dans leurs amours l'occasion d'affiner leur perspicacité d'une manière incroyable : ils font sur le caractère et la nature de leur adversaire les remarques les plus subtiles et les plus malignes, mais ces instruments si aigus, qui leur servent à le percer, ils ne les retournent jamais contre eux-mêmes, pour s'en faire la moindre piqûre. Un homme d'une certaine qualité agit inversement. Il n'adresse de reproches qu'à soi, puisqu'il est en effet la seule personne au monde qu'il ait quelque pouvoir de changer, et se critiquant selon ce qu'il peut devenir, il se borne à connaître les autres pour ce qu'ils sont.  »

Abel Bonnard, L'amour et l'amitié

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