Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/08/2019

"Israël doit vivre"... "Pour l’honneur de Tsahal" par Laurent Schang

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

&

 

=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

Ok... cet article date... mais quand on a un ami qui assène des vérités de cet acabit... il faut faire circuler la particule... voilà...

 

 

---------------------------------

 

Je m’appelle Moshe. Moshe, comme Moshe Dayan. Je suis né en 1982 à Tel-Aviv. Dans le civil, je me destine à la médecine mais aujourd’hui, c’est revêtu de l’uniforme réglementaire de Tsahal, l’armée israélienne, que je prends la parole. J’aurais pu naître en France. Mes parents, tous les deux d’origine française, s’étaient connus à Paris où ils se sont mariés. Ce n’est que plus tard, encouragés par des cousins de mon père, qu’ils se sont décidés à venir vivre ici, en terre d’Israël. Ni l’un ni l’autre ne sont des militants sionistes. Ma mère pleura beaucoup le soir de l’assassinat d’Yitzhak Rabin et je garderai longtemps en mémoire le visage de mon père, d’habitude si paisible, défiguré par le chagrin et la colère devant son poste de télévision. Mes parents attendaient la naissance de mon plus jeune frère ; c’est d’un commun accord qu’ils le prénommèrent Yitzhak, en hommage au combattant clandestin devenu chef de guerre puis homme de paix. Personne dans mon entourage n’a applaudi quand nos blindés ont occupé Jénine, Naplouse et Ramallah. Simplement, dans ma famille, servir Israël est un devoir et un honneur. Quant à moi, qui y suis né, c’est une question de fierté.

Que n’a-t-on pas dit sur Israël ? Tout et son contraire. Un jour David, le lendemain Goliath, on nous accuse de tous les maux. Nous tendons la main aux Palestiniens : la « communauté internationale » nous reproche de saboter les négociations de paix par des conditions soi-disant inadmissibles. Des terroristes nous attaquent sur notre territoire, le Mossad localise leurs bases et aussitôt, la même communauté internationale nous blâme pour la brutalité disproportionnée de notre riposte. Ariel Sharon accepte de reconnaître l’existence de l’autorité palestinienne sur la Cisjordanie et que lui répond Yasser Arafat ? Que du côté palestinien les accords d’Oslo ne sauraient signifier l’arrêt des violences, aussi aveugles soient-elles. A croire que les médias occidentaux ne prennent jamais la peine de vérifier leurs sources d’informations. Savent-ils que deux peuples se côtoient et souffrent à parts égales en Palestine, qu’Israël ne pose pas tant les problèmes du Proche-Orient qu’il en subit les conséquences et en pâtit et qu’en fait de peuple palestinien il en est deux : les Juifs et les Arabes. Après le déclenchement et la répression de la première Intifada en 1987, les journalistes occidentaux ont eu coutume de parler de « génération perdue » pour les jeunes Palestiniens arabes. Se sont-ils un seul instant intéressé au sort des Israéliens mobilisés durant cette période, aux innombrables traumatismes occasionnés, à leurs séquelles une fois retournés dans le civil ? Et pour celles et ceux de mon âge, qui ont grandi dans un pays en état de siège, en proie à la peur quotidienne, ne peut-on pas aussi parler de génération perdue ?

Depuis sa création en 1948, l’Etat d’Israël n’a eu de cesse de donner des gages du bon fonctionnement démocratique de ses institutions. Notre diplomatie est internationalement reconnue et nos ambassades représentent les intérêts d’Israël dans le monde entier. Les ennemis d’Israël dépeignent un peuple raciste et sectaire. Savent-ils seulement qu’à la Knesset, notre Parlement, des élus israéliens d’origine arabe siègent en permanence ? Je les défie d’en dire autant pour les pays arabes où résident des communautés juives. C’est un fait que la nation israélienne est de plus en plus juive et de moins en moins sioniste. L’afflux ces vingt dernières années d’un nombre croissant de Juifs de la diaspora, en provenance d’Ethiopie comme de Russie, a modifié notre rapport à l’unité nationale. La société israélienne est devenue, par une soudaine accélération de l’histoire, une société plurielle. Ainsi avons-nous, pour la première fois peut-être, réconcilié notre ouverture à l’universel avec notre besoin d’enracinement.

Effrayés par ce succès imprévu, les théoriciens du jusqu’au-boutisme, fanatiques réfugiés en Syrie et en Iran, ont fait resurgir le spectre d’un grand Israël, du Nil au Tigre et à l’Euphrate, du Golfe Persique à la Mer Rouge. Propagande. Quand bien même, croit-on réellement qu’Israël a les moyens d’une telle politique ? Tout ce que nous, Israéliens, réclamons, c’est le droit à la sécurité, pour nous et pour les nôtres. Les Arabes, eux, disent vouloir la paix. La « coexistence mutuelle ». Ce qu’ils ne disent pas en revanche, c’est qu’ils veulent la paix, certes, mais dans la victoire. De 48 à 73, les pays arabes ont cru qu’Israël ne résisterait pas à leurs assauts. Leurs dirigeants pensaient que faire la paix était inutile. A trois reprises, il leur fallut déchanter. L’OLP et les pays voisins d’Israël ont fini par reconnaître l’existence de l’Etat hébreu. Et cependant, Israël reste l’ennemi officiel de la Syrie et du Liban, de l’Iran, de l’Irak, de la Libye et de l’Egypte. Tous ont juré la destruction complète d’Israël. Les gouvernements occidentaux nous enjoignent de ne pas céder à la dérive obsidionale. De sortir de notre logique de l’encerclement. A chaque négociation, les Arabes exigent en contrepartie de la normalisation de nos relations que nous leurs restituions l’intégralité des territoires occupés. Pourquoi un tel empressement ? Parce que les Arabes savent que si nous nous retirons de Gaza et de Cisjordanie, du Sinaï et du Golan, nous renonçons du même coup à défendre le plus « petit Israël ». Peut-on imaginer qu’ils n’en profiteront pas ? Dans les faits, la guerre israélo-arabe, commencée en 1948, n’est toujours pas terminée.

La mission historique du sionisme avait été de fonder un Etat juif en Palestine. C’est désormais chose faite. Mais il faut voir à quel prix ! A l’école, les professeurs nous ont appris à chérir notre liberté. Tous étaient mobilisables ou avaient déjà connu le baptême du feu. On m’a montré les photos de l’arrivée du général Dayan victorieux au pied du Mur des Lamentations, en 1967. A cet instant et pour tout un peuple, deux millénaires d’humiliations et de martyre étaient balayés. Après vingt siècles d’interruption, Israël reprenait le cours normal de son histoire. Enfin, nous étions chez nous. Assiégé par le monde arabe qui lui est hostile, le dos à la mer, Israël continue de résister parce que nous n’avons nulle part où aller, et parce que nous avons bâti ce pays de nos mains. J’ai grandi avec le sentiment qu’un jour, moi aussi, je serais appelé à servir sous les drapeaux. Dans l’état actuel des choses, il n’y a pas de négociation possible avec Arafat. Si demain nous lui concédons Gaza et la Cisjordanie, avec Al Qods (la partie est de Jérusalem) comme capitale, qui nous dit qu’ensuite il n’exigera pas tout Jérusalem-Est ? Et pourquoi pas aussi l’Esplanade des Mosquées ou le mont du Temple ? Déjà, l’ « Autorité palestinienne » fait mine de ne plus s’adresser qu’à ses interlocuteurs américains. On nous dit les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient. En réalité, nous ne connaissons que trop bien la duplicité de la diplomatie américaine. Entre les attentats et le pétrole, leur cœur balance. Une première fois, Bill Clinton nous a trompé lors des négociations de Camp David de 2000. Les doléances de l’administration américaine étaient intolérables, et pourtant nous avons signé les accords. Clinton rêvait d’empocher le prix Nobel de la paix. Il n’avait fait mystère à personne de son ambition et il comptait bien se servir du règlement du conflit israélo-arabe pour appuyer sa démarche. Gain des opérations pour Israël : quelques semaines après la poignée de mains entre Sharon et Arafat, les terroristes reprenaient leurs tirs de harcèlement sur nos colonies.

Comment s’en étonner, quand on sait que derrière le Fatah, le parti de Yasser Arafat, s’active une demi-douzaine de groupes armés (FPLP, Hamas, Djihad islamique, Hezbollah), à commencer par les « Martyrs » d’Al Aqsa, branche militaire non-officielle du Fatah dont l’autonomie supposée ne suffit pas à laver Arafat de toute responsabilité. Pour eux, comme pour lui d’ailleurs, la Djihad continue. La vérité, c’est qu’en face de nos négociateurs, il n’y a pas un chef d’Etat légitime, mais un chef de clan, plus affairé à diviser son propre camp pour régner qu’à dialoguer en vue d’une issue raisonnable au conflit. N’est-il pas riche à millions ? Ce n’est pas moi qui le dis, mais un analyste français qui l’affirme dans un de ses livres (Michel Gurfinkiel, La Cuisson du homard. Réflexion intempestive sur la nouvelle guerre d’Israël. Michalon 2001). Selon lui, la fortune d’Arafat s’élèverait à dix milliards de dollars, trois fois le PNB de Gaza et de la Cisjordanie réunis. La collecte de l’impôt révolutionnaire sans doute… Dans ces conditions, un Etat palestinien aux portes d’Israël –pire, en surplomb- serait une aberration qu’aucune frontière étanche jamais ne compensera.

D’après les observateurs européens, la meilleure façon qu’aurait Israël de manifester sa bonne volonté serait d’accéder à la demande de retour des « réfugiés » en Palestine. A-t-on seulement idée du danger que nous ferait encourir l’arrivée massive de trois millions et demi de Palestiniens en Israël ? Alors que les attentats se poursuivent dans nos cinémas, nos supermarchés et nos bus, que les terroristes bombardent la colonie de Gilo à l’Est de Jérusalem, nous courrions le risque d’être submergés ? Rappelons tout de même, en ce qui concerne les « réfugiés », qu’il ne s’agissait pas d’un exil ou d’une expulsion mais d’un exode volontaire. Les nouveaux historiens peuvent écrire ce qu’ils veulent, l’exode ne fut pas planifié par les Juifs mais par les autorités arabes elles-mêmes. Toujours on nous ressert la rengaine de l’antériorité des Arabes sur les Juifs. Je répondrai juste ceci : la Bible, Flavius Josèphe et les historiens romains mentionnaient le nom d’Eretz-Israël bien avant que l’empereur Hadrien ne décide au IIIème siècle de l’ère chrétienne de rebaptiser cette terre insoumise en Palestine. Qu’on vienne après cela nous reparler du complexe de Massada ! Heureusement que nous l’avions cultivé, notre esprit de résistance, lorsqu’en 1973, soit 1900 ans exactement après la chute de Massada, nous avons dû faire face sur trois fronts aux armées arabes coalisées. Ariel Sharon était déjà aux commandes de Tsahal à cette époque. C’est encore lui qui mena à bien l’opération « Paix en Galilée » en 1982 à Beyrouth. Aussi, quand la seconde Intifada a éclaté, c’est vers lui que tous les yeux ont convergé, partisans du compromis et colons, pour mater la révolte. Tous les grands hommes politiques israéliens sont passés par Tsahal, à droite comme à gauche. Benjamin Netanyahu a servi dans les commandos avant d’être le chef de file du Likoud. Ehud Barak, notre précédent premier ministre travailliste, fut successivement officier du Seyereth Mathkal, les SAS israéliens, et commandant en chef des forces armées. Seule contre tous, la nation israélienne sait qu’en toutes circonstances elle peut compter sur son armée. Car Tsahal n’est pas une armée de métier mais un peuple en armes, qui lutte pour sa survie et rien d’autre. C’est pour cela que les accusations d’épuration ethnique, de transfert des populations ne tiennent pas. Bien sûr, il y a des dérapages. Tsahal est une armée moderne, qui a appris la guerre conventionnelle, pas le nettoyage urbain. La casbah de Naplouse, où nous devons pénétrer pour débusquer les terroristes, n’est ni le Golan, ni le Sinaï. La peur nous tenaille dans les ruelles sombres où les blindés ne rentrent pas. Les Français qui nous critiquent seraient mieux avisés de nuancer leurs jugements, eux qui n’en finissent pas de se morfondre sur la torture « ordinaire » des appelés d’Algérie.

A ce sujet, j’ai lu qu’un collectif de gauche « Pour une paix juste et immédiate au Proche-Orient » s’est constitué à Paris. Beaucoup d’artistes d’origine juive en sont. Qu’ils viennent donc vivre en Israël avec leur famille, ces Bedos, Bacri, Kassovitz, Jaoui, Piccoli, Ben Jelloun et autre Tavernier. Vous êtes quand même drôles, vous les Français. Vous n’aimez pas les Arabes quand ils sont chez vous, mais vous aimez encore moins les Israéliens que les Arabes quand ils sont de l’autre côté de la Méditerranée. Quant aux militants anti-mondialistes venus s’offrir quelques frayeurs à Bethléem, qu’ils aillent se promener du côté de Damas ou de Beyrouth le soir. On verra si les autorités locales feront la différence entre eux et nous.

Depuis toujours, le peuple juif a été tenu à l’écart des autres nations. Tantôt on nous relègue, tantôt on nous accuse d’être « à part ». Race d’usuriers, de banquiers apatrides, parce que nous sommes le peuple du Livre on nous considère comme un des très grands peuples de l’humanité. Alors, à tous ceux que l’existence d’Israël empêche de dormir, je voudrais dire une chose : qu’ils sachent qu’Israël, les Israéliens se moquent de l’opinion publique internationale. Mieux, je dirais que plus elle est mauvaise, et plus elle les renforce dans leur détermination. Les Israéliens qui refusent de servir dans les territoires occupés sont des idiots, comme sont idiots ceux qui déclarent en parlant de Tsahal que cette armée n’est plus la leur. Non, Israël n’est pas une création colonialiste. Non, la société israélienne n’est pas une société coloniale.

Israël doit vivre.

---------------------------------

SOURCE : Le site du parti de l'In-nocence 

---------------------------------

 

11:00 Publié dans Franc-tireur, Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

08/06/2019

Le français moyen lambda et basique...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 


Cliquez sur la photo...

 

Le français moyen lambda et basique, qui se lève tous les matins à heure fixe pour aller turbiner à l'usine, quand il a la chance d'avoir du travail dans sa périphérie de Gilet Jaune, n'en peut plus de se faire rappeler à l'ordre par la Propaganda écologique à cause de son barbecue d'andouillettes et de pavés de boeuf du week-end, par les sinistres Khmers Verts et autres boomers immigrationnistes éternels donneurs de leçons qui ont deux voitures flambantes neuves, deux scooters, un appartement en ville et une maison comme résidence secondaire à la campagne, qui achètent des capsules Nespresso à la pelle, prennent l'avion deux fois par semaine pour leur travail de "créatifs" et lui expliquent qu'on doit tous sortir impérativement du pétrole et du plastique pour sauver la planète en invoquant le modèle norvégien, un des plus gros producteurs pétroliers du monde.

Le français moyen lambda et basique ne supporte plus qu'on lui dise que la viande c'est juste du cadavre, qu'il faut faire moins d'enfants voire ne plus en faire du tout, que ses vieux parents il conviendrait de les euthanasier sitôt qu'ils deviennent improductifs pour la société et qu'une fois morts on se devrait d'en faire du compost plutôt que de les mettre en terre afin d'honorer ainsi leur mémoire par un lieu. 

