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17/05/2016

Deux mois ferme !

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C'est pas bien de casser une vitre et de rentrer voler chez des gens... même de simples pâtes et une boîte de sardines... Si je tombais nez à nez avec ce jeune con chez moi, j'aurais envie de lui botter le cul. Une fois son cul botté (à supposer que le bottage de cul se soit bien passé et que personne ne soit mort), le lui laisserais les pâtes et les sardines... je lui rajouterais même, peut-être, quelques denrées supplémentaires parce que j'ai bon coeur et que je ne suis pas un salaud...

En revanche... il faudrait que notre justice m'explique comment elle s'y prend pour condamner un pauvre type à la dérive, qui a juste cassé un carreau et volé quelques maigres denrées alimentaires sans rien emporter de plus, à de la prison ferme... alors que toute la sale racaille de mon quartier fait sans cesse des allers/retours devant les divers Tribunaux de la Région sans rien risquer et est toujours au coin de la rue à dealer son shit merdique coupé au Michelin ZX, à s'en prendre aux petits blancs qui ont une belle gueule parce qu'ils refusent de se fondre dans le troupeau de branquignolles dangereux, et qu'elle fait preuve d'une violence et d'une crasse mentale qui n'a rien à envier aux pires SA ou petits Kapos...

La racaille en bas de chez moi... ou la racaille politique tout en haut des très hautes sphères...

 

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09/04/2016

A quand la lutte contre les enfers fiscaux?

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C'est à nouveau une belle unanimité que l'on constate dans les milieux politiques pour fustiger sans nuances ceux qui ont eu recours à des structures offshore, dénoncées par les Panama Papers. La politiquement très correcte "lutte contre les paradis fiscaux" n'est remise en question par personne et les moyens donnés au fisc sont toujours jugés insuffisants.

 

On n'a pas de mots assez durs pour qualifier les "très riches" qui recourent à l'évasion fiscale, tout en relevant par ailleurs que la plupart des bénéficiaires économiques de ces sociétés ressemblent plutôt au boucher et au boulanger du coin...

Il est évidemment exact que nombre de comptes offshore appartenaient à des dictateurs présents ou passés, ou à des criminels. L'évolution rapide des législations internationales a toutefois eu comme conséquence que la plupart des banques sérieuses ont évincé depuis longtemps ce genre de clients, et d'ailleurs aussi ceux qui utilisent des sociétés de paradis fiscaux exclusivement dans un but de fraude.

Mais c'est un coupable amalgame que de présenter comme comparables ces situations et celles de nombreuses personnes ou familles qui n'ont enfreint aucune loi, fiscale ou autre.

Lorsque, plutôt que de jeter en pâture, sans distinction, des noms, comme le font certains journaux, des administrations approfondiront leurs recherches, elles constateront souvent qu'il n'y a rien à reprocher. Aujourd'hui, beaucoup de gens craignent, à tort ou à raison, que la situation politique ou économique instable en Europe constitue un danger pour leur patrimoine, et choisissent de l'investir ailleurs, ce qui rend parfois utile ou nécessaire l'utilisation de structures exotiques. D'autres ne font plus confiance au système financier européen et préfèrent investir une partie de leurs avoirs dans d'autres pays. Ces choix ne sont peut-être pas économiquement fondés, mais sont légitimes, et ils n'impliquent une obligation de déclarer au fisc belge les structures utilisées que depuis 2013.

D'autres recourent à ce type de sociétés uniquement en raison de conflits familiaux ou commerciaux ; s'ils les déclarent au fisc, ainsi que les revenus, il n'y a rien à leur reprocher.

Enfin, il est fort probable qu'après les opérations de DLU ("Déclaration Libératoire Unique") I, II et III, la plupart des structures litigieuses, et non déclarées dans le passé, ont été régularisées, avec le paiement des impôts et des pénalités requises par la loi. Les règles de l'OCDE en matière d'échange automatique d'informations bancaires impliquent de toute façon que le fisc belge connaîtra en 2017 la situation bancaire de tous les résidents belges pour les comptes dans plusieurs pays (tels le Luxembourg ou le Liechtenstein), et que pour la quasi-totalité des autres, y compris la Suisse, il en sera de même en 2018. Ceux qui n'ont pas encore régularisé leur situation auront donc tout intérêt à le faire en bénéficiant de la nouvelle DLU IV qui est annoncée.

Pour le reste, il est étonnant que tous les commentaires sur cette situation stigmatisent l'évasion, licite ou non, de capitaux, comme une espèce de nuisance universelle. Il semble qu'aux yeux de certains, les lois fiscales, de quelque pays que ce soit, soient parées de vertus morales indiscutables. Lorsqu'elles sont fiscales, les lois de la Chine communiste, de la dictature du Zimbabwe, du Venezuela totalitaire, et de nombre de tyrannies africaines, deviennent brusquement l'expression d'une morale planétaire, comme si les prisons, les chambres de torture, et les membres de polices politiques n'étaient pas payés au moyen d'impôts...

Les normes fiscales sont partout édictées par les groupes qui exercent le pouvoir (tyrans, oligarques, ou majorités parlementaires), et répondent aux intérêts de ceux qui soutiennent ce pouvoir. Dans les Etats démocratiques, elles doivent être respectées comme les autres lois, mais il faut les prendre pour ce qu'elles sont : l'expression d'un pouvoir, et non nécessairement celle de la justice.

Et dans ce contexte, il ne faut pas perdre de vue que les paradis fiscaux ne sont pas dirigés par des gouvernements moins légitimes que les autres. Il suffit de consulter leur liste pour constater qu'à de très rares exceptions près, ces Etats s'appuient sur des majorités démocratiquement élues et permettent à leur population de bénéficier d'un niveau de vie que nombre de pays très taxés devraient leur envier. On vit mieux et avec plus de liberté aux Bahamas ou à Saint- Vincent que dans les Dom-Tom français voisins des Caraïbes...

Ne serait-il pas temps de se demander pourquoi il en est ainsi, et de songer à lutter contre... les enfers fiscaux ?

THIERRY AFSCHRIFT

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SOURCE : TENDANCES TREND - LE VIF

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L’apologie du goulag et de Staline, on a le droit

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Lire Drieu, c'est toujours autant "douteux" qu'avant... mais ce brave Louis Aragon (grand écrivain, au demeurant), lui, a toujours la cote !

Alors que vous ne trouvez pas un seul lycée Céline, qui fut pourtant également un géant de la littérature, et peut-être bien plus qu’Aragon, vous trouvez une floppée de lycée Aragon. Aragon signait aussi des pétitions demandant une plus grande liberté sexuelle pour les enfants (donc pour les pédophiles), en compagnie d’une grande partie de la gauche. Nous reproduisons ci-après sa prose totalitaire, rassemblée pour le Livre noir de la gauche, pour rafraîchir un peu les mémoires.

Mais rappelons-nous...

Louis Aragon a fait l’apologie du goulag

« Je veux parler de la science prodigieuse de la rééducation de l’homme, qui fait du criminel un homme utile, de l’individu déformé par la société d’hier, par les forces des ténèbres, un homme du monde de demain, un homme selon l’Histoire. L’extraordinaire expérience du canal de la mer Blanche à la Baltique, où des milliers d’hommes et de femmes, les bas-fonds d’une société, ont compris, devant la tâche à accomplir, par l’effet de persuasion d’un petit nombre de tchékistes qui les dirigeaient, leur parlaient, les convainquaient que le temps est venu où un voleur, par exemple, doit se requalifier, dans une autre profession – Cette extraordinaire expérience joue par rapport à la nouvelle science le rôle de l’histoire de la pomme qui tombe devant Newton par rapport à la physique. Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité qui ressemble en quelque chose à la période du passage du singe à l’homme. Nous sommes au moment où une classe nouvelle, le prolétariat, vient d’entreprendre cette tâche historique d’une grandeur sans précédent : la rééducation de l’homme par l’homme. »

Louis Aragon, Pour un réalisme socialiste (1935)

 

Louis Aragon fut un chantre de Staline

« Merci à Staline pour ces hommes qui se sont forgés à son exemple, selon sa pensée, la théorie et la pratique stalinienne ! Merci à Staline qui a rendu possible la formation de ces hommes, garants de l’indépendance française, de la volonté de paix de notre peuple, de l’avenir d’une classe ouvrière, la première dans le monde montée à l’assaut du ciel et que l’on ne détournera pas de sa destinée en lui faisant voir trente-six étoiles étrangères, quand elle a de tels hommes à sa tête. »

Louis Aragon, Les lettres françaises, mars 1953

Le 12 mars 1953, Les Lettres françaises publient en première page un portrait de Staline par Picasso qui provoque la polémique de Aragon et du PCF. Aragon : « On peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes – mais notre Staline, on ne peut pas l’inventer. Parce que, pour Staline, l’invention – même si Picasso est l’inventeur – est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle. »

Pour Aragon, on ne touche pas à l'IMAGE DIVINE de Staline !

 

Un dernier petit poème pour la route... 

« Pliez les réverbères comme des fétus de pailles
Faites valser les kiosques les bancs les fontaines Wallace
Descendez les flics
Camarades
Descendez les flics
Plus loin plus loin vers l’ouest où dorment
les enfants riches et les putains de première classe
Dépasse la Madeleine Prolétariat
Que ta fureur balaye l’Élysée
Tu as bien droit au Bois de Boulogne en semaine
Un jour tu feras sauter l’Arc de triomphe
Prolétariat connais ta force
connais ta force et déchaîne-la
II prépare son jour il attend son heure sa minute la seconde
où le coup porté sera mortel et la balle à ce point sûre
que tous les médecins social-fascistes
Penchés sur le corps de la victime
Auront beau promener leur doigts chercheurs sous la chemise de dentelle
ausculter avec les appareils de précision son cœur déjà pourrissant
ils ne trouveront pas le remède habituel
et tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur
Feu sur Léon Blum
Feu sur Boncour Frossard Déat
Feu sur les ours savants de la social-démocratie
Feu feu j’entends passer
la mort qui se jette sur Garchery Feu vous dis-je
Sous la conduite du parti communiste SFIC
Vous attendez le feu sous la gâchette
Que ce ne soit plus moi qui vous crie
Feu
Mais Lénine
Le Lénine du juste moment »

Louis Aragon, Le Front Rouge (1931)

 

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SOURCE : ENQUÊTE & DEBAT

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07/01/2016

9 Facts about Slavery

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Anthony Johnson

 

William Ellison

 

 

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06/12/2015

Matzneff - Les trois petits cochons

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Des attentats de Paris est née une "génération Bataclan" dont le manque de spiritualité, de courage et de profondeur fait horreur à Gabriel Matzneff...
PAR GABRIEL MATZNEFF

Trafalgar Square et la gare de Waterloo sont à Londres. La gare d'Austerlitz et la rue d'Arcole sont, elles, à Paris. Aux lieux, aux monuments, on donne des noms de victoires, non de défaites. De même, dans les écoles militaires les promotions de jeunes officiers prennent les noms de soldats victorieux : « Maréchal de Turenne », « Général Lassalle », « Lieutenant-Colonel Amilakvari ». Quand, par extraordinaire, il s'agit de vaincus, ce sont des vaincus qui se sont battus héroïquement jusqu'au bout, ont été vaincus avec tous les honneurs de la guerre : une des promotions de Saint-Cyr se nomme « Ceux de Diên Biên Phu ».

Quel est le suicidaire crétin qui a donné le nom de « génération Bataclan » aux jeunes femmes et jeunes hommes qui ont l'âge des victimes du vendredi 13 novembre 2015 ? C'est l'État islamique qui doit donner ce nom à ses jeunes citoyens, non la France, pour qui ce vendredi 13 novembre 2015 demeurera la date d'une de ses plus spectaculaires et déprimantes défaites.

La médiocrité de cette « génération Bataclan »

Ce choix de « génération Bataclan » exprime un masochisme, un mépris de soi ahurissant. Et l'on est accablé par la médiocrité petite-bourgeoise, l'insignifiance des propos tenus par les survivants de cette « génération Bataclan » lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes ou s'expriment sur les réseaux sociaux. Le zozo qui s'est mis une ceinture de cœurs autour de la taille, l'autre imbécile qui se balade avec une pancarte « Vous êtes tous super ! », le troisième qui déclare fièrement que son but dans la vie est de continuer à se distraire, à voir les copains, ces petits bourgeois qui tiennent pour un acte de courage de dîner au restaurant le vendredi soir.

S'il s'agissait de gamins de douze ans, ce serait admissible. Hélas, ce n'est pas le cas. Ceux qui se comportent de manière si niaise, si médiocre sont des adultes, des barbus. J'ai dit « ahurissant », mais le mot juste est « consternant ». Comme a été consternante la cérémonie d'hommage aux victimes dans la cour des Invalides. J'adore Barbara et je connais par cœur certaines de ses chansons, mais ce jour-là, c'est le « Dies irae » qui, après La Marseillaise, devait retentir en ce haut lieu, non une gentille chansonnette, et nous aurions été autrement saisis aux tripes si, à la place du discours fadasse de M. Hollande, un acteur de la Comédie-Française nous avait lu le Sermon sur la mort de Bossuet.

Ils ne vivent pas, ils existent

Cette niaiserie, cette médiocrité s'expliquent par le total vide spirituel de tant de nos compatriotes. Ils ne vivent pas, ils existent, ils ont une vue horizontale des êtres et des choses. Ce sont les trois petits cochons d'une chanson que M. Hollande aurait dû faire chanter aux Invalides, elle lui va comme un gant : « Qui a peur du grand méchant loup ? C'est pas nous, c'est pas nous ! Nous sommes les trois petits cochons qui dansons en rond. »

À part le pape de Rome et le patriarche de Moscou, qui, en Europe, fait appel aux forces de l'Esprit, invite les gens à la transcendance ? Personne. En tout cas, personne en France où les responsables politiques pleurnichent contre la montée de l'islamisme, mais leur unique réponse, pour endiguer cette montée, est d'interdire les crèches de Noël dans les mairies. Bientôt, j'en fais le pari, la passionnante fête de la Nativité, du mystère de l'incarnation, du Verbe qui se fait Chair, du Christ Dieu et homme, sera, comme en Union soviétique à l'époque de la persécution antichrétienne, remplacée par une fête du Bonhomme Hiver, Diadia Moroz, mouture léniniste du père Noël.

Ce qu'ils désirent, c'est continuer à boire des bocks de bière

Jadis, du général de Gaulle à François Mitterrand, certains chefs d'État surent parler de transcendance aux petits cochons à béret basque et baguette de pain, les inviter à se dépasser, à lire Sénèque, Plutarque et Pascal. Aujourd'hui, l'État n'invite pas les Français à renouer avec les vivifiants trésors de leur patrimoine gréco-romain et chrétien, il en est incapable. L'État ne parle jamais de leur âme aux Français de la « génération Bataclan », et ceux-ci persistent à n'avoir d'autre souci que de gagner de l'argent, en foutre le moins possible, partir en vacances et s'amuser. Les trois petits cochons tiennent à leur vie pépère, le tragique leur fait horreur, ils ne veulent pas entendre parler de la mort, ni de l'éternité, ni du salut de leurs âmes, ni de l'ascèse, ni du jeûne, ni de Dieu ; ce qu'ils désirent, c'est continuer à boire des bocks de bière et surtout, surtout, que les vilains terroristes du méchant calife Abou Bakr al-Baghdadi les laissent tranquilles, na !

Pendant ce temps-là, dans nos banlieues où l'on s'ennuie, où au lieu d'inviter les jeunes Français d'origine maghrébine à – comme le firent naguère les jeunes Français d'origine arménienne, russe, espagnole, italienne, polonaise – lire Les Trois Mousquetaires, visiter le Louvre, voir Les Enfants du paradis, l'État n'enseigne que le football et d'abstraites « vertus républicaines » qui ne font bander personne, c'est le méchant calife qui leur parle de leur âme ; leur enseigne la transcendance ; leur explique que ce qui fait la grandeur de l'homme, comme l'enseignèrent jadis le Bouddha, Épicure, le Christ, ce n'est pas le Sum, mais le Sursum ; non pas le soi, mais le dépassement de soi ; non pas le confort, mais le sacrifice. C'est ce que ces adolescents rebelles, écorchés vifs, comme le sont depuis toujours les adolescents sensibles, ont soif d'entendre. Éduqués, instruits, ils pourraient devenir de lumineux Aliocha Karamazov, mais, grandissant parmi des adultes plats comme des limandes, ils basculent du côté du calife, de l'archange noir de la mort, du grand méchant loup. Il faut être très bête, ou d'une extraordinaire mauvaise foi, pour s'en étonner.

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SOURCE : Le Point

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15/11/2015

La Manipulation islamique typique...

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Une photo se répand sur Facebook et chacun y va de son partage avec les mots naïfs qui vont avec...

 

C’est beau comme un lavabo… Voilà ce que j’ai répondu aux différentes personnes qui ont posté cette photo… je fais, ici, un copier/coller :

Typique...

Alors voyons un peu plus l'ensemble de cette citation tirée de son contexte écrit (je ne parle même pas du contexte temporel, mais juste de ce que ça dit en vérité)...

Sourate 5, donc... donnée après l'Hégire... c'est-à-dire, l'immigration de Mahomet de la Mecque vers Médine et qui marque, en vérité, l'ouverture des Sourates dures, celles de l'épée et de la guerre sainte :

"32. C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre ."

Donc c'est une prescription faite aux juifs... et aussitôt après, Mahomet s'appuie sur cette prescription de la Torah pour interdire aux juifs de rejeter son Message Coranique :"En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre ."

La solution ? Mahomet la donne dés les versets suivants, du 33 au 36 :

"33. La récompense de ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et qui s'efforcent de semer la corruption sur la terre, c'est qu'ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu'ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l'ignominie ici-bas; et dans l'au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment,

34. excepté ceux qui se sont repentis avant de tomber en votre pouvoir : sachez qu'alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

35. Ô les croyants! Craignez Allah, cherchez le moyen de vous rapprocher de Lui et luttez pour Sa cause. Peut-être serez-vous de ceux qui réussissent !

36. Si les mécréants possédaient tout ce qui est sur la terre et autant encore, pour se racheter du châtiment du Jour de la Résurrection, on ne l'accepterait pas d'eux. Et pour eux il y aura un châtiment douloureux."

Hamdoullah !

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Pour la Sourate VI, verset 151... Voici le passage complet...

"Dis : "Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme eux. N'approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez qu'en toute justice la vie qu'Allah a fait sacrée. Voilà ce qu'[Allah] vous a recommandé de faire; peut-être comprendrez-vous."

Tuez en toute justice... Quand on lit ce qu'est la justice dans le Coran, autrement dit la Charia, on frémit d'avance...

Par ailleurs, bien que venant après la Sourate V que j'ai évoquée précédemment, cette Sourate est pré-Hégire, elle a été donnée à la Mecque, avant la période du Sabre... donc, elle fait partie des Sourates les plus douces, car au début Mahomet a tenté de convertir les habitants de la Mecque par la simple prédication... mais ça n'a pas vraiment marché... il s'est donc, par la suite, fâché... 

Le Coran n'est pas compilé (comme la Bible) dans un ordre chronologique (de la Création de l'Univers et l'aménagement de la terre... à l'Apocalypse chrétienne), mais il part de la Sourate la plus longue (à part la courte Sourate d'introduction) et se termine par la plus courte... c'est sans queue ni tête pour celui qui ne se penche pas sur la trame interne de la constitution du texte.

De plus, chaque fois qu'un texte donné à Médine contredit celui donné à la Mecque, c'est que celui de la Mecque est abrogé, purement et simplement... Les versets abrogés sont les "mansukh", et les versets abrogeants sont les "nasikh"…

 

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29/10/2015

Michel Onfray : Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité

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Michel Onfray a donné une longue entrevue au Magazine "Eléments". Questionné par Alain de Benoist, il balance quelques missives en direction de la bien-pensance franchouillarde... et, bien entendu, toute la Gôche se fait caca dessus. Car, comprenez-vous, la presse bien-pensante a le droit de soliciter Jean-Marie Le Pen ou Alain de Benoist pour un entretien, mais la Presse Alternative de Droite n'a pas le droit de demander à un homme de gauche de répondre à ses questions... sinon ça fait tache ! Et elle aime rester propre, la Gôche franchouillarde... la vertu avant toute chose...

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On ne présente plus Michel Onfray. Infatigable animateur de l’Université populaire de Caen philosophe réfractaire aux coteries parisiennes, tout ensemble proudhonien, camusien et même péguyste (au religieux près), charnel et enraciné dans sa terre normande, adversaire des bien-pensants, il est libre comme on n’ose plus l’être aujourd’hui. « À une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire », disait Orwell. Michel Onfray a choisi de la dire. Silence, on parle !

ÉLÉMENTS : Pour avoir déclaré, en mars dernier, qu’il vous importe plus de savoir si une idée est juste ou fausse que de savoir si elle provient de la gauche ou de la droite, vous vous étiez attiré de grotesques « réprimandes » de la part de Manuel Valls, que vous aviez alors traité publiquement de « crétin ». Depuis lors, les attaques contre vous n’ont pas cessé. On vous reproche, comme à bien d’autres, d’avoir « viré à droite ». Qu’en pensez-vous ?

MICHEL ONFRAY : Depuis l’accueil hystérique et malveillant de mon livre sur Freud en 2010, j’ai vu fonctionner en pleine lumière les rouages de la machine idéologique de cette prétendue gauche irrémédiablement parisienne, mondaine affairiste, vaniteuse, frivole et narcissique. Depuis, je me moque absolument de ce qu’on dit et de ce qu’on écrit sur mon compte tant le délire fait la loi en la matière. J’ai pour hygiène de ne rien lire de ce qui est écrit sur moi, que ce soit pour ou contre. Notre époque est marquée par le nihilisme, et le ressentiment est le signe distinctif du nihilisme. La petitesse, qui est grande, fait la loi et avec elle les passions tristes : l’envie, la jalousie, la méchanceté, la bêtise. Ces passions-là sont le carburant de la presse idéologique de gauche qui préfère une idée débile de gauche, parce que la gauche dit toujours la vérité, bien sûr, et qui transforme en homme de droite quiconque aura dit de cette idée débile qu’elle est débile. Ce pavlovisme est un marqueur de la presse de gauche. On n’y pense pas, on y rabâche, on y catéchise, on y psalmodie les mantras fournis par les conseillers en communication de ceux qui se disent de gauche juste parce qu’ils veulent prendre la place de ceux qui sont de droite quand ils sont au pouvoir — afin d’y mener finalement la même politique quand ils ont obtenu les clés du Palais… Je ne fais donc pas de la presse qui se croit de gauche l’arbitre de mes élégances. Ne parlos pas du Net, qui est devenu la religion de la lettre anonyme et dont la prière matinale est la dénonciation. Le fiel a remplacé l’encre.

Ma mesure, c’est le peuple. Quand celui-ci, que je vois dans ma vie de tous les jours, qui m’arrête dans la rue, qui vient me voir dans le train, qui s’excuse de me parler trois minutes au restaurant, qui m’envoie quotidiennement une centaine de mails non anonymes, eux, dans lesquels il me dit se reconnaître dans ce que je dis, notamment dans ce mépris de la gauche institutionnelle qui a trahi le peuple et dans ma revendication d’une gauche populaire restée fidèle à l’idéal de la gauche (pour mémoire : contribuer au bonheur du peuple…), alors je me dis qu’en effet, je n’ai pas faili, je n’ai pas trahi. Mais quand on reste fidèle à un idéal, ceux qui l’ont trahi nomment traître celui qui, lui, y est resté fidèle.

Ma gauche populaire est girondine, communaliste, libertaire, proudhonienne, autogestionnaire. Que la gauche institutionnelle, de Hollande à Mélenchon, de Libération à Mediapart, ne m’aime pas et me calomine est plutôt une bonne nouvelle. Le contraire m’inquiéterait...


Opération Lynchage en bande organisée -- Libération, Le Monde, Médiapart. Le Parti des dévots et de la bien-pensance ne pardonne pas à Michel Onfray de ne pas hurler avec les loups.

ÉLÉMENTS : La création de l’Université populaire de Caen en 2002, en tant que « communauté philosophique » qui fait de l’ « élitisme pour tous » un « impératif catégorique », est, dites-vous, votre plus grande fierté. Depuis, elle poursuit et développe ses activités, avec un public de plus en plus large. Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer une telle structure ? Avez-vous été influené par le concept de Haute école populaire du Danois Grundtvig, par les universités populaires créées en France à la fin du XIXe siècle ?

MICHEL ONFRAY : Oui, bien sûr, j’ai d’abord pensé à celle qu’invente Georges Deherme, un ouvrier proudhonien qui réagit ainsi à l’affaire Dreyfus : il croit que le débat mérite d’être nourri par une culture qui n’est donnée qu’à ceux qui ont suivi des études — nous sommes à la fin du XIXe siècle. Quand on n’est pas allé à l’école, qu’on est illettré, qu’on a été placé très tôt dans un atelier ou mis aux champs à garder les vaches, on ne possède pas la culture qui permet de disposer d’un jugement ou de se faire un avis. Cet illettrisme n’est plus. Il s’est métamorphosé. Celui de notre époque, massif, démesuré, immense, paraît plus grand encore, car ce qui fut longtemps sagesse populaire, morale ancestrale, bon sens paysan et qui pouvait alors suffire pour constituer un esprit sain, a disparu sous les effets conjugués de l’information de masse, d’abord avec la télévision, ensuite avec la prolifération numérique. Jamais l’illéttrisme n’a été autant haut de gamme, concernant parfois plus les diplômés que ceux qui ne le sont pas, tant le bourrage de crâne idéologique fait sa loi depuis plus d’un demi-siècle. Lire ou relire les analyses définitives de Günther Anders sur ce sujet...

Je crée donc l’UP en réponse à l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles par la grâce du suffrage universel. J’avais été sollicité par les intellectuels parisiens pour m’associer au mouvement de masse qui invitait à « faire barrage au fascisme » en signant des pétitions, en descendant dans la rue, en votant pour Jacques Chirac. Je n’ai signé aucune pétition, je ne suis pas descendu dans la rue, je n’ai pas voté Chirac. J’ai voté blanc. Le fonctionnement de la Constitution empêchait que Le Pen fût élu, n’importe qui de normalement sensé pouvait le savoir au soir du premier tour. Ces intellectuels de gauche, qui avaient accompagné le renoncement de la gauche à être de gauche en légitimant le tournant libéral de Mitterrand, en 1983, étaient, à mes yeux, responsables de cette enflure du FN — d’ailleurs instrumentalisé par Mitterrand. Pas question de hurler avec ces loups. En revanche, pour agir et non pas verbigérer, dans la logique du colibri, chacun faisant sa part, j’ai lancé l’UP afin de créer localement les conditions d’une « raison populaire » pour utiliser des expressions utilisées par Condorcet et Diderot.

Treize ans plus tard, j’ai fait mon travail. Les autres intellectuels dits de gauche, eux, n’ont pas fait le leur. Bien au contraire. Résultat : le parti de Marine Le Pen est devenu le premier de France. En ce qui me concerne, je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai jamais eu la prétention de changer les choses à moi seul. Mais je n’ai rien à regretter de mon trajet politique.


Edwy Plenel, premier flic de France, le seul, le vrai. Au congrès des apparatchicks socialistes "Combattre et Proposer" ? Traduisez plutôt par "Abattre et Imposer".

ÉLÉMENTS : Le fait d’avoir qualifié cette initiative de « populaire » a-t-elle ou non facilité sa mise en œuvre ? À une époque où le fossé ne cesse de se creuser entre le peuple et la classe dirigeante, comment le terme a-t-il été accueilli ?

