15/02/2013
L’idiotie caractéristique des Temps modernes
=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=
« SALUS EX JUDÆIS EST. "Le Salut vient des Juifs !" J'ai perdu quelques heures précieuses de ma vie à lire, comme tant d'autres infortunés, les élucubrations antijuives de M. Drumont, et je ne me souviens pas qu'il ait cité cette parole simple et formidable de Notre-Seigneur Jésus-Christ, rapportée par saint Jean au chapitre quatrième de son Évangile. »
« Le Salut vient des Juifs ! Texte confondant qui nous met furieusement loin de M. Drumont ! À Dieu ne plaise que je lui déclare la guerre, à ce triomphant ! La lutte, vraiment, serait par trop inégale.
Le pamphlétaire de la France Juive peut se vanter d’avoir trouvé le bon coin et le bon endroit. Considérant avec une profonde sagesse et le sang-froid d’un chef subtil que le caillou philosophal de l’entregent consiste à donner précisément aux ventres humains la glandée dont ils raffolent, il inventa contre les Juifs la volcanique et pertinace revendication des pièces de cent sous.
C’était l’infaillible secret de tout dompter, de tout enfoncer et de jucher son individu sur les crêtes les plus altissimes.
Dire au passant, fût-ce le plus minable récipiendaire au pourrissoir des désespérés : — Ces perfides Hébreux, qui t’éclaboussent, t’ont volé tout ton argent ; reprends-le donc, ô Égyptien ! crève-leur la peau, si tu as du cœur, et poursuis-les dans la mer Rouge.
Ah ! dire cela perpétuellement, dire cela partout, le beugler sans trève dans des livres ou dans des journaux, se battre même quelquefois pour que cela retentisse plus noblement au-delà des monts et des fleuves ! mais surtout, oh ! surtout, ne jamais parler d’autre chose, — voilà la recette et l’arcane, le medium et le retentum de la balistique du grand succès. Qui donc, ô mon Dieu ! résisterait à cela ?
Ajoutons que ce grand homme revendiquait au nom du Catholicisme. Or, tout le monde connait le désintéressement sublime des catholiques actuels, leur mépris incassable pour les spéculations ou les manigances financières et le détachement céleste qu’ils arborent. J’ai fait des livres, moi-même, en vue d’exprimer l’admiration presque douloureuse dont me saturent ces écoliers de la charité divine et je sens bien qu’il m’eût été impossible de m’en empêcher.
Il est donc aisé de concevoir l’impétuosité de leur zèle, quand les tripotantes mains de l’Antisémite vinrent chatouiller en eux le pressentiment de la Justice. On peut même dire qu’en cette occasion, les écailles tombèrent d’un grand nombre d’yeux et le généreux Drumont apparut l’apôtre des tièdes qui ne savaient pas que la religion fût si profitable. »
Léon Bloy, Le salut par les juifs
« Ici, les riches, chrétiens ou non, sont atroces. Nos juifs eux-mêmes, nos puissants juifs n'ont pas compris que l'auteur du "Salut par les Juifs" avait poussé en faveur de leur nation le plus grand cri qu'on ait entendu depuis le commencement de l'ère chrétienne. »
Léon Bloy, Correspondance, 1900-1914, Léon Bloy Josef Florian, lettre du 2 décembre 1900
« Le Moyen Age avait le bon sens de les cantonner dans des chenils réservés et de leur imposer une défroque spéciale qui permît à chacun de les éviter. Quand on avait absolument affaire à ces puants, on s’en cachait comme d’une infamie et on se purifiait ensuite comme on pouvait. La honte et le péril de leur contact était l’antidote chrétien de leur pestilence, puisque Dieu tenait à la perpétuité d’une telle vermine. Aujourd’hui que le christianisme a l’air de râler sous les talons de ses propres croyants et que l’Eglise a perdu tout crédit, on s’indigne bêtement de voir en eux les maîtres du monde, et les contradicteurs enragés de la Tradition apostolique sont les premiers à s’en étonner. On prohibe le désinfectant et on se plaint d’avoir des punaises. Telle est l’idiotie caractéristique des Temps modernes. »
Léon Bloy, Le Désespéré
«... écrivant un livre sur le Pauvre, comment aurais-je pu ne pas parler des Juifs ? Quel peuple est aussi pauvre que le peuple juif ? Ah ! je sais bien, il y a les spéculateurs, les banquiers. La légende, la tradition veulent que tous les juifs soient des usuriers. On refuse de croire autre chose et cette légende est un mensonge. Il s'agit là de la lie du monde juif. Ceux qui le connaissent et le regardent sans préjugés savent que ce peuple a d'autres aspects et que, portant la misère de tous les siècles, il souffre infiniment. Quelques-unes des plus nobles âmes que j'ai rencontrées étaient des âmes juives. »
Léon Bloy, Journal, t. III, à la date du 2 janvier 1910

Certains clowns devraient fermer leur gueule... quand ils citent Léon Bloy...
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Je ne saurais trop vous inciter à lire, également, le Chapitre 37 du Livre d'Ezéchiel dans l'Ancien Testament, chapitre par lequel Léon Bloy met un point final, si j'ose m'exprimer ainsi, à son livre, "Le salut par les juifs", car il le cite intégralement (en latin), et de tenter de saisir l'importance prophétique abyssale de ce texte que bien des cestodes ayant l'outrecuidance de proclamer qu'ils honorent le Logos sont incapables d'en mesurer la profondeur et l'importance dans le positionnement ontologique du furieux écrivain. Il est des petits sociologues frustrés qui ne savent que postillonner et vociférer leurs ressentiments dans une lourdeur intégrale...
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37:1
La main de l'Éternel fut sur moi, et l'Éternel me transporta en esprit, et me déposa dans le milieu d'une vallée remplie d'ossements.
Qui est donc cet Ephraïm, fils de Joseph, qui se doit de s'unir à Juda selon la Parole des paroles ?
Du point de vue chrétien on le sait par la lecture de deux passages dont la nature prophétique semble échapper aux pseudos-intellectuels plus aptes à viser la face du Seigneur d'immondes crachats en s'en prenant au peuple de l'Alliance Première.
Jetons quelques clefs en pâture aux crétins théologiques...
En Génèse au Chapitre 48, Joseph amène ses deux fils à son père Israël, pour qu'il les bénisse. L'aîné Manassé et le jeune Ephraïm. Israël les bénit d'une bien curieuse façon :
48:8
Israël regarda les fils de Joseph, et dit : Qui sont ceux-ci ?
48:9
Joseph répondit à son père : Ce sont mes fils, que Dieu m'a donnés ici. Israël dit : Fais-les, je te prie, approcher de moi, pour que je les bénisse.
48:10
Les yeux d'Israël étaient appesantis par la vieillesse ; il ne pouvait plus voir. Joseph les fit approcher de lui ; et Israël leur donna un baiser, et les embrassa.
48:11
Israël dit à Joseph : Je ne pensais pas revoir ton visage, et voici que Dieu me fait voir même ta postérité.
48:12
Joseph les retira des genoux de son père, et il se prosterna en terre devant lui.
48:13
Puis Joseph les prit tous deux, Éphraïm de sa main droite à la gauche d'Israël, et Manassé de sa main gauche à la droite d'Israël, et il les fit approcher de lui.
48:14
Israël étendit sa main droite et la posa sur la tête d'Éphraïm qui était le plus jeune, et il posa sa main gauche sur la tête de Manassé : ce fut avec intention qu'il posa ses mains ainsi, car Manassé était le premier-né.
48:15
Il bénit Joseph, et dit : Que le Dieu en présence duquel ont marché mes pères, Abraham et Isaac, que le Dieu qui m'a conduit depuis que j'existe jusqu'à ce jour,
48:16
que l'ange qui m'a délivré de tout mal, bénisse ces enfants ! Qu'ils soient appelés de mon nom et du nom de mes pères, Abraham et Isaac, et qu'ils multiplient en abondance au milieu du pays !
48:17
Joseph vit avec déplaisir que son père posait sa main droite sur la tête d'Éphraïm ; il saisit la main de son père, pour la détourner de dessus la tête d'Éphraïm, et la diriger sur celle de Manassé.
48:18
Et Joseph dit à son père : Pas ainsi, mon père, car celui-ci est le premier-né ; pose ta main droite sur sa tête.
48:19
Son père refusa, et dit : Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi deviendra un peuple, lui aussi sera grand ; mais son frère cadet sera plus grand que lui, et sa postérité deviendra une multitude de nations.
Notez cela : "son frère cadet sera plus grand que lui, et sa postérité deviendra une multitude de nations."
Ephraïm sera plus grand que Manassé et sa descendance formera, dans le texte en hébreu ancien, MELO HAGOYIM qui veut dire littéralement : "LA TOTALITE DES NATIONS"!
Et que dit l'Apôtre Paul dans l'Epître aux Romains dans laquelle il s'adonne à toute une exégèse afin de montrer que le texte Prophétique lie de façon inéluctable le sort des Nations païennes au sort d'Israël ?
11:12
Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous.
11:13
Je vous le dis à vous, païens : en tant que je suis apôtre des païens, je glorifie mon ministère, 11:14 afin, s'il est possible, d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quelques-uns.
11:15
Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie d'entre les morts ?
11:16
Or, si les prémices sont saintes, la masse l'est aussi ; et si la racine est sainte, les branches le sont aussi.
11:17
Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui était un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier,
11:18
ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte.
11:19
Tu diras donc : Les branches ont été retranchées, afin que moi je fusse enté.
11:20
Cela est vrai ; elles ont été retranchées pour cause d'incrédulité, et toi, tu subsistes par la foi. Ne t'abandonne pas à l'orgueil, mais crains ;
11:21
car si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non plus.
11:22
Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures ferme dans cette bonté ; autrement, tu seras aussi retranché.
11:23
Eux de même, s'ils ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront entés ; car Dieu est puissant pour les enter de nouveau.
11:24
Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier.
11:25
Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère, afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c'est qu'une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des nations soit entrée.
11:26
Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés ;
11:27
Et ce sera mon alliance avec eux, Lorsque j'ôterai leurs péchés.
11:28
En ce qui concerne l'Évangile, ils sont ennemis à cause de vous ; mais en ce qui concerne l'élection, ils sont aimés à cause de leurs pères.
11:29
Car Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel.
11:30
De même que vous avez autrefois désobéi à Dieu et que par leur désobéissance vous avez maintenant obtenu miséricorde,
11:31
de même ils ont maintenant désobéi, afin que, par la miséricorde qui vous a été faite, ils obtiennent aussi miséricorde.
11:32
Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous.
11:33
O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles ! Car
11:34
Qui a connu la pensée du Seigneur, Ou qui a été son conseiller ?
11:35
Qui lui a donné le premier, pour qu'il ait à recevoir en retour ?
11:36
C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses. A lui la gloire dans tous les siècles ! Amen !
Prenez note ici encore, "une partie d'Israël est tombée dans l'endurcissement, jusqu'à ce que la totalité des nations soit entrée. Et ainsi tout Israël sera sauvé."
L'Apôtre Paul fait bien référence, ici, à la Prophétie qui est formulée en Génèse 48 : "MELO HAGOYIM", "LA TOTALITE DES NATIONS" !
C'est à nouveau à cette Prophétie que Léon Bloy fait référence en citant Ezéchiel 37 liant le sort d'Ephraïm (Le christianisme, "LA TOTALITE DES NATIONS" ) à celle de Juda, le peuple juif...
Pour ce qui est de notre clown antisémite du moment, je le renvoie à l'Apôtre Paul, encore : "Ne te glorifie pas aux dépens de ces branches. Si tu te glorifies, sache que ce n'est pas toi qui portes la racine, mais que c'est la racine qui te porte."
23:58 Publié dans Le Salut par les Juifs | Lien permanent | Commentaires (10) |
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Un livre authentique n’est jamais impatient
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« La rencontre avec le livre, comme avec l’homme ou la femme, qui va changer notre vie, souvent dans un instant de reconnaissance qui s’ignore, peut être pur hasard. Le texte qui nous convertira à une foi, nous ralliera à une idéologie, donnera à notre existence une fin et un critère, pouvait nous attendre au rayon des occasions, des livres défraîchis ou des soldes. Il peut se trouver, poussiéreux et oublié, sur un rayon juste à côté du volume que nous cherchons. L’étrange sonorité du mot imprimé sur la couverture usée peut arrêter notre œil : Zarathoustra, West-Ostlicher Divan, Moby Dick, Horcynus Orca. Tant qu’un texte survit, quelque part sur cette terre, fût-ce dans un silence que rien ne vient briser, il est toujours susceptible de ressusciter. Walter Benjamin l’enseignait, Borges en a fait la mythologie : un livre authentique n’est jamais impatient. Il peut attendre des siècles pour réveiller un écho vivifiant. Il peut être en vente à moitié prix dans une gare, comme l’était le premier Celan que je découvris par hasard et ouvris. Depuis ce moment fortuit, ma vie en a été transformée, et j’ai taché d’apprendre "une langue au nord du futur". »
George Steiner, Ceux qui brûlent des livres
07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
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