Le peuple c'est le peuple, mais le français moyen lambda et basique commence à en avoir ras la patate !

 


Cliquez sur la photo...

 

14:27 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/04/2019

Pourquoi il faut légaliser les drogues psychédéliques

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

Un intellectuel australien montre que ces drogues sont interdites alors qu'elles ne sont pas si dangereuses et ont des effets positifs sur la santé mentale. Par Matthew Blackwell* pour Quillette** (traduction par Peggy Sastre)

 


Cliquez sur la photo...

 

À écouter ces dernières années les opposants au cannabis thérapeutique, on pourrait presque croire qu'ils n'ont jamais entendu parler de l'utilisation de substances psychoactives en médecine. Ces gens seraient sans doute étonnés d'apprendre qu'en Angleterre, vous pouvez vous faire prescrire un antidouleur appelé diamorphine, l'autre nom sophistiqué de l'héroïne. De même, ils pourraient tomber de leur chaise en découvrant qu'un médicament anti-obésité, le Desoxyn, n'est rien d'autre que de la méthamphétamine en pilule. Et que l'Adderall, un traitement populaire du TDAH, est chimiquement et physiologiquement très similaire à la méthamphétamine. Si vous avez subi une opération de la gorge, des dents ou du nez, l'anesthésiste s'est peut-être servi de cocaïne pour engourdir vos sens, car la substance restreint l'afflux sanguin mieux que tout autre anesthésique local (l'alcaloïde est extrait des feuilles de coca à des fins médicales et les résidus décocaïnés sont ensuite envoyés à Coca-Cola pour aromatiser sa fameuse boisson).

Sauf que personne n'en parle jamais en ces termes. Aucun médecin ne dit à son patient « je vous conseille de prendre de la smack à partir de maintenant » et aucun spécialiste de la perte de poids ne va vous demander si vous avez déjà essayé la meth. Imaginez un dentiste qui prie son patient d'ouvrir grand la bouche pour qu'il puisse lui injecter un peu de coke dans les gencives. Le jargon médical remplace évidemment l'argot de la came pour tracer une frontière nette entre une consommation illicite, grandement stigmatisée, et son analogue pharmacologique et médical. Dans les recommandations qu'il publie en ligne à destination des personnes atteintes du cancer prenant de la diamorphine, l'Institut britannique du cancer a choisi d'omettre complètement le mot héroïne, afin d'occulter tout lien avec l'usage récréatif de la substance.

Des drogues qui vous « ouvrent les portes de la perception »

Malheureusement, camoufler les drogues illégales dans le monde médical a pour conséquence de les rendre extravagantes, voire effrayantes lorsqu'elles sont utilisées dans d'autres contextes. Qu'on ne s'étonne donc pas qu'un récent sondage Vox ait révélé que la plupart des personnes interrogées s'opposaient de manière écrasante à la légalisation de drogues psychédéliques (comme les champignons hallucinogènes) à des fins récréatives et médicales, alors qu'une majorité était favorable à la légalisation de la marijuana. La chose est d'autant moins surprenante que, selon le même sondage, la plupart des gens ne veulent pas que la cocaïne, l'héroïne ou la méthamphétamine soient utilisées à des fins médicales. Des gens qui, là encore, ne savaient donc vraisemblablement pas que ces substances sont déjà utilisées en médecine depuis des décennies. Alors que la lutte pour la légalisation de la marijuana gagne peu à peu du terrain, il y a fort à parier qu'un grand débat sur les psychédéliques soit une prochaine étape. Dans l'Oregon et à Denver, où la marijuana a été légalisée à des fins récréatives, la dépénalisation des champignons magiques – soit deux cents espèces contenant de la psilocine et de la psilocybine, des alcaloïdes hallucinogènes – est soumise au scrutin populaire.

Sauf qu'il n'y a pas de distinction nette entre les drogues qui vous « ouvrent les portes de la perception » et celles qui ne le font pas – la marijuana, la kétamine, l'ecstasy et plein d'autres substances peuvent parfois produire des effets hallucinogènes qui n'ont rien à envier à un trip psychédélique. Mais en règle générale, lorsque nous parlons des hallucinogènes, nous nous référons à une quantité limitée de champignons et de plantes – et les substances de synthèse qui en sont dérivées en laboratoire – qui modifient les niveaux de sérotonine dans le cerveau pour produire des hallucinations et altérer la conscience de manière très vive. Et tous ces produits ne sont pas illégaux. La sauge des devins (salvia divinorum) possède de puissants effets psychédéliques sans être interdite dans la plupart des pays extérieurs au Commonwealth britannique. Idem pour des champignons magiques qui peuvent être achetés tout à fait légalement dans certains pays comme la Jamaïque et le Brésil. Une dérogation spéciale existe même aux États-Unis pour permettre aux membres de la Native American Church de consommer un cactus hallucinogène, le peyotl, une législation faisant suite à une plainte de l'Église contre la DEA qui voulait interdire ces plantes utilisées depuis quatre mille ans par les communautés amérindiennes.

Huxley et son goût pour le peyotl

D'ailleurs, c'est peut-être cette dernière drogue – qui n'est pourtant pas le psychédélique le plus couramment consommé – qui a fait le plus et depuis le plus longtemps pour populariser l'usage. Dans les années 1950, le génie littéraire Aldous Huxley allait prendre 0,4 g de mescaline, l'alcaloïde actif du peyotl, et décrire son expérience dans son livre Les Portes de la perception. L'ouvrage sera ensuite d'une grande influence sur Timothy Leary, psychologue un temps affilié à Harvard et comptant parmi les principaux architectes de la grande vague des hallucinogènes dans les années 1960. Leary comme Huxley ont par ailleurs expérimenté une drogue encore plus forte, le diéthyllysergamide – plus connu sous le nom d'acide ou LSD –, substance chimique dérivée de l'ergot de seigle.

Aujourd'hui, des scientifiques se mobilisent pour surmonter la raideur bureaucratique qui étouffe la recherche sur les psychédéliques. Après trois ans de négociations avec le gouvernement britannique, une équipe de chercheurs de l'Imperial College de Londres vient de commencer à étudier la psilocybine issue des champignons magiques pour comprendre ses effets sur certains symptômes dépressifs. Les règles qui leur étaient imposées étaient des plus excessives : chaque dose de psilocybine coûtant des milliers d'euros, elle devait être conservée dans un coffre-fort comme s'il s'agissait de matériel radioactif susceptible d'être vendu à l'Iran. Durant l'expérience, deux doses de psilocybine furent administrées à vingt personnes souffrant de dépression réfractaire et ayant déjà tenté au moins deux autres procédures thérapeutiques. De manière quasi immédiate et durant un suivi de six mois, les scientifiques allaient constater que les symptômes dépressifs avaient nettement diminué dans ce groupe. « Il n'y a tout simplement pas de mots pour décrire ce que j'ai vécu, mais je peux dire que le récit négatif qui constituait auparavant mon existence a complètement disparu », a ainsi déclaré l'un des patients traités à la psilocybine. « Il a été remplacé par un sentiment de chaos magnifique, un paysage d'un chatoiement et d'une beauté inimaginables. »

La psilocybine pour apaiser les cancéreux

Dans une autre étude randomisée en double-aveugle et récemment menée à l'université John Hopkins, 51 patients atteints d'un cancer potentiellement mortel et souffrant de dépression ou d'anxiété relative à la peur de la mort ont reçu une dose importante de psilocybine. Les deux tiers des patients allaient déclarer que l'expérience fut l'une des plus importantes de leur vie. « Quelque part, j'ai été capable de comprendre ce qu'est l'unicité », a ainsi déclaré l'un des malades enrôlés dans l'étude clinique, tandis qu'un autre assurait avoir acquis des connaissances métaphysiques sur la nature de la réalité en ces termes : « Le sentiment que tout est Un. J'ai ressenti l'essence de l'univers. » En outre, 90 % des participants ont consigné une diminution substantielle de leurs symptômes dépressifs et anxieux, et l'un des auteurs de l'étude, Stephen Ross, a expliqué à Scientific American : « Qu'une seule dose d'un médicament produise des résultats aussi conséquents et durables est tout simplement sans précédent dans l'histoire de la psychiatrie. »

J'avoue être sceptique quant à la médicalisation de l'expérience psychédélique dont fait écho ce commentaire. Si vous prenez le cas des opioïdes ou du cannabis thérapeutique intégré au traitement de l'épilepsie ou de la douleur, les drogues ont un niveau d'action qui n'exige pas nécessairement que le patient subisse leurs effets psychoactifs, qui ne sont qu'un épiphénomène de leur action médicale. Une étude révèle cependant que, concernant les psychédéliques, l'histoire est tout autre : « Les effets thérapeutiques de la psilocybine ne sont pas qu'un simple produit d'une action pharmacologique isolée, mais sont bien plutôt dépendants de l'expérience. » Lorsque les personnes n'expérimentent pas de bouleversement psychédélique profond, elles ne constatent pas d'amélioration de leurs symptômes. Ce qui signifie que ce sont plutôt la modification radicale de l'état de conscience et les nouvelles perspectives offertes sur la vie qui génèrent l'amélioration émotionnelle, plutôt que d'autres actions pharmacocentriques de la substance. Mais tout comme il serait impropre de qualifier de « médicament » une visite de l'archange Gabriel, cela n'a aucun sens de qualifier de « médicament » une expérience bouleversant votre vision du monde ou ce que vous pouviez penser de la structure métaphysique de l'univers. Il serait sans doute plus juste de voir dans les traitements psychédéliques une « expérience particulièrement profonde et merveilleuse de chambardement de l'âme », susceptible de libérer certains individus des chaînes de l'anxiété et de la dépression. Mais si la psilocybine n'était légalisée que pour « traiter » la dépression et l'anxiété, cela reviendrait à dire que seules les personnes dépressives et anxieuses ont le droit de vivre ces expériences « particulièrement profondes et merveilleuses ». Comme s'il valait mieux assimiler les psychédéliques à des « médicaments » qui ne seraient admissibles que pour des « malades », au lieu d'admettre que leurs mécanismes d'action peuvent être tout aussi positifs pour d'autres populations...

« Amélioration de la conscience »

Matériellement, que se passe-t-il ? Dans la seule étude de ce type, il a été observé que la psilocybine et le LSD augmentaient la diversité des signaux neuronaux, ce qui pouvait générer une « amélioration de la conscience ». Reste qu'il est difficile de savoir précisément ce que cette diversité augmentée de nos signaux neuronaux peut signifier au quotidien. À l'évidence, vivre un trip psychédélique ne se traduit pas d'une manière positive sur le plan de la mesure ordinaire de l'intelligence. Comme le déclarait le psychologue Arthur Kleps devant le Congrès américain en 1966 : « si je devais vous faire passer un test de QI pendant l'administration de la substance, alors qu'un des murs de la pièce s'ouvre pour vous donner un aperçu de la splendeur des soleils galactiques et qu'au même moment, c'est votre enfance qui commence à se dérouler devant votre œil intérieur comme un film en technicolor, il y a fort à parier que cela soit un échec ».

Reste que la résolution de problèmes ou la survenue d'idées créatives sous LSD sont bien connues. Le chimiste et Prix Nobel Kary Mullis, inventeur de la réaction en chaîne par polymérase – processus permettant aux scientifiques de reproduire rapidement de nouvelles copies d'ADN –, en est un consommateur. « Cela fut certainement bien plus important que tous les cours que j'ai pu suivre », a ainsi déclaré Mullis, attribuant sa découverte à un trip sous LSD. « Je pouvais fixer une molécule d'ADN et voir les polymères se succéder ». Selon Richard Kemp, Francis Crick, co-découvreur de la structure de l'ADN, lui aurait un jour confié avoir conçu cette structure sous l'influence du LSD. Les inventeurs, architectes, musiciens et autres artistes sont nombreux à expliquer la force de leur imagination par l'usage de drogues psychédéliques. C'est le cas de Steve Jobs, fondateur d'Apple, qui avait dit du LSD consommé dans sa jeunesse : « C'est la chose la plus profonde qu'il me soit jamais arrivé. »

Les portes de l'enfer ou du paradis ?

Le premier bad trip au LSD a été expérimenté par son inventeur même, le chimiste Albert Hoffman, qui est aussi le premier scientifique à avoir isolé et nommé la psilocybine. En 1943, trois jours après avoir connu par hasard le premier trip sous LSD de l'histoire, il allait en prendre sciemment 250 microgrammes. Hoffman dira avoir eu l'impression d'étouffer, d'avoir un goût métallique dans la bouche, que ses membres étaient plus lourds que des poutres d'acier. Autour de lui, les visages lui apparurent grimaçants et son champ visuel se déforma alors qu'il criait et gémissait des « paroles incompréhensibles », comme « à moitié fou ».

Avec des drogues comme l'alcool ou l'héroïne, la consommation se fait au moins avec une certaine prévisibilité et régularité en termes d'effets. Timothy Leary mettait en garde contre la fluctuation du « paysage » d'un trip sous acide, susceptible de changer du jour au lendemain chez un même individu tant l'expérience dépend de son état émotionnel et psychologique. Dès lors, nous ne savons jamais vers où le « trip » nous mènera, vu qu'il s'élabore à partir des régions les plus profondes de l'esprit.

Décrivant dans son livre LSD, mon enfant terrible l'histoire du LSD depuis son invention jusqu'en 1979, Hoffman faisait part de ses profondes réserves quant aux abus qui pouvaient être faits avec le LSD, tout en exprimant par ailleurs son optimisme vis-à-vis du potentiel de la substance. Hoffman voulait faire comprendre à ses lecteurs que le LSD était une drogue altérant profondément l'âme et la conscience, et qu'elle n'était donc pas recommandée dans les fêtes, les discothèques ou les raves. « À ce jour, l'histoire du LSD démontre largement combien les conséquences peuvent être catastrophiques lorsque la profondeur de ses effets est mal évaluée et que la substance est confondue avec une drogue récréative », alertait ainsi Hoffman. « Une préparation interne et externe spéciale est nécessaire et, avec elle, la consommation de LSD peut devenir une expérience édifiante. Mais à cause d'une utilisation incorrecte et impropre, le LSD est devenu mon enfant à problèmes ».

Les hallucinogènes peuvent-ils vous cramer le cerveau ?

En 2010 et 2015, deux équipes de recherche indépendantes (dont l'une était composée de quarante scientifiques) ont mené une « analyse de décision multicritères » visant à classer les drogues les plus courantes en fonction des dégâts que leur consommation causait aux utilisateurs et à leur entourage. Ces rapports examinaient la nocivité des drogues selon seize critères différents – notamment : mortalité par toxicité, mortalité par blessure, lésions corporelles spécifiques à la drogue, lésions corporelles liées à la drogue, niveau de dépendance, déficience mentale due à l'intoxication, déficiences dues à des causes secondaires liées à la drogue, effets sur la qualité de vie (via, par exemple, une perte d'emploi ou une chute des résultats scolaires) et sur les relations sociales. Ces deux équipes allaient aboutir à des conclusions quasiment identiques : les drogues psychédéliques sont parmi les drogues les moins nocives aujourd'hui consommées. Elles le sont même considérablement moins que le cannabis et les champignons magiques sont la drogue la moins nocive de toutes les substances passées au crible. Quant à l'autre côté du spectre, l'analyse multicritères de 2015 conclut que : « Les données confirment clairement que l'alcool doit être considéré comme la drogue la plus dangereuse de toutes ». (Pour le comprendre en détail, il faudrait un autre article).

Ne soyez pas surpris par le score de risque ridiculement bas attribué au LSD et aux champignons hallucinogènes. Comme l'écrit David Nutt, neuroscientifique et ancien conseiller principal du gouvernement britannique sur les drogues : « À notre connaissance, les psychédéliques sont parmi les drogues les plus sûres. La surdose mortelle est quasiment impossible, ils ne causent aucun préjudice physique et ils semblent même empêcher l'addiction ». Trois raisons peuvent expliquer pourquoi les psychédéliques sont considérés comme l'un des rares types de drogues non dépendantogènes. Dans son classique sur la question publié en 1984, le pionnier de la recherche scientifique sur les drogues, Norman Zinburg, décrivait l'ennui que causait rapidement la consommation d'hallucinogènes. Contrairement à d'autres substances génératrices de sensations intrinsèquement agréables, la plupart du temps, la profondeur et l'agrément d'un trip psychédélique sont relatifs à la nouveauté de l'expérience. Et la nouveauté n'est pas un phénomène durable : la première fois que vous regardez dans un kaléidoscope, vous pouvez être fasciné par la gamme de couleurs que vous y verrez, sauf que peu de gens voudront passer le reste de leur vie à le faire tous les jours. Deuxièmement, les psychédéliques ne provoquent aucun effet de manque. Troisièmement, et c'est là peut-être la raison la plus importante, le cerveau développe rapidement une tolérance aux substances psychédéliques, ce qui fait que ces drogues perdent de leur effet si elles sont consommées trop souvent.

Si nous comparons les risques sanitaires des psychédéliques à ceux de l'obésité, se taper du LSD pourrait être moins nocif qu'un hamburger, mais quid des conséquences sur la santé mentale  ? Autant le dire tout de suite : la crainte de se retrouver « coincé » dans un trip psychédélique ne repose à peu près sur rien. Personne ne continue à ressentir les effets d'un hallucinogène lorsque le corps a éliminé la substance, mais il existe un problème rare, le « syndrome post-hallucinatoire persistant » (SPHP) dans lequel des individus peuvent être gênés par des bruits et des tâches de lumière ou de couleur des semaines voire des mois après une expérience psychédélique. Selon un article de Vice, certaines personnes rapportent même ces soucis durant des années. Mais la journaliste de Vice s'emmêle les pédales lorsqu'elle décrit le syndrome post-hallucinatoire persistant comme « une maladie mal comprise que vous ne pouvez contracter que si vous avez consommé des drogues hallucinogènes ». En réalité, de nombreuses études montrent que ces mêmes symptômes peuvent se manifester spontanément et à la même fréquence chez des gens qui n'ont jamais consommé de psychédéliques, ce qui laisse entendre que l'ensemble du phénomène pourrait être une erreur de diagnostic, et le SPHP une maladie rare possiblement sans lien avec les hallucinogènes. Une analyse groupée de huit études à double aveugle contrôlées par placebo révèle que, sur 110 personnes, les doses cliniques de psilocybine ne permettent pas d'attester du moindre problème de santé mentale, y compris le SPHP.

Des études de cas observent des effets indésirables du LSD, comme des crises de panique ou autres troubles anxieux. Mais vu que 10 % de la population américaine essaiera du LSD au cours de sa vie et que 3 % de cette même population souffrira un jour de problèmes de santé mentale, certains chercheurs estiment que ces études ne font que révéler l'endroit où les courbes des risques de consommation de substances hallucinogènes et d'incidents psychotiques se rejoignent. Dans une étude publiée en 2017, seize personnes ont pris du LSD pour la première fois de leur vie. Douze mois plus tard, les chercheurs ont demandé à leurs sujets ce qu'ils pensaient de leur expérience. Aucun n'allait consigner d'effet négatif et quinze personnes sur les seize enrôlées allaient la décrire comme l'une des expériences plus positives et édifiantes de leur vie. Conformément à d'autres études, les chercheurs ont conclu que l'utilisation de LSD précédait une amélioration à moyen et à long terme de la santé psychologique. Une étude beaucoup plus conséquente financée par le Conseil norvégien de la recherche et portant sur 21.979 consommateurs de LSD, de champignons magiques et de mescaline montre que la consommation d'hallucinogènes n'est pas corrélée à une augmentation du risque de SPHP, mais qu'elle s'associe à une incidence un peu inférieure à la normale de problèmes de santé mentale. Un même constat a été fait chez les Navajos consommateurs de peyotl.

Des données qui ne cadrent pas très bien avec la théorie des hallucinogènes liquéfiant la cervelle, qui semble bien plutôt tenir de la légende urbaine.

Très bien, mais qu'en est-il des crises de panique et autres accidents survenant durant un bad trip ? Après tout, le phénomène peut être si effrayant que des gens se retrouvent à l'hôpital ou à courir nus sur l'autoroute. Lors d'une expérience scandaleuse de la CIA en 1953, le scientifique Frank Olson allait consommer sans le savoir du LSD dissout dans une bouteille de Cointreau et plonger quelques jours plus tard dans une profonde dépression. Raison pour laquelle il se serait jeté du dixième étage d'un immeuble de New York. En 2015, le fils du musicien Nick Cave, Arthur Cave, est décédé des suites d'une chute alors qu'il hallucinait sous LSD. Il va sans dire qu'il n'est pas recommandé de droguer des personnes à leur insu ou de se promener le long d'une falaise en consommant des hallucinogènes. Sauf que des gens ivres se jettent par la fenêtre ou tombent de leur balcon tous les jours, et que les cas où seule la consommation de psychédéliques, sans alcool ni autre substance, peut clairement être considérée comme la cause de telles tragédies sont quasiment introuvables dans la littérature scientifique.

La plupart des gens ne feront pas de bad trip en consommant des psychédéliques et même chez ceux à qui cela arrive, la chose n'est en réalité pas si terrible. Une étude sur les effets à long terme d'un bad trip a été menée auprès de 2 000 personnes ayant un jour vécu une telle expérience avec des champignons magiques. Sur ces 2 000 personnes, 3 avaient souffert de symptômes psychotiques et 3 autres avaient tenté de se suicider. Et seuls 2 % des personnes interrogées allaient déclarer que l'expérience avait eu un effet très négatif sur leur vie – contre 84 % pour qui ce « bad trip » avait en réalité amélioré leur bien-être. « L'incidence des comportements à risque ou des cas de détresse psychologique persistante est extrêmement faible », conclut ainsi l'étude. Selon son auteur principal, Roland Griffiths, « une expérience difficile, parfois décrite comme une catharsis, s'ouvre souvent sur une issue à la signification personnelle positive ou spirituelle ». Pour le dire plus simplement, la plupart des « mauvais voyages » finissent par être bons, même si dans un très petit nombre de cas, cela peut être extrêmement préjudiciable.

Les hallucinogènes dans un monde injuste

En Australie, le rapport 2018 sur les overdoses du Pennington Institute ne mentionne à aucun endroit de ses 53 pages les mots « LSD », « champignon » ou « psychédélique », pas même pour nous informer qu'aucun décès lié à ces drogues n'est survenu en Australie cette année-là. En 2006, lors d'une session conjointe entre la commission parlementaire britannique sur les sciences et les technologies et le conseil consultatif du gouvernement britannique sur l'abus de drogues (ACMD), il a été constaté que, dans toutes les archives disponibles, un seul décès attribuable à la consommation de champignons magiques était consigné. Ce qui a surpris ce comité, vu que les champignons hallucinogènes sont considérés comme une drogue de classe A en Grande-Bretagne ayant, comme l'héroïne et le crack, un « potentiel d'abus élevé ». Michael Rawlins, président de l'ACMD, allait déclarer : « Je ne sais pas ce qui a pu passer dans la tête de ceux qui l'ont classé ainsi en 1970 et 1971 ». Mais aucun changement législatif n'a été depuis opéré.

En 2008, le gouvernement des Pays-Bas a chargé ses propres scientifiques de fournir un rapport sur les méfaits des champignons psilocybiques, jusqu'alors légaux dans ce pays. Le rapport conseillait au ministre de la Santé de maintenir le statut juridique des champignons magiques en concluant que : « l'utilisation de champignons magiques conduit rarement (voire jamais) à une dépendance physique ou psychologique, [ses] effets indésirables aigus et chroniques sont relativement rares et en général légers [ses] effets sur la santé publique et l'ordre public sont très limités et (…) la criminalité liée à l'utilisation, la production et le trafic de champignons magiques est quasi inexistante ». Sauf que le ministre de la Santé est allé dans la direction opposée et les champignons magiques sont interdits aux Pays-Bas depuis 2008.

L'interdiction des psychédéliques est un microcosme de la guerre contre la drogue menée de par le monde et ne fait qu'exposer l'exhibitionnisme moral des politiciens qui veulent à tout prix montrer qu'ils sont plus saints que leurs adversaires. Cela n'a rien d'un exercice de protection des individus ni d'une tentative de promotion du bien-être humain. Et cette invasion de nos libertés fait que nous avons au moins quarante ans de retard en matière de traitement de la dépression, de l'anxiété et peut-être même de tout un éventail d'autres troubles médicaux et socio-spirituels.

Dans cet article, je me suis concentré sur les avantages empiriquement mesurables des psychédéliques et je n'ai pas exploré le phénomène émergent du microdosage : la consommation de substances psychédéliques en quantités infimes, en deçà du seuil de l'expérience psychoactive et ce afin de soulager le stress ou de favoriser la concentration et l'imagination. Je n'ai pas non plus décrit d'autres pistes intéressantes que nous n'avons pas encore testées ou comprises. Dans La Constitution de la Liberté, F.A. Hayek écrivait « il sera toujours possible de mettre en avant les avantages tangibles et immédiats qui résulteront d'un empiétement sur la liberté, alors que les bienfaits auxquels on renonce seront, par leur nature, toujours indéfinis et incertains ». Dans le débat sur les drogues psychédéliques, qu'on se rappelle qu'en matière de réduction des maux, les promesses de la prohibition doivent être pondérées par tous les bienfaits que ces substances sont susceptibles nous apporter – et ce qu'ils soient connus ou incertains.

*Matthew Blackwell est un écrivain australien, diplômé de l'université du Queensland en économie et en anthropologie.

--------------------------------------

** Cet article est paru dans « Quillette ». « Quillette » est un journal australien en ligne qui promeut le libre-échange d'idées sur de nombreux sujets, même les plus polémiques. Cette jeune parution, devenue référence, cherche à raviver le débat intellectuel anglo-saxon en donnant une voix à des chercheurs et des penseurs qui peinent à se faire entendre. « Quillette » aborde des sujets aussi variés que la polarisation politique, la crise du libéralisme, le féminisme ou encore le racisme.

--------------------------------------

 


Cliquez sur la photo...

 

--------------------------------------

SOURCE : Le Point

--------------------------------------

 

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

17/04/2019

Le réel face aux inquisiteurs pacifistes

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 


Cliquez sur la photo...

 

Alors que les premières flammes s’élevaient dans le ciel et ravageaient Notre Dame de Paris, des voix médiatiques, politiques et militantes affirmaient sans aucune possibilité de vérification policière et scientifique, que cet incendie ne pouvait être que d’origine accidentelle.

Balayant d’un revers de main toute autre piste et entrant dans une chasse aux sorcières inquisitrice quiconque osait s’interroger et convoquaient le complotisme, l’islamophobie et l’irrespect de la période de recueillement. Le sceau de la bête tatoué sur nos épaules, il nous reste à nous terrer dans le silence pendant que des milliers de tweets se félicitent de cette catastrophe, espérant même voir une mosquée jaillir en lieu et place de Notre Dame. Après les meutes qui lynchaient le petit Hugo, coupable d’une blague sur la kaaba, les hyènes dépeçaient le grand Victor Hugo et manifestaient leur haine effroyable de la France, du christianisme, des catholiques, de tout ce qui fait Nation, Culture et Histoire dans notre magnifique pays.

Cette propension à nous faire taire, à bâillonner, n’est jamais dirigée contre les islamo racailles, curieusement.

Si la thèse islamiste venait à être authentifiée, cela signifie, si je comprends bien, qu’il faut la cacher par peur de représailles ?

Et jusqu’à quand on cache cela ? On attend de voir Versailles brûler? Puis la Tour Eiffel tomber ?

Voyez où cela nous a mené de cacher les violences envers les juifs, le pas de vague dans l’éducation nationale et le refus de nommer l’islamisme comme l’ennemi depuis le choc du WTC voire depuis Khaled Kelkal ou le voile de Creil ?

Comment voulez-vous qu’on luttte contre le volet guerrier du djihâd lorsqu’on en est réduit à la laïcité du poisson du vendredi à la cantine ?

Il suffit de centaines de djihâdistes qui tuent des milliers d’innocents en Europe pour motiver une centaine d’identitaires en France.

Remettons les choses à l’endroit pour commencer.

C’est parce que nous avons toléré par angélisme islamistes et super caïds de banlieues que nous avons en France des attentats depuis 30 ans.

Dans un pays musulman, des blancs chrétiens qui auraient commis le dixième de ce qu’ils ont commis en France, cela se serait terminé par un génocide de tous les blancs chrétiens de ces pays.

Affirmer qu’il ne faut pas tomber dans le piège tendu par les djihâdistes démontre surtout une logique de soumission puisqu’ils induisent une plus grande sévérité à l’égard d’une poignée d’identitaires de l’ultra droite traditionnelle qu’à l’encontre de milliers d’islamistes.

Cela signifie que les islamistes sont maîtres du jeu et que nous devons tout faire pour ne pas les mettre en colère, ne pas les énerver, car les banlieues sensibles pourraient se soulever.
Celles-ci sont la variable d’ajustement dont se servent habilement les responsables religieux musulmans pour faire progresser l’islam dans la société française. Les djihâdistes et les caïds des banlieues rendent donc service à l’islam en France.

Et cette attitude explique la soumission progressive de la société française par l’intermédiaire de ses élites, voire même la collaboration de certaines citadelles de gauche comme la justice et le monde universitaire avec l’islamisme. Finalement le livre de Houellebecq, Soumission, n’était pas islamophobe mais francophobe car il mettait en lumière la lâcheté, la veulerie, l’appétence pour la collaboration des élites françaises, prêtes à tout pour préserver leurs rentes de situation, tout en parant leur ignoble comportement de vertus droitdelhommistes et pacifistes. Ce qui a l’avantage de présenter celui qui s’oppose au totalitarisme comme un ennemi de la paix, de la tolérance et des droits de l’homme.

Pour terminer je voudrais citer Pierre-André Taguieff qui, dans son ouvrage sur Julien Freund [Julien Freund : Au cœur du politique], rapporte un dialogue entre Jean Hippolyte et Julien Freund lors de la soutenance de thèse en 1965 de ce dernier. Hippolyte dit :

"Sur la question de la catégorie de l’ami-ennemi, si vous avez vraiment raison, il ne me reste plus qu’à aller cultiver mon jardin."
Freund répliqua :
"Écoutez, Monsieur Hippolyte, vous avez dit […] que vous aviez commis une erreur à propos de Kelsen. Je crois que vous êtes en train de commettre une autre erreur, car vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes.
Du moment que nous ne voulons pas d’ennemis, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes.
Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin."

"Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à me suicider." répondit Hippolyte.

Raymond Aron à propos des réponses d’Hippolyte :

Votre position est dramatique et typique de nombreux professeurs. Vous préférez vous anéantir plutôt que de reconnaître que la politique réelle obéit à des règles qui ne correspondent pas à vos normes idéales."

-------------------------

SOURCE : La France de Marianne

-------------------------

 


Cliquez sur la photo...

18:26 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11/11/2018

11 Novembre - bis

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 


Cliquez sur la photo...

 

Le 14 juillet 1918, à la tête de son Corps-Franc (ancêtre des Commandos d'aujourd'hui), un jeune homme de 21 ans au courage exceptionnel et au patriotisme sans mesure se fraie un chemin à travers la ligne de front et une partie des tranchées ennemies et parvient à faire 27 prisonniers Officiers, au sein de l'état-major allemand, qu'il ramène avec ses hommes vers les lignes françaises, à nouveau à travers la ligne de front et une partie des lignes allemandes. Les informations et documents essentiels qu'il rapporte de sa foudroyante opération permettent de connaître le plan de l'offensive ennemie prévue pour le lendemain, 15 juillet 1918...

Cet exploit sera décisif pour la suite des événements... et la Victoire finale...

Pour cette action hors du commun, ce jeune homme recevra la Médaille Militaire le 25 juillet 1918 des mains du général Pétain... puis, il recevra du Général Gouraud la Croix de la Légion d’honneur le 7 avril 1927, au cours d'une prise d'armes dans la cour des Invalides... La croix est accompagnée d'une citation : "Sous-officier d'élite, d'une bravoure hors de pair. […] Il a été, en tout point, un serviteur modèle et un de nos artisans de notre victoire finale. C'est un beau brave"...
Le Président de la République, Raymond Poincaré, salut en lui "un des artisans de la Victoire"...

Lorsque éclate la Seconde Guerre Mondiale deux décennies plus tard, le même homme âgé pourtant de 42 ans s’engage sans réfléchir comme combattant volontaire. Affecté, comme lieutenant, dans un Corps-Franc de 150 hommes du 24 ème Bataillon de Chasseurs de la 29 ème Division, chargé d’actions de commando et de renseignement derrière les lignes ennemies, il s’illustre encore aux combats.
À la suite d'une mission de renseignement, les 7 et 8 février 1940, à Forbach, il est nommé "premier soldat de France" et fait Officier de la Légion d’Honneur, par le général Georges, pour être retourné chercher aux mains de l'ennemi le corps de son chef et ami, le capitaine Agnely. La couverture de Match du 21 mars 1940 lui est consacrée. Après de nombreux combats lors de la bataille de France, de la Somme à la Loire, il est fait prisonnier le 19 juin 1940, mais il parvient à s’évader du camp de Pithiviers en août 1940 et à rejoindre Nice.

Après la Libération, Georges Bernanos dira de lui : "s’il y avait eu plus d'homme comme lui en 1940, il n’y aurait pas eu de miliciens en 1944"...

Cet homme s'appelait Joseph Darnand... il deviendra le Chef de la Milice Française sous Pétain, par fidélité au Maréchal... et passera une partie de l'occupation (de 1943 à 1945) à faire la chasse aux résistants et aux juifs...

Complexité de la vie... contre Manichéisme idéologique.

Il est cependant bien curieux et bien étrange de commémorer une Victoire qui mit fin à cette sinistre première tragédie européenne et mondiale sans se souvenir de certains protagonistes qui en furent des acteurs essentiels...

 


Yoooooo ! Le "Posse" de Manu est dans la Place...

15:44 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

31/10/2018

Un affreux jojo d'eSStrême Drouâte ! Un fasciste ! Un Nazi !

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

Donc... si j'ai bien tout compris, moi qui ne suis pas une flèche... le mec qui vient d'être élu au Brésil a mis dans son programme qu'il souhaitait garantir une Liberté d'Information, d'Opinion, d'Internet, des Médias, de la Politique et protéger les choix religieux de tout un chacun...

Il veut affirmer l'égalité de tous les individus sans exception devant la Loi... Réduire le nombre exponentiellement croissant des Ministères que la Gauche a propagé depuis des années et qui ne servent qu'à donner du boulot à des politicards parasites vivant du sang et de la sueur des contribuables...

Soutenir le Libre Echange Economique et supprimer le Droit de Douane...

Permettre à n'importe qui de vivre comme il l'entend en faisant les choix qui sont les siens à la condition qu'il n'impose sa vision de vivre à personne, ni par prosélytisme, ni par militantisme quelconque...

Combattre la redoutable criminalité brésilienne qui est un véritable poison... en particulier pour les quartiers pauvres et défavorisés...

Et donc ce mec serait un affreux jojo d'eSStrême Drouâte ! Un fasciste ! Un Nazi !

Bien...

Ceux qui disent ça devraient relire leur petit guide illustré de tonton Adolf et papy Benito et, éventuellement, chercher quelque autre argument à l'encontre du nouveau Président de ce pays émergeant qui pèsera lourd dans 50 ans dans la Valse des Nations...

Quant aux références philosophico-économiques du nouveau président brésilien, non ce n'est pas "Mein Kampf"... Mais deux Libéraux Classiques... Frederic Bastiat et Ludwig von Mises...

Hitler et Mussolini se retournent dans leurs tombes...

 


Cliquez sur la photo...

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/10/2018

Rivières africaines et asiatiques...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

Une de mes connaissances réactionnaires sur Fesse de Bouc :

"Selon une étude publiée en octobre 2017 dans une revue anglophone consacrée aux problèmes environnementaux, 95 % des plastiques qui polluent les océans proviennent de fleuves situés en Afrique et en Asie.

En tant qu'Européen, je veux bien être informé de ce problème, mais je n'en suis pas responsable. Je suis sans doute responsable par mon mode de vie occidental de nombreux dégâts causés à la nature, mais il en est beaucoup dont je suis innocent, et dont les réels responsables semblent se contrefoutre - et je pense tant aux dirigeants des pays vraiment concernés qu'à leur simples citoyens. Allez voyager dans certains pays du tiers-monde et constatez-y le fatalisme coupable des simples gens à l'égard des immondices qu'ils produisent.

Nous sommes sans cesse informés de graves problèmes environnementaux dans les médias occidentaux. Cette surinformation produit un phénomène de sidération et de culpabilisation de personnes souvent irresponsables auxquelles on fait croire que certains changements dans leurs habitudes vont permettre de sauver la planète, avant de leur rappeler qu'il n'en est rien et qu'elles doivent encore faire des efforts ! Et pendant ce temps, on ne s'attaque pas aux vraies causes.

Encore une fois, culpabiliser les innocents quoiqu'ils fassent, c'est le propre d'un système de type pervers-narcissique."

 

 


Cliquez sur la photo...

21:39 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

30/07/2018

La prochaine étape...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 


Cliquez sur la photo...

 

Au sortir d'une soirée arrosée en compagnie de mon épouse et d'un ami...

-----------------------------

Moi -- Je me souviens de ce film d'Alexandre Arcady, "Le Grand Pardon", 1982... y'a une scène ou le Parrain de la Mafia juive, interprété par Roger Hanin, va rendre visite au Parrain de la pègre algérienne pour discuter le bout d'gras à propos d'une guerre entre clans et d'un cadavre de trop. L'algérien le reçoit tout sourire et on voit à travers une fenêtre un petit garçon blond qui joue (si ma mémoire est bonne) du violoncelle... et le parrain algérien dit au parrain juif : "Je l'ai fait avec une française, c'est un fifty/fifty"... et il balance son prénom, que j'ai oublié... un prénom tout ce qu'il y a de plus français... genre François, Frédéric ou Michel...

Bref... ce que je veux dire... c'est qu'en 1982... disons 1981, le film a dû être tourné l'année précédente, l'immigration était encore considérée dans une optique d'Assimilation... même pour un parrain de la pègre algérienne en mal de réussite et de reconnaissance qui par la loi de la rue cherchait juste à sauter les étapes. Il se salissait les mains pour que sa descendance, dans le pays, porte un "prénom gaulois" et ait, si on y réfléchit deux secondes, une place organique dans ce paysage français... Ensuite, se sont déployées les années "Mitterrand"... et on s'est mis à entendre le terme "intégration" à tire larigot. Face à l'arrivée massive de migrants, on demandait, désormais, aux gens de s'intégrer juste aux moeurs et aux lois, aux Us et Coutumes du pays qui les accueillait. Dans une très large mesure, ça pouvait encore fonctionner, car on se disait encore, c'est une immigration provisoire, viendra un moment où ces immigrés retourneront chez eux... après quelques années de labeurs, à l'approche de leur retraite... bref... C'était sans compter sur toutes les Aides Sociales tricotées par les socialistes et OFFERTES à tous les malheureux de la terre. Appel d'air redoutable.

Puis, à présent... on parle carrément d'inclusion. Ce qui implique le postulat suivant : "Venez tels que vous êtes. Conservez l'intégralité de ce que vous êtes... non pas entre les quatre murs de votre foyer, mais partout... dans la rue... dans les files d'attentes administratives... dans les entreprises... PARTOUT... Votre présence sera notre enrichissement."
Enfin... c'est ce qu'affirment les progressistes qui ne vivent pas dans les quartiers dits "populaires"... mais passons...

Voilà... on est passé de l'Assimilation... à l'Intégration... et, à présent, à l'Inclusion... je me demande quelle sera la prochaine étape...

Irina -- L'absorption... la nôtre, bien entendu...

Moi -- ...

 

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

29/07/2018

Blackwashing

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 


Cliquez sur la photo...

 

Omar Sy vient d'obtenir le premier rôle pour interprêter Arsène Lupin, dans une nouvelle série financée par Netflix.
Ce qui est pathétique avec le "Blackwashing", c'est que bien que prétendument "progressiste", il n'y a rien de plus "raciste" comme procédé... puisque en "colorisant" Arsène Lupin... demain James Bond... la Torche Humaine dans l'équipe des "Fantastic 4" et je ne sais qui d'autre, cela sous-entend que les Noirs n'ont pas de héros à proposer et qu'on doit leur faire l'aumône des héros issus de l'imaginaire occidental...

Paradoxalement... moi le petit blanc originaire de Serbie et ayant grandi en France, je n'ai jamais eu envie de "blanchiser" les héros de ma jeunesse... je vibrais aux coups d'éclats des sabres des Samouraïs... aux cris de guerre des indiens des plaines... je faisais des sauts dans ma chambre en me prenant pour Bruce Lee... et je rêvais d'atteindre le paroxysme guitaristique de Jimi Hendrix... Noirs, peaux-rouges ou faces bridées... je portais avec un même élan tous ces êtres dans mon coeur mais sans souhaiter renoncer un seul instant à ce que j'étais, ni sans désirer m'emparer de leur héritage en oubliant de faire mention de leurs origines.

 


Cliquez sur la photo...

 


Cliquez sur la photo...

 

Ce que, en revanche, vous ne verrez jamais...

 


Cliquez sur la photo...

 


Cliquez sur la photo...

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/06/2018

Patrick Buisson - Dominique Reynié : quel avenir pour la droite ?

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 



L’auteur de La Cause du peuple rêve d’un populisme conservateur à la française tandis que le directeur général de la Fondation pour l’innovation politique s’inscrit dans une tradition plus libérale. Cependant, les deux théoriciens se retrouvent sur un même constat. Un an après l’élection de Macron, l’opposition de droite est toujours affaiblie et sa recomposition ne fait que commencer.

LE FIGARO MAGAZINE – Un an après son élection, Macron a su séduire une partie de l’électorat de droite tandis que l’opposition de LR et du Rassemblement national peine à se faire entendre. Comment l’expliquez-vous? Macron est-il finalement un président de droite?

Dominique REYNIÉ – Distinguons la position des Républicains et celle du désormais Rassemblement national. Les Républicains sont un parti d’alternance. Sa vocation est donc de gouverner. Face à Emmanuel Macron, Les Républicains devraient constituer une opposition visible, thématique, crédible, ordonnée autour d’une doctrine. Aujourd’hui, ils n’offrent rien de cela. Différemment, Marine Le Pen dirige un parti de rupture. Sa promesse est de combattre le système, et non de le gouverner à la place de Macron. La force de son opposition se manifeste lors des grands scrutins nationaux. Parti officiel de l’alternance, Les Républicains devraient donner le sentiment d’être en route vers le pouvoir… Leur situation est donc beaucoup plus dégradée que celle du Rassemblement national, crédité d’un programme d’action radicale dont les électeurs ne se détacheront pas facilement et sûrement pas pour se recentrer. Enfin, Emmanuel Macron satisfait indubitablement une fraction de la France de droite, par sa manière d’incarner la fonction présidentielle, de porter le drapeau, contrastant avec son prédécesseur, ou encore par sa confrontation victorieuse avec la CGT. À droite, on a trop peu considéré l’exaspération qu’a provoquée jusqu’ici le spectacle d’un pouvoir investi par les urnes mais reculant cependant sous la pression de minorités actives agissant depuis la rue. L’électorat, surtout à droite, a fini par y voir l’expression d’un mépris pour la souveraineté du vote.

Patrick BUISSON – La droite est reconnaissante à Emmanuel Macron de la manière dont il a su endosser l’habit de monarque républicain. Sa force, c’est d’avoir compris que la France est un pays de tradition chrétienne et latine où le pouvoir ne s’exerce pas par délégation, mais par incarnation, et que si l’on veut retrouver l’autorité comme fonctionnalité, il faut d’abord la rétablir comme transcendance. Au-delà de la droite, ce type de pouvoir épiphane rencontre une large adhésion populaire ancrée dans notre tradition politique. C’était déjà le propos d’un paysan au lendemain de la défaite de Sedan: «La République, moi j’ai rien contre ; à condition que ce soit Napoléon qui soit roi.» Ce qui manque, cependant, à Macron, c’est l’altitudo des anciens monarques. Sa verticalité est en lévitation, c’est une verticalité hors sol qui risque à tous moments de déraper vers l’autocratisme faute de s’appuyer sur le consentement populaire. En fait, il y a chez lui un mélange d’autocratisme et de démophobie. Il a du peuple une image péjorative estimant que celui-ci est dépourvu de tout jugement parce que tributaire de ses affects et de ses passions forcément tristes.

En cela, il s’inscrit parfaitement dans la tradition de la démocratie gouvernée contre la démocratie gouvernante, c’est-à-dire du gouvernement pour le peuple, et non par le peuple, qui consiste à exclure celui-ci du processus de décision et à privatiser les instruments du pouvoir au profit d’une caste. La pensée médiévale distinguait les tyrans d’usurpation des tyrans d’exercice: les premiers étaient illégitimes, les seconds abusaient de leur pouvoir en cherchant à imposer leur volonté propre contre la coutume et le bien commun. On peut encore espérer que le président méditera la fable de La Fontaine sur les deux coqs : « Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. »

LE FIGARO MAGAZINE – La séduction qu’il opère sur la droite est-elle durable ?

Dominique REYNIÉ – Cette séduction durera tant que la droite flottera ainsi, sans doctrine. La droite n’a pas voulu ou pas su faire le bilan de ses responsabilités. Qu’a-t-elle fait du pouvoir qui lui a été confié tant de fois ? Depuis 1958, on compte quarante ans de pouvoir gouvernemental. La droite convaincra donc difficilement qu’elle fera demain ce qu’elle a déjà promis à maintes reprises sans le réaliser. En réalité, le mal est profond. Il remonte au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : pour différentes raisons, la droite française s’est alors débarrassée de toute tradition intellectuelle et politique. La droite française n’aura été ni chrétienne, ni nationaliste, ni libérale. Elle s’est paresseusement alignée sur un programme social-étatiste qui est, en France, la vraie pensée dominante, sinon unique. Droite et gauche ont ainsi peu à peu mis en place une cartellisation de la démocratie qui leur a assuré le pouvoir malgré leurs piètres résultats. C’est ce système qui a fini par voler en éclats, en 2017. Avant cette refondation doctrinale de la droite, Macron sera préservé.

LE FIGARO MAGAZINE – N’a-t-il vraiment aucun point faible ? 

Dominique REYNIÉ – Non, il n’est pas invincible pour autant. Il devra en particulier régler ce déficit d’autorité régalienne auquel l’opinion deviendra de plus en plus sensible parce qu’il touche la question de l’immigration, de la sécurité et de la lutte contre l’islamisme. On sait les exigences montantes de la société sur ces enjeux fondamentaux. Macron laisse prise à l’idée d’une indétermination favorisant la renaissance d’une droite, même si la refondation de la droite ne pourra se résumer au programme d’un ministère de l’Intérieur.

Patrick BUISSON – Pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, on a un président qui ne cherche pas à consolider sa majorité de second tour, mais à élargir sa majorité relative du premier tour. Son insistance à mettre désormais en avant son ethos de droite obéit à une logique comptable: il sait que ses réserves sont deux fois plus importantes de ce côté-là de l’échiquier politique que de l’autre. Par bien des aspects, Macron est l’héritier de Valéry Giscard d’Estaing. Au moins le temps d’une élection, il aura réussi là où son prédécesseur avait échoué : rassembler un bloc central de deux Français sur trois. À défaut de pouvoir faire passer cette majorité de l’état gazeux à l’état solide, il est néanmoins parvenu à ressusciter l’UDF grâce à un arc de soutiens qui va de François Bayrou à Philippe de Villiers. C’est pourquoi il serait aberrant pour Les Républicains de chercher à lui disputer l’espace du centre et du centre-droit où il occupe jusqu’à preuve du contraire une position inexpugnable. L’angle mort du macronisme, ce sont bien évidemment les enjeux d’identité et de civilisation, les questions étroitement imbriquées de l’immigration et de l’islam. Son logiciel exclusivement économique est à la fois daté et inadapté au moment où, partout en Europe, les valeurs immatérielles sont en train de reprendre le dessus. Comme le disait récemment un néolibéral : Macron, c’est bienvenue dans les années 1980 !

LE FIGARO MAGAZINE – Quelle stratégie pour la droite, face à ce bloc central que tient fermement le Président ? Celle-ci passe-t-elle nécessairement par des alliances avec le Rassemblement national ? 

Dominique REYNIÉ – Le prochain scrutin présidentiel est prévu en 2022. La campagne démarrera dès 2020. Le temps fera défaut à la droite : il lui faut à la fois tirer les leçons de son exercice du pouvoir, penser une doctrine et bâtir un programme attractif. Quant au Rassemblement national, les bouleversements de notre époque lui assurent une influence électorale significative malgré la faiblesse révélée de son leadership. La question des alliances ne peut se poser que si l’on sait qui occupera la position de force qui permet de les initier et de les conclure. Il faudrait que Les Républicains dominent le Rassemblement national avant de penser à une alliance dont la seule annonce provoquerait leur éclatement. De plus, sur le fond, une telle association amènerait la droite à se rapprocher encore du discours du Rassemblement national, ce qui prendrait inévitablement la forme d’un ralliement du faible au fort, d’une soumission. On peut douter de la dynamique que les héritiers du gaullisme pourraient tirer d’un ralliement aux héritiers du plus acharné de ses adversaires historiques.

Patrick BUISSON – Les Républicains comme le Rassemblement national se trouvent dans une triple impasse : idéologique, stratégique et sociologique. La droite ne peut plus se prévaloir du bénéfice automatique de l’alternance, et la « grande alternance » dont rêvait Marine Le Pen s’est avérée à l’épreuve des urnes totalement chimérique. La seule stratégie susceptible de s’imposer découle du rapport de force électoral. Il existe un antagonisme irréductible entre l’électorat libéral des grandes villes et les classes populaires, entre les insiders et les outsiders. Leurs intérêts économiques sont inconciliables et leurs voix non miscibles. En revanche, la tension idéologique et sociologique est bien moindre entre l’électorat conservateur et l’électorat populaire. À condition d’opérer les clarifications nécessaires, la jonction entre la France conservatrice et la France périphérique peut s’opérer sur une large base programmatique: la défense de l’identité, le droit à la continuité historique et culturelle, l’enracinement et la transmission, le localisme et les mœurs. En somme, tout ce qui est aujourd’hui mis à mal par la finance globalisée et par l’islam radicalisé.

LE FIGARO MAGAZINE – L’union des droites passe donc davantage par une alliance sociologique que par des accords d’appareils…

Patrick BUISSON – L’enjeu des échéances électorales à venir se situe au niveau des classes moyennes qui ne se sont raccrochées à Macron en 2017 que par peur des extrêmes. Leur basculement pourrait s’effectuer au terme du double processus d’exclusion sociale et culturelle qu’elles subissent actuellement. Voici des années que cet électorat-là attend un discours de refondation de la politique de solidarité nationale en lieu et place des vieilles politiques publiques frappées d’illégitimité. Est-ce cela que le chef de l’État a compris en refusant d’engager financièrement l’État dans une ruineuse et inefficace relance de la politique de la ville ? La question qui se pose à droite n’est donc pas celle des alliances, mais celle du programme et du leadership. Celui ou celle qui saura composer une offre politique qui s’adresse à la fois aux conservateurs et aux populistes disposera d’un tel rapport de force qu’il n’aura besoin d’alliés que comme supplétifs.

LE FIGARO MAGAZINE – Qui est en mesure de faire bouger les lignes ? Quel leadership pour la droite de demain ?

Dominique REYNIÉ – Au sein des oppositions, la crise de leadership est générale. Il me semble que cette situation est inédite sous la Ve République. Le Front national devenu « Rassemblement national » n’en reste pas moins exposé au dégagisme. Abandonner le nom du parti auquel son nom de famille est associé s’apparente à une tentative désespérée de contenir les effets du dégagisme en feignant de se dégager un peu soi-même… Vainement, car Marine Le Pen reste à la tête du parti des Le Pen dont elle est l’héritière, en ligne directe. En revanche, Marion Maréchal, qui a « délepénisé » son nom, mise à l’évidence sur ce désir de renouveau pour avancer. En face, malgré son âge, Laurent Wauquiez appartient à la classe de ceux qui ont déjà gouverné. Or, nous sommes entrés dans une période de destitution et de disgrâce. L’heure est cruelle pour les carrières politiques au long cours. Voici le temps, prometteur et redoutable à la fois, des ruptures et des jaillissements. Qui connaissait Luigi Di Maio et quel était le poids politique de Salvini il y a quatre ou cinq ans ?

Patrick BUISSON – Il semble qu’une compétition soit engagée entre Laurent Wauquiez et Marion Maréchal. Le président des Républicains a beaucoup de qualités, mais le piège serait pour lui de reproduire la faute inaugurale de l’UMP : vouloir à toute force marier les contraires et faire ainsi prévaloir l’idée de rassemblement sur la cohérence stratégique et idéologique de son camp. Rien ne sert de s’attaquer aux grands discours universalistes des faux généreux sur un illusoire vivre-ensemble et l’accueil nécessaire des migrants s’il ne tire pas lui-même les conséquences politiques de la ligne qu’il a choisie en opérant une véritable révolution culturelle en rupture avec l’histoire d’une droite qui, de Chirac à Sarkozy, a lourdement failli. Le peut-il ? Le veut-il ? Là est toute la question. Marion Maréchal, quant à elle, a beaucoup de talents mais il faudrait qu’elle aille jusqu’au bout de la desquamation. Car il ne suffit pas d’abandonner derrière soi la moitié de son patronyme comme une peau morte, encore faut-il aussi qu’elle se débarrasse de cette « escorte de béquillards », pour parler comme Bernanos, ces éternels émigrés de l’intérieur, devenus étrangers à leur propre pays, qui ignorent tout de l’appareil d’État comme du pouvoir ; de sa conquête à son exercice.

--------------------------------

SOURCE : Le Figaro Magazine du 15 Juin 2018

--------------------------------











07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

27/06/2018

Le terrorisme islamiste est un problème importé

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 



C'est le Zemmour britannique. Son dernier essai, "L'étrange suicide de l'Europe", qui fait écho au "Suicide français", est resté près de vingt semaines dans le top 10 des meilleures ventes du "Sunday Times". L'essayiste y décrit les conséquences mortifères de l'immigration incontrôlée dans une Europe en voie de désintégration. A l'occasion de la parution de l'édition française de son best-seller, il a accordé un entretien exclusif au "Figaro Magazine"

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

Alexandre Devecchio -- Votre livre « L’Etrange suicide de l’Europe » a été un énorme succès mondial. Comment l’expliquez-vous ?

Douglas Murray -- Selon moi, les gens voient partout les mêmes choses et s’inquiètent des mêmes phénomènes. Pourtant, leurs préoccupations et leurs questions les plus légitimes sont systématiquement réprimées. Mais, chaque fois que quelqu’un expose (en l’étayant de preuves solides) ce qu’un grand nombre de personnes pensent, ses propos finissent toujours par résonner.

Alexandre Devecchio -- Vous avez été surpris par la façon dont les politiques ont reçu votre livre. En aparté, ils n’ont pas hésité à accepter vos conclusions.

Douglas Murray -- Depuis toujours, il y a la réalité et ce qui peut être politiquement exprimable. J’ai parlé avec des fonctionnaires français, comme avec beaucoup d’autres sur tout le continent, et ce sont ceux qui m’ont dit en privé les choses les plus accablantes sur l’immigration, l’intégration et la sécurité. Ils connaissent les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés. Pourtant, en public, ils disent autre chose. Pourquoi? Parce que, pour relever le défi auquel nous sommes tous confrontés, il faudra admettre que plusieurs générations de décideurs politiques à travers l’Europe ont commis des erreurs historiques ou ont été totalement incompétentes.

Le plus simple, pour les politiques, est toujours de remettre cette question à plus tard, de mettre un terme à la discussion et de persécuter les gens parce qu’ils ont dit la vérité. Mais ce n’est pas une bonne stratégie à long terme. Le statu quo pourra tenir encore un cycle électoral ou deux. Mais pas plus.

Alexandre Devecchio -- Vous avez exprimé des préoccupations au sujet des associations antiracistes. Peut-on parler de dérive de l’antiracisme ?

Douglas Murray -- Ce qui m’inquiète, c’est que les « antiracistes » sont le plus souvent des racistes. C’est le même phénomène pour les soi-disant « antifascistes », qui sont presque toujours profondément fascistes. Il y a des moments où l’antifascisme et l’antiracisme sont nécessaires. Mais, ces derniers temps, les groupes qui se qualifient ainsi sont coupables de ce que le philosophe politique Kenneth Minogue a appelé « syndrome de saint George à la retraite ». Après avoir tué un dragon, ils errent autour de la terre à la recherche d’autres dragons à tuer, jusqu’à ce qu’ils finissent, délirant, par donner des coups d’épée dans l’air. La plupart des Européens souhaitent sans ambiguïté que les migrations de masse s’arrêtent ou diminuent beaucoup. Pourtant, tous les groupes « antiracistes » disent que ce point de vue est raciste. C’est une erreur historique. Si l’on abuse de mots comme « raciste » et « nazi », la probabilité est très forte que ces mots ne soient plus d’aucune utilité le jour où l’on pourrait en avoir réellement besoin. La question que je pose aux «antiracistes» est celle-ci: un citoyen français ou britannique qui voit son quartier et sa société changer radicalement peut-il ressentir de la tristesse à ce sujet ou exprimer une opposition sans être qualifié de raciste ? Si la réponse est «non», alors nous sommes vraiment très mal partis.

Alexandre Devecchio -- Cette dérive a-t-elle abouti au scandale de Telford, ces milliers de viols collectifs commis par des gangs pakistanais ?

Douglas Murray -- Telford est seulement le dernier cas. Des gangs de violeurs ont été découverts à Rotherham, Rochdale, dans l’Oxfordshire et plusieurs autres endroits au Royaume-Uni. Ce sont presque toujours des groupes d’hommes pakistanais (rejoints parfois par des Nord-Africains) qui ciblent des jeunes filles blanches vulnérables, souvent mineures, en tout cas extérieures à leur communauté. Mille cinq cents jeunes filles ont été violées dans une seule ville anglaise. Il y a des causes locales, tribales et religieuses spécifiques, liées en partie à la « culture de la honte » pakistanaise. La Grande-Bretagne a gardé le silence à ce sujet pendant des années. Pour une part à cause de cette sorte de politesse lâche qui existe partout, mais qui est particulièrement répandue chez nous. Mais aussi parce que ces horreurs ont toutes les caractéristiques d’un odieux crime raciste, et que personne ne voulait que cela se sache. Une classe entière de fonctionnaires locaux, de policiers et de politiciens a échoué.

Alexandre Devecchio -- Jeremy Corbyn, le chef de l’opposition, a parfois été accusé d’être complaisant envers l’islamisme et l’antisémitisme…

Douglas Murray -- Oubliez le mot « parfois » : « toujours » est celui que vous recherchez. Mr Corbyn voudrait nous faire croire que, ayant passé sa vie à patauger dans les égouts, il n’a jamais remarqué la puanteur. Je n’y crois pas. Que l’homme qui a passé sa vie à absoudre les islamistes ait toujours couvert les pires antisémites… ce doit être une pure coïncidence. Non, Mr Corbyn constitue un vrai problème. Le fait que, en 2018, nous ayons un Parti travailliste taraudé par l’antisémitisme devrait être une source de profonde honte nationale.

Alexandre Devecchio -- Selon vous, la montée de l’islamisme est la conséquence de la faillite des politiques migratoires européennes. La majorité des immigrants ne réussissent-ils pas à s’intégrer? C’est ce que tendrait à prouver l’élection de Sadiq Khan comme maire de Londres…

Douglas Murray -- Je suis fier que Londres puisse élire quelqu’un comme Sadiq Khan. Il n’est pas un maire particulièrement compétent, mais il aide à démontrer que la discrimination mise en avant par les communautés musulmanes est un mensonge raconté par de mauvais acteurs. En ce qui concerne l’intégration au sens large, cela dépend de l’endroit où vous regardez. Dans certains quartiers du centre de Paris et de Londres, tout peut sembler fonctionner. Mais, si l’on va juste un peu plus loin, à Saint-Denis ou à Tower Hamlets, c’est objectivement un désastre.

Alexandre Devecchio -- La vague d’attentats qui a frappé l’Angleterre en 2017 n’a-t-elle pas sonné le réveil de la classe politique ?