MICHEL ONFRAY : Comme je suis bénévole et que nous n’avions pas l’argent qui permet de louer des salles, j’avais sollicité le Musée des Beaux-Arts de Caen, dont le conservateur d’alors, très versé dans la mauvaise peinture régionale, pourvu qu’elle fût normande, pour un prêt de salle. Le concept d’Université populaire l’a horrifié, pas pour le côté université, bien sûr, mais pour l’épithète ! Il s’est caché derrière l’Association des Amis du Musée des Beaux-Arts, qui ne m’aimait pas, pour me refuser l’endroit. J’étais alors enseignant dans un lycée où j’avais eu pour collègue pendant vingt ans celle qui est devenue maire UMP de Caen. Elle est passée outre, nous avons eu gratuitement le Musée où l’UP a fait ses premiers pas en 2002.

Populiste ? Je préfère à libéral, capitaliste, bourgeois, mitterrandien, social-démocrate, social-libéral... Sollers a cru un jour me blesser en disant de moi que j’étais un « tribun de la Plèbe ». Il ne pouvait pas me faire plus grand honneur ! Je viens de la plèbe, je la connais : mon frère ouvrier dans une carrière et ma belle-sœur cantinière en font encore partie, et mes petits neveux aussi, ma mère également qui fut femme de ménage, mon père aujourd’hui décédé qui était ouvrier agricole. Je préfère mille fois ce monde à celui dans lequel évoluent ceux qui me traitent de populiste et m’honorent ainsi. Leurs compliments me blesseraient.

ÉLÉMENTS : Votre vie personnelle et professionnelle est, pour vous citer, « contenue depuis toujours dans le triangle Argentan-Chambois-Caen », et votre famille « est en Normandie depuis dix siècles ». Vos origines sociales et votre parcours témoignent à l’évidence d’un enracinement profond et d’une grande fidélité à l’esprit des classes populaires. Dans une période où il n’est pas de bon ton de se dire enraciné, fidèle à son passé familial et à son identité régionale et nationale, que répondez-vous à ceux qui, tel le psychanalyste Jacques-Alain Miller, affirment que vous avez une « relation toute barrésienne avec la terre et les morts » ? Que vous inspirent, par ailleurs, ces mots de Simone Weil : « Dans la détresse, le désarroi, la solitude, le déracinement où se trouvent les Français, toutes les fidélités, tous les attachements sont à conserver comme des trésors trop rares et infiniment précieux, à arroser comme des plantes malades. »

MICHEL ONFRAY : Jacques-Alain Miller me fait rire, vraiment, éclater de rire même… Au moment de la parution de mon livre sur Freud, la revue Philosophie Magazine avait arrangé un entretien entre lui et moi. Il m’accueillit alors dans un immense appartement près du Luxembourg avec des toiles de maître partout au mur. En une vie de travail, mon père n’avait probablement gagné qu’un millième d’une des nombreuses peintures dont il avait hérité, beau mariage avec la fille de Lacan oblige. Il était flanqué d’une créature aux longues jambes et à la jupe courte qui, enfoncée dans un fauteuil profond, montrait plus ses genoux que sa tête, mais on sentait pour le psychanalyste qu’elle était plutôt là pour ce genre d’arguments.

Il a commencé par lire un texte, comme si nous étions ses élèves. La créature arborait un large sourire. J’ai précisé qu’on n’était pas venu pour ça. Il a donc été obligé d’improviser, exercice beaucoup plus dur pour un charlatan qui n’a rien à dire et se trouve privé de son boniment... Il a donc voulu faire le malin, jouer à l’intelligent caustique en précisant que ce qu’il aimait chez moi, c’était que « fils de pauvre, je m’étais fait tout seul... » avant d’ajouter un peu plus loin qu’ « Hitler lui aussi s’était fait tout seul... » ! C’était tellement ridicule de le voir réduit à cette pitrerie sans pouvoir se raccrocher à son texte que j’ai souri pendant que la créature dévoilait plus encore ses jambes. Une seconde bassesse me fit sourire plus large encore et luifaire remarquer qu’il valait mieux subir l’injustice que la commettre, et que s’il voulait que j’aille sur le terrain brutal, je pouvais aussi... Il m’a alors présenté ses excuses en confiant qu’il avait été analysé, bien sûr, mais probablement pas assez… La chose fut filmée, elle fut un temps sur le site de Philosophie Magazine. Peut-être s’y trouve-t-elle encore. La peau de la créature était devenue pareille à celle de son fauteuil… Il me dit quelques temps plus tard qu’il avait créé une « université populaire du lacanisme », et il m’a paru si pitoyable que j’ai bien du mal à prendre au sérieux les propos de ce monsieur… Rappelons qu’il a rassemblé de vieux textes épars parus avant le Livre noir de la psychanalyses en les présentant comme une réponse faite après à ce livre qui, alors, n’avait pas vu le jour. Voilà un homme qui est plus brillant pour répondre à des questions pas encore posées, mais qui s’avère incapable, sans son antisèche, de répondre à des questions posées dans le cadre d’un entretien. Il correspond bien à ce qui pour moi, définit la psychanalyse : brillant pour résoudre des problèmes qui ne sont pas posés, mais nul pour résoudre ceux qui le sont. Passons aux choses sérieuses avec Simone Weil : oui, bien sûr, je souscris à ce qu’elle dit.


Michel Onfray à l'Université de Caen; créée au lendemain du choc du 21 avril 2002. Treize ans plus tard, il est reproché au philosophe de "faire le jeu du Front National".

ÉLÉMENTS : Dans un article publié par La Règle du jeu, la revue de BHL, le même Jacques-Alain Miller vous accuse d’avoir créé avec votre Université populaire une « université du bien-penser », d’être une sorte de Fouquier-Tinville qui « décapite Freud et autres têtes de Turc ». À ses yeux, Alain Badiou et vous êtes des « hommes d’ordre », celui-ci dans une « version ouvertement totalitaire », et vous dans une « version secrètement libérale » (sic). Êtes-vous, Michel Onfray, un professeur de bien-pensance, un adepte de la terreur intellectuelle ?

MICHEL ONFRAY : Voilà un homme qui a porté Sade au pinacle, puis Mao au temps de la Gauche Prolétarienne, puis Lacan, qui était maurassien, mais fit un beau-père très utile pour sa carrière ; voilà un normalien qui a souscrit à la mort de l’homme professée par Althusser, Barthes, Foucault, mais qui allonge les hommes sur son divan pour leur prendre beaucoup d’argent en liquide, doctrine freudienne, pour soigner les riches de préférence, doctrine freudienne, tout en justifiant l’ « attention flottante », doctrine freudienne, qui inscrit dans le marbre théorique que l’analyste puisse dormir pendant l’analyse sans conséquence funeste puisque, dans le sommeil, les inconscients communiquent : et ce serait donc cet homme qui saurait ce qu’est bien ou mal penser ? Il n’est jamais venu à Caen que je sache et parle par ouï-dire, de cela comme du reste. Pourquoi dès lors reprendre à son compte le concept d’UP si c’est une école de bien-pensance ? Pourquoi les psychanalystes, Madame Roudinesco en tête, ont-ils voulu supprimer l’UP en intervenant auprès du président de région Basse-Normandie afin qu’il cesse de nous subventionner si c’est une école de bien-pensance dont il n’y aurait rien à craindre ? Lui qui, dans sa jeunesse, fut un farouche défenseur de Robespierre et souscrivait à la révolution culturelle maoïste qui fit un million de morts, est bien mal placé pour parler, même métaphoriquement, de Fouquier-Tinville. Je n’ai pour ma part pas de sang réel sur mes mains en n’ayant jamais de ma vie défendu un seul des dictateurs qui ont fait jadis son bonheur.

Quant à l’analyse sauvage du psychanalyste pas assez psychanalysé selon son propre aveu qui voit dans mon antilibéralisme la preuve cachée de mon libéralisme, il me fait songer aux élèves de terminale qui, quan ils découvrent Freud, en font un usage sauvage, immodéré, déraisonnable, qui renseigne plutôt sur le fonctionnement de leur psyché pas finie. Encore un peu de divan Monsieur Miller... Son frère Gérard, lui, a au moins le mérite d’avoir fait ouvertement profession de bouffon médiatique.

ÉLÉMENTS : Récemment dans Le Point, vous vous êtes livré à une impitoyable déconstruction de la gauche française actuelle, ralliée à l’opportunisme social-démocrate, quand elle n’est pas simplement devenue l’aile « profressiste » du capitalisme libéral. Elle n’est, dites-vous, qu’une « tribu grosse comme un village papou », qui « fonctionne comme une mafia » mais qui « fait la loi ». Cela ne vous incite pas pour autant à voter pour la droite, ce que nous serions bien les derniers à vous reprocher. Le clivage gauche-droite s’effaçant un peu plus tous les jours, quel est à votre avis le nouveau clivage qui s’avérera décisif dans les années qui viennent ?

MICHEL ONFRAY : Le clivage qui sépare les tragiques qui savent prendre de la hauteur et qui, dans l’esprit du Braudel des longues durées, savent que l’Occident est fini, et ceux qui n’ont rien vu, les nigauds, et pensent toujours qu’ils ont un pouvoir sur la falaise qui s’effondre. Autrement dit, avec une métaphore animale, les aigles qui disposent de la perspective de Sirius et les taupes myopes dans leurs galeries. Le schéma chrétien avec Parousie a été repris par les marxistes qui, eux aussi, souscrivent à la lecture linéaire et ascendante de l’histoire. Sortir de ces schémas idéologiques est quasi impossible. Il faut lire La science nouvelle de Vico, les Leçons sur la philosophie de l’histoire de Hegel, le Système du monde de Keyserling, Le déclin de l’Occident de Spengler, L’Histoire de Toynbee ou Le mur du temps de Jünger pour s’informer sur les conceptions morphologiques, et non dialectiques, de l’histoire. Car seules ces pensées permettent une lecture vraiment postchrétienne de l’histoire. Droite et gauche signifient encore, mais surtout par leur passé et c’est à ce passé que je suis fidèle quand je me dis de gauche : c’est la gauche qui a lutté pour sortir les enfants des mines, créé des écoles pour ces enfants, amélioré la condition ouvrière, lutté contre la paupérisation, décolonisé l’Empire, aboli la peine de mort, pas la droite. Actuellement, la droite libérale et la gauche libérale pensent la même chose ; et la gauche antilibérale et la droite antilibérale également, sauf sur la question de l’immigration — une chance pour Mélenchon, un flux à réguler pour Marine Le Pen. Mais tous appartiennent au camp des taupes myopes ou aveugles. Jünger n’avait pas tort de faire du Titanic un marqueur de civilisation.


"Les cons ça ose tout. C'est mêe à ça qu'on les reconnaît !" BHL sur son trône -- "Le Dican" de Marc-Olivier Fogiel -- rendant hommage à son père qui a fait fortune dans le bois précieux en faisant suer le burnous (des "semi-esclaves" selon une ONG britannique).

ÉLÉMENTS : Vos prises de position sur l’école qui a renoncé à « apprendre à lire, écrire, compter, penser », votre constat sur les « profs qui ont peur des élèves, qui n’arrivent plus à noter parce que noter, c’est fasciste », ou encore votre refus de la théorie du genre, vous ont valu d’être traité de « déclaré philosophe » (sic) par la revue Les Cahiers pédagogiques, tandis que Le Monde voyait en vous un « philosophe de comptoir », et que L’Express se demandait si vous étiez le « fils naturel de Jean-Paul Brighelli et de Farida Belghoul »...

MICHEL ONFRAY : C’est vous qui m’apprenez tout ça… Je ne lis pas les journaux ou les revues, dont celle que dirige BHL et dans laquelle s’exprime Jacques-Alain Miller, ni Les Cahiers pédagogiques (j’ai passé l’âge de lire des cahiers…). Quant au Monde, tout comme Libération et autres supports favoris des taupes, je ne les lis plus depuis longtemps. Mais faisons donc avec ce que vous m’apprenez : je viens de vous le dire, je ne fais du journaliste ni l’arbitre des élégances ni la mesure de l’intelligence saine, de la raison bien conduite et des pensées justes. Je ne pense rien des gens qui ne pensent pas, mais portent l’idéologie des actionnaires qui les appointent. Ils sont les servants d’un culte malsain. Leurs anathèmes, leur herems, leurs gémonies, leurs excommunications ne me blesseraient que si j’étais membre de leurs tribus. Or, ce n’est pas le cas. On ne saurait s’offusquer d’être insulté par des journalistes — ou des psychanalystes.

Ces fils de famille se moquent que l’école ait cessé d’éduquer, puisqu’ils procèdent du monde des nantis qui n’a que faire qu’on n’apprenne plus aux pauvres ce que leur milieu, à eux, leur dispense. Dès lors, refuser la sélection par le mérite, c’est l’avaliser par l’héritage et la reproduction, car le choix n’est pas entre sélection ou pas sélection, mais entre sélection républicaine des talents et sélection tribale des héritiers, des pistonnés, des présentés, des filles et fils d’archevêques. La sélection que ne fait pas l’école est faite par le marché avec les zélateurs qui cooptent leurs zélotes. L’école m’a permis de m’en sortir : elle ne le permet plus aujourd’hui aux enfants issus du même milieu que moi.

La pédagogie qui fait la loi dans les écoles depuis l’après-68 procède des délires structuralistes des années 1960-1970. Plus besoin d’apprendre les fondamentaux : on n’apprend plus, on apprend à apprendre, ce qui se réduit à se soumettre à l’ordre de l’information ludique du Net et des tablettes. L’éducation est l’art de fabriquer une tête bien faite, autrement dit capable de lire, écrire, compter, pour pouvoir… penser, un luxe dans un monde où l’on invoque la pensée quand on exige la soumission.

ÉLÉMENTS : Vous vous félicitez du recul du politiquement correct que vous souhaitez voir « crever comme une sale bête » ! En déduisez-vous qu’il est impératif que fassent cause commune tous ceux qui, au-delà de leurs éventuelles divergences, refusent le terrorisme idéologique ?

MICHEL ONFRAY : Je ne fais pas cause commune, jamais, avec personne. Je crois à Léo Ferré, qui, avec Brassens, m’a appris l’anarchie en même temps que Proudhon et qui chantait « la pensée mise en commun est une pensée commune ». Je ne veux pas me retrouver avec les mélenchonistes défenseurs de Robespierre ou les lepénistes partisans de la peine de mort sous prétexte que je partage leur antilibéralisme. Je ne veux pas défiler aux côtés des partisans de Hollande ou ceux de Sarkozy parce que je souscris à leur refus de recourir à la violence en politique. Je suis athée, mais n’aime pas les athées qui voudraient faire église. Je suis pour le petit et le modeste. Même si le grand d’hier est devenu le petit d’aujourd’hui, je suis du côté du faible. Si Mélenchon ou Marine Le Pen étaient interdits, persécutés, je serais de leur côté. Même chose avec les chrétiens ou les musulmans. Je n’ai aucun instinct grégaire et n’ai le goût d’aucune tribu. J’essaie de souscrire à cette formule de Nietzsche qui invitait à être seul de son parti...

ÉLÉMENTS : Vous écrivez : « Prétendre qu’il n’y a pas un choc des civilisations entre l’Occident localisé et moribond et l’Islam déterritorialisé en pleine santé est une sottise qui empêche de penser ce qui est advenu, ce qui est, et ce qui va advenir. » Vous semblez ainsi reprendre à votre compte la thèse de Samuel Huntington. Est-ce parce que vous y retrouvez certaines des idées de Spengler, auxquelles était en partie consacrée votre thèse de doctorat ?

MICHEL ONFRAY : Je souscris en effet à la thèse de Samuel Huntington et vois mal, sauf à prendre des vessies pour des lanternes, qu’on n’y souscrive pas. L’illettrisme contemporain empêche de concevoir les longues durées. La civilisation de la télévision et du numérique nous a plongés dans un éternel présent qui a transformé l’homme en amnésique incapable de passé et en innocent incapable de futur. Penser comme Malraux ou comme Élie Faure est devenu impossible : la micrologie procrastinante a remplacé les épopées. Huntington est devenu inaudible dans la cacophonie de l’instant devenu unique modalité de l’être.

Spengler fut en effet une partie de ma thèse, mais je ne conserve de lui que la lecture morphologique, en fait goethéenne, de l’histoire. Qu’il y ait un schéma précis pour toute civilisation, comme un calque qu’on pourrait poser sur chacune d’entre elle, et qu’on obtiendrait des contemporanéités en toute discipline (musique, peinture, droit, algèbre, géométrie, architecture, poésie, etc.), je n’y souscris pas. Il est un antidote pour une philosophie de l’histoire non linéaire, donc non chrétienne et non marxiste. C’est cela que je retiens.


Immigration, le débat interdit ? "On criminalise la moindre interrogation sur les migrants", déplore Michel Onfray

ÉLÉMENTS : Selon vous, la France mène une « politique étrangère islamophobe » et une « politique intérieure islamophile » que vous considérez toutes deux comme « fautives »...

MICHEL ONFRAY : Depuis 1991 et le devenir américain de la politique française avec Mitterrand qui souscrit aux bombardements de la première guerre du Golfe jusqu’à aujourd’hui où notre armée bombarde l’État islamique (qu’il ne faudrait pas appeler tel sous prétexte que ce ne serait pas un État et qu’il ne serait pas islamique...), en passant par les bombardements des villages afghans, libyens, maliens sous prétexte de droits de l’homme et de grand remplacement des dictateurs par des démocrates, la France a du sang musulman, celui de la communauté musulmane, sur les mains. Et pas qu’un peu. Comme ce sang n’est ni filmé, ni photographié, ni montré (relisons Baudrillard pour qui, parce qu’elle n’avait pas été filmée, du moins montrée sur un écran, la guerre du Golfe n’avait pas eu lieu...), il n’a pas été versé : c’est le sien. Mais l’oumma, elle, le sait que ce sang a été versé : c’est le sien. Sous prétexte de lutter contre un terrorisme qui ne nous menaçait pas (Saddam Hussein n’a jamais projeté de mettre Paris à feu et à sang…), nous avons agressé un peuple, puis d’autres peuples qui leur sont frères, et les musulmans n’ont pas la mémoire courte. En plus d’avoir tué en pagaille les leurs, on a bafoué leur dignité, leur humanité, leur être même. C’était une faute, c’est toujours une faute, une grave faute.

Cette politique étrangère islamophobe de la France se double, sur le territoire national d’une politique islamophile qui voit du racisme et de la xénophobie dans toute proposition de réflexion, et seulement une réflexion, sur l’immigration, l’identité nationale, l’islam en France. Toute question est interdite sur ce sujet, où l’on n’accepte que la récitation du catéchisme : l’immigration est une chance pour la France ; la France est depuis toujours multiculturelle, cosmopolite, métissée ; l’islam est une religion de paix, de tolérance et d’amour. On sait que tout cela n’est pas vrai. Mais l’inculture règne là aussi en la matière et, à défaut de chiffres ou de statistiques interdits sous prétexte de caractère ethnique, à défaut de connaître véritablement l’histoire de France, à défaut d’avoir véritablement lu le Coran ou de connaître la biographie du Prophète, on dit n’importe quoi.


Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865). Authentique ouvrier imprimeur, lutteur redoutable, le penseur franc-comtois fut avec Victor Hugo, autre natif de Besançon, la voix du peuple français au XIX ème siècle.

ÉLÉMENTS : Vous avez déclaré approuver la fusion des deux Normandie résultant de la réforme territoriale votée en décembre dernier, et affirmé que vous défendiez l’unité de la Normandie dans ses revendications « populaires » et « culturelles ». Est-ce que ces déclarations rejoignent et complètent la préférence que vous avez exprimée dans Le Point en faveur des « Girondins fédéralistes et provinciaux » face aux « Jacobins centralisateurs et coupeurs de tête ». Faut-il voir ici l’influence de votre cher Proudhon ?

MICHEL ONFRAY : Mon cher Proudhon, oui, en effet. Vous mettez le doigt au bon endroit. Ma gauche est libertaire, mon socialisme est l’anarchisme proudhonien, celui des associations, des mutualisations, des coopérations, des fédérations, celui des contrats synallagmatiques, celui des provinces et de l’anarchie garanties par l’État (non pas un paradoxe, mais la pensée du dernier Proudhon, celui de Théorie de la propriété). Je crois également au « communalisme libertaire » de Murray Bookchin. Cette démocratie existe déjà, elle est invisible, mais elle s’avère très active dans les micro-communautés alternatives au mode de production capitaliste, au consumérisme, à l’agriculture productiviste. Elle est rurale, campagnarde, provinciale, on n’en parle donc jamais dans les médias parisiens jacobins et centralisateurs.

ÉLÉMENTS : Votre père vous a dit un jour « se souvenir d’un texte de George Sand (en réalité de Maupassant) qui racontait la mort d’un cheval, son ensevelissement à même la terre et la repousse de l’herbe, plus verte, plus forte, plus drue, la saison suivante ». « Leçon de panthéisme païen », ajoutez-vous. De l’hédonisme, dont vous avez souligné la nécessité dans L’art de jouir, jusqu’à votre opposition résolue et réaffirmée aux monothéismes, dont témoigne votre Traité d’athéologie, cette part importante de votre œuvre vous amène-t-elle à vous définir comme un philosophe panthéiste et/ou païen ?

MICHEL ONFRAY : Le vocabulaire religieux ne convient pas pour exprimer ma position : ni animiste, ni totémiste, ni païen, ni panthéiste, ni polythéiste, ce qui suppose des transcendances jusque dans l’immanence voire, avec le panthéisme, une identification de l’immanence avec la transcendance. Je suis indemne de toute transcendance, et n’en suis pas orphelin : je ne cherche pas à la retrouver. Je ne l’ai jamais perdue, car je ne l’ai jamais ressentie. La religion suppose un autre monde qui donnerait son sens à celui-ci : sous la pierre de l’animiste, l’esprit, sous l’animal du totémiste, l’esprit, dans les dieux multiples du païen, l’esprit. Il n’y a pas d’esprit pour moi dans quoi que ce soit. Je me suffis de cette phrase que Nietzsche empruntait à Albert Lange pour définir le matérialiste : « Contente-toi du monde donné ». Je m’en contente, il ne laisse place à aucune transcendance. Le cosmos est au centre de nous-mêmes : pas besoin de le chercher ailleurs. Je suis un athée radical.

Propos reccueillis par Alain de Benoist et Fabrice Valclérieux pour "Eléments"

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Eléments

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04/10/2015

Eléments de langage...

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Comme les événements en Syrie sont embrouillés et que le franchouillard lambda n'y entrave que couic, je me permets de vous rappeler quelques éléments de sémantique élémentaire susceptible de vous éclaircir la lanterne :

a) Quand l'OTAN fait passer un message, notamment dans leurs médias "Occidentaux", c'est "de l'information au profit des citoyens", bien entendu. Quand les Russes font passer un message, aussi bien dans leurs médias que dans les nôtres, c'est, vous l'aurez deviné, "de la propagande de guerre"... of course...

b) Quand les Occidentaux bombardent DAESH (un petit tir par ci, un autre petit tir par là), ils bombardent DAESH. Quand les Russes bombardent Al Qaïda ou Al Nosra, ils bombardent "l'opposition modérée"... même si au passage il bombardent abondament, aussi, DAESH... indeed...


c) Quand on met en doute les informations données par les Russes, cela relève de la prudence déontologique de journalope lucide. Si on met en doute les éléments de langage diffusés par les "Occidentaux", cela tient du complotisme et de l'antiaméricanisme primaires.
 Je suis bien placé pour le savoir, moi qui passe mon temps en d'autres circonstances à défendre les USA et à me moquer des complotistes en général.

Et pendant que les Etats-Unis accusaient les russes d'avoir fait des victimes civiles alors que leurs avions n'avaient même pas décollés de leurs bases, ils préparaient (est-ce un hasard ?) un bombardement contre les Talibans en Afghanistan qui lui a bel et bien fait des morts civils parfaitement inutiles.

Merci pour votre attention...

 

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08/01/2015

Je ne suis pas Charlie, par Richard Millet

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« J’ai, pour une fois, hier soir, écouté la radio et regardé la télévision d’Etat. J’avais oublié le ton sur lequel les journalistes prennent de haut le peuple français – ou ce qu’il en reste ; et je ne suis pas certain d’avoir, ce matin, le courage d’ouvrir les organes officiels de la Propagande concernant le massacre commis à Charlie Hebdo, puis dans la rue Nicolas-Appert, inventeur de la conserve industrielle. Seuls les naïfs, ou les menteurs, peuvent s’étonner de ce nouvel épisode de la guerre en cours – après Merah, Nemmouche et l’apprenti sorcier de Joué-les-Tours (pour ne pas remonter à l’époque de Kelkal et, plus loin, encore, de Naccache : il y a bien une persévérance dans le démoniaque dijhadiste). Je m’étonne, moi, qu’on n’ait pas de nouveau parlé, hier soir, de "loups solitaires", comme si des loups pouvaient être isolés à l’heure des "réseaux sociaux" et du téléphone satellitaire, parfaitement maîtrisés par le djihadisme international ; mais je suis rassuré qu’on ait mis en place une "cellule d’aide psychologique", les citoyens français étant à ce point conditionnés par les mots d’ordre du Bien qu’ils sont incapables de réagir devant le surgissement du Mal – le vrai, non le mythe du "retour des années 30" orchestré par ceux qui, justement, feignent de ne pas voir ce qui se passe.

Comme d’habitude, on n’a parlé de rien, à grands renforts de "spécialistes", de "confrères" et d’hommes politiques venus donner le la – au premier rang desquels, plus encore que Hollande, qu’on croyait disparu dans le roman de Houellebecq, Mme Kosciusko-Morizet prenant des airs de dame aux camélias, place de la République, pour dire les mêmes effarantes banalités que le premier venu – la politique n’étant rien d’autre, aujourd’hui, que l’exhaustion du premier venu sur la scène médiatique.

Si je ne puis m’associer aux flots de larmes soulevé par des actes qui, il va de soi, m’inspirent la même horreur que ceux de Breivik, c’est d’abord parce que le système politico-médiatique refuse de montrer la nature profonde de cette tragédie : une guerre civile qui plonge une grande partie de ses racines dans l’immigration musulmane, et dont les guerriers, aux noms toujours semblables dans leur morphologie et emblématiques d’une haine affichée de la France et de l’Occident ; le djihadisme naît principalement du refus de s’assimiler et du multiculturalisme d’Etat.

Charlie Hebdo n’est pas en guerre contre le multiculturalisme : ce journal fait partie de la Propagande d’Etat, et j’ai toujours regretté que Cabu, Wolinski et Charb mettent leur incomparable talent au service de quelque chose qui dépasse le simple refus de l’islamisme : la haine de l’Eglise catholique, laquelle a pour pendant l’antisémitisme d’origine maghrébine, et qui est un des acquis du multiculturalisme. J’ai toujours méprisé l’acharnement et les cibles faciles ; c’est pourquoi je hais l’anticléricalisme officiel autant que le dos courbé du clergé devant les attaques dont il est l’objet. Peu avant l’attentat, hier matin, j’avisais au flanc d’un kiosque un affichette publicitaire publiée par ce journal, et sur laquelle la naissance du Christ était moquée outrancièrement, l’illustration annonçant un article de Mordillat et Prieur, néo-renaniens duettistes de la déconstruction du christianisme, qui ont trouvé là de quoi faire oublier l’indigence de leur œuvre littéraire et cinématographique ; et je me demandais ce qu’il en est de la liberté d’expression, en France, pour ceux qui n’ont nulle voix au chapitre et qui ne peuvent se résoudre au triomphe du nihilisme, dont Charlie Hebdo est un organe actif.

La guerre en cours n’est pas une guerre de religion, comme voudraient nous le faire croire Charlie Hebdo et les djihadistes : c’est, redisons-le, une guerre civile que la présence sur le sol européen d’une masse croissante de musulmans rend d’autant plus violente qu’on la tait, même quand elle suggère aux Juifs français d’émigrer, de plus en plus nombreux, en Israël. Ainsi suis-je étonné que, pas une seule fois, hier soir, au journal de France 2, le mot de musulman n’ait été prononcé, bien que les terroristes aient tué, semble-t-il, deux de leurs coreligionnaires – ce qui montre bien l’étendue de la terreur islamiste, devant laquelle les journalistes officiels se couchent, devenant ses complices de fait. Il est vrai qu’ils sont, il faut y revenir, les séides de ce nihilisme officiel dont, avant le massacre, Libération donnait un exemple entre mille, la veille, en publiant le portrait d’une certaine Mme Schneck dont on me dit qu’elle publie des livres et qui croyait devoir apprendre à la France qu’elle avait avorté à l’âge de 17 ans – l’insignifiance littéraire étant aussi une des figures du nihilisme –, tandis que l’affaire Vincent Lambert était portée, le même jour, devant la Cour européenne des Droits de l’homme, à charge pour celle-ci de décréter de la vie ou de la mort d’un homme plongé dans le coma. Le même jour, la France perdait sa place de 5ème puissance industrielle...

Les rédacteurs de Charlie Hebdo sont morts les armes à la main. Je respecte les guerriers, fussent-ils des ennemis – ce que je ne saurais faire pour les terroristes, et je m’incline devant les deux policiers assassinés. Si je ne m’associe pas au deuil national décrété par Hollande, c’est que je n’ai rien de commun avec les fourriers de l’insignifiance étatique, outre que je refuse de faire corps avec un pouvoir qui a fait voter le mariage homosexuel et la loi sur l’euthanasie. Avait-on décrété une journée de deuil pour les collégiens juifs de Toulouse et les militaires de Montauban, dont deux musulmans, assassinés par Merah ? Le massacre de Charlie Hebdo a eu lieu le matin même où paraissait le roman de Houellebecq, à qui les djihadistes ont en quelque sorte donné une pathétique mais prévisible actualité. Hollande avait déclaré qu’il lirait le roman, "parce qu’il fait débat" : on n’en est plus là. Il n’y a pas de débat ; nous sommes en guerre. Une guerre que le système politico-médiatique occulte au nom de la "tolérance" et des "valeurs républicaines". Nous sommes libres, nous, de refuser toute forme de collaboration avec une classe politique qui a rendu possible le massacre d’hier, et, plus largement, la guerre civile »

Richard Millet

 

 

SOURCE : Blog de Richard Millet

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28/10/2014

Le vrai communisme du XXIème siècle, par Gédéon Pastoureau

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Après les émeutes de 2005, Alain Finkielkraut eut cette formule, heureuse métaphore polémique, selon laquelle l'antiracisme était le communisme du XXIème siècle. Un idéal au départ généreux qui donne lieu à une insidieuse terreur intellectuelle et à une censure de la pensée, l'audacieux parallèle met bien en lumière la dérive dogmatique de l'antiracisme. Si l'aspect totalitaire de celle-ci peut être abondamment illustrée, comparaison n'étant pas raison, on conviendra que les crimes de masse du communisme surpassent, en terme d'ampleur et de gravité, l'abrutissement des masses par l'antiracisme.

Le véritable communisme de notre siècle, lui, tue vraiment.
Et comme le communisme, son système immunitaire lui permet de le faire tout en niant être impliqué dans les meurtres perpétrés en son nom. Le véritable communisme du siècle, c'est l'islam.

 

Quand l'amalgame fait florès

Le terme « amalgame », en tant que vocable défensif utilisé afin de flétrir celui qui dénonce une réalité que l'on veut nier sans avoir à argumenter, semble faire son apparition en France lorsque des voix se font entendre pour rapprocher les crimes du communisme et ceux du nazisme.

Jean-François Revel, dans son livre La grande parade, décrit les pathétiques convulsions et l'aveuglement de la gauche française (« même et surtout non communiste ») après l'effondrement du régime soviétique. Sous-titré Essai sur la survie de l'utopie socialiste, l'ouvrage de Revel donne à voir la puissance des mécanismes du déni qui se mettent alors à fonctionner et à structurer une certaine pensée politique en France.

Il nous rappelle par exemple que, lors de la sortie du Livre noir du communisme, les porte-voix de la socialie française s'indignèrent bruyamment du rapprochement qui y était fait entre totalitarisme communiste et totalitarisme nazi : pour eux, la belle et pure idée communiste ne saurait être criminogène et ceux qui prétendaient affirmer la comparabilité des deux idéologies étaient de dangereux réactionnaires. C'est Jean-Marie Colombani qui sera parmi les premiers à se servir du terme d'« amalgame », tandis que l'historienne rouge Lilly Marcou qualifiera l'ouvrage dirigé par Stéphane Courtois de « cadeau offert au Front national à l'heure du procès Papon ».

On le sait, l'accusation d'amalgame et sa pratique pavlovienne (le chantage au FN) constituent l'alpha et l'oméga de la contre-critique de gauche. Ces derniers peuvent apparaître telles des armes grossières mais leur efficacité n'est plus à prouver : on jette le discrédit à peu de frais sur un ennemi dialectique ainsi diabolisé, lequel n'a alors d'autre choix que de répondre à cette accusation et ne peut ainsi que difficilement argumenter sur le fond. De nos jours, ces basses armes sont toujours maniées avec autant de bonne conscience. Ainsi, la description de ces mécanismes de défense, au-delà de l'intérêt propre lié à l'histoire politique de notre pays, présente l'avantage de nous aider à mettre en lumière les mécanismes de défense de ceux qui refusent que l'on critique l'islam.

Celui qui ressasse aujourd'hui que « Vous faites le jeu du FN / de l'extrême-droite » lorsqu'on se borne à critiquer l'islam et ses crimes, se présente comme le digne héritier de Robert Hue, secrétaire national du PCF, qui, lors de l'émission de télévision « La Marche du siècle » consacrée au Livre noir du communisme, devant l'énoncé des crimes du communisme, se trouva fort intelligent, en guise de réponse, de sortir de sa poche et d'agiter sous le nez de Jean-François Revel et de Stéphane Courtois un exemplaire du journal du FN. Il est aussi l'enfant spirituel du Premier secrétaire du Parti socialiste d'alors, un certain François Hollande, qui déclarait, lors de la sortie du Livre noir : « Chercherait-on à préparer des alliances avec l'extrême-droite, que l'on prétendrait ainsi légitimer d'avance ? ». Hier, tout anticommuniste, en plus d'être un chien, couchait avec l'extrême-droite. Aujourd'hui, la critique de l'islam est islamophobe, donc objectivement d'extrême-droite. L'anticommunisme primaire d'hier est l'islamophobie d'aujourd'hui.

Celui qui brandit le désormais classique chantage à l'amalgame pour ne pas vous répondre lorsque vous évoquez le lien entre les textes, l'histoire de l'islam et les tueries contemporaines commises au nom d'Allah, se discrédite car il prétend, par une formule devenue magique, désunir ce qui est lié, et se montre ainsi dans l'incapacité de démontrer que l'islam ne serait pas criminogène. De même, celui qui clame #Notinmyname sur les réseaux sociaux se ridiculise : ce n'est effectivement pas en son nom que l'on tue et que l'on propage l'islam par l'épée et la terreur, mais au nom de l'idole qu'il a en commun avec celui-ci. Il peut bien prétendre se désolidariser des bourreaux, l'islam est et demeurera leur trait d'union insécable.

L'injonction « Pas d'amalgame ! » peut donc bien se décliner à l'envie : « #Notinmyname », « Ce n'est pas ça, l'islam », « Que faites-vous des millions de musulmans pacifistes, qui ne veulent que vivre simplement et qui condamnent ces violences ? », du point de vue des slogans, le système défensif est le même que celui qu'utilisèrent avec la plus grande indignation les ardents défenseurs du socialisme dès la parution de l'Archipel du goulag, en 1973.

 

Le salut par les intentions

Se réclamant d'un prototype parfait, l'islam et le communisme ont en commun de n'avoir de compte à rendre à personne. Le subterfuge essentiel des zélateurs du communisme fut de disjoindre leur idéal des fruits que celui-ci engendrait : si monstrueuse ait été la mise en œuvre du communisme, celui-ci demeure un immaculé progressisme puisque ses intentions étaient pures. Par voie de conséquence, ses contempteurs sont des réactionnaires. Il en va exactement de même aujourd'hui pour l'islam.

La pureté des intentions, c'est ce qui différencie, nous dit Revel, les totalitarismes directs (ceux qui annoncent la couleur : le nazisme) et les totalitarismes indirects (ceux qui, s'appuyant sur un projet utopique, se parent des intentions les plus nobles et les plus morales : le communisme). Dans cette classification, les moins désinformés auront toutefois du mal à savoir où mettre l'islam. En effet, qui s'est penché sur l'histoire de l'islam, a lu le Coran et a pu parcourir quelques hadiths, sait que les crimes commis sous la protection miséricordieuse d'Allah y trouvent leur justification en toutes lettres. Difficile, dans ce cas, de parler comme Revel d'un totalitarisme utopique (indirect). Mais dans le même temps, ceux qui défendent l'islam comme n'ayant rien à voir avec les crimes commis au nom de son expansion n'ont de cesse de renvoyer aux versets les plus pacifiques, tout en relativisant, en écartant ceux qui le seraient moins. À ce titre, on peut tout à fait voir l'islam comme relevant du totalitarisme utopique. En définitive, l'ambivalence même du message coranique, que l'on ne peut de toute façon pas appréhender en tant que mécréant, place l'islam dans une position floue : l'essence totalitaire qu'il sécrète demeure relativement insaisissable puisque le message délivré / reçu n'est pas clairement énoncé.

L'islam appartiendrait ainsi à une troisième forme de totalitarisme, une forme hybride mêlant, à travers ses diverses interprétations, la forme directe (passant par les éléments guerriers et légalistes de ses textes) et la forme indirecte (liée à ses éléments utopiques et transcendants), lui permettant de s'affranchir des crimes commis en son nom bien plus facilement que le communisme.

 

L'Internationale, avec Dieu

La comparaison entre les deux systèmes révèle d'évidentes limites, celles de la supériorité de l'un sur l'autre : l'islam est à la fois religion et projet global de société. Même s'il avait ses croyants et son clergé, et même si le bon mot de Zemmour, « L'Oumma, c'est l'Huma », fait sens, le communisme soviétique n'est pas une religion à proprement parler : on sait que la transcendance lui était étrangère, voire insupportable, et qu'il lui a été finalement ouvertement hostile. Sur ce dernier point, il faut tout de même se souvenir des positions évolutives du système soviétique à l'égard de l'islam, entre 1917 et les années trente, puisque le parti bolchevik avait au départ accueilli des musulmans en son sein (1).

En 1923, Trotsky déclarait que dans plusieurs régions musulmanes de l'ex-empire russe, 15 % des militants communistes étaient musulmans, proportion qui pouvait aller jusqu'à 70 % dans certaines régions d'Asie centrale soviétique. On rapporte même qu'à l'époque, lors des manifestations organisées par les communistes, il n'était pas rare d'entendre des slogans du type « Vive le pouvoir des Soviets ! Vive la charia ! ».

En tant qu'idéologie, le communisme peut être combattu : son application a toujours donné lieu à une forme de totalitarisme, depuis le goulag russe jusqu'au laogaï chinois. La gauche a bien tenté de personnaliser ces différents régimes, de singulariser chaque incarnation du communisme afin de déconnecter totalitarisme meurtrier et communisme et de soustraire celui-ci à l'accablant tableau d'ensemble. Celui dressé par Le livre noir, par l'effet cumulatif de ses informations, reconstitue et met en perspective l'invariant totalitaire et mortifère de son objet : la défense du communisme, comme celle de l'islam, fuit ainsi toute vision globale, toute appréhension synoptique, toute « réintégration des échecs et des crimes dans les séries dont ils sont les éléments » (2).

En tant que religion, l'islam est infiniment plus difficile à appréhender que le communisme. Non seulement il s'exprime à travers des variantes théologiques très diverses (sunnisme / chiisme / kharidjisme / soufisme) au sein desquelles des courants eux mêmes nombreux se structurent selon des critères complexes, liant politique et pouvoir financier (salafisme wahhabite, pour citer le plus influent actuellement), mais son statut de système portant un projet global pour l'humanité, à travers l'indissociabilité du spirituel et du temporel, lui confère les attributs de la Machine totalitaire parfaite : perfection d'autant plus raffinée et terrifiante que l'islam a, grâce au travail de l'OCI (3) au niveau international et des associations antiracistes au niveau national, parfaitement intégré le discours du Bien de la post-modernité, s'adjoignant ainsi les services non négligeables du pouvoir médiatique.

Pour parfaire sa défense en terre hostile (Dar al Harb), l'islam a su se créer un double maléfique, un Mr. Hyde déresponsabilisant : l'islamisme. Ce tiers chimérique sur lequel attirer toutes les critiques autorise l'islam à ne pas répondre des exactions qu'il engendre et préserve ainsi l'utopie islamique : c'est pas moi, c'est l'islamisme (ou le djihadisme), un méchant avec qui je n'ai rien à voir !

L'islam se révèle finalement un ennemi doté d'une longévité et d'une capacité d'infiltration beaucoup plus sérieuse que ne le fut le communisme.

Nous devons être conscients de la continuité entre les arguments et la cécité de ceux qui le défendent aujourd'hui avec les arguments et la cécité que la gauche a pu développer face à l'indéniable caractère totalitaire du communisme. Tout cela fonctionne encore malheureusement très bien aujourd'hui, en partie grâce à une marxisation certaine des esprits.

Et si l'on veut bien croire qu'il n'est pas encore trop tard, à une époque où les effets de propagande et de désinformation sont démultipliés et où l'immigration de masse a transformé le profil culturel d'une partie notable des peuples européens, il nous faudra mettre en œuvre des trésors de constance, d'intelligence et de courage politique pour continuer à montrer et dénoncer le caractère essentiellement totalitaire de l'islam.

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Notes

(1) - http://revuesocialisme.pagesperso-orange.fr/s9crouch.html
(2) - La grande parade – Essai sur la survie de l'utopie socialiste, Jean-François Revel, Plon, 2000, p. 212
(3) - L'Europe et le spectre du califat, Bat Ye'or, Les Provinciales, 2010

Bibliograhie

- La grande parade – Essai sur la survie de l'utopie socialiste, Jean-François Revel, Plon, 2000
- Sociologie du communisme – L'islam du XXème siècle, Jules Monnerot, Editions du Trident, 2004
- Islamisme : comment l'occident creuse sa tombe, Hamid Zanaz, Editions de Paris, 2013
- L'Europe et le spectre du califat, Bat Ye'or, Les Provinciales, 2010
- Le livre noir de l'islam, Jean Robin, Tatamis, 2013

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Source : Gédéon Pastoureau, pour Mauvaise Nouvelle

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18/10/2014

Le gouvernement de Vichy et la rafle du Vel d’Hiv

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Merci à l'ami Restif pour m'avoir fait découvrir ce remarquable billet de l'historien Alain Michel qui me permet de poursuivre ce qui a été dit ici et ...

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Il y a 15 ans, le 16 juillet 1995, le président de la République d'alors, Jacques Chirac, prononçait un discours extrêmement important, dans lequel il reconnaissait la responsabilité de la France dans la persécution des Juifs pendant l'occupation. Si, bien entendu, on ne peut que se réjouir de cette prise de responsabilité par le plus haut représentant de l'Etat, un acte qui était attendu de longue date par la communauté juive, les circonstances de cette allocution ont malheureusement aggravé les confusions existant déjà dans le grand public, et même chez nombre d'historiens, en ce qui concerne le rôle du régime de Vichy dans la rafle du Vel d'hiv. Prenons un seul exemple de ces confusions : l'historien Henry Rousso, pourtant spécialiste de la question de l'occupation, dans un "Que sais-je" consacré au régime de Vichy (n° 1720, Puf, 2007, p. 91) confond (involontairement?) les accords que René Bousquet, secrétaire général de la police réalise avec le chef de la gestapo en France, Karl Oberg, début août 1942, accord concernant les questions policières, et d'autre part les négociations entre les deux mêmes hommes un mois plus tôt à propos de la volonté allemande de réaliser une grande rafle de Juifs. Ainsi, si l'on en croit Rousso, le responsable de la police de Vichy accepte la participation des policiers français aux arrestations des Juifs en juillet 1942 en échange d'un renforcement de l'autorité de l'Etat français. La chronologie montre, de toute évidence, que cela est faux, mais il est si tentant pour certains de changer la chronologie pour adapter les faits aux idées reçues.

Ce 16 juillet 2012, nous marquons les soixante-dix ans de la rafle du Vel d'Hiv, au cours de laquelle près de 13 000 hommes, femmes et enfants furent arrêtés et, pour la plupart, déporté ensuite vers Auschwitz où ils furent assassinés. S'il est essentiel de préserver la mémoire de cet événement et le souvenir des victimes, n'est-il pas temps enfin de sortir des idées reçues, des clichés et des raccourcis plus qu'inexacts, pour proposer une vraie confrontation avec les événements historiques tels qu'ils se sont déroulés ?

Cependant, les idées reçues sont tellement ancrées en ce qui concerne l'application de la Solution finale en France que je ne pourrais pas, dans un seul article, corriger l'ensemble des déformations qui se sont accumulées au cours des années. Car dès que l'on tente de se confronter à la réalité historique sans idées préconçues, le premier élément qui frappe l'historien est la complexité des choses. Expliquer simplement des faits compliqués n'est pas une tâche facile, et c'est pourquoi je me contenterai ici de répondre à quelques questions de base qui, je l'espère, éclaireront un petit peu ce qui s'est réellement passé en juillet 1942 à Paris.

1 - Qui décide d'organiser la rafle ?

Le 11 juin 1942 a lieu à Berlin une réunion convoquée par Eichmann, au cours de laquelle il est décidé que le RSHA (SS-Gestapo) déporterait de France vers l'Est 100.000 juifs en 1942. Il s'agit d'un changement important puisque, jusqu'à cette date, il n'était prévu de déporter que 5000 Juifs de France cette année-là. Ces 100.000 Juifs doivent être valides pour le travail, et doivent donc avoir entre 16 et 50 ans. En effet, à cette période, seuls des "travailleurs" sont déportés vers Auschwitz.

Le représentant en France d'Eichmann, Théo Dannecker, décide, dans un premier temps, de déporter 40.000 Juifs de zone nord, l'arrestation de Juifs de zone sud devant faire l'objet de négociations avec le Gouvernement de Vichy, puisque les nazis n'ont pas d'autorité en zone non occupé. Dannecker décide de faire arrêter des Juifs adultes en Province dans la Zone occupée, et d'organiser une rafle en région parisienne qui permettra d'arrêter 22.000 Juifs adultes. Il prévoit que 40 % de ces Juifs destinés à être arrêtés dans le département de la Seine seront des Juifs français, le reste étant des Juifs étrangers.

  2 - Qui doit faire les arrestations ?

Depuis 1941, les Allemands utilisent directement la police française en zone nord pour arrêter les Juifs. Lors de la première rafle parisienne, en mai, les représentants de Vichy à Paris avaient été prévenus à l'avance mais ensuite, en août et en décembre 1941, les autorités d'occupation s'étaient servies directement de la police parisienne sans demander l'avis de Vichy. Cette utilisation directe de la police est facilitée par deux éléments. Depuis septembre 1940, les mesures prises par les Allemands contre les Juifs sont présentées par eux comme des mesures de sécurité qui rentrent dans le cadre des accords d'armistice et de la convention internationale gérant les territoires occupés. La police et la gendarmerie de zone nord ont donc pris l'habitude d'obéir aux consignes allemandes vis-à-vis des Juifs. Le deuxième élément est que Vichy ne s'est pas vraiment opposé à cette interprétation abusive des règles de l'occupation. D'une part parce qu'il est le "maillon faible" dans la négociation et préfère souvent (également dans d'autres domaines) influer sur le cours des choses plutôt par la ruse que par le conflit direct. D'autre part du fait que pour Vichy, pour la police comme pour les Français en général, la question juive n'est pas une question prioritaire ou centrale (il nous faut oublier notre période actuelle du "tout humanitaire" et ne pas projeter nos vues contemporaines sur le passé. En cette période, le sort de populations en difficultés, particulièrement un groupe minoritaire comme les Juifs, n'intéresse pas vraiment les gouvernements comme les populations).

On comprend donc que fin juin 1942, les Allemands ont à la fois l'intention et les moyens de réaliser la rafle projetée. Il est donc infondé de prétendre que sans l'acquiescement de Vichy, la rafle n'aurait pas eu lieu.

  3 - Les réactions du gouvernement de Vichy.

Dans un premier temps, fin juin, la réaction de Vichy aux intentions allemandes est double. En ce qui concerne la zone libre, Laval informe le conseil des ministres qu'il répondra négativement à la demande de transfert de Juifs vers la zone nord aux fins d'évacuation vers l'Est. En ce qui concerne les arrestations de Juifs en zone nord, Laval réserve sa réponse, mais elle apparaît très bien dans les propos de Leguay, délégué de Bousquet à Paris, à Dannecker le 29 juin: le gouvernement français n'est pas prêt à assumer la responsabilité de ces arrestations. La raison apparaît au détour d'une phrase : si les rafles concernaient les éléments "indésirables", les choses pourraient être envisagées différemment. Quels sont donc les éléments "indésirables" dont parle le délégué de Vichy? Il s'agit en réalité des Juifs étrangers, particulièrement des Juifs apatrides. En fait, Vichy cherche depuis un an et demi à se débarrasser des Juifs étrangers de zone sud pour les envoyer vers le continent américain. Par xénophobie et antisémitisme, et également par souci d'alléger ses soucis économiques. Mais ces tentatives ont été systématiquement bloquées par le gouvernement des Etats-Unis, par peur de ce qu'il considérait être une "invasion juive" des Amériques.

C'est dans ce contexte qu'en quelques jours se réalise un accord, négocié par Bousquet avec Oberg entre le 2 et le 4 juillet, et confirmé par Laval lui-même dans l'après-midi du 4 juillet. Quels en sont les points? Les Allemands, à la demande de Vichy, acceptent que ne soient arrêtés dans la rafle que les Juifs apatrides (essentiellement les Juifs anciennement allemands, autrichiens, polonais et soviétiques). Les autres Juifs, notamment les Juifs français, ne seront pas visés par la rafle. En échange, Vichy s'engage à livrer 10.000 Juifs apatrides de zone sud, et à superviser la police parisienne lors de la rafle prévue pour la mi-juillet. Ainsi Vichy accepte d'être officiellement impliqué dans la rafle, mais a obtenu en échange la protection des Juifs citoyens français, même en zone nord, ainsi que d'une partie des Juifs étrangers. Nous allons en voir les conséquences. Mais avant cela, il nous faut aborder la question des enfants.

  4 - Laval et les enfants juifs.

Parmi les idées reçues sur le rôle de Vichy dans la rafle du Vel d'hiv, la question des enfants pèse d'un grand poids. Revenons à Henry Rousso : « Alors que les nazis n'exigent pas encore les enfants, Vichy les livre de surcroît. »A l'appui de cette affirmation, les "accusateurs" citent un rapport de Dannecker à Eichmann daté du 6 juillet 1942, résumant une conversation du 4 juillet : « Le président Laval demande que, lors de l'évacuation de familles juives de la zone non occupée, les enfants de moins de 16 ans soient emmenés eux aussi. Quant aux enfants juifs qui resteraient en zone occupée, la question ne l'intéresse pas ».

Une première remarque importante : nous n'avons pas ici les paroles de Pierre Laval lui-même, mais la manière dont elles sont rapportées deux jours après et dans une autre langue, en allemand. Mais même en supposant qu'elles représentent plus ou moins ce qui a été dit par Laval, il n'y a là aucune conséquence en ce qui concerne la rafle du Vel d'hiv. De quoi parle Laval ? Du fait que les Allemands veulent appliquer les critères de la rafle (Juifs adultes entre 16 et 49 ans) aux Juifs apatrides de zone sud qui doivent être livrés par Vichy. Mais Laval n'est pas d'accord. De la même façon que lorsqu'il a proposé aux Américains d'évacuer les Juifs étrangers de zone sud, il s'agissait de faire partir l'ensemble des familles, de la même façon, si la direction n'est plus l'Amérique mais l'Est de l'Europe, ce sont les familles qui doivent partir, et pas seulement les adultes. Car pour Laval, qui début juillet 1942 n'a aucune possibilité de savoir ce qui se passe réellement à Auschwitz, il s'agit seulement de la continuité d'une même politique (se débarrasser des Juifs étrangers de zone sud) par d'autres moyens (les envoyer vers l'Est et non vers l'Ouest). La réalité du sort des Juifs après leur "réinstallation" lui est d'ailleurs sans doute plutôt indifférent, même s'il est difficile de savoir quelle aurait été sa réaction s'il avait su à l'avance le terrible sort qui leur était réservé.

Par contre, poursuit la citation de Laval par Dannecker, ce qui se passe en zone nord n'est pas de sa compétence, et si les Allemands ne veulent déporter que les adultes pouvant travailler, c'est leur problème! On le voit, rien dans ce texte ne permet de lier la responsabilité de Laval avec l'arrestation et la déportation des enfants Juifs pendant la rafle de zone nord, la rafle du Vel d'hiv. Les archives allemandes nous en fournissent d'ailleurs la preuve. Trois jours après cette déclaration de Laval à Dannecker, le 7 juillet, a lieu la première réunion de coordination entre les autorités policières françaises et allemandes pour organiser la rafle. Les instructions restent les mêmes en ce qui concerne l'âge des personnes à arrêter : de 16 à 50 ans. Si les paroles de Laval trois jours plus tôt avaient changé la donne, cela aurait dû apparaître immédiatement dans les instructions concernant les arrestations. Pourtant, nous savons que les enfants ont été arrêtés et déportés. Alors que s'est-il passé ?

  5 - Les conséquences imprévues des exigences françaises.

C'est le 10 juillet seulement que dans un télégramme urgent envoyé à Eichmann, Dannecker propose que les 4000 enfants qui resteront sûrement du fait de la rafle puissent être évacués aussi vers l'Est. Le prétexte invoqué est celui que les organismes sociaux, que ce soit l'Assistance publique ou l'Ugif (l'organisation juive contrôlée par les nazis), ne pourront prendre en charge autant d'enfants. Cependant, cette demandeà Berlin doit être liée à deux autres événements. Dès le lendemain, le 11 juillet, on remarque dans les instructions en vue des arrestations un glissement en ce qui concerne l'âge. Il ne s'agit plus des adultes de 16 à 50 ans, mais la limite supérieure est reportée à 60 ans pour les hommes et à 55 ans pour les femmes. Or cet élargissement des tranches d'âge semble être une initiative locale et non une instruction de Berlin. Pour la première fois, on précise également que les enfants seront arrêtés en même temps que les parents, tout en signalant qu'ils seront remis aux mains de l'assistance publique au Vel d'hiv. Deuxième évènement, le télégramme envoyé le 14 juillet à Berlin par la Gestapo de Paris où il est écrit qu'à la suite de l'accord conclu avec le gouvernement français, seuls les Juifs apatrides seront arrêtés : « Il s'ensuit que le nombre de personnes à appréhender se trouve très considérablement réduit (en particulier en province). » En conséquence la Gestapo de Paris informe Berlin de l'annulation des trains prévus en province, ce qui va rendre furieux Eichmann du fait de" la perte de prestige" du RSHA face au ministère des transports.

Il semble qu'entre le 10 et le 14 juillet, avant même le déclenchement de la rafle, les spécialistes de la question juive à Paris s'aperçoivent des conséquences, problématiques pour eux, de l'accord conclu avec Vichy. En réduisant "la cible" aux seuls Juifs apatrides, il n'est pas possible d'atteindre les objectifs prévus. Effectivement, lorsque la rafle est déclenchée, le 16 et le 17 juillet 1942, alors qu'on escomptait appréhender 22.000 Juifs adultes entre 16 et 50 ans, il n'y aura que 9037 Juifs de plus de 16 ans, soit à peine plus de 41 % de ce qui était prévu. On comprend pourquoi il devient indispensable, du point de vue des nazis, de déporter également les enfants, ce qui ajoute encore 20 % de déportés potentiels. C'est donc parce que les Allemands ont accepté à la demande de Vichy de n'arrêter que les Juifs apatrides qu'ils vont décider de déporter également les enfants de ces Juifs apatrides, tout simplement pour "faire du chiffre".

  Je n'ai pas pu, bien entendu, entrer dans toutes les questions et dans tous les détails de ces journées terribles de juillet 1942, mais la conclusion est claire, et peut se résumer ainsi :

-          La décision d'organiser la rafle est une décision allemande, et le cadre des arrestations a été prévu par la Gestapo-SS. La police parisienne s'est contentée d'obéir à ces instructions, comme cela avait été le cas lors des rafles de 1941.

-          Le gouvernement de Vichy a accepté de jouer un rôle actif dans ces arrestations pour deux raisons : limiter les arrestations aux Juifs apatrides, afin que les Juifs français ne soient pas touchés, et se débarrasser eux-mêmes d'un certain nombre de Juifs étrangers qui se trouvent en zone sud.

-          Vichy, et en particulier le chef du gouvernement, Laval, n'a pas demandé que l'on arrête et que l'on déporte les enfants de Juifs apatrides lors de la rafle du Vel d'hiv. Il a seulement imposé que les Juifs apatrides de zone sud soient livrés par familles entières, et pas seulement les adultes, question qui n'est pas liée avec la rafle du Vel d'hiv.

-          En conséquence de la limitation des arrestations aux seuls Juifs apatrides, les Allemands ont dû supprimer des déportations de province, et la rafle du Vel d'hiv n'a pas atteint l'objectif qu'ils avaient espéré.

-          Pour combler le manque de personnes arrêtées, les Allemands ont décidé de déporter également les enfants arrêtés lors de la rafle du Vel d'hiv, au lieu qu'ils soient confiés à l'Assistance publique et à l'UGIF.

-          Vichy a donc été complice de la rafle, et non son initiateur. Mais cette complicité a, paradoxalement, limitée les dégâts, en limitant le nombre d'arrestations. Bien sûr, cette conséquence n'avait pas été volontaire, et Vichy n'avait sans doute pas plus réfléchi à cela que les nazis eux-mêmes. Son but était, d'abord et avant tout, de protéger les Juifs français, y compris ceux de zone occupée. Comme l'écrivait déjà le grand historien américain Raoul Hilberg dans son ouvrage central sur la Shoah :  « Quand la pression allemande s'intensifia en 1942, le gouvernement de Vichy se retrancha derrière une seconde ligne de défense. Les Juifs étrangers et les immigrants furent abandonnés à leur sort, et l'on s'efforça de protéger les Juifs nationaux. Dans une certaine mesure, cette stratégie réussit. En renonçant à épargner une fraction, on sauva une grande partie de la totalité ». (La destruction des Juifs d'Europe, Gallimard, Folio histoire 2006, p. 1122-1123).

  Finalement, le seul mystère qui reste non résolu est celui d'expliquer pourquoi, de Serge Klarsfeld à Henry Rousso, l'historiographie française s'entête dans un récit extrême noircissant Vichy en contradiction avec les faits historiques ? L'auteur du "Syndrome de Vichy" devrait peut-être se livrer à une auto-analyse ?

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Source : Blog d'Alain Michel...

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15/10/2014

Eric Zemmour et le poids de la doxa

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Pour revenir sur ce qui a été dit ici...

 

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INTERVIEW - Historien français et rabbin vivant en Israël, Alain Michel est l'auteur de Vichy et la Shoah, enquête sur le paradoxe français, dont les idées sont largement reprises par Eric Zemmour. Il plaide pour que s'ouvre un "débat historique" sur la question, jugeant que le l'historiographie de la Shoah est figée en France.

Eric Zemmour reprend vos idées au service d'un ouvrage très politique et idéologique - Le suicide français. N'est-ce pas gênant pour l'historien que vous êtes ?

Je ne suis pas responsable de l'utilisation que l'on fait de ce que j'avance, à partir du moment où l'on ne déforme pas ce que j'écris. Le livre d'Eric Zemmour reprend ses idées, ses approches, et cela ne me concerne pas. Je n'aurais pas fait la présentation de cette manière-là, concernant le chapitre sur la France de Vichy. Zemmour parle comme le polémiste qu'il est. Mais il respecte globalement l'approche qui est faite dans mon livre. Je n'ai pas à censurer quelqu'un en raison de ses idées tant que cela reste globalement dans le consensus démocratique.

Peut-on dire, comme Eric Zemmour, que "Pétain a sauvé 95% des juifs français" ?

Non, ce n'est pas Pétain mais le gouvernement de Vichy. Cette politique - approuvée par Pétain - a été essentiellement menée par Pierre Laval, secondé par René Bousquet. Pétain était quelqu'un qui avait un vrai fond d'antisémitisme, qui n'existait pas, à mon sens, chez Laval et Bousquet. L'expression de Zemmour est maladroite. Il aurait fallu dire "entre 90 et 92%", et contrairement à ce qu'affirme Serge Klarsfeld, je ne pense pas que l'on puisse attribuer ces chiffres à la seule action des "Justes parmi les nations", mais principalement à la politique appliquée par le gouvernement de Vichy, qui a freiné l'application de la solution finale en France.

Existe-t-il une doxa paxtonienne (du nom de Robert Paxton, historien américain dont les recherches sur la France de Vichy font référence), comme le répète Eric Zemmour ?

Oui, je pense qu'il a tout à fait raison de ce point de vue-là, malheureusement. Depuis le début des années 1980, il est très difficile d'exprimer des idées sur le plan historique qui vont à contre-sens de la pensée de Paxton. Certains chercheurs ont arrêté de travailler sur le sujet, car le poids de cette doxa les empêchait de travailler librement. C'est un problème sur le plan de la recherche historique. On peut être en désaccord sur ce que j'écris dans mon livre - considérer que la vérité est plus du côté de Paxton ou Klarsfeld - mais le débat historique doit être libre. Il ne l'est pas aujourd'hui en France.

Les ouvrages de Leon Poliakov (Bréviaire de la haine : le IIIe Reich et les juifs) et Raul Hilberg (La destruction des juifs d'Europe), auxquels vous vous référencez, sont anciens, et ont été écrits sans qu'ils aient eu accès à l'ensemble de la recherche sur le sujet, ce que vous reproche Paxton notamment...

C'est une inexactitude totale. Poliakov est revenu sur ses écrits en 1989, écrivant à nouveau que Laval n'avait jamais été antisémite. C'est l'historien de l'antisémitisme, je pense que l'on peut lui accorder un certain crédit. De la même façon, Hilberg a publié trois éditions de son livre. Il cite d'ailleurs Paxton et Klarsfeld à titre documentaire seulement, et jamais concernant leur analyse, ce qui montre bien son désaccord avec eux.

Que répondez-vous à Robert Paxton, qui affirme que vous n'êtes pas un historien sérieux ?

Un historien sérieux n'est pas là pour distribuer les bonnes et mauvaises notes aux autres chercheurs. Il doit amener des faits. Dans son interview à Rue 89, il y a une série d'erreurs stupéfiantes, notamment sur les dates des déportations en France, où sur la durée de l'occupation en France et en Italie... Le gouvernement de Vichy avait bien sûr beaucoup de torts, était antisémite, mais je pense qu'il faut rééquilibrer la question et cesser de faire un récit en noir et blanc, qui diabolise Vichy et innocente les Français.

Que voulez-vous dire ?

Je pense que ce qui caractérise cette période, c'est avant tout l'indifférence totale des Français. Les gens n'avaient rien à faire du sort des juifs, cela ne les dérangeait pas trop, parce qu'il existait une ambiance antisémite en France et en Europe depuis les années 1930 environ.

Qu'implique un "réexamen du régime de Vichy", que vous appeliez de vos voeux dans votre livre ?

Il y a encore des archives non utilisées, ni consultées. Il faut réfléchir à nouveau à ce qu'il s'est passé durant ces années, analyser l'action de Vichy avant de poser des condamnations absolues. Je déteste les dirigeants de Vichy et n'ait aucune sympathie pour ces gens-là, mais je suis historien et nous ne faisons pas un travail d'avocat à charge. Nous devons déterminer le cours des événements et ce qu'a été la vérité historique.

Comment dire que Vichy a "protégé la majorité des juifs français", quand le statut des juifs de 1940 et 1941 les excluait de la plupart des professions et les condamnait à la misère, avec un statut de citoyen de seconde zone ?

Le statut des juifs les a affaiblis quand la solution finale s'est déclenchée. Que cela ait eu des conséquences indirectes, c'est une chose, mais ce n'est pas pour ça que l'on peut dire que Vichy a sacrifié des juifs français. Le statut des juifs était antisémite, mais n'avait aucune volonté d'extermination. Il y avait en revanche une forte xénophobie vis-à-vis des juifs étrangers, et en répondant aux demandes allemandes pour livrer ces gens-là, Vichy s'est rendu complice de leur extermination.

Les enfants victimes de la rafle du Vel d'Hiv étaient, pour la plupart, nés en France et déclarés Français...

La majorité des adultes étaient des juifs étrangers, et la question de leurs enfants s'est logiquement posée. Les Allemands se sont en effet aperçus qu'ils n'allaient pas remplir leurs objectifs et ont décidé d'incorporer les enfants, sur une idée de Theodor Dannecker, le bras droit de Eichmann à Paris. L'administration française n'a appris ces changements qu'au dernier moment, et elle a dû s'y plier en vertu des accords signés avec l'occupant. Cette question est donc directement liée à la volonté allemande, même si l'administration française a participé à cet acte absolument horrible.

Vous estimez que l'historiographie de la Shoah est figée, que voulez-vous dire ?

Certaines conceptions sont devenues des classiques, et on les enseigne dans les écoles et à l'université. Contrairement à l'Allemagne, Israël ou les Etats-Unis, où des débats existent sur la question de la Shoah, tout le monde parle d'une même voix en France. C'est devenu un problème affectif et idéologique. Il faut rendre cette question à l'histoire, car même si la mémoire est évidemment très importante, elle ne doit pas empêcher l'histoire d'avancer.

Thomas Liabot - leJDD.fr

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Source : JDD

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12/10/2014

Adrien Abauzit revient sur la polémique Zemmour/Salamé à propos du Régime de Vichy...

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=

 

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Alors que 100% des médias mentionnant le livre d'Eric Zemmour contestent les chiffres avancés par ce dernier concernant la responsabilité de Vichy dans le sauvetage des français de confession juive sous l'occupation, Adrien Abauzit revient, au travers d'historiens reconnus pour leurs travaux, sur cette polémique où la rationnalité semble avoir perdu tout ancrage pour laisser place à l'idéologie et l'émotion. 95% des français juifs ont-ils survécu à l'holocauste ? Si oui, qui est responsable de ce taux très élevé ?

 

Bien entendu, il ne s'agit pas de réhabiliter le régime de Vichy, ses joyeuses et dévouées milices ainsi que sa morgue criminelle et grisâtre, "La terre qui ne ment pas", etc...

Mais voyez ce qui se dit aussi, ici, dans Le Figaro...

19:35 Publié dans Franc-tireur, Parenthèse | Lien permanent | Commentaires (5) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

28/09/2014

La modération islamique...

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

 

-- Alors ? Ils étaient combien de dizaines de milliers nos pacifiques musulmans venus dire "non" au terrorisme devant la Mosquée de Paris ?
-- Oh ben, y'avait quelques 300 à 500 personnes, parmi lesquelles des chrétiens et des juifs solidaires...et y'avait pas moins de 80 journalistes venus couvrir l'événement... donc, euh, des musulmans, ben y'en avait quelques uns quoi !
-- Bon, mettons qu'il y avait 500 personnes, soyons aimables, t'enlèves 80 journalistes, puis les juifs et chrétiens solidaires, comme tu dis, ça fait pas bézef en muslims, hein ? Et ça s'est bien passé ?
-- Ben y'a des types pro-Hamas qui ont foutu un peu le souk pendant le discours de Dalil Boubakeur et il s'y est repris à trois fois afin d'obtenir le calme pour faire une minute de silence à la mémoire d'Hervé Gourdel, mais, en gros ça s'est bien passé.
-- Et Abdenour Bidar ? Et Malek Chebel ? Et Soheib Bencheikh ??? Ces grands humanistes musulmans ? Et Tariq Ramadan, cet homme de paix ? Ils étaient là ?
-- Ben je ne les ai pas vus !
-- Bon, 300 à 500 personnes, c'est sûr... la France est sauvée !
-- Oh ta gueule !


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Pour mémoire... entre 14 000 et 25 000 personnes aux manifestations de l'été dernier, à Paris, en soutien à Gaza et au "résistants" du Hamas...

 

Avec drapeau noir du Jihad déployé en plusieurs endroits de la Capitale...

 

Et les débordements que l'on sait de nos Chances pour la France...

 

 

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300 à 500 personnes devant la Mosquée de Paris, parmi lesquels 80 journalistes, plus des chrétiens et des juifs solidaires et, parmi les musulmans, des agités du bocal.

Je crois que la messe est dite... tirez-en les conclusions que vous voulez.

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Hervé Gourdel

 

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01/08/2014

La cécité de l'Occident devant le désastre arabe et islamiste

=--=Publié dans la Catégorie "PARENTHÈSE"=--=

 

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=--=Publié dans la Catégorie "Le Salut par les Juifs"=--=

 

- L'espace arabe est dans le chaos, mais a fait de la Palestine son drapeau.
- Que le Hamas soit le drapeau de la Palestine constitue un désastre complémentaire.
- Que l'islamisme soit le moteur idéologique de l'espace arabo-musulman est un autre désastre et une menace pour tous.
- Que des forces de gauche soutiennent une Palestine prise en otage par le Hamas est un naufrage intellectuel et politique.
- Ce constat est terrible et mérite d'être regardé en face.

De l'océan Atlantique aux rivages de la Chine, les islamistes n'instaurent que fureur, chaos et délires. Au sud du Sahel, cette même fureur sème la terreur au Mali, au Niger. Des centaines de jeunes filles ont été kidnappées au Nord du Nigéria, coupables de vouloir aller à l'école. Un nouveau Calife délirant menace la Mésopotamie et le grotesque dispute à l'épouvante la scène de cette tragédie antique. En Afghanistan, les talibans attendent leur heure. Pour le moment ils assassinent les jeunes filles qui elles aussi, osent aller à l'école. En Iran les mollahs font tourner les centrifugeuses pour préparer leur bombe atomique. Dans le même temps ils pendent les homosexuels. En Arabie saoudite on coupe, au sabre et en public, la tête de ceux qui contreviennent à la charia. Dans les Emirats, en Jordanie, en Afghanistan on lapide la femme adultère ou bien la jeune fille violée. L'honneur des tribus ne saurait souffrir une quelconque atteinte. Dans les pays du Golfe, on construit des tours de 800 mètres de haut pour atteindre le paradis et des pistes de ski sous cloche réfrigérée et au Qatar, notre ami le Qatar, des esclaves asiatiques y construisent des stades climatisés pour préparer la coupe du monde football de 2022. Les Etats inventés par les Européens au Proche-Orient, après 1918, se décomposent sous nos yeux. L'Irak, la Syrie, la Libye, le Liban, disparaissent en tant qu'Etats-nations. Les frontières inventées par la colonisation au sud du Sahel fondent de la même manière au profit des Boko Aram et autres salafistes, jihadistes, islamistes. Le port du voile étant devenu quasiment obligatoire dans certaines banlieues de France, des municipalités de gauche de gauche ont décidé d'honorer quelques terroristes islamistes pour faire bonne figure et s'assurer une clientèle électorale. Dans le même temps c'est Israël qui est conspué.

S'agit il d'une caricature inspirée par une islamophobie de mauvais goût? Des "chariaologues" inspirés viennent à la télévision dire que tout cela n'est pas inquiétant et que c'est la présence d'Israël qui a perturbé l'équilibre ancien. De ce jeu planétaire, l'Occident s'en accommodait et rapportait beaucoup de pétrodollars à certains. La décomposition de l'Union Soviétique a bouleversé la donne ancienne. Après avoir espéré la paix universelle dans une mythique "fin de l'histoire" voilà que c'est le "choc des civilisations" qui désormais se profile à l'horizon et c'est tant pis pour tous ceux qui avaient vu dans les "printemps arabes", l'aube d'un nouvel avenir radieux. Hélas, pour les illusions de tous, c'est l'hiver islamiste qui succéda au printemps, mais le déni idéologique du réel est tel, chez certains, en particulier à gauche, que la raison de ce désastre porte le nom d'Israël. Incapables de penser cette exception, ce nom est devenu un nom de trop.

La grille de lecture du monde est longtemps restée de nature économique, nourrie de rapports de force entre blocs d'intérêts et puis voilà qu'à une planétaire lutte des classes succède la lutte des tribus, des ethnies et des religions. L'anthropologie est nécessaire pour comprendre la décomposition libyenne, celle de la Syrie ou celle de l'Irak. On n'ose formuler une hypothèse: et si le désastre arabe était désastreux d'abord parce qu'il est islamiste ? N'y aurait il pas un fondement d'un évident bon sens à cette crainte actuelle de l'islam? Ne correspond-elle pas à une réaction, face aux bienfaits de l'islamisme dans le monde contemporain? Bien sûr, il ne faut pas jeter le bébé d'Averroès ou d'Ibn Khaldoun avec l'eau du bain du Calife, mais tout de même n'y a-t-il pas un problème avec cet islam proliférant devenu fou, furieux, intolérant? Pourquoi est-il incapable de se réformer, de se penser ? Pourquoi ne lit-on jamais ou très rarement des pétitions d'intellectuels d'origine arabomusulmane pour crier: "Pas en notre nom! Pas au nom de l'islam!" Quelle est cette incapacité arabe à porter un regard critique sur ce que des Arabes ont fait de l'histoire arabe? Le texte sacré coranique aurait été écrit par Allah lui même et serait donc intouchable. Respectons la foi qui inspire la transcendance, mais cela interdit-il de penser à côté? Pourquoi le goulag islamique garrote-t-il les esprits jusqu'en Europe, jusqu'à Sarcelles? Il y a quelque chose d'énigmatique dans cette fossilisation.

Que signifie cette haine pavlovienne d'Israël? Qu'est ce que représente Israël dans l'imaginaire arabe? Israël humilierait les Arabes par sa seule existence ? Ne serait-ce pas plutôt le désastre islamiste qui devrait humilier les arabes? Israël représente le reflet renversé de ce désastre. Regardons une carte. Voilà un pays pas plus grand qu'un confetti qui dame le pion à la moitié de deux continents et à six cent millions d'individus. Dans le même temps, ces six cents millions d'individus traduisent en arabe moins de livres étrangers que n'en traduit la Belgique (rapport du PNUD 1998). Effectivement il y a de quoi être vexé par ce reflet renversé, mais au lieu de relever le défi c'est le porteur du défi qu'il faut anéantir comme s'il avait d'abord et avant tout, dans cet espace de personnes moustachues et/ou barbues, attenté à la virilité arabe humiliée dans ses défaites militaires face à Israël. Est-ce cela la source du malheur arabe? Celui qui enveloppe la femme et la dissimule au regard, au nom de l'islam et de la charia, voit-il dans cet Israël démoniaque la représentation de ses frustrations ?

On est porté à penser que le cœur du décalage culturel entre islam et Occident est de cet ordre. Des lors, les esprits éclairés, ceux inspirés par les Lumières, devraient combattre cet obscurantisme régressif. L'idéal d'autonomie, celui de liberté des individus, devrait regarder avec effroi ces sociétés d'enfermement où l'individu n'existe pas. Ce regard lucide, les intellectuels d'Occident l'ont déjà porté sur ces mondes totalitaires qui déjà faisaient de la figure juive l'objet repoussoir. Arthur Koestler, Georges Orwell, Simon Leys, Albert Camus avaient saisi avant tout le monde ce qui du communisme partageait avec le fascisme la haine de la liberté. Avec délectation et aveuglement, déjà, d'autres intellectuels pensaient le communisme juste parce que théoriquement fondé. Au diable la vérité ou la liberté puisque le concept permettait d'élaborer des équations justes. Cet amour erroné de modèles théoriques tordus fonctionne toujours de nos jours: à partir d'une lecture économique fondée (misère des peuples) mais erronée (richesse des potentats, corruption des dirigeants), certains voient dans l'affrontement entre la Palestine et Israël, l'affrontement d'un Sud pauvre contre une puissance coloniale. L'argent que notre ami le Qatar investit dans ses stades réfrigérés aurait de quoi faire vivre dix Palestine.

Que signifie la haine du Juif inculquée depuis l'enfance sinon inventer un objet repoussoir qui interdit de penser sa propre condition. Pourquoi est-ce ici, en France, à Trappes, à Sarcelles ou rue de la Roquette que quelques illuminés se sont battus aux cris de "Allah Akbar!" ("Dieu est grand!")? Quand les islamistes découpent au couteau la tête d'un ennemi, d'un mécréant, d'un Croisé ou d'un Juif, c'est aux cris de "Allah Akbar!" que ce malheureux est égorgé. La décapitation de Daniel Pearl en fut le premier exemple. Il faut regarder ces images atroces diffusées à profusion sur Internet par les auteurs de ces gestes pour prendre la mesure de ce que ces gestes symbolisent. La culture du martyr, la glorification de la bombe humaine (faussement qualifiée "d'attentat suicide" par les médias occidentaux) est l'autre face (sanglante) de ce rapport au monde.

Enfoui dans son confort (tout relatif) l'Occident en paix depuis 70 ans, a fait du rapport production/consommation le noyau dur de ses modes de vie. A côté de lui et désormais chez lui, c'est une autre vision du monde qui s'est installée dans une extraordinaire schizophrénie. Ce sont des musulmans intégrés dans la société qui ont commis les attentats de Londres. Ce sont des jeunes Nigérians présents depuis longtemps dans la société anglaise qui ont massacré au hachoir un soldat britannique à Londres en 2013. A Boston, ce sont deux frères d'origine tchétchène, installés depuis longtemps aux USA qui ont posé les bombes du marathon. Khaled Kelkal, Mohamed Merah présentaient des profils proches. Mal intégrés, shootés à l'islamisme, ils ont trouvé dans une exaltation identitaire une raison d'être autant qu'une raison de tuer.

Ou bien, en Europe et en France on est capable d'intégrer ces données factuelles, de réfléchir sur elles, ou bien on continue à dénier à ce réel sa réalité. C'est donc de logiciel intellectuel qu'il faut changer. Aux catégories des années 50/60 dominées par une grille de lecture politique (dominants/dominés) ou économique (lutte de classe/moyens de production/propriété), il faudrait reprendre et reconsidérer ce que Levi Strauss écrivait déjà dans Tristes Tropiques sur l'étanchéité du monde né de l'islam et des sociétés arabes. Germaine Tillon, pourtant peu suspecte de complaisance coloniale pointait, elle aussi, la spécificité de l'hostilité de la société arabo-musulmane dans sa lutte contre la colonisation française en Algérie. Déjà les prémices d'un projet de purification ethnique sur une base islamique, pointaient sous les discours anti colonialistes. Jusqu'à ce jour, cet aspect-là des choses, cette dimension ethno-religieuse a peu été prise en compte par ceux qui ont travaillé sur les mouvements d'indépendance en Afrique du Nord et la guerre d'Algérie. Celle-ci ne pouvait être que juste et bonne et c'est un regard idéologique bienveillant qui fut d'abord porté sur la guerre faite par le FLN à la France. Les crimes du FLN, le massacre au faciès des Européens, des Français à Oran le 5 juillet 1962 ont été oubliés dans les poubelles progressistes de l'histoire grâce aux bons conseils dispensé par Jean Paul Sartre dans sa préface aux "Damnés de la terre" de Franz Fanon: un bon européen est un colon mort, lui, sa femme et ses enfants, écrivait en l'occurrence l'auteur des "Mains sales".

S'il ne s'agit pas d'essentialiser les cultures nées de l'islam, il s'agit de prendre la mesure du télescopage culturel en cours dont les Juifs constituent la ligne de front et dont la Palestine est le prétexte. Au Proche-Orient c'est la même partie qui se joue. Comment peut on imaginer un accord entre les parties quand l'un des partenaires dénie à l'autre son droit à exister? La majorité politique pilotée par Netanyahu n'est pas prolixe en gestes généreux ni en imagination prospective et il se développe en Israël une frange d'extrémistes ou d'illuminés dangereux pour la démocratie. La nébuleuse du "prix à payer" est un poison pour la société israélienne. Elle est le symptôme d'une perte de sens et de mesure. Elle est le produit des formes les plus obscurantistes de l'intégrisme religieux juif, le même qui a inspiré le bras meurtrier de Yigal Amir, l'assassin de Yitzhak Rabin en novembre 1995 ou celui de Baruch Goldstein à Hébron un an plus tôt. L'assassinat de ce jeune palestinien brûlé vif en vengeance des assassinats des trois adolescents juifs, témoigne de cette pente dangereuse. Malgré la condamnation unanime de la classe politique, ce risque est présent dans la société israélienne. Il est le corollaire de la corruption de certains esprits confrontés à une violence et à une menace infiniment répétée.

L'Europe est elle encore capable de penser cela ? Est-on capable de penser ce que signifie vivre dans un pays dont la largeur ne dépasse pas 20kms, entourés par des télévisions qui débitent à longueur de journée des appels à la haine, au massacre. Depuis près de 70 ans, les Israéliens vivent dans ce climat, au rythme des attentats et des guerres, mais depuis 70 ans, ils ont simultanément bâti un pays, développé une culture, composé des musiques, écrit des livres nobélisés, développé des sciences et des techniques pour le bien de l'humanité. Israël aime la vie tandis que le Hamas célèbre la mort et c'est bien l'autre terme de cette tragédie sans fin.

En s'attaquant au Hamas, Israël se défend autant qu'il libère les Palestiniens de ce joug mortifère. Est-on capable de comprendre cet enjeu, ici en France ? Est on capable en Europe de mettre en cause sa grille de lecture pré-construite, ses clichés ? Et si c'était Israël qui mettait en question nos schémas de pensée? Osons la question en d'autres termes : et si Israël se battait pour NOUS ?

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Source : par Jacques Tarnero pour Le Huffington Post

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