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28/05/2013

On ne doit jamais modifier sans une nécessité évidente les lois

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« Il faut savoir avant tout que l’on ne doit jamais modifier sans une nécessité évidente les lois, statuts, coutumes ou ordonnances antérieures, quelles qu’elles soient, qui concernent la communauté.

Bien mieux, selon Aristote, dans le second livre de la Politique (Aristote, la Politique, 11, 8 - l269a 23), la loi ancienne positive ne doit pas être abrogée pour une nouvelle meilleure, à moins qu’il n’y ait une différence très notable entre elles, parce que de tels changements diminuent l’autorité de ces lois et le respect qu’elles inspirent, plus encore s’ils sont faits fréquemment. De là, en effet, naissent le scandale, les murmures dans le peuple et le danger de désobéissance.

A plus forte raison si de tels changements rendaient la loi pire, car ces changements seraient alors intolérables et injustes.
De fait, le cours et le prix des monnaies ("…cursus et pretium monetarium…") dans un royaume doivent être pour ainsi dire une loi, un règlement ferme. La preuve en est que les pensions et certains revenus annuels sont fixés en un prix d’argent ("…ad pretium pecuniae…"), c’est-à-dire à un certain nombre de livres et de sous. D’où il ressort qu’une mutation des monnaies ne doit jamais être faite, si ce n’est peut-être lorsque la nécessité s’en impose ou que l’utilité en est évidente pour toute la communauté.

C’est pourquoi Aristote, dans le cinquième livre des Ethiques (Aristote, Ethique à Nicomaque, V, 8 - l133b 14), parlant de la monnaie, déclare : "Elle tend toutefois à une plus grande stabilité".
Or, la mutation de la monnaie, comme je peux le constater en général, peut être faite de plusieurs façons :

 - Dans la forme ou précisément dans le type,

 - Dans la proportion,

 - Dans le prix ou appellation,

 - Dans la quantité ou poids et,

 - Dans la substance de la matière.

 En effet, on peut muer la monnaie de chacune de ces cinq façons ou de plusieurs à la fois. »

Nicole Oresme, Traité sur l’origine, la nature, le droit et les mutations des monnaies, "CHAPITRE VIII, Les mutations des monnaies, en général"

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27/05/2013

La conservation d'un beau fauteuil

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« La conservation d'un beau fauteuil m'importe plus que l'existence de plusieurs bipèdes à la voix articulée. »

Albert Caraco, Le semainier de l'agonie

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La mutuelle hostilité des cultures est non seulement normale mais indispensable

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« (…) Nulle inconséquence, pourtant, ne saurait être reprochée à Lévi-Strauss. On ne voit pas par quel enchantement des hommes enfoncés chacun dans sa culture seraient saisis d’une passion spontanée pour les genres de vie ou les formes de pensées éloignées de leur tradition. Si, d’autre part, la richesse de l’humanité réside exclusivement dans la multiplicité de ses modes d’existence, si l’honneur d’avoir crée les valeurs esthétiques et spirituelles qui donnent son prix à la vie, ainsi que l’écrit Lévi-Strauss et comme le disent en d’autres termes les grandes professions de foi de l’UNESCO, alors la mutuelle hostilité des cultures est non seulement normale mais indispensable. Elle représente le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de chaque communauté se conservent et trouvent dans leurs propres fonds, les ressources nécessaires à leur renouvellement. ("Race et Culture") »

Alain Finkielkraut, La défaite de la pensée

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Le seul peuple à fonder son jugement sur ce qu’il attend de l’avenir plutôt que sur les données concrètes qu’il a sous les yeux

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« Les Athéniens : Dans tous les cas, à en juger par la décision que vous avez prise, il nous paraît que vous êtes bien le seul peuple à fonder son jugement sur ce qu’il attend de l’avenir plutôt que sur les données concrètes qu’il a sous les yeux. Des choses qui dépendent d’un futur indistinct, vous les voyez comme si elles étaient déjà en train de se faire et cela simplement parce que vous le voulez ainsi. Vous prenez les plus grands risques en vous fiant aux Lacédémoniens, à la fortune et à vos espérances. Votre désillusion sera d’autant plus rude. »

Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, V, Conférence des Athéniens et des Méliens (Dialogue de Mélos)

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26/05/2013

Imbécillité pénale

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« L'expression (imbécillité pénale) désigne de façon plus générale le projet de répondre à tout grâce au droit, et surtout le droit pénal, en escomptant que l'on pourra ainsi remédier à l'absence de normes collectives et intériorisées. »

Jean-Claude Guillebaud, Le goût de l'avenir

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Progressistes et conservateurs

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« Le monde, s’est divisé en progressistes et conservateurs. L’affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs, celle des conservateurs, est d’éviter que les erreurs, ne soient corrigées. »

Gilbert Keith Chesterton, article paru dans The Illustrated London News, le 19 avril 1924

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Tu les verras bientôt d’hommes devenus femmes

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Crésus s’adressant à Cyrus :

« (…) mais pardonne aux Lydiens et, pour éviter toute révolte et toute inquiétude de ce côté, prend ces mesures-ci : fais leur défendre de posséder des armes de guerre, ordonne-leur de porter des tuniques sous leurs manteaux, de chausser des bottines, prescris-leur d’apprendre à leurs fils de jouer de la cithare et des autres instruments à cordes, à faire du commerce. Tu les verras bientôt, seigneur, d’hommes devenus femmes, et tu n’auras plus à craindre de révolte. »

Hérodote, L’Enquête, I, 155

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La splendeur du style...

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« Il est indispensable que la Vérité soit dans la Gloire. La splendeur du style n’est pas un luxe, c’est une nécessité. »

Léon Bloy, Journal, Août 1894

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25/05/2013

Une société est un éparpillement de mémoires

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« Une société est un éparpillement de mémoires, un amoncellement de poches à rancune et de comptes à régler ; un peuple est une histoire longue, ou plus exactement l'unité de cette histoire. Les deux coexistent, bon an mal an, et il n'est pas bon que l'un chasse l'autre. Le peuple sans société devient une mystification et la société sans peuple, un capharnaüm. Or à force d'encenser la diversité, les identités et les "nouveaux mouvements sociaux", on exalte le social au point de découper le corps du peuple à la tronçonneuse, en Landru électoraliste et arithméticien. »

Régis Debray, Rêveries de gauche

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24/05/2013

Il nous sera donné de voir, quand la lumière s’éteindra

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« Le combat de la vie, le fardeau de l’individualité. A l’opposé, l’indivis et ses tourbillons toujours plus profonds. Aux instants de l’étreinte, nous y plongeons, nous nous abîmons dans des zones où gîtent les racines de l’arbre de vie. Il y a aussi la volupté légère, fugitive, pareille au combustible qui flambe, et tout aussi volatile. Au-delà, au-dessus de tout cela, le mariage. “Vous serez une seule chair.” Son sacrement ; le fardeau est désormais partagé. Enfin, la mort. Elle abat les murailles de la vie individuelle. Elle sera l’instant de l’accomplissement suprême. (Matthieu XXII, v. 30.) C’est par-delà la mort, et là seulement, où le temps n’est plus, que nos véritables liens ont formé le noeud mystique. Il nous sera donné de voir, quand la lumière s’éteindra. »

Ernst Jünger, Premier journal parisien

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23/05/2013

Pourquoi pas moi ?

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« Quand on constate (en lisant sa correspondance) que Baudelaire a toute sa vie pataugé dans les ennuis d'argent, on frémit. Puis, si l'on songe que malgré sa pauvreté Baudelaire a pu se consacrer à son oeuvre, qu'il a eu une existence d'homme libre, de belles maîtresses, du haschich, des amis fidèles, on respire, soulagé. Et l'on se dit : si Baudelaire a pu vivre ainsi, pourquoi pas moi ? »

Gabriel Matzneff, Cette camisole de flammes, journal 1953-1962

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Aucun appel clair...

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« Tout cela avait perdu sa valeur, tout cela appartenait au temps des victoires, lorsque les drapeaux pendaient à toutes les fenêtres. Maintenant il n'y avait plus de victoires, maintenant les drapeaux avaient perdu leur radieuse signification, maintenant, à cette heure trouble où tout s'écroulait, la voie à laquelle j'avais été destiné était devenue impraticable, maintenant je me trouvais, sans pouvoir m'en saisir, en face de choses nouvelles, en face de choses qui accouraient de toutes parts, de choses sans forme, où ne vibrait aucun appel clair, aucune certitude qui pénétrait irrésistiblement le cerveau, sauf une pourtant, celle que ce monde où j'étais enraciné, que je n'avais eu ni à accepter ni à adopter, et dont j'étais une parcelle, allait s'effondrer définitivement, irrévocablement, et qu'il ne ressusciterait pas, qu'il ne renaîtrait jamais. »

Ernst von Salomon, Les Réprouvés

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22/05/2013

Du milieu des âmes mortes...

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« Quant à moi, je le sais, une puissance supérieure me contraint à cheminer longtemps encore côte à côte avec mes étranges héros, à contempler, à travers un rire apparent et des larmes insoupçonnées, l'infini déroulement de la vie. Le temps est encore lointain où l'inspiration jaillira à flots plus redoutables de mon cerveau en proie à la verve sacrée, où les hommes, tremblants d'émoi, pressentiront les majestueux grondements d'autres discours... »

Nicolas Gogol, Les âmes mortes

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Vincit omnia Veritas

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« Ceux qui seraient tentés de céder au découragement doivent penser que rien de ce qui est accompli dans cet ordre ne peut jamais être perdu, que le désordre, l’erreur et l’obscurité ne peuvent l’emporter qu’en apparence et d’une façon toute momentanée, que tous les déséquilibres partiels et transitoires doivent nécessairement concourir au grand équilibre total, et que rien ne saurait prévaloir finalement contre la puissance de la vérité ; leur devise doit être celle qu’avaient adoptée autrefois certaines organisations initiatiques de l’Occident : Vincit omnia Veritas. »

René Guénon, La crise du monde moderne

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21/05/2013

L'anticommunisme demeure donc répréhensible, si négatif soit le bilan du communisme

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« Une oraison plaintive servit d'ouverture en sourdine à la confession agressive. Sous le coup du naufrage, on avoua du bout des lèvres la faillite et jusqu'aux crimes du communisme. Mais ce ne fut qu'en manière de précaution oratoire et pour mieux pleurer la perte du Bien suprême que seul, soupirait on, il aurait pu nous apporter et dont l'humanité se trouvait, par sa chute, à jamais dépouillée.
Supercherie éculée par laquelle on contestait l'essentiel, qui était, non que le communisme eût échoué, ce que, vers 1990, personne n'osait plus ou n'osait encore nier, mais que son échec était d'une nature et d'une ampleur qui en condamnait le principe même. Car c'était là le fait nouveau. Pour le communisme en tant que doctrine, après tant de sursis immérités, l'heure du jugement dernier venait enfin de sonner. Tout le reste était archéologie. Les désastres du socialisme réel, on y était habitué depuis longtemps. II n'avait jamais et nulle part rien produit d'autre. Ce qui s'imposait en outre, désormais, c'est qu'il ne pouvait rien produire d'autre. C'était là l'évidence supplémentaire et libératrice : il souffrait, dans sa conception même, d'un vice de conformation. Bien des marginaux l'avaient vu et dit depuis longtemps. La gauche, même non communiste, les avait régulièrement bouclés dans le panier à salade de la "réaction". En 1990, leur explication devenait celle de tout le monde.

Ainsi, le communisme avait été poussé à n'engendrer que misère, injustice et massacres, non par de contingentes trahisons ou malchances mais par la logique même de sa vérité profonde. Telle était la révélation de 1990. L'histoire condamnait, au-delà du communisme réel, l'idée même du communisme.

Or le postulat qui se réaffirme à travers les sanglots du deuil post-soviétique exprime d'emblée le refus de cette conclusion. Mais faute de pouvoir s'appuyer sur des faits, il se réduit à cette croyance superstitieuse qu'on trouve dans quelque ciel lointain une société parfaite, prospère, juste et heureuse, aussi sublime que le monde suprasensible de Platon et aussi inconnaissable que la "chose en soi" de Kant. Cette société idéale, le communisme était le seul instrument apte à en faire descendre le modèle sur terre. Comme il a disparu, la possibilité même de cette société de justice disparaît aussi. L'effondrement du communisme, en dépit de tout le mal qu'il a perpétré, est donc aussi la défaite du Bien.

Raisonnement circulaire qui suppose démontrée la thèse que précisément l'expérience vient de réfuter. Dérobade qui n'est au demeurant qu'une resucée de l'antique sophisme dont la fanfare de la propagande n'avait cessé de tympaniser les jobards accourus vider les poubelles de l'histoire : nous ne nions, avouaient périodiquement les socialistes dans leurs replis tactiques, ni les mauvais résultats ni les atrocités du communisme; nous nions en revanche catégoriquement que ces malencontreux déboires expriment l'essence du socialisme. Celle-ci reste intacte, immaculée, et promise à une très prochaine incarnation. Selon cette argumentation, l'horreur des conséquences prouve l'excellence du principe.

Se réclamant d'un prototype parfait, puisque irréalisable, le communisme, si monstrueuses aient été ses fautes dans la pratique, ne peut pas être réactionnaire. C'est pourquoi continuent, eux, à l'être, les gens qui le jugent sur ses actes. Car ce ne sont pas les actes qui doivent servir de critère, quand on évalue les zélateurs d'un modèle idéal, ce sont les intentions.

Au fond, le royaume du communisme n'est pas de ce monde, et son échec ici-bas est imputable au monde, non pas au concept communiste. Dès lors, ceux qui le récusent en alléguant ce qu'il a fait, sont en réalité poussés par une haine secrète pour ce qu'il était censé faire: accomplir la justice. L'anticommunisme demeure donc répréhensible, si négatif soit le bilan du communisme. Tel est le deuxième volet de l'esquive préliminaire, préparation de la contre-offensive ultérieure. »

Jean-François Revel, La Grande Parade

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