Douglas Murray -- J’ai abandonné cet espoir. Après les attentats du London Bridge, l’année dernière, Theresa May a dit « trop, c’est trop », mais cela ne voulait rien dire. Qu’a-t-elle fait depuis? Ils se contentent tous de vagues dispositifs bureaucratiques pour résoudre un problème bien plus profond. Sur la base de critères purement juridiques, au moins l’un des attaquants du London Bridge n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Le kamikaze du Manchester Arena n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. Le jeune homme qui a déposé une bombe dans le métro de Londres en septembre dernier n’aurait jamais dû se trouver au Royaume-Uni. On aurait pu penser que ces questions auraient fait partie des sujets à traiter. Mais non. Une autre attaque se produit et les politiciens disent: « Les entreprises de technologie doivent faire plus pour détecter les contenus extrémistes en ligne. » Il s’agit là d’une question importante, à coup sûr, mais cela signifie qu’il y a des aspects du problème terroriste qui peuvent être abordés et des questions beaucoup plus vastes auxquelles il ne faut même pas faire allusion.
Nos sociétés ont toujours eu des problèmes de sécurité. Mais le terrorisme islamiste est un problème importé, et importé sous la responsabilité directe de nos politiciens.

Alexandre Devecchio -- Vous écrivez que l’opinion publique a très bien compris que « ce qui se cache derrière le terrorisme est une menace encore plus grande ». Qu’entendez-vous par là ?

Douglas Murray -- La question centrale à laquelle nous devons penser est la suivante: à qui s’adresse l’Europe? Est-ce une maison potentielle pour le monde entier? Ou simplement pour celui qui y fait sa vie? Si oui, où est la maison des peuples d’Europe? Nous avons glissé vers une conception étrange, où nous supposons que le reste du monde restera le reste du monde, mais où l’Europe deviendra les Nations unies. Cette manière de penser préside aux décisions de nos responsables, contre les souhaits constamment exprimés par les peuples européens. A long terme, je pense que ce changement total, cette fragmentation, cette ghettoïsation de notre continent constituent une menace existentielle bien plus grande que le terrorisme.

Alexandre Devecchio -- Vous adoptez un ton particulièrement véhément au sujet de la Suède, pourtant souvent citée en exemple. Pourquoi ?

Douglas Murray -- Parce que, en dehors de l’Allemagne, aucun pays en Europe n’a accepté autant de migrants ces dernières années que la Suède. Et personne n’a autant de problèmes. Il n’y a rien à faire pour les Suédois. Plus personne n’a une classe politique aussi ridiculement timide, autocensurée et volontairement aveugle. J’ai fait le tour des banlieues et j’ai vu des quartiers désormais envahis par les crimes, les gangs, les viols et les attaques à la grenade. Presque tous les journalistes sont là pour suivre la ligne du parti et régurgiter les mêmes mensonges. Ils semblent penser que leur travail est de maintenir les mauvaises nouvelles le plus loin possible du public. Donc, comme en Allemagne, le public doit apprendre à lire les nouvelles selon un dispositif de décodage interne, comme on le faisait sous le communisme. Ainsi, lorsqu’un viol est signalé, par exemple, si le nom de l’agresseur n’est pas mentionné, tout le monde sait qu’il s’agit d’un migrant.

Alexandre Devecchio -- Plus largement, vous expliquez la mort de l’Europe par une certaine forme de haine de soi…

Douglas Murray -- Nous n’avons pas eu un beau XXe siècle en Europe, et n’importe qui aurait besoin de temps pour s’en remettre. Personnellement, je suis pour une autocritique robuste, mais je descends du bus quand il est conduit par des gens qui veulent s’anéantir. J’aime l’Europe, et je pense que nous sommes – tout bien considéré – très chanceux. Nous avons produit une culture exceptionnelle et des droits que le monde n’a jamais connus. On me demande parfois si je suis patriote. Selon moi, c’est une mauvaise question. Je ne pense pas aux choses en ces termes. Ce que je ressens, c’est de la gratitude. Je suis reconnaissant pour ce dont nous avons hérité et je sens que je dois le conserver et essayer de le transmettre. Pourtant, des gouvernements aux universités et au-delà, nous sommes dirigés par des gens qui ne veulent pas transmettre ce qui est bon, mais le remplacer.

Alexandre Devecchio -- Certains pensent que la renaissance de l’Europe passera nécessairement par un renouveau du christianisme. Mais l’Eglise est très favorable à l’accueil des migrants…

Douglas Murray -- Il est certain que nous ne pourrons pas conserver ce que nous avons en nous querellant sur nos racines. Et prétendre que le christianisme n’est pas au cœur de ce qui fait de nous l’Europe, c’est faire preuve d’une terrible ignorance. Mais vous avez raison – le comportement de l’Eglise (et pas seulement l’Eglise de Rome, mais aussi les Eglises protestantes d’Europe du Nord) pendant toute cette crise a été très problématique. Certains (en particulier les Eglises protestantes) ont globalement remplacé la croyance en Dieu par la croyance en un activisme social d’extrême gauche. Le Pape a une position qui est insoutenable. Pourtant, je comprends pourquoi il le dit. Et peut-être qu’il remplit l’un des rôles de l’Eglise en le disant. Mais il doit être contredit par les responsables politiques et d’autres, qui doivent dire très clairement : « Nous souhaitons sauver le monde entier. Mais le fait est que nous ne pouvons pas. Et, si nous continuons, non seulement nous ne sauverons jamais Mogadiscio, mais nous pourrions commencer à lui ressembler. »

Alexandre Devecchio -- Diriez-vous que les « populismes » vont aggraver la situation ou, au contraire, qu’ils font partie de la solution ?

Douglas Murray -- Les courants politiques dominants continueront à souffrir jusqu’à ce qu’ils s’attaquent enfin aux préoccupations légitimes des peuples européens. Si la classe politique ne répond pas aux préoccupations des peuples, les extrémistes finiront par l’emporter. Comment un citoyen européen peut-il exprimer ses inquiétudes quant à la direction que prend sa société ? Quelle que soit sa manière, et surtout s’il n’a pas un doctorat, on le traitera de raciste et de xénophobe. Et, s’il vote pour le « mauvais » parti, il sera rejeté comme « populiste ». Pourtant, le vrai problème est clair: plusieurs générations de dirigeants politiques ont fondamentalement modifié nos sociétés sans le consentement et même contre le souhait des peuples. N’est-il pas temps de commencer à y faire face et à y remédier plutôt que d’inventer de nouvelles façons d’insulter le peuple ?

Alexandre Devecchio -- Que révèle la troisième victoire consécutive d'Orbán ?

Douglas Murray -- Beaucoup de gens critiquent Viktor Orbán. Pourtant, la question est très simple : qui avait raison en 2015 ? Orbán ou Merkel ? Cette dernière a été punie par son électorat et a maintenant l’AfD comme principal parti d’opposition. Le refus d’Orbán de souscrire à l’effondrement des frontières européennes et à la suspension de toutes les règles migratoires était, entre autres, le reflet des souhaits de l’immense majorité du peuple hongrois. C’est une arrogance extraordinaire que les politiciens et les commentateurs à travers l’Europe se permettent de réprimander Orbán, lui qui fait la volonté de son peuple. J’ai vu il y a quelques semaines une photo de lui en train de lire l’édition hongroise de mon livre. On m’a dit que cela pourrait dissuader votre Président de lire l’édition française. J’espère que non !

-------------------------------

SOURCE : Le Figaro Magazine du 20 Avril 2018

-------------------------------







16:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/02/2018

"Bat Ye’or, l’anticonformiste"...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 



Par Alexis Lacroix pour L'Express

« Nul ne ment autant qu’un homme indigné. » Cet aphorisme de Nietzsche désigne assez bien les procédés de certains détracteurs de l’œuvre de Bat Ye’or ; depuis près d’un demi-siècle, avec une opiniâtreté méthodique, certains d’entre eux ont cherché à expulser cette historienne britannique hors du cercle de la scientificité, à l’entourer d’un halo sulfureux, à la déconsidérer comme un esprit irrationnel. Jusqu’à un certain point, ils y sont parvenus. Un paravent conjuratoire s’est dressé qui brouille la réception du travail de Bat Ye’or. Leur dénigrement vertueux a installé dans les esprits l’idée que la spécialiste de la « dhimmitude », c’est-à-dire du statut de citoyens des non musulmans en terre d’islam, aurait glissé vers un bord-à-bord avec les théories du complot.

À la lire, pourtant, on s’aperçoit qu’il n’en est rien. Et que Bat Ye’or n’a rien à voir avec la série X-Files. Nombre d’accusations adressées à sa démarche relèvent de l’allégation. On mesure ainsi, au passage, la bravoure de ceux qui, dans l’institution académique, ont toujours refusé de céder à ce « bashing » facile et ont proclamé la validité de ses travaux : le philosophe Jacques Ellul, dès le début des années 80, et, depuis, l’historien Martin Gilbert, les politologues et historiens des idées Pierre-André Taguieff et Robert Wistrich, qui ont souligné, l’un comme l’autre le caractère opératoire de ses concepts.

La publication, par les éditions les provinciales, de son autobiographie politique est peut-être l’occasion de réviser à la hausse le jugement porté sur ses découvertes. Tout commence dans un Orient jadis immortalisé par Lamartine et Chateaubriand. C’est au Caire, en 1933, que Bat Ye’or a vu le jour dans une famille de la bourgeoisie juive, d’origine française (par sa mère) et italienne (par son père). Il faut lire les pages, très belles, où elle restitue l’atmosphère de cette époque bénie, dans une mégalopole de l’Orient qui apparaît comme une Babel cosmopolite et insouciante. La jeune femme n’a pas encore forgé son pseudonyme et porte son nom d’état-civil : Gisèle Orebi. Se rémémore-t-on encore que les rives du Nil sous mandat britannique furent le havre d’un cosmopolitisme authentique, qui n’avait rien à envier à la Vienne de Freud et de Schnitzler ? De cette Atlantide l’auteur à venir se voudra tout ensemble, l’héritière et l’obligé. A sauts et à gambades, nous avançons vers le moment – l’année 1957 – où il ne sera plus possible à sa famille, en raison de la virulence du sentiment antijuif, de prolonger son séjour dans l’Egypte nassérienne. Avec franchise, Bat Ye’or raconte cette catastrophe intime, et le délitement progressif d’une socialité miraculeuse, celle des juifs égyptiens, suspendus entre une tradition déjà révolue et un avenir encore infigurable. Gamal Abdel Nasser, donc, ce champion laïque de l’utopie panarabe, dont elle dresse un portrait aigu, mais inquiétant ; la montée parallèle d’un mouvement fondamentaliste né dans les années 20 et promis à jouer un grand rôle dans les difficultés ultérieures de l’Egypte : la Confrérie des Frères musulmans. En historienne, la mémorialiste rend également présent ce que fut le dramatique tournant géopolitique de 1967, après la victoire éclair (et inespérée) de Tsahal, au début du mois de juin, face aux armées arabes. Elle se souvient des paroles prononcées alors par le premier magistrat de France, Charles de Gaulle, flétrissant « un peuple d’élite, sur de lui-même et dominateur ». Formule épochale pour l’auteur en ce sens qu’elle initie une nouvelle époque.

Bat Ye’or a alors trente-quatre ans. Elle est mariée à l’historien britannique David Littman et élève ses enfants. « Peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur »… Comme le sociologue Raymond Aron, elle pressent que ces trois qualificatifs donnent congé à son « monde d’hier » dont elle décide, à peu près simultanément, de demeurer le témoin fidèle. Mais la diatribe présidentielle résilie, aussi, le serment prêté par des hommes libres, au sortir de la Seconde guerre mondiale et de l’Extermination, de nouer avec l’expérience nationale des juifs un lien non négociable d’empathie. Une œuvre, aimait à dire Michelet, est pareille à un « réseau d’obsessions ». Les travaux de Bat Ye’or découleront de la recomposition traumatisante de l’année 1967, presque autant que de l’état de déréliction, à la suite des indépendances de chacun de ces pays, des communautés juives d’Egypte, d’Irak et du Yémen. Dans son autobiographie, Bat Ye’or n’hésite d’ailleurs pas à voir dans le revirement stratégique de la France, mis en œuvre par un commis de l’Etat comme Maurice Couve de Murville (1), l’un des théâtres où s’origine la dévitalisation de l’Europe face à l’islamisme. L’auteur, dont nul n’est forcé d’épouser les convictions politiques bien trempées, n’hésite pas à écrire que « le vieux rêve du Mufti de Jérusalem, unir l’Europe contre Israël, se réalisait dans “la politique arabe de la France” conçue par Couve de Murville, ex-fonctionnaire de Vichy. »

Amplification ? « La diabolisation de l’Occident dans son ensemble », précise l’historienne que nous rencontrons à Paris, est « consubstantielle à la vision du Dar al-Harb » (2). La structure de tant de discours actuels de démission, suggère-t-elle aussi, ne dissimule d’ailleurs aucun plan concerté et machiavélique, « mais plutôt une succession malheureuse de lâchetés » qui se sont poursuivies jusqu’à nos jours, « souvent motivées par l’intérêt économique » ; ces abdications expliqueraient, selon elle, la constitution de l’axe complice qu’elle nomme « Eurabia ». Prisonnière de ses ressassements, Bat Ye’or ? En fait sa vraie ambition, éloignée des théories du complot, est de dénoncer un engrenage de reculs. Et, malgré les apparences, elle ne souffle pas davantage sur les braises du clash des civilisations. Non. L’historienne en appelle plutôt aux « musulmans éclairés », contre l’islam politique et contre l’obscurantisme. « S’ils se joignent à nous, renchérit-elle, nous nous libérerons tous de la menace djihadiste… »



----------------------

L'Express : Bat Ye'or

ou

L'Express Version Papier

Voir Les Provinciales

----------------------

14:21 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

"Une voiture électrique pollue autant qu'un diesel"...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

Si l'on englobe l'ensemble de son cycle de vie, une voiture électrique peut émettre plus de CO2 qu'un vulgaire diesel... Les batteries électriques ? Des réservoirs bourrés de métaux rares, très polluants et monopolisés par la Chine. Guillaume Pitron, ancien juriste devenu journaliste, a pendant huit ans parcouru la planète – Chine, Malaisie, Indonésie, Afrique du Sud, Amérique du Nord – pour enquêter sur la fameuse "transition écologique" qui n'est pas si verte. Le journaliste en relate les dessous dans "La Guerre des métaux rares", aux éditions Les Liens qui Libèrent. Ecoutez Guillaume Pitron... 

 

-----------------------

SOURCE : Le nouvelobs

-----------------------

 

13:34 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/02/2018

Elisabeth Lévy : « Sur les réseaux sociaux, c'est la meute qui juge et obtient la mort sociale du "coupable" »

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

 

------------------------------

A l'occasion de la sortie du dernier numéro de Causeur, Réseaux sociaux : Big brother, c'est nous !, Elisabeth Lévy a accordé un entretien fleuve au FigaroVox. Elle y dénonce le tribunal numérique de twitter et revient notamment sur l'affaire Hulot.

Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Dans son dernier numéro intitulé , Réseaux sociaux : Big brother, c'est nous, le magazine Causeur s'interroge sur le nouveau clergé numérique que représentent Facebook et Twitter.

------------------------------

Le Figaro : En 2002, vous dénonciez la nouvelle censure du clergé médiatique dans Les Maîtres censeurs. Aujourd'hui, à en croire, la une de Causeur - Réseaux sociaux : Big brother, c'est nous ! -, nous sommes devenus nos propres censeurs ?

Elisabeth Lévy : Notre amusante et effrayante époque accomplit en quelque sorte les cauchemars de Tocqueville et d'Orwell réunis. Avec l'avènement des réseaux sociaux, la technologie numérique prétend réaliser simultanément deux aspirations des sociétés, l'égalité et la transparence intégrale. Mais loin de tenir sa grande promesse d'un monde pacifié par la connexion de tous avec tous et libéré par l'accès de tous à tout, l'âge des réseaux est celui de la surveillance de tous par tous et celui de l'intolérance de chacun à ce qui n'est pas lui. Il y a bien un village planétaire, et il est peuplé de commères qui épient leurs contemporains dans le but louable de faire leur bien. Si on ajoute l'omniprésence des téléphones-espions, la part de notre existence dont on peut dire qu'elle ne regarde nullement les autres se réduit sans cesse. L'homme numérique est le flic de son frère - dont il surveille les mœurs, le langage et les finances en attendant qu'un algorithme soit capable de déduire nos pensées de nos achats ou déplacements. Les réseaux sociaux ne sont pas le royaume du doux commerce: on y échange beaucoup plus d'invectives que d'arguments, et la rivalité mimétique y est un moteur plus puissant que le goût des autres. D'où le lynchage de toute personnalité avouant un gros salaire - sauf s'il s'agit de footballeurs ou de comédiens rachetant leurs privilèges par leur adhésion bruyante à de grandes causes. Enfin, Internet n'a nullement aboli les hiérarchies, il en crée de nouvelles encore plus injustes : sur les réseaux, c'est celui qui fait le plus de bruit qui l'emporte.

Le Figaro : L'homme connecté est-il un homme enchaîné ?

Elisabeth Lévy : Qu'il y ait une dimension d'aliénation dans la technologie, pardon mais cela n'est pas particulièrement nouveau. Ce qu'il faudrait comprendre, c'est la singularité de l'aliénation numérique et la façon dont elle affecte l'anthropologie humaine au sens le plus terre à terre du terme. On ne peut pas dire qu'il y ait profusion de travaux novateurs sur le sujet et de fait, il n'est pas facile de penser ce monde qui vient. En attendant de forger des concepts pour l'analyser, cette aliénation se voit à l'œil nu. N'importe qui le ressent, ces outils qui devaient nous libérer de toutes les pesanteurs du réel nous ont rendus moins libres et ces prothèses qui prétendent nous faciliter la vie en l'occupant intégralement nous rendent moins présents au monde et aux autres. Un ami vient de m'envoyer cette belle citation de Baudoin de Bodinat: «Voyez ce groupe amical au café, ce couple au restaurant, dont chacun a posé devant lui son interface tactile: il apparaît vite qu'aucun d'eux n'est vraiment tout à fait là avec les autres (…) Qui donc sont chacun à attendre visiblement autre chose que d'être là, à penser à autre chose et pour ainsi parler à faire antichambre et patienter avec les autres devant la porte de la multiplicité des possibles, qui pourrait s'entrebâiller pour eux à tout instant.» Cette observation vaut pour la lecture. Internet met la bibliothèque universelle à disposition de n'importe qui. Un ordinateur permet d'avoir accès à tous les chefs d'œuvre de l'art mondial et, en prime, à des centaines de thèses sur chacun d'entre eux, bref à ce qu'on appelle la grande culture. Mais quelle place occupe-celle-ci dans le flux torrentiel des connections, des achats et des likes? Comment s'arrêter pour lire quand on est sans cesse convoqué par « la multiplicité des possibles » ?

Le Figaro : Donc, notre servitude est vraiment volontaire…

Elisabeth Lévy : Autant que face à l'électricité: on peut choisir de s'en passer mais on ne vit pas complètement dans le monde commun. Vous avez raison, nous sommes volontaires et même nous redemandons de l'aliénation quand nous faisons la queue pour avoir le dernier I-ceci ou cela. Mais ce n'est pas la technologie qui nous asservit, c'est la célébration permanente dont elle est l'objet, le culte qu'on lui voue: le numérique n'est pas seulement une nouvelle branche de la science et de la technique qui ouvre de nouvelles possibilités, c'est une idéologie, une croyance qui tolère mal les hérétiques, une vision du monde qui exige un homme nouveau. Je ne suis pas technophobe, mais je ne veux pas devenir cet homme nouveau. La merveilleuse Petite poussette de Michel Serres ne me paraît pas être l'horizon enviable de l'humanité. Du reste, si la plupart des parents conséquents se gendarment contre la propension de leurs enfants à passer trop de temps devant des écrans, ce n'est peut-être pas par sadisme mais parce qu'ils ont constaté que cela ne les rendait ni meilleurs, ni plus heureux.

Le Figaro : Vous dénoncez la pression sociale exercée par les réseaux sociaux. C'est vrai dans le cas de #BalanceTonPorc, mais les réseaux sociaux ont aussi été un réel outil de libération de la parole sur bien des sujets tabous …

Elisabeth Lévy : Ah bon, lesquels ? Et toute parole est-elle digne d'intérêt parce qu'elle traite d'un sujet tabou? Nul ne peut prétendre que notre liberté d'expression est plus grande aujourd'hui qu'il y a dix ans, quand Facebook était embryonnaire et que Twitter n'existait pas. Comment expliquer que cette parole libérée engendre moins de liberté ? Par le fait que chacun est prêt à défendre avec autant de rage la libération de sa propre parole que la censure de celle des autres. Cependant, là encore, le problème ne vient pas des réseaux eux-mêmes mais du pouvoir que nous leur donnons. Si les médias traditionnels ne passaient pas leur temps à commenter ce que pensent ou disent les réseaux sociaux (qui ne pensent ni ne parlent), si les politiques ne faisaient pas de leur humeur le critère de leur action, ceux-ci n'auraient aucune influence. Mais tout le monde se comporte comme s'ils étaient une représentation légitime du peuple. Et plus grave encore, comme un tribunal appelé à juger en son nom. On l'a vu avec Balance ton porc : sur les réseaux sociaux, toutes les garanties, toutes les formes de la Justice sont suspendues. Pas de débat contradictoire, pas de présomption d'innocence, pas de droits de la défense, c'est la meute qui juge, sanctionne et, de plus en plus souvent, obtient la mort sociale du « coupable ».

Le Figaro : Facebook et surtout Twitter ne sont-ils pas plutôt le terrain de jeu privilégié de minorités militantes ?

Elisabeth Lévy : Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne représentent pas la France. En dehors de certains milieux, dont celui des médias, je ne connais très peu de gens qui aient un compte twitter. Et ce qui compte, sur FB et Twitter, c'est ce qui fait masse, donc souvent des activistes organisés qui, par l'effet des retweets et des partages, donnent l'impression d'être de véritables armées virtuelles. Mais, comme dans le cas des pétitions numériques, les chiffres n'ont guère de signification, sinon celle que les médias leur donnent en les ressassant avec des airs pénétrés. Le militantisme en pyjama (expression de Nicolas Domenach) exige peu d'engagement mais n'a d'influence dans le monde réel que quand les médias et les politiques y croient. Essayez de faire reculer un patron à coups de clics! Où étaient les centaines de milliers de pétitionnaires contre la loi Travail dont se réclamait Caroline de Haas, militante intersectionnelle, quand il a fallu manifester? Quelque temps après le lancement de Balance ton porc, fortes des milliers de messages postés sous ce hashtag, certaines féministes ont appelé les victimes à descendre dans la rue: dans toute la France, il y a eu moins de 500 personnes, tu parles d'un mouvement de masse! Or, c'est le syndrome Nuit debout, tous les commentateurs parlent de ces révoltes numériques comme s'il s'agissait de vastes mobilisations populaires. Alors, peut-être ne connaît-on qu'une infime partie (et la moins intéressante) de ce qui se passe sur les réseaux. Il y a, me dit-on, dans les profondeurs de Facebook et même de Twitter des échanges passionnants, voire des joutes philosophiques. Reste que ce ne sont pas ces échanges, mais les sommations, invectives et délations repris par les journalistes et donnent le « la » du débat public. Rien ne terrifie plus un politique, un patron ou un artiste qu'un bad buzz. Quelques tweets ont suffi pour que Bruno Le Maire présente ses excuses pour avoir dénoncé la dénonciation. Et défendez une idée un brin choquante sur un plateau, on vous mettra en garde: « Attention, vous allez vous faire pourrir sur les réseaux ! » Il faut absolument faire savoir à tout le monde qu'on y survit très bien. En n'allant pas voir !

Le Figaro : N'est-ce pas cependant pour leur pouvoir subversif que les décodeurs du Monde détestent autant les réseaux sociaux ?

Elisabeth Lévy : Etre détesté par les décodeurs du Monde est un excellent point qui témoigne au minimum d'une certaine liberté d'esprit. Toutefois, cela ne garantit ni la moralité ni le talent. Mais soyons sérieux, si les décodeurs du Monde n'aiment pas les réseaux sociaux, c'est parce qu'ils constituent un clergé concurrent… Dans un article du Débat intitulé « la guerre des vérités », Marcel Gauchet écrit que « la post-vérité est le rejeton adultérin du politiquement correct »… Il a raison. Si on raconte souvent n'importe quoi sur les réseaux sociaux, c'est en grande partie parce qu'on ne peut rien dire sur le reste de la scène publique, les bornes de la bienséance étant de plus en plus étroites. Reste qu'on n'est pas obligé de choisir entre deux églises !

Le Figaro : Derrière la volonté du président de la République de lutter contre les « fake news », y a-t-il une volonté de l'Etat de reprendre le contrôle de l'opinion ?

Elisabeth Lévy : Je n'ose croire à une ambition aussi grotesque! Il y a surtout derrière cette nouvelle croisade la volonté de montrer qu'on fait quelque chose contre un phénomène qui n'a de nouveau que le nom anglais dont on l'a affublé. La propagande, la désinformation, la calomnie sont aussi anciennes que l'information elle-même et je ne suis pas sûre que la crédulité et la vulnérabilité aux bobards, que l'on appelle aujourd'hui complotisme, soient si nouvelles que cela. Cela nous inquiète parce que, précisément, dans un monde saturé d'informations, on a pu penser naïvement qu'une forme de vérité immanente s'imposerait à tous. Or, au-delà même du négationnisme délirant, de la Shoah au 11 septembre, on assiste à une prolifération de vérités qui entrent en concurrence les unes avec les autres. On ne remédiera pas à ce relativisme en érigeant une vérité officielle (à laquelle personne ne croit précisément parce qu'elle est officielle), mais en favorisant l'affrontement loyal des arguments et des opinions: à la loyale, c'est-à-dire au jeu de la raison, je veux croire que les « vraies vérités » l'emportent sur les fausses. Plus fondamentalement généralement, c'est l'esprit critique qui permet de distinguer le vrai du faux et c'est à l'école de développer l'esprit critique. La meilleure nouvelle du moment, c'est que Jean-Michel Blanquer sait tout cela.

Le Figaro : Nicolas Hulot est la dernière victime de cette ère du soupçon. Si l'on ne peut que déplorer que la rumeur remplace la justice, il faut rappeler que Macron a fait de la transparence et de la moralisation de la vie politique un chantier prioritaire de son quinquennat… Dès lors n'est-il pas un peu facile d'accuser la société et les réseaux sociaux…

Elisabeth Lévy : D'accord, Macron a eu tort de jouer l'air de la vertu. Mais cela n'arrangerait rien qu'il persiste dans l'erreur. Or, dans l'affaire Darmanin, comme dans l'affaire Hulot, alors que François Hollande se serait couché à la première brise numérique, le président n'a même pas pris la peine de réagir, il leur a tenu tête. Il n'a aucunement été question de sanctionner les deux ministres. On n'a même pas eu droit à une fofollerie de Marlène Schiappa (qui a refusé de réagir sur le sujet ce qui ne lui ressemble guère). Résultat: malgré plusieurs tentatives, dans les deux cas pour allumer la mèche numérique, ça n'a pas pris. Ce sont les réseaux qui se sont couchés. Reste à espérer que le président tiendra bon si le monstre se réveille.

Le Figaro : Vous avez, vous-même, un compte twitter (que vous utilisez peu il est vrai), envisagez-vous de vous déconnecter ?

Elisabeth Lévy : Je n'ai malheureusement pas le talent des aphorismes, et j'ai en outre l'esprit de l'escalier sinon je publierais beaucoup plus car c'est d'abord aux mots d'esprit que devrait servir Twitter. Quand il m'en vient un, c'est trop tard car le présentisme y est la règle, alors, j'écris des articles… Du reste, je me protège contre la tentation de twitter n'importe quoi sous l'effet de la colère ou de l'émotion, grâce à la médiation de mes excellents camarades Kevin et Daoud, qui gèrent physiquement mon compte. Il leur arrive souvent de me dissuader et ils ont raison. Dans ces conditions, je ne vois aucune raison de priver Causeur d'un compte Twitter qui nous permet d'informer nos abonnés et, parfois, de mettre les pieds dans le plat ou de lancer une petite blague. Avoir peur de Twitter, ce serait encore une façon de le fétichiser.

------------------------------

SOURCE : Par Alexandre Devecchio pour Le Figaro

------------------------------

 

00:26 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

04/02/2018

Denis Moreau : « Ce n'est pas parce que je suis croyant que je suis un imbécile ! »

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Peut-on être philosophe et catholique ? Pour Denis Moreau, la réponse est oui. Parce que croire en la vie éternelle n'interdit pas d'aimer la vie de ce monde, il encourage les chrétiens à être joyeusement de leur époque, et rappelle qu'il n'est pas interdit de réfléchir lorsque l'on croit en Dieu.

--------------------------------

Denis Moreau est professeur de philosophie à l'université de Nantes, et spécialiste notamment de Descartes. Il vient de publier Comment peut-on être catholique? (Editions du Seuil).

--------------------------------

FIGAROVOX- Votre livre s'intitule Comment peut-on être catholique? en référence à l'étonnement des parisiens du XVIIIe siècle devant le Persan de Montesquieu. N'est-ce pas aussi un témoignage que vous offrez comme pour montrer comment on peut, à votre façon, être à la fois philosophe et catholique ?

Denis MOREAU - Je vais commencer par une confidence: ce n'est pas le titre que j'avais initialement envisagé ! J'avais d'abord pensé à « Pourquoi je suis catholique ». Mais c'était déjà pris, par Chesterton... Je n'avais pas pensé au second sens que vous proposez, mais il me convient bien! Je pars surtout du constat qu'être catholique suscite souvent un étonnement, que j'accueille bien volontiers, et je tente d'y répondre dans ce livre. Mais c'est vrai que c'est aussi un livre qui explique comment être catholique. Quand on écrit sur la foi, il y a une façon raisonnante d'écrire, avec des arguments, et une façon existentielle qui apporte un témoignage. La première seule serait un peu sèche, mais le seul témoignage serait trop sentimental: j'ai donc essayé d'associer les deux. Et puisque j'aborde des questions comme la prière, la confession… je propose aussi, c'est vrai, une réflexion sur la manière d'être catholique, même si ce n'était pas mon projet premier.

FIGAROVOX- Votre livre est aussi celui d'un philosophe, avec son lot de discussions théologiques, de sémantique grecque ou latine… Faut-il donc être intello pour croire encore en Dieu ?

Denis MOREAU - Ah non, surtout pas ! Vous êtes un peu dur avec moi: il me semble que lorsque j'utilise un gros mot de philosophe ou un concept technique, je les traduis systématiquement ou bien je donne des exemples. J'ai fait un réel effort de pédagogie. Je suis le descendant, du côté maternel, de paysans berrichons qui ne sont pas spécialement des intellectuels, et pourtant je suis convaincu qu'il s'agit de grands chrétiens! J'ai un profond respect pour la «foi du charbonnier» et je ne veux pas donner l'impression de la mépriser. Après, on est dans un pays où 75 % d'une classe d'âge arrive au Bac, la plupart des catholiques aujourd'hui sont des gens qui ont fait au moins un peu de philo et qui réfléchissent. Je regrette que trop souvent, la foi reste cantonnée au stade des représentations naïves de l'enfance… Je défends, non pas la nécessité, mais la possibilité d'une foi intellectuelle, et je m'inscris ce faisant dans la grande et belle histoire de l'Église, qui commence dès le prologue de l'évangile de Jean lorsque Jésus est appelé le « Logos », ce qu'on peut, en un sens, traduire par « la Raison » ou, en forçant un peu, « l'Intellectuel » ; puis la patristique, la scolastique, etc.: un séculaire et fécond compagnonnage entre christianisme et philosophie. Je veux continuer dans cette voie, à réfléchir sur la foi, et proposer comme une « spiritualité de l'intelligence ». C'est d'autant plus nécessaire que l'université, où j'évolue, est un monde sans Dieu: selon une étude sociologique menée dans 99 universités anglo-saxonnes, seuls 14 % des philosophes interrogés ont la foi. Les universitaires forment une des catégories socio-professionnelles où il y a le plus d'athées.

FIGAROVOX- Vous écrivez qu'on «n'a jamais converti personne avec des arguments»: pourtant, votre livre participe de la tradition apologétique, qui consiste à étayer par des arguments rationnels la foi chrétienne. Quel est exactement votre projet ?

Denis MOREAU - En effet, ce n'est pas un livre prosélyte. Mon but n'est pas d'arracher des conversions mais, plus modestement, d'expliquer à mes lecteurs que ce n'est pas parce que je suis croyant que je suis un imbécile! Je destine ce livre à trois catégories de personnes: ceux qui se demandent honnêtement comment on peut encore être catholique, ceux de mes coreligionnaires qui sont parfois travaillés par le doute et désirent être affermis dans leur foi, et enfin les catholiques qui s'intéressent à l'articulation entre foi et raison. Mais je ne pense pas que la lecture de mon livre suffise à convertir un athée.

FIGAROVOX- Peut-être pas le convertir… mais déringardiser l'idée qu'il se fait de votre religion ?

Denis MOREAU - Oui, et la clarifier ! J'ai beaucoup aimé le roman d'Emmanuel Carrère, Le Royaume, qui contient de beaux passages sur le combat spirituel. Il avait eu le mérite de donner une image assez juste de ce qu'est la foi, un combat spirituel permanent entre la certitude et le doute… J'aime en particulier cette phrase, parce qu'elle m'interpelle: « C'est une chose étrange, quand on y pense, que des gens normaux, intelligents, puissent croire à un truc aussi insensé que la religion chrétienne. […] Quand ils vont à l'église, ils récitent le Credo dont chaque phrase est une insulte au bon sens ». Je ne suis évidemment pas du tout d'accord, mais j'en retiens qu'il faut donc s'expliquer, montrer comment il peut être fécond, pour des croyants, d'être confrontés, par l'intelligence, à leur propre foi.

FIGAROVOX- Vous désignez aussi des ennemis, qui ne sont pas forcément ceux que l'on croit! Vous êtes plutôt « miséricordieux » avec les intellectuels athées, Onfray compris ; en revanche, vous combattez férocement vos deux bêtes noires, « catho-grognon » et « catho-puceau »…

Denis MOREAU - Pour « catho-puceau », ce ne sont que quelques lignes et si j'ai paru dur, je le regrette: c'était surtout pour rire. Les catholiques un peu « coincés » ne sont pas mes ennemis, j'ai beaucoup de respect et de tendresse à leur endroit! Seulement, pour aller convaincre nos contemporains d'une forme de vacuité des jouissances terrestres, on est plus persuasif en mobilisant des personnes qui sont d'abord passées par la débauche… comme saint Augustin ou Charles de Foucauld , qui savent de quoi ils parlent !

Pour les intellectuels athées, je suis quand même agacé par l'aplomb avec lequel certains, qui ne connaissent rien au christianisme, se permettent de le condamner. C'est un phénomène qui me paraît relativement neuf et qui n'existait pas il y a encore 20 ou 30 ans ; mais aujourd'hui, il n'est pas rare d'entendre des gens cultivés, ou prétendus tels, raconter absolument n'importe quoi à propos de la foi chrétienne. Cela ne m'empêche pas d'avoir par ailleurs une réelle admiration pour Michel Onfray, malgré ses outrances christianophobes. J'ai bien aimé ses premiers livres: il a une vraie générosité, et un désir de chercher la vérité. C'est assez rare pour être souligné.

En revanche, « catho-grognon », ça oui, je lui tape allègrement dessus ! Je sais bien que ce n'est probablement que la déclinaison catholique d'une humeur assez française, mais je ne le supporte plus. Les évangiles, saint Paul… C'est la joie ! Moralement parlant, d'un point de vue chrétien, c'est impossible d'être grognon, dans les relations avec les autres comme sur le fond. Ce serait tomber en plein sous le feu de la critique de Nietzsche: à cause de « catho-grognon », le christianisme paraît n'être qu'une doctrine réactive, et c'est une dérive. Être contre au lieu d'être pour, nier au lieu d'affirmer, râler au lieu d'être heureux: voilà bien une menace terrible pour la religion chrétienne. Nietzsche d'ailleurs frappait juste en disant : « Pour que j'apprenne à croire en leur sauveur, il faudrait que ses disciples aient un air plus sauvé ! »

FIGAROVOX- Et que vous inspire la formule « catho-décomplexé » ?

Denis MOREAU - On me place parfois dans cette catégorie. Je n'ai jamais été complexé d'être catho. Si cela veut dire accepter le dialogue et s'assumer joyeusement, le mot m'est plutôt sympathique. Le modèle de la « pastorale de l'enfouissement », qui a ses vertus dans le monde associatif où les catholiques sont très nombreux (Restos du Cœur, Secours catholique…), ne pouvait être promu que dans une société marquée encore sociologiquement par la présence du christianisme. Jacques Maritain distinguait ainsi « agir en chrétien », et « agir en tant que chrétien ». Mais aujourd'hui, devant la quasi-disparition des chrétiens, le modèle trouve ses limites: il est important de réaffirmer notre foi, y compris dans l'espace public. Il ne s'agit pas de remettre des croix partout, bien entendu, mais d'avoir le courage de ne pas dissimuler sa foi. Je ne l'ai jamais fait pour ma part, pas même à l'université, et cela n'a pas freiné ma carrière pour autant! Mes collègues sont des gens suffisamment ouverts d'esprit pour accepter que l'on puisse croire en Dieu. Et je suis d'ailleurs frappé par le nombre de chrétiens qui figurent au rang d'illustres philosophes de notre temps: Jean-Luc Marion ou Rémi Brague, déjà, pour ne citer qu'eux… Je suis pour ma part reconnaissant envers la République de m'avoir permis à moi, catholique revendiqué, de faire une carrière honorable et dans de bonnes conditions. Pour le reste, quant aux modalités sous lesquelles on se présente « en tant que chrétien », il appartient à chacun de faire preuve de discernement, car rechercher à tout prix le choc, le «scandale», n'est pas non plus une posture catholique. Réclamer qu'on installe une crèche dans chaque mairie, par exemple, n'est d'abord exigé par aucun texte émanant d'une quelconque autorité dans l'Église, mais en outre cela me semble contraire au bien commun, qui inclut la recherche et la préservation de la concorde civile. FIGAROVOX- Vous êtes plus virulent en revanche sur la question de l'argent. Sans être une contre-culture, vous affirmez néanmoins que le catholicisme porte en lui une contestation profonde d'un monde fondé seulement sur les relations matérielles entre individus ?

Denis MOREAU - Je n'aime pas en effet le terme de « contre-culture », devenu une sorte de slogan chez les catholiques depuis le début des années 2010. Je refuse catégoriquement que le catholicisme ne se pense que par opposition, et ne fasse qu'exister « contre » quelque chose ou quelqu'un. Je suis plutôt pour une inculturation: les chrétiens doivent s'affirmer au travers des formes culturelles de leur époque, plutôt que de chercher à en bâtir une culture « autre ».

Pour en revenir à l'argent, je cite à ce propos saint Paul, les Évangiles, Bossuet et presque tous les papes depuis Léon XIII. Depuis la première « encyclique sociale », Rerum Novarum en 1891, il y a une critique continue et massive du capitalisme dérégulé et du caractère toxique de l'argent lorsqu'il est mis au centre de nos vies. Le pape François ne dit rien de plus à ce propos que Paul VI, Benoît XVI ou Jean-Paul II… On en parle peut-être plus parce que les mots qu'il choisit sont neufs, mais sur le fond, il est en continuité avec toute la tradition de l'Église. C'est là qu'on trouve des points de rapprochement possible entre les catholiques et les altermondialistes. Depuis la chute du mur de Berlin, le modèle économique qui a triomphé ne me semble pas bon (quoique meilleur que celui dont il a triomphé…), et tout le monde en connaît la réalité. Un chrétien ne peut pas se satisfaire d'une telle concentration de richesses entre les mains des 1 % les plus riches du monde. Pour arrêter cette folle machine, nous devrons être nombreux: les ZAD ou autres Nuit Debout ne suffiront pas… Il existe une structure, pardon de la nommer comme cela, de 1,3 milliard de personnes, qui dispose d'un corpus anticapitaliste solide et séculaire: c'est l'Église catholique. Comme le disait déjà Pasolini, elle est la seule Internationale anticapitaliste qui fasse le poids - si la base suivait, car les fidèles sont souvent en retrait par rapport à la radicalité du discours du pape sur ces sujets.

FIGAROVOX- Lorsque vous reprochez à nos contemporains de vouloir se sauver par leurs propres forces, est-ce en creux une critique à l'encontre du transhumanisme ?

Denis MOREAU - Dans mon livre, le premier chapitre s'intitule « Salut à vous ! », et ce n'est pas pour rien : le thème du salut est ma porte d'entrée dans la religion chrétienne. Je constate que depuis 2500 ans, il y a des théories pour prôner un salut par soi-même: chez les stoïciens d'abord, puis chez Pélage et aujourd'hui chez des sortes de néo-païens… Le christianisme vient leur répondre : « tu n'y arriveras pas tout seul ». Quant à chercher à combattre la mort, cela ne date pas non plus d'aujourd'hui : chez Descartes, on lisait déjà l'annonce d'une victoire définitive contre la maladie et la vieillesse. Philosophiquement, les scientifiques qui nous promettent une forme d'immortalité me paraissent surtout grotesques. Ce fantasme travaille l'humanité depuis ses débuts. Le premier geste chrétien, c'est de se reconnaître faible, manquant, mortel aussi.

FIGAROVOX- Vous abordez beaucoup de sujets avec humour, et même en exergue du livre, une phrase de Pascal est superposée avec une citation de Motörhead. Est-ce que l'auteur des Pensées se retournerait dans sa tombe en vous lisant ?

Denis MOREAU - Non, je ne crois pas. Pascal est un auteur dont je me sens proche, je le cite beaucoup. Il projetait d'écrire une « apologie de la religion chrétienne » (dont nous sont parvenus les fragments qui composent les Pensées), et c'est exactement ce que j'ai voulu faire. Et il ne se privait pas de faire rire: relisez les Provinciales! Mais enfin, je n'ai jamais compris pourquoi la philosophie ne devrait pas être drôle: quel dommage! « Dieu aime celui qui donne en riant », dit saint Paul. Je me reconnais volontiers en compagnon de Voltaire, qui pourtant n'est pas mon ami intellectuellement, mais au moins son Dictionnaire philosophique a le mérite de faire rire. Sur le caractère hétéroclite des références, c'est surtout le reflet de ce que je suis, un peu bigarré: je vais par exemple à la messe le dimanche, et au Hellfest chaque année. Ce sont deux lieux qui comptent dans ma vie, j'en parle donc.

FIGAROVOX- Êtes-vous un chrétien hédoniste, sans morale ? Un « édeniste », en quelque sorte ?

Denis MOREAU - Hédoniste, oui, mais pas sans morale. Il y a un usage régulé des bonnes choses. En soi, tout chrétien en quête de la vie éternelle est un hédoniste, au sens où il veut pour lui-même le plus grand bien, le maximum de plaisir. Il y a eu une dérive dans la pensée chrétienne, lorsqu'on s'est mis à tenir pour suspecte, ou condamnable, tout forme d'usage des plaisirs de ce monde. Comme si le christianisme avait été contaminé par un dualisme caricatural qui n'est ni nécessaire, ni incontestable. Le côté « chrétien jouisseur », donc, je l'assume à condition de rester philosophe, c'est-à-dire modéré.

Par ailleurs, si par « morale » vous entendez une organisation détaillée, vétilleuse de l'existence qui irait jusqu'à prescrire le détail des façons de s'habiller ou de se nourrir, alors on a ça dans la Torah ou dans les Hadîths, mais pas dans le Nouveau Testament. Les leçons de morale que donnent parfois saint Paul ou encore saint Thomas d'Aquin ne relèvent pas tant du christianisme que d'une forme de morale naturelle, raisonnable, accessible à tous. Dire que « si Dieu n'existe pas, tout est permis » est insultant pour tous les athées. Ne méprisons pas la morale ordinaire des braves gens !

FIGAROVOX- Vous qualifiez Jean-Paul II et Benoît XVI de « papes philosophes ». Quel type de pape est François ?

Denis MOREAU - Par principe, comme catholique, j'écoute avec bienveillance et obéissance (au sens étymologique: ob-audire, prêter l'oreille, écouter) tout ce que le pape a à dire, et je suis inquiet de la façon dont certains catholiques conservateurs reçoivent depuis quelque temps, de manière agressive et irrespectueuse, les enseignements du pape François. Je l'appellerais le « pape des périphéries » : il touche peut-être plus que ses prédécesseurs des gens éloignés de l'Église ou même extérieurs à la religion chrétienne. Mais tous les trois sont à mes yeux de grands papes, et j'ai conscience d'avoir vécu une période faste de l'histoire de l'Église. Jean-Paul II a su la rétablir au cœur de la crise: c'est toujours facile de détruire une institution, beaucoup moins en revanche de la reconstruire. Benoît XVI est un peu mon préféré… peut-être parce que c'était le plus philosophe des trois, son pontificat a été pour moi une sorte de fête intellectuelle continue! Mais il ne faudrait pas que des papes pour intellectuels. François a su réaliser l'ouverture, reprendre le dialogue avec le monde.

--------------------------------

Source : Le Figaro

--------------------------------

 

07:00 Publié dans Franc-tireur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook