25/12/2006

Aurore - VIII

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

Il faut du chemin pour parvenir à une assurance et une confiance intérieures au sein des circonstances qui sont les nôtres, afin d’être dans un détachement qui n’accorde aux choses guère plus d’importance que celle qu’il y a à leur accorder. Une fois dans ce point que nous quêtons et qui finit par nous aspirer, nous regardons, alors, le monde avec un œil tranquille. C’est là l’espérance de la seule Rédemption accessible, superbe et éblouissante. Nos pires ennemis ne le sont plus. Les oppositions les plus acides se résolvent. Certes, peut-être que cela ne parvient à fonctionner que pour soi-même et non pas pour nos ennemis. « Pardonne leur Père, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Mais on se retrouve saisi, en ce cas, par une totale bienveillance désintéressée et même la sabre à la main, pour défendre ce qu’il y a à défendre, l’humilité nous étreint et nous n’avons pas de haine.
J’ai éprouvé en certains rares instants ces épanchements malgré moi, comme si un visage se présentait à moi m’invitant à aimer. Moi, esprit faible, humain tellement humain, je me devais d’honorer ce visage abstrait qui me conviait très concrètement à l’honorer. Chimie mystérieuse du cerveau, mémoire affective du Corps, incarnation qui manifeste un au-delà de soi ici présent.
À la vue de ce Visage, yeux clos, en le cœur, ô âme, les yeux tremblent d’une joie pure. Ave doux Instant. Je deviens l’Instrument curieux de ta Valse, mais en rien cela ne me dérange.


Nous vivons la fin des temps. Leurs prémices sont là, ils nous encerclent et encadrent chacun de nos actes. C’est un cancer inéluctable qui se propage avec une ferme certitude et nous n’y pouvons rien, car les dés sont jetés, les jeux sont faits. Rien n’arrêtera la fin amère des choses en cours depuis la nuit des temps et se préparant, dorénavant, à atteindre son sanglant paroxysme.

Pourtant… Que d’œuvres voluptueuses avons-nous aussi accomplies ! Au milieu des désastres, comme pour les couronner en même temps que de les exorciser et les anéantir par le Verbe, nous avons élevé des Instants de Sacre, des Moments d’extases dessus les charniers, des Larmes d’espérance sur des cadavres fratricides, des mots d’Amour conjurant notre sort néfaste.

La Musique, ces rêves suspendus aux Sonates de Schubert sur le doigté de Brendel, ce sourire lumineux dans les notes de Mozart, cette prière incarnée dans le saxophone de John Coltrane, cette grimace existentielle dans le chant et les mots de Jim Morrison, ces nappes Cosmiques dans le blues de Jimi Hendrix, ce cynisme rédempteur dans les orchestrations de Frank Zappa, cette manne tellurique dans la plainte Céleste de Robert Johnson ou Son House, ce corps faisant fusion spirituelle et matérialiste par la voix extatique de Glenn Gould en symbiose avec ses notes sur les partitions réinventées de Bach –piano mobile d’ici-bas tournant avec l’empyrée. L'hypnose de MAGMA, porté par un Christian Vander extatique.

Ces livres. Saints et malsains. Tous éructée par une Sainteté Supérieure qui nous dépasse et nous surpasse, nous oblige malgré nous à la clameur des joies et des calamités, des rires et des fléaux, des jouissances et des névroses. La crasse, la peur, la mort et l’espoir sournois. Ces prophètes en fuite dans le désert rencontrant l’Être. Ces mal-aimé(e)s, ces bien- aimé(e)s, cherchant les épousailles ultimes, à la fois Séraphiques et Charnelles… parce que sachant bien que tous ceci est la même chose dans le creuset de la main de Dieu. Saint Jean, les yeux emplis d’angoisse face à ses visions, la gorge gonflée de foi, le cœur affermi d’abandon à la Volonté, l’âme balafrée par le sourire Divin. Molière, géant dansant au milieu des nains. Poe saisi de delirium tremens devant sa feuille blanche. Baudelaire fouillant au scalpel dans les replis des nerfs. Rimbaud voyant, hors sa Saison enragée dans l’Enfer « Humain trop Humain », poindre le Paradis des Illuminations Verbales Sacrées et Rédemptrices, la fleur, la peau, l’Océan et la Terre, le Ciel et l’Infini réconciliés avec nous-mêmes. Lautréamont, ô Jeunesse pourfendant le simulacre.

Ces sculptures. Ces toiles. Ces films. Incarnation tangible de la pensée en action et en devenir. « J’aime l’odeur du napalm au petit matin », affirme Robert Duval dans « Apocalypse Now » en chien de garde halluciné de la soldatesque Américaine. La Porte de l’Enfer par Rodin est une pensée saisissante qui danse malgré tout. Georges Mathieu fiévreux devant sa Bataille de Bouvines. Picasso relisant la guerre devant son Guernica avec une insaisissable Liberté. Foudroyants élans disant la Nécessité de l’Être qui n’est pas seulement constituée de pain et d’eau.

Ces penseurs. Absent du monde car tellement présent en lui-même. Profondément enlacés à l’existence. Cherchant à la scruter avec précision, en sculptant, eux aussi, la compréhension, faisant émerger sa complexité par la danse des concepts. Nietzsche en marche, un livre de Montaigne à la main. Spinoza polissant son verre en même temps que ses idées. Saül devenant Saint-Paul sur son chemin vers Damas. Retz, La Rochefoucauld fixant avec attention l’âme humaine. Ces stances. Ces éclairs.

Ces authentiques prières de saints et d’ordures.

Nous nous arrangeons avec ça et le challenge est de ne pas rentrer complètement dans le moule. Être une Singularité si nous sommes enfants des étoiles, le Big-Bang fut une Singularité et le politiquement correct m’interdit d’écrire « si nous sommes faits à l’image de Dieu ».

Ce que le système entretient avec une réelle passion, c’est l’équilibre délicat de la Violence et de l’Ennui. Les dérivatifs utilisés maintiennent dans leurs justes limites ces deux phénomènes. Insouciant face aux vrais problèmes qui se posent, l’Homme post-moderne ne doit pas sombrer dans l’Insouciance qui peut être révélatrice d’un autre monde. La légèreté est un danger ambulant pour les rouages de notre jolie société. Car lorsque l’individu se laisse aller à un peu de Grâce, un peu de rêves, un peu de poésie et que l’existence binaire et monotone lui apporte soudain une bonne dose de dégoût, de lassitude, de contrariété, de poisse et de mélancolie, tout ce qu’il a construit au cours de sa dérive depuis sa venue au monde lui semble être un immense, un gigantesque embarras. Cet état peut rapidement déboucher sur la prémonition d’un territoire imprécis, ignoré, indéterminé, vaporeux qui advient au-devant de nous et ne demande que la fibre courageuse et possédée d’un explorateur. Manifestation qui devance, signal avant-coureur, appel insistant de l’étrangeté qui s’avance. Le système se doit de faire en sorte que le cher citoyen ne s’y arrête point.

Alors, submergeons-le de messages, d’images, de niaiseries authentiques, pour que ni l’ennui, ni la violence qu’il porte en lui ne nous menacent. S’il passe le palier, progressivement, de l’hypnose et de la soumission, nous le maintiendrons dans sa phase passive et assujettie longtemps… en tout cas jusqu'à la névrose, la maladie mentale ou la pure et complète folie. Nous avons les établissements prévus pour traiter ces symptômes. Prisons. Hôpitaux psychiatriques. Ou bien, programmes télévisés totalement Totalitaires et Débiles. Dans la routine mortuaire que nous entretenons avec constance et emphase, certes, il y aura quelques accidents. Le manque de stimuli sensoriels naturels, l’intellect s’appauvrissant, il y aura des « Clash » inévitables. Un ouvrier travaillant à la chaîne perdra un doigt, ou un bras. La fatigue et la nervosité amèneront leurs lots d’accidents de la route. De temps en temps un serial-killer fera son apparition. Une Cité brûlera à cause de son ghetto. Parfois même un attentat aura lieu qui accouchera d’une bonne guerre. Nos philosophes et nos sociologues analyseront tout ça. Les chroniqueurs dans les journaux s’empareront de l’affaire. La Droite et la Gauche pourront s’affronter en abondantes polémiques quant à la gestion des affaires. Comprendre : la gestion de leurs affaires. Des livres seront publiés. Des manifestations auront lieu. La Routine Démocratique. Le monde continuera de tourner selon notre Volonté. Nos chiens de garde y veillent. Et tout ça va vers le paroxysme. Longue et lente descente rapide vers les limbes noirâtres de la bestialité, de l’oubli de Soi et de l’Autre. C’est encore un paradoxe évident. Lente et longue descente, car elle semble n’avoir pas de fin. Rapide descente, car tout s’accélère et nous entraîne vers le vide de l’Être et vers l’Absence de Soi au monde.

Et toutes ces analyses Socio-Philosophiques, toutes ces décisions politiques s’avèrent être des actions parfaitement ridicules, incapables d’appréhender la substance de leurs études car elles ne se proposent jamais, par leurs actes, de percer le nœud du problème afin de transformer en profondeur, et radicalement, notre piteuse existence en fontaine de Vie. Tout participe à la pérennisation de la Mort lente et de son système concentrationnaire doux.

Car une fontaine de Vie appelle le changement, la Joie de l’Instant, le Jeu de l’Être, la Jouissance du Temps Présent, la saisie saisissante d’Instants hors le temps sur la trame d’un Passé débarrassé de toute muséification mais projetés vers l’Avenir et l’à-venir immédiat. La Créativité y est Reine, la répétitivité secondaire. Mais même la répétitivité se trouve, alors, dépourvue de redondance, de reproduction aveugle, de recommencement banal. Ces instants sont rares en notre Village Global.

Oui. Toute Critique avant qu’elle ne mène à la compréhension par tous les hommes des conditions d’exploitation dont ils sont les sujets, compréhension qui ne débouchera que sur le désir de distraction, de relâchement, de récréation et de recréation doit être entreprise et menée dans ces temps difficiles où l’oppression est omniprésente dés les informations radiophoniques matinales par quelques francs tireurs indépendants qui prennent tout juste conscience des réseaux parallèles qu’ils se doivent de tisser. Leur but est clair, même si une stratégie générale est pour l’instant absente, ils veulent semer la ruine dans les sphères de ces conditions d’oppression.

Pour l’instant le prolétariat se tasse et se résigne. Les sirènes qui le maintienne de leurs chants néfastes sont puissantes et effectives. Il en est qui affirment même que ce monde, finalement, leur convient, à la condition qu’ils puissent toucher une modeste part des miettes du gâteau qui leur fait accepter leur funeste condition. Il en est d’autres qui se séparent, non pas des esclaves que j’évoque ici, mais de cette classe (au sens marxiste du terme), se voulant artistes, membres d’associations diverses qui se disent actives et conscientes. Les uns et les autres n’ont pas conscience que ce qui figure le Prolétariat du troisième millénaire n’est plus le gavroche sortant de la mine et travaillant 12 heures par jour, six jours sur sept. Ce qui figure le Prolétariat en 2007, après le 11 Septembre 2001, c’est la masse globale et globalisée des producteurs et consommateurs. Autant dire : tout le monde.
Quand, donc, les Zartistes et autres Bobos en mal de Révolte geignent à propos du Nouvel Ordre Mondial, érigeant leur conflit intellectualiste à l’encontre de la Mondialisation en œuvre, mais qu’ils s’efforcent, d’autre part, de n’y opposer que d’indigentes ambitions, de faux espoirs, de tristes aspirations, ils sont en fait tenus en laisse par l’Ordre en question et rattachés à lui. Ils en épousent le profond principe, la substance même. Si cet Ordre s’abattait demain ils perdrait tout en perdant leur fond de commerce. Tristes intellectuels qui stigmatisent sans se dresser contre et cautionnent sans comprendre.

Triste complicité, parfois inconsciente, je le concède.

Faux litige fait bon mariage avec l’argent roi.

Il nous faut redéfinir les concepts politiques que Marx, Proudhon et Bakounine ont élaborés en leurs temps. Prolétariat, pauvreté ont changé de nature et d’envergure, même si le résultat est le même : nous sommes tenus en laisse. Avec douceur, certes, mais tenus en laisse. « Étouffer en embrassant : perfidie abominable. » disait Diderot. Et aussi : « Il ne faut de la morale et de la vertu qu´à ceux qui obéissent.»


Il ajoutait : « Frapper juste.»
________________________________________________________________

Bande son du moment : "Bananas" par Deep Purple

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : « Le spectacle est une guerre de l'opium permanente pour faire accepter l'identification des biens aux marchandises ; et de la satisfaction à la survie augmentant selon ses propres lois. Mais si la survie consommable est quelque chose qui doit augmenter toujours, c'est parce qu'elle ne cesse de contenir la privation. S'il n'y a aucun au-delà de la survie augmentée, aucun point où elle pourrait cesser sa croissance, c'est parce qu'elle n'est pas elle-même au delà de la privation, mais qu'elle est la privation devenue plus riche.» Guy Debord (La Société du Spectacle)


Humeur du moment : Mort de fatigue

21/12/2006

Aurore - VII

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

Les Zartistes et penseurs de nos jours se plaisent à parler d’ineffable et d’intraduisible, d’innommable. On en est arrivé au point où on ne peut plus rien dire, mais aussi, où on ne sait pas ou plus quoi dire. Ainsi, l’Art et la pensée se trouvent réduits au silence glacial mortuaire de l’absence même d’angoisse. Les situations qui pourraient être crées pour nourrir l’imaginaire collectif ne sont qu’agitations névrotiques au sein desquelles le pathos n’est même pas utilisé de manière constructive. Mode. Habits. Décoration. Certes. SURFACE ! Et ce n’est pas la Surface Aristocratique d’un Oscar Wilde, cette Surface qui, selon le mot de Nietzsche, est identique à la profondeur. Silence ou borborygmes et onomatopées. Voilà où l’on en est dans l’Art. Et dans la Vie. Les Zartistes les plus novateurs aiment à déterrer la charogne pour lui donner la mort une seconde fois. Grandes phrases toutes faites. Œil sombre. Les pauvres gugusses ne peuvent pas même imaginer un court instant ce que pourrait être la Vie dans l’au-delà de ce cap à passer. La Vie et, donc, l’Art. Ils ne souhaitent même pas passer le cap en question. Mais, comme je le disais, symptomatiques, ils disent très bien la maussade époque dans laquelle nous évoluons : explosions techno-scientifiques à l’extérieur, morale faisandée dix-neuvièmiste en dedans. L’Horreur. Ils rêvent grandement, par contre, d’un au-delà utopique qu’ils appellent de leurs vœux les plus profonds et les plus chères. L’Absurdité organisée et calculée. L’aveuglement assuré par la surenchère de la communication générale nous connectant tous les uns aux autres. Festivités et commémorations. Sourires. Analphabétisme générale intronisé quotidiennement par la Radio, la télévision, l’Université, les entreprises et usines, la presse, internet. Films débiles. Best sellers plats. Les moyens de communication de masse sont… écrasants. Le mensonge est adoubé par la science elle-même. L’Histoire, bien-sûr, est écrite par les intérêts des uns et des autres. Des vainqueurs surtout. En découle ce spectacle du village planétaire, meurtrier et hilarant.

Le Spectacle met en scène la fin du monde même. Il nous invite à sa représentation malade. Nous nous devons de déployer de singulières ailes pour prendre un envol qui est retardé depuis trop longtemps. Nous lâcher du conforme comme du non conforme. De l’affirmation comme de la négation. Ces principes, en ce monde, n’ont plus grand sens. De l’Art d’aujourd’hui nous pouvons conserver, outre l’explosion des formes, la volonté d’une vaste communication, profonde et déterminée. Par quels moyens échapper à la noyade dans le flux constant et tendu des informations d’aujourd’hui, cela reste à déterminer au fur et à mesure que l’avancée se précise. Il faut une bonne dose de Stratégie pour se faufiler dans ce merdier. Il ne faut pas, de même, négliger le sens esthétique, l’équilibre de la forme et du fond qui parvient à porter ce qui se doit d’être dit impérativement.

La Drouate est soi réactionnaire, soit Capitaliste, quand elle n’est pas les deux à la fois.

La Gôche est devenue Libérale, ayant abandonné toute critique radicale, toute pensée et toute action. Perdurent, ça et là, sous une forme ou une autre, quelques désirs de soviets et de conseils ouvriers.

La Drouate, c'est là le paradoxe, s'est également Gôchisée...

Morne paysage.

Tout cela sans exception est désormais Spectacularisé à outrance pour nous maintenir dans nos positions de spectateurs aigris ou enchantés. Les experts de la pensée y travaillent. La spécialisation de chaque domaine de la vie est en cours. Séparations et moulage général.

Il nous faut récupérer ce qu’il y a de récupérable dans la sphère culturelle, non pour entreprendre de ressusciter les morts (qu’ils reposent en paix) selon les paradigmes en cours… laissons la religion de substitution festoyer comme bon lui semble.

L’analyse précise, l’examen du Spectacle oppressant est l’exigence liminaire et supérieure de toute critique.
________________________________________________________________

Bande son du moment : "Private Eyes" par Tommy Bolin

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : « Et sans doute notre temps... préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être... Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré. » Feuerbach (Préface à la deuxième édition de L'Essence du christianisme)... mis en exergue, par Guy Debord, en ouverture de son livre,"La Société du Spectacle".


Humeur du moment : Mort de Fatigue

20:20 Publié dans Écriture en Acte | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : 36-Ecriture en Acte : Aurore - VII | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/12/2006

Aurore - VI

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

Le désordre est tel que parallèlement à la montée en puissance de l’« Artiste Augure », l’artiste décorateur ou amuseur est promu comme un Artiste à part entière alors qu’il n’a rien à faire avec le troubadour ou l’artisan d’antan. De part et d’autre, il s’agit d’être enivré soit de niaiseries soit de cul-cul-culture castrée et castratrice à son tour. La bourgeoisie dominante doit semer la confusion. C’est, pour elle, très rassurant.

De la sorte, l’ambition et le dessein d’un créateur, aujourd’hui, sont proportionnels avec l’amoindrissement fonctionnel et pragmatique de sa sphère d’effort, de mouvement et d’entreprise véritables.

L’Artiste véritable sait bien que son mode d’expression, une fois utilisé, est aussitôt dépassé, désuet et inactuel. Ce qui lui importe en premier lieu c’est de trouver les débordements nécessaires et la profusion d’Être qui pourraient contribuer à construire la Vie. Et avancer, en fonction des circonstances, en créant des situations de désarrois et de fêtes.

Dans chaque émergence révolutionnaire artistique et/ou philosophique se trouve un combat, une opposition, un antagonisme entre les démarches visant à promouvoir une fonction nouvelle de la Vie et une évasion, débandade réactionnaire, hors de la Réalité, mais sans pour autant parvenir, par cette fuite, à toucher au Réel de l’Être. Ainsi du Romantisme. Ainsi du Surréalisme. Ainsi du nouveau Roman. Ainsi de l’existentialisme. Toutes ces manifestations ne permettent qu’une seule chose : elles nous autorisent, si nous savons regarder, à voir et distinguer très nettement l’absence d’un horizon solaire, hors l’Enfer que, par ailleurs, les artistes se plaisent à explorer de fonds en combles en s’en réjouissant même. Un Rimbaud passa par là et disparut aussitôt, étranger à tout ce cirque. Saint mille fois.

Car il nous faut sortir de l’Enfer.

On nous implore, oblige ou brusque de nous incorporer dans une conception de l’Art Spectacularisé qui ne nous correspond nullement. Le seul plan de cette affaire étant de nous précipiter dans un tourbillon aveuglant en agitant les maracas de la réussite sous nos yeux aveuglés, nous abrutir à ce point, que croyant que par l’ensemble de dispositions que nous prendrions pour dire les choses, les faits, le manque, nous serions sur la voie du Logos, du Sens. Nous soumettant, nous ne faisons que perpétrer l’esclandre de notre abomination propre, dont se complaisent les Za-Zartistes, car hors de cette abomination il n’y a point de salut pour leurs créations néfastes. Il leur faut préserver à tout prix les conditions de notre misère morale, intellectuelle et sociale. Comprenez-les. Cela leur donne la possibilité de geindre, de se révolter, de promouvoir leurs merdeuses actions caritatives. Et tout est en place et tourne comme une machine bien huilée.

Curieusement, en même temps que cette mise en scène est déployée pour que tout le monde puisse y trouver bonne conscience, il apparaît clairement que l’explosion des formes de l’Art, en peintures, photographies, vidéos, écriture est concomitante à une crise générale qui refuse cette Réalité étouffante qui nous soumet mais que nous consolidons. Nous ne parvenons pas, par contre, à toucher au Réel de l’Être dont nous pleurons le manque. Nous ignorons le Réel de la Révolte croyant la connaître. Normal : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. » Et : « Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun, où l'unité de cette vie ne peut plus être rétablie. La réalité considérée partiellement se déploie dans sa propre unité générale en tant que pseudo-monde à part, objet de la seule contemplation. La spécialisation des images du monde se retrouve, accomplie, dans le monde de l'image autonomisé, où le mensonger s'est menti à lui-même. Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant. » Comment se révolter en de telles conditions ? Il faut aller loin. Regarder les choses en profondeur. Guy Debord, dés ses deux premiers postulats ouvrant La Société du Spectacle en 1967 l’avait bien compris. La Révolte désormais devrait aller à l’essentiel.

Re-convoquons Rimbaud et Lautréamont sans hésiter un seul instant.

« Le spectacle en général, comme inversion concrète de la vie, est le mouvement autonome du non-vivant. » Se répéter cela plusieurs fois par jour.

________________________________________________________________

Bande son du moment : "Déjà Voodoo" par Gov't Mule

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : « Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent. » Guy Debord (Réfutation de tous les jugements, tant élogieux qu'hostiles, qui ont été jusque ici portés sur le film "La société du spectacle")

Humeur du moment : Mort de Fatigue

02:15 Publié dans Écriture en Acte | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : 35-Ecriture en Acte : Aurore - VI | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

16/12/2006

Aurore V

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

À présent que je regarde les créateurs de mon temps, je vois beaucoup d’incapacité et d’inaptitude dans le domaine essentiel de la pensée. Tous se complaisent dans leur ignorance crasse et plutôt que de se taire face au néant de leur méconnaissance et inculture, il leur faut à tout prix placer leur mot, leur émotion malade dans la fournaise du débat. Ils participent donc à un abaissement du niveau général de connaissance et cherchent à ridiculiser la moindre intelligence qui s’attaquerait à leur fonds de commerce de carriéristes en mal de gloire. Car là où le Capital a, pour l’instant, largement gagné la partie, c’est bien dans le talent qu’il a su mettre en branle pour convertir tout l’occident à sa vision du confort et de l’essentielle niaiserie qui nous détourne de tout désir de grandeur et d’épanouissement. Le Sud, pauvre et affamé, contemple la civilisation bourgeoise Nordiste la bave de la faim aux lèvres. C’est un modèle. C’est la direction. C’est ça la modernité. C’est la démocratie. La démocratie c’est Coca-Cola. Le bien matériel, le bien de consommation transformés en Jouissance Absolue. Les créateurs de mon temps adhèrent pleinement à cette optique, même s’il leur arrive de prendre des postures de révoltés pour que les consciences séduites par leur jeu en viennent à s’exalter du nombrilisme que leurs œuvres portent.

La Mondialisation, en progression constante, étend comme modèle indépassable le critère bourgeois basique. Posséder un bien et en faire la couronne de sa vie. Se repaître de ses acquis matériels, s’en délecter jusqu’à la disparition de toute tension. La publicité est là pour nous créer des tensions nouvelles, les seules tensions qui comptent. L’assouvissement doit se prolonger toute notre vie durant. La Vie elle-même se doit d’être prise dans la gangue de la marchandisation à présent normalisée, acceptée, par tout le monde !

Les créateurs sont embarqués dans cette galère car ils sont la cible privilégiée de la marchandisation bourgeoise. L’idée fixe des hautes sphères financières, l’obsession qui les taraude jusqu’à la psychose c’est de tomber sur de singuliers personnages sachant remettre en question cette culture de masse qu’elles ont su déployer comme LA Sainte Panacée Universelle. Ce ne serait ni plus ni moins que la remise en question de leur culture, enfin, ce qu’ils osent nommer ainsi. C’est bien à l’heure paradoxale où les moyens de créations sont plus abordables que jamais, c’est bien à l’instant où les frontières limitatives ont volé en éclats dans le domaine des Arts, que l’Art se convulse au sol dans une morbide transe de future charogne. Mais tout le monde joue le jeu et s’y complait avec sérieux, espérant juste que la décomposition en cours ne se précipite pas trop vite. Leur gagne pain est en question dans cette affaire.

Lautréamont, Nietzsche, Artaud ont déjà pratiqué les autopsies nécessaires.


La formulation artistique, la locution exacte, l’émanation de l’Être, la transe inspirée qui s’incarne… plus rien de tout cela n’est plus une authentique expression intérieure, un accomplissement de soi, une concrétisation visionnaire. Ou, lorsque c’est bel et bien, au moins, une expression intérieure, ce n’est plus qu’un miasme symptomatique. Certains artistes n’ont d’ailleurs d’intérêt à mes yeux que dans l’émergence de certains symptômes qu’ils parviennent à afficher dans leurs œuvres avec un panache assuré.

Par un développement au long cours, l’Artiste, jadis troubadour, jongleur du verbe, artisan, a fini par pénétrer le territoire des prévisions, des lectures de l’à-venir. Oracle et Vaticination. C’est que progressivement, le flux du temps déployant la mondialisation vers son avènement toujours plus clairement confirmé, et ce depuis 1492 et la découverte du nouveau monde, notre liberté s’est trouvée en apparence de plus en plus confirmée alors que, précisément, elle est de plus en plus muselée par notre usurpation de la nature et de ses prérogatives ! La seule question qui se doit d’être posée, et fouillée, est celle de l’utilisation, de la destination, du rôle et de l’usage de la Vie.

________________________________________________________________

Bande son du moment : "Revelations" par Audioslave

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : « La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire.» Guy Debord (La Société du Spectacle)

Humeur du moment : Mort de Fatigue

13:20 Publié dans Écriture en Acte | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : 34-Ecriture en Acte : Aurore - V | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

14/12/2006

Aurore - IV

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

Yeux clos, guetter les résonances végétales du sommet des arbres que le vent balaie. Être là. Pleinement.

Par les temps qui courent cela demande une force d’esprit doublée d’un caractère rude, ainsi qu’une détermination de premier ordre. Sois présent à toi-même, lecteur, seul moyen d’être pleinement présent à l’autre, et tu te retrouveras cerné de toutes parts par les envoyés de la grande machine à broyer de l’Être : à peu près tout le monde. Et les rouages de la machine en question sont bien huilés.

Souvent ça crie en nous. Ça hurle. Ça quémande avec insistance une porte dérobée dans le Vestibule des aléas quotidiens. Le déséquilibre est conséquent. Quelque chose nous le spécifie avec empressement. Le Corps (cette Raison Supérieure) étouffe. Le Bonheur ne semble pas être de ce monde et pourtant l’Incarnation entière le réclame. Et envers et contre tout nous demeurons sourds à l’appel. La Mère Supérieure veille au grain. Et papa ne bande plus. Le Langage, tellement associé, à présent, à la Mort, à la mortification, au froid Nihilisme d’une époque désinvolte, psalmodie quelques burlesques onomatopées mais ne DIT plus rien. Alors ? Alors, quand une voix s’élève de la fange en Stances Salvatrices Salutaires personne n’y prête la moindre attention. Voici la Rose noyée dans l’obscur brouhaha général.


Au début de l’histoire, le Corps, sublime ouvrage, dans le flux abyssal des profondeurs amniotiques, se forge en sa matière intime, se travaille dans le feu maternel. Il s’agite, remue, réagit, minuscule se déplace. Il grossit, gonfle, s’allonge. Il se contracte et se raidit. Son gabarit change. Ces 9 mois permettent une phylogenèse palpable, mais la filiation de l’être intérieur, l’aventure interminable de ces jours d’errances liquide en la mer intérieure, s’abîment avec le premier cri, puis se perdent aux fils des jours et des nuits que la Vie nous accorde. L’esprit conscient est fluctuant, mais le corps, lui, se souvient et réveille à l’occasion, malgré nous, des douleurs enfouies, des caresses, des jouissances et des morsures.

Quel Voyage est entrepris dans ce flottement jouissif ? Quelle signature s’incarne déjà pour produire, rédiger, inscrire, consigner, par la suite, ce qui se fonde dans le fluide protecteur ? L’Origine du Bonheur se trouve dans l’Onde pure, chaude et nourricière de cette gestation qui ne demande qu’à se poursuivre dans l’apesanteur du monde. C’est un désir qui s’alimente déjà, confronté au voile des multiples apparences, de l’essence des questions qui seront plus tard formulées par lui ; pour l’instant le grain en l’être réclame son expansion pour elle-même. Le probable en-soi à l’état pur qui s’écrit aussitôt dit aussitôt fait, déjà, dans le moment même, se projette, s’épanouit, n’attend plus qu’une seule occasion : celle de se penser et de penser l’Univers afin d’être. Le flottement jouissif instruit d’un puissant écoulement et déborde l’entrelacement et le dédale des nerfs qui se connectent. L’alcôve d’un Ciel primordial aux douces heures de la gestation est définitivement la première école de notre venue au monde.

Ensuite surviennent les plaies, l’action des substances corrosives. Le laminoir qui réduit. Portes de l’Enfer qui nous avalent chaque jour. La Fascination. L’Hypnose. Le Spectacle quotidien qui nous diminue et nous scinde. La dispersion. La fracture. Très vite : dés les seins de maman et les genoux de papa. Puis, de temps à autre : l’Appel. Pour peu d’élus, les rivières entraperçues dans l’embrun de l’enfance sont un guide minéral et végétal vers l’Océan. Le Départ. La Porte Dérobée au temps présent. La très vaste majorité demeurera pétrifiée dans la statue de sel de la femme de Loth. Le terroir et la race, le sang des ancêtres immobilisé (c’est-à-dire : mort. C’est-à-dire non fertile), le nombril maternel glacé et statique, l’arrêt sur soi dans l’auto-enculade satisfaisante jusque dans la mortification déterminée. Parmi les élus, des destins basculent, le Corps éprouve des influences inexplicables, cherche des stimulations et des paroxysmes pour résoudre ce nœud dans le gosier, dans les entrailles, dans le cœur… ou la cervelle. « Je mourrai demain, qu’importe ! Je veux les rires, la Joie, la Jouissance, la Vivacité, l’Allégresse sous un haut soleil béni mille fois et bénissant mille fois à son tour. Je veux l’éternité et le luxe et l’infinie plénitude sur cette terre finie ici-bas. Ici et Maintenant dans ce point que nous sommes. »

La prise de position est un Impératif. Quitter l’Asile de fous. Prendre la route qui ressemble à un long serpent sans fin.

________________________________________________________________

Bande son du moment : "Mafia" par Black Label Society

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : « Il faut une science politique nouvelle à un monde tout nouveau. » Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique)

Humeur du moment : Mort de Fatigue

18:45 Publié dans Écriture en Acte | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : 33-Ecriture en Acte : Aurore - IV | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

03/12/2006

Aurore - III

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

"Le bonheur, quel qu'il soit, apporte air, lumière et liberté de mouvement." Friedrich Nietzsche (Aurore)

"Ce qu’ils sont ? Des civilisés cultivés qui passent leur vie à tirer des conclusions de leurs actes au lieu d’accorder leurs actes à leurs pensées." Antonin Artaud




Comment assumer le paradoxe d’attaquer la sphère culturelle elle-même, alors que précisément, de par mes centres d’intérêts j’évolue en son sein ? C’est que je rejette sa réalité présente. C’est que je considère qu’elle s’enfonce dans la boue des petits drames personnels qui n’ont pas grand intérêts. C’est que le Réalité qu’elle est nous masque le Réel de l’Être.

C’est que j’opposerai toujours, et je prends date, la maussade Réalité merdique à la Joie de l’Être réel.

J’assume ce paradoxe parce qu’il demeure quelque chose qui clame que la Culture demeure un centre de significations multiples dans une société sans la moindre signification. La Culture est vide. L’Être est devenu vide car porté par une existence vide. Mais il nous faut bien partir de quelque part pour oser, de nos jours, prétendre à la réinvention du monde et de la Vie.

Pour que ce monde en vienne à étendre un souffle neuf dans le ciel, vers le ciel, vers les étoiles, il faut faire émerger un projet collectif qui s’arrime avec détermination à toutes les apparences de la réalité, du vécu et les transcende en allant au point sensible du Réel. Le peuple réapprendra la colère si nous lui faisons apparaître l’écart horrible qu’il y a entre ce que pourrait être la Vie et sa pauvreté sanglante et misérable actuelle.

L’Art « muséifié » doit disparaître. L’Art doit baiser avec la Vie. Ici et Maintenant. Tous les jours. À chaque instant.

Le progrès rationaliste dont on nous rabat les oreilles depuis plus de deux siècles, à droite pour glorifier la libre entreprise garante de ce progrès, à gauche pour nous promettre des lendemains qui chantent, un temps des cerises à venir, ce progrès rationaliste est une fausse monnaie. La seule chose qui importe est de parvenir à aménager et arranger le milieu qui nous influence et nous détermine. Ce principe ne peut être que « religieux » et ouvert. L’accueil. L’Affirmation de soi sans menace morale asphyxiante. J’ai bien écris le mot « religieux » entre guillemets afin que l’esprit perspicace puisse exercer son entendement.

Le monde ne peut être dominé que Collectivement. Nullement par une Collectivisation Stalinienne. Que l’esprit perspicace exerce son entendement. Ce n’est que ce principe Collectif qui fait apparaître l’INDIVIDU. Dans une sphère néo-libérale, les individus ne sont que de sinistres vampires en quête de la dose quotidienne de sang d’autrui par l’intermédiaire de ce que le pouvoir économique et le pouvoir politique (désormais assujetti à l’économique) leurs dispensent avec parcimonie pour qu’ils se tiennent tranquilles. Ainsi, les individus vont et viennent au petit bonheur la chance, dans ce bordel immense et organisé, leurs émois, leurs troubles, leurs désarrois s’annihilent mutuellement et consolident le milieu qui érige leur dégoût, leur lassitude, leur morosité, leur angoissant tracas. Nous ne parviendrons à ruiner et détruire les clauses et modalités de cette société angoissante désormais dépourvue d’angoisse (Heidegger) qu’en mettant en scène des Jeux, des Joies et des Jouissances supérieures. La présence Humaine ne pourrait, alors, qu’être authentiquement et pleinement présente.

L’implication Collective de la domination de ce monde doit être Hiérarchisée selon un schéma naturel et humaniste. N’en déplaise aux coupeurs de têtes. Robespierre et Saint-Just ne sont pas mes héros.

L’égalité en termes de droits et de devoirs se doit d’être parfaitement appliquée puisque, selon ce que signifia un Montaigne souriant, chaque homme est un miroir pour son prochain. Même le cannibale. Il est évident que dans le déploiement de l’application de ce postulat certains et certaines se distingueront. Les prétendants ne sont pas légion.

Lorsque le Peuple se veut Souverain, en dépit de l’Individu, c’est signe de décadence.
Lorsque l’Individu se veut Souverain, en dépit du Peuple, c’est signe de décadence également.
Le 20ème Siècle nous l’aura magistralement montré. Le terme « Magistralement » n’est pas utilisé ici à la légère, mais pleinement mesuré.

Encore une fois : l’à-venir et donc… l’Avenir est à la synthèse et donc… au dépassement de ce qui a été, est et pourrait advenir.

Consciemment, à 40 ans passés, je me considère en pleine possession de ma jeunesse. Je suis le fervent défenseur de la Force de la Jeunesse. Mais je me refuse, du plus profond de mon être, à être assimilé et comparé à ce qu’on a coutume d’appeler « la jeunesse ». C’est une façon bien mise, soignée, politiquement correcte, faussement tirée à quatre épingles pour juguler le fond du problème, en s’efforçant même de l’enterrer, en lui conférant ce déséquilibre imputé à la faculté d’une saison appelée à passer ou aux caprices des transformations socio-biologiques. Ponce Pilate sut si bien se laver les mains. Car la jeunesse d’aujourd’hui, comme définitivement abrutie par le manège de la consommation et de l’angoisse de la production, suffoque, selon l’effigie de ses aînés, dans la quête balbutiante, le flottement existentiel, l’incertitude, la méfiance et le soupçon… et l’égoïsme cynique.

Depuis la chute originelle, l’exil, nous sommes entrés dans le piège de la reproduction, pieds et poings liés. Nœuds de toutes parts.

Ainsi on patauge à chercher là où Picasso et Cocteau trouvaient.

Voilà pourquoi, bien qu’à portée de la main, nous avons ce sentiment inéluctable de ne rien trouver de ce que nous cherchons. Et, de fait, nous acceptons cette lamentable servitude volontaire, cette nausée quotidienne, sans rien trouver à y redire. Pire ! Si jamais quelqu’un se distingue en possession du cri salvateur, nous savons le lapider. Amen.

La complicité du mensonge présent est générale.

Entrevoyant la Vérité les adversaires se présentent toujours à l’heure, en temps et en lieu.

Il y a quelque chose d’atrocement comique d’entendre parler de « Révolution » par les temps qui courent. Le terme prend un poids ridicule, infime, négligeable. C’est, bien entendu, dû aux mauvaises expériences passées qui ont eu le culot de se réclamer d’un esprit Révolutionnaire, mais c’est tout autant dû aux tentatives qui étaient à deux doigts de réussir de fonder une élancée autre de la Vie, un possible aux multiples possibles, et aux erreurs commises par les acteurs des mouvements en question.

L’Ordre ne veut pas être dérangé. L’Ordre est profond. Il vient de loin.

1789, 1848, 1871, 1917, 1936, 1968 n’ont pas eu lieu. Ce ne sont plus que des dates dans les livres d’Histoire qui veulent nous persuader que quelque chose ce serait passé et nous élabore des schémas représentatifs qui finissent par nous maintenir en laisse. De fait, le mouvement Révolutionnaire en tant que tel a été démantelé dés la prise de pouvoir des pseudo-révolutionnaires que tout le monde connaît afin qu’aucune nouvelle Situation ne puisse voir le jour. Geler la situation dans ce qu’elle est, une sorte d’Artefact condensé des humeurs et des ressentiments profonds, voilà ce qui fait le lot de l’Humanité en tous lieux et à toutes époques.

C’est bien l’Armée Rouge Communiste de Trotsky qui extermina les Cosaques Anarchistes d’Ukraine de Makhno le Rebelle.

Nous voici ainsi, largués de droite, ou largués de gauche, apolitiques, croyants ou athés, agnostiques cyniques ou saints par compassion, étalés dans la fange putride de la résignation qui ne fait plus de nous des hommes, mais de pauvres hères qui subsistons métaphysiquement et physiquement du mieux que nous pouvons, cherchant sans cesse un juste moyen pour nous laver notre conscience de toute la merde que nous y étalons nous-mêmes de nos mains soumises avec la précision requise. Big Brother and Big Mother are watching us.

Il faut supprimer toutes velléités de chamboulement, de désordres, de fantaisies créatrices dans une société quelle qu’elle soit. Que la Société se nomme démocratique, théocratique, fasciste, ou ce que vous voulez. Mais, dés que les conditions nécessaires sont réunies pour affirmer pleinement les arguments du pouvoir régnant, dés que les outils sont en place et en synergie adéquate pour que la ruine s’élabore de l’avant se consolidant jusque dans nos veines et nos réseaux nerveux tellement l’hypnose en place est drastique, aussitôt sont réunies les conditions et les possibilités d’une transformation totale du monde au sein duquel nous vivons. Le pouvoir ne le sait que trop. Être absolument Moderne ne lui suffit pas. Par des moyens modernes il se doit de préserver la morgue de sa vieille domination éternelle, poussiéreuse et antique, même s’il change d’appellations au cours des temps. Suprématie du même empire infernal depuis toujours.

Si le « Révolutionnaire » de nos jours est ridicule, le citoyen moyen (c’est-à-dire à peu près tout le monde) l’est tout autant lorsqu’on passe sous microscope et qu’on étudie au scalpel les divers aspects de son accord soumis, de son consentement, de son agrément au pouvoir en place qui lui accommode son cadre de vie selon des desiderata totalement inhumains.

La Révolution est enrayée lorsque les tee-shirts prolifèrent avec les portraits de Bob Marley ou du « Che ». Beaux biens de consommations. Mais de même, la seule perspective révolutionnaire (ou tout du moins nommée ainsi) qui se propage comme une rumeur constante et un sacerdoce nouveau est le publicitaire porté à son paroxysme constant. Si la chair des philosophes du 18ème Siècle est devenue bien triste, le paroxysme publicitaire nous entraîne dans le vertige de sa jouissance mortuaire toujours recommencée. Et pendant que cette « révolution » là est en avancée constante, les tentatives Révolutionnaires avortées sont désignées comme responsables de biens des massacres (authentiques, bien sûr), les pages se sont écrites dans le sang, bien-sûr, les échecs sont encadrés en gros, pour sûr, pour sûr, le chien que je suis peut aboyer autant qu’il veut, la caravane des marchands de serpents et de potions magiques passe. La Révolution (qui pourtant n’a pas eu lieu) est responsable d’aliénations nouvelles.

« La lucidité, elle se tient dans mon froc ! » gueulait Léo Ferré.

Les marchandises et la marchandisation progressive de la Vie dans son ensemble s’étalent comme de multiples fêtes invariables. Et, comme à un concert joyeux, nous levons les bras vers le Veau d’Or croyant les lever vers le Ciel. Nous approuvons. Les moindres nuances et les moindres détails de la marchandise constamment changeante sont portés au pinacle de l’idolâtrie par l’hystérisation de notre désir.

De véritable projet Révolutionnaire qui exprimerait les éventualités, cas et hypothèses, les occasions et opportunités, les moyens et les potentialités d’un changement du monde et de la Vie, il n’y en a point. Tout du moins, il n’y a pas de projet nodal. Quelques particules libres, ça et là, sillonnent les antres, les recoins et les sphères de la Réalité et de ses Ravages. Quelques consciences sursautent à l’occasion. Une nouvelle toile se doit d’être tissée. Comprenne qui pourra.

Les seuls critères sur lesquels une contestation totale et authentique, susceptible d’être libératrice pour l’Être en nous, se doit d’être fondée, se doit de naître sur le rejet de la Société et de ce qu’elle implique dans son ensemble. Une transmutation de nos valeurs, une transvaluation de nos notions de bien, de mal, de juste doit apparaître. Bien qu’aux liaisons floues, aux contours imprécis, des tentatives de la transmutation en question apparaissent ça et là, je le disais.

Tout amendement « progressiste », toute « amélioration », tout « perfectionnement » de certaines situations néfastes, accueilli avec la joie désormais commune des masses soumises, dans le soulagement démocratique mutuel, même s’il contribue en certaines circonstances à atténuer des douleurs et des difficultés sociales, sera, au final, voué à parfaire une seule chose : le conditionnement que le système propage à notre encontre pour nous contenir. C’est précisément cela qu’il nous faut investir, bousculer, retourner, invertir, désarçonner, détruire, jeter à bas, mettre sans dessus dessous, culbuter, chambarder, RÉVOLUTIONNER.

Les villes contiennent à la fois leurs larbins et leurs futurs dynamiteurs.

En même temps que la Rébellion se trouvait intégrée aux jeux néfastes du Pouvoir Marchand Dominant, cette haute conscience s’emparait de moi comme une très Sainte nécessité. J’avais 17,18 ans et je déclarais la guerre au monde entier. Je n’ai toujours pas quitté ces sentiers étroits malgré les paradoxes de mon existence de travailleur huilé pour les rouages de la grande machine qui me dévore comme tout le monde.

« It's a big machine, it's a big machine
We're all slaves to a big machine
It's a big machine, it's a big machine
We're all slaves to a big machine
All tied up to a big machine
I got houses
Got cars
I got a wife
I got kids
Got money in the bank

Get away without borders
I'm a slave, New World Order
I guess I chose to be
I guess I chose to be
I guess I chose to be
I guess I chose to be

Hope I teach my son how to be a man
Now before he hits 35
Comic book lives don't really have any real life do they now »
chante Scott Weiland avec Velvet Revolver.

Je suis un Moderne. Oui. Je refuse de croire que je puisse faire partie de cette engeance dite « post-moderne » qui s’illusionne à vouloir précipiter le temps dans un gouffre inexistant, en proclamant que désormais l’Homme est sur la juste voie, que la fin de l’Histoire est là ou très proche. Sont mes ennemis ceux qui veulent me faire prendre des vessies pour des lanternes avec de douceureuses voix me dictant que tout va pour le mieux et de mieux en mieux (Bien-sûr, Voyons !), que des réformes apporteront la Joie et la Jouissance. Ce n’est qu’un contrôle de plus, une maîtrise supplémentaire, un renforcement des conditions d’exploitation de l’homme par l’homme. L’exploitation de l’Humanité par quelques hommes. Quelques vampires suprêmes nous transformant en vampires mineurs.

Je suis loin d’avoir le seul apanage, le seul privilège, l’exclusivité de l’intellect, de la pensée, de l’entendement, de la clairvoyance. Mais je veux me targuer de m’efforcer d’utiliser mon intelligence selon une noble destination. Je peux donner le sentiment, une fois de plus, d’étaler mes mots selon mes humeurs pathologiques, et pourtant… chaque phrase est soupesée et orientée du mieux que je peux le faire, conformément à mes modestes moyens.

La première des critiques Révolutionnaire que je puisse faire à l’égard de la Révolution est de proclamer que le problème de l’Homme n’est guère Social. Le Social n’est qu’un symptôme, une conséquence, de l’Absence de Spiritualité, du manque d’esprit en ce Néant où nous pataugeons. Et les églises en sont largement responsables, de par leurs bigoteries, leurs aveuglements. Certes, on peut voir encore quelques yeux briller d’une flamme singulière dans l’enclos de la Foi que suggèrent les diverses prêtrises. Mais il manque l’Amour et son Intellect. Il y a beaucoup de Foi et d’Espérance. Mais cela ne suffit pas. Car comme le précisait l’apôtre Paul, même si j’ai la Foi et l’Espérance, si je n’ai l’Amour, je ne suis Rien.

Sans une utilisation de notre intellect correcte et adaptée aux situations et, plus particulièrement, à la situation générale dans laquelle nous nous trouvons, nous ne pouvons avoir accès aux idées et pensées audacieuses, d’avant-garde, futuristes que par bouts épars grotesques, ridicules, primaires, simplistes et sommaires. Ce sont précisément ces idées et ces pensées qui peuvent nous permettre de comprendre et saisir notre temps pour d’autant mieux le contester et le transformer radicalement.

"Dans un monde totalitaire, les artistes meurent et leur disparition signe et avalise l’avènement des publicistes, des propagandistes et autres metteurs en scène de vérités nécessaires au grégarisme du moment." Michel Onfray

________________________________________________________________

Bande son du moment : "Collideoscope" par Living Colour

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : « L'esclave est un serviteur qui ne discute point et se soumet à tout sans murmure. Quelquefois il assassine son maître mais il ne lui résiste jamais. » Alexis de Tocqueville (De la démocratie en Amérique)

Humeur du moment : Concentré face à la fatigue

15:30 Publié dans Écriture en Acte | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : 32-Ecriture en Acte : Aurore - III | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/12/2006

Aurore - II

=--=Publié dans la Catégorie "Ecriture en Acte"=--=

Beaucoup de surface et de superficialité en notre époque malade. Le paraître plutôt que l’Être.
Les Machines finiront par nous soumettre à leurs puces, conducteurs et micro-processeurs ! La profondeur ? Au diable ! Ou plutôt laissons-la au bon dieu. Le Diable a des atouts que la divinité n’a pas : la platitude et le nombrilisme ! Justement.

Il y a un manque d’idées dans chaque sphère de notre vie. Les actes Culturels, Politiques, Spirituels sonnent creux ! Il suffit de jeter une oreille à la production musicale, d’échanger quelques propos avec ses collègues de travail, de suivre le journal de 20h00 pendant un petit quart d’heure, de regarder une vitrine de librairie, de considérer une cité HLM et sa conception concentrationnaire.
Ou alors, on peut prendre ce postulat à revers ! Les idées fusent de toutes parts, mais elles fusent précisément dans le but de nous soumettre, de nous concentrer pour une surveillance plus accrue, de nous empêcher d’avoir des idées en contrepoids. De partout les acronymes et novlangues de spécialistes explosent ! Curieuse contre-initiation mise en place pour contre carrer toute initiation à la Vie ! Il nous faut être sollicités. Encerclés de sollicitations. S’il est une idée, c’est celle-là ! Et la rétention d’information se doit d’être agréablement ciblée et présentée comme festive, branchée, câblée, « in ». Soyez festifs, branchés, câblés et « in »… et peut-être aurez-vous accès à la compréhension du Vide organisé et construit pour vous néantiser la matière grise et vous rassurer pendant que le système se rassure ! Car les techniciens ont cette intelligence protectrice qui consiste à jouer le jeu des techniciens qui les comprennent. Les spécialistes pour les spécialistes. Du coup, le commun des mortels détourne la tête de l’essentiel, s’enivre de valses stupides pour se distraire et en oublier qu’il est mortel, car… c’est trop compliqué ! Ça ne le concerne pas ! C’est une affaire pour ceux qui adoptent une posture. De là découle tout ce conformisme puant et craintif, ce manque d’imagination qui fait croire que ce qui est bon et utile est pris en main par les instances qui conviennent. Pour en venir à comprendre la Crise Mondiale en cours, il conviendrait de faire preuve d’inventivité, de fantaisie et d’inspiration pour pouvoir concevoir, enfin, la carence et la privation, le déficit et la pénurie de l’ESSENTIEL. Penser, imaginer, peser, former tout ce qui est manquant, occulté, prohibé et néanmoins concevable au 21ème Siècle. Ô Champs du Possible. Champs des Possibles.

Dans de telles conditions, je ne peux que comprendre les rapports que j’entretiens avec mes contemporains encadrés et nourris par une génération d’intellectuels « intellectualistes », prout-prout, frileux et tout juste attachés à quelques valeurs sorties de 1789 (qui n’a pas eu lieu) et mythifiées en idéal idéel, n’ayant aucun rapport concret et direct avec l’Incarnation Vitale de la Vie. Impuissants et bandeurs mous ! Pas de concession avec ces enfoirés qui ne souhaitent secrètement que défendre leur bout de gras !

Il y aurait de la purge à faire dans la presque totalité des intellectuels qui se permettent de se satisfaire de leur propre pensée creuse de penseurs emplis d’eux-mêmes. S’il y a des nombrilistes à trouver… ils sont plutôt à chercher par là. Moi j’écris sereinement à la lueur de mon écran, la nuit quand tous les chats sont gris. Je sais des solutions au monde basées sur l’Amour et le regard en l’Autre. Mais ces solutions ne peuvent passer que par le phénomène de la jurisprudence (Deleuze) non l’idéel noumène Kantien des « droits de l’homme ». Il faut de l’Action et du mouvement, des décisions… même pour ériger l’oisiveté de Cossery au niveau du grand Art. Nos intellectuels et nos « Zartistes » s’agréent eux-même de ce qui leur semble être leur génie (tout droit sorti de leur petit drame psycho-socio-familial personnel) et ils se doigtent le nombril les uns et les autres dans une délectation d’Impuissants. Ensuite ils pensent briller en parlant de l’Impuissance de la pensée à laquelle ils se soumettent. Et ils brillent en effet : entre eux.

Car, l’aliénation consiste bien, pour être pleinement appliquée et efficiente, à parvenir constamment à séparer notre pensée de notre conscience. La pensée ne doit pas parvenir à être consciente d’elle-même, encore moins à inscrire sa trajectoire dans le désir d’une Cible !

Oui, il nous faut quelques mutineries dans chaque lieu de l’Être. Des séditions dans les spécialités, les matières de l’esprit, les disciplines. Et il faut unir les connaissances et les tendre vers le Savoir. Car toutes les séparations, les Catégories : feu de paille et guerres de chapelles. Mensonges.

Mensonge.

Les hauts fonctionnaires qui privilégient les résultats en ne tenant compte que des aspects techniques au détriment des aspects humain, qui prévoient compétition, lutte, rivalité et organisation totale… il nous faut des armes pour les révoquer : il nous faut dire et porter le Verbe aux quatre coins des sens et significations… la Communication doit être abrasive et totale. Si la communication est abrasive et totale, la fête qui en découlera ne sera pas chienlit. Ce sera un don mutuel que les hommes de bonne volonté se feront en riant.

Potlatch.

Et que l’on ne vienne pas me dire sur un air niais que, ça y-est, la communication totale est là. Car la communication d’aujourd’hui ne consiste en rien d’autre qu’à précipiter le temps dans les tâches, interventions, transactions financières, expéditions, besognes qui soumettent le monde. Accélérer le processus de construction du Golem qui désagrège l’ancien monde en même temps que le bon sens. Spectateurs, nous nous grattons les couilles en baillant devant les affiches de publicités et les écrans de contrôle qui nous divertissent.

Augmenter la vitesse de mise en application des actions, voilà tout ce qui compte dans la communication… Comptes bancaires, objectifs à atteindre, loisirs sous surveillance, rires de plage, viande malade maquillée en viande saine. Œil présent au monde mais absent à soi.

La communication n’a de sens que dans l’action commune, le partage et l’échange, comme jadis, autour du feu de camp dans le désert. Les plus saisissantes exubérances de l’étroitesse d’esprit, de la fermeture d’esprit, de l’intolérance sont connexes à la surabondance de Passivité générale. Un texte se présente, un texte simple sans prétention aucune : son auteur est systématiquement taxé de nombriliste… par les nombrilistes eux-mêmes.

Or, moi, j’écris la nuit quand tous les chats sont gris, à la lueur de mon écran… et je dis, qu’à nouveau il nous faut porter sur les choses et les faits un regard sévère et juge qui soit Historique. Car l’Histoire n’est pas finie et elle ne finira jamais.

Mon utilisation d’Internet contient à la fois le refus et l’acceptation de ce média. La communication de demain se devra d’être quantique : elle contiendra son refus, sa contradiction. Le saisissable et l’Insaisissable. La contradiction contiendra l’apport essentiel et le « Oui ». Ainsi le refus et la contradiction deviennent communication abrasive et Totale. Projet Positif. Un Projet Positif contient sa propre sévérité à l’encontre de sa propre voie. Seule compte la qualité de la danse. Le vrai Pouvoir c’est la qualité.

Les sarcasmes de mes contemporains ne sont qu’une négativité balbutiante. Le Drame est qu’ils mènent la danse.

«Lorsque je suis venu auprès des hommes, je les ai trouvés assis sur une vieille présomption. Depuis longtemps ils croyaient tous savoir ce qui est bien et ce qui est mal pour l'homme...

C'est là aussi que j'ai ramassé sur ma route le mot de surhumain, et cette doctrine: l'homme est quelque chose qui doit être surmonté...»
Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra)

________________________________________________________________

Bande son du moment : "Rock Garden" par Ty Tabor

Lecture du moment : ...pas de lecture particulière... butinages divers...

Citation du jour : «Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage.» Alexis de Tocqueville (L'Ancien Régime et la Révolution)

Humeur du moment : Serein... souriant

14:15 Publié dans Écriture en Acte | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : 31-Ecriture en Acte : Aurore - II | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook