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03/06/2026

Indissolublement liés

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« Je ne haïssais plus les Allemands. Quatre ans après la défaite, ce que j'avais vu autour de moi me rendait difficile, cette routine qui consiste à réduire l'Allemagne à ses crimes et la France à ses héros. J'avais fait l'apprentissage d'une fraternité bien différente de ces clichés radieux : il me semblait que nous étions indissolublement liés par ce qui nous rendait différents les uns des autres mais pouvait s'inverser à tout moment pour nous rendre cruellement semblables. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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02/06/2026

Cette flamme...

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« On s'étonnait qu'un combattant qui avait reçu la médaille militaire ne manquât jamais l'occasion de manifester ses opinions pacifistes, défendît les objecteurs de conscience et condamnât toute forme de violence, avec, dans le regard, cette flamme qui n'était peut-être, en fin de compte, que le reflet de celle qui brûle sur le tombeau du soldat inconnu. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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01/06/2026

Le mensonge pieux

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« Ce qu'il y a d'affreux dans le nazisme, dit-on, c'est son côté inhumain. Oui. Mais il faut bien se rendre à l'évidence : ce côté inhumain fait partie de l'humain. Tant qu'on ne reconnaîtra pas que l'inhumanité est chose humaine, on restera dans le mensonge pieux. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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31/05/2026

Aristocratie

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30/05/2026

Naïvetés de l'enfance

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« Nous étions encore tous les cinq proches des naïvetés de l'enfance, de ces naïvetés qui sont peut-être la part la plus féconde que la vie nous donne et ensuite nous reprend. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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26/05/2026

Paganisme, tantrisme, sorcellerie, homosexualité : la religion cachée des nazis ! - Stanislas Berton

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Un charbon enflammé...

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25/05/2026

Stores christiques...

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23/05/2026

Jusqu'à ce ciel en vous, inaccessible

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« Du temps a passé. Des jours ont brûlé : aucune cendre sur le seuil. Nous ne nous éloignions pas du clair feuillage des origines. Comme si je n'avais cessé d'y deviner l'innocence de toutes choses, la merveille d'un Noël sur la terre. L'amour nous redonnait toujours un pur visage d'enfance, soufflant l'ombre sur nos traits. Comme si le temps n'était rien. Comme si l'amour était tout.

Vous étiez comme un moineau sautillant dans mon coeur. J'apprenais les manières des grands arbres. Le moindre écart et vous vous envoliez jusqu'à ce ciel en vous, inaccessible. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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22/05/2026

De la robe de coton aux pensées interdites

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« Il faudra des années avant que l'herbe repousse, avant qu'un nouvel amour revienne peupler les lieux du désastre, et les lieux du désastre c'est vous tout entière, de la robe de coton aux pensées interdites, de votre goût du thé à votre mélancolie du printemps. Vous tout entière. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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21/05/2026

Vous étiez la beauté de chaque jour

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« Je vous reconnaissais. Vous étiez celle qui dort tout au fond du printemps, sous les feuillages jamais éteints du rêve. Je vous devinais depuis longtemps déjà, dans la fraîcheur d'une promenade, dans le bon air des grands livres ou dans la faiblesse d'un silence. Vous étiez l'espérance de grandes choses. Vous étiez la beauté de chaque jour. Vous étiez la vie même, du froissé de vos robes au tremblé de vos rires.

Vous m'enleviez la sagesse qui est pire que la mort. Vous me donniez la fièvre qui est la vraie santé. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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20/05/2026

Vous avanciez comme le feu

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« Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l'aurore, vous avanciez comme le feu. Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue. Et vos rives inondaient toutes mes terres. Quand je rentrais en moi, je n'y retrouverais rien : là où tout était sombre, un grand soleil tournait. Là où tout était mort, une petite source dansait. Une femme si menue qui prenait tant de place : je n'en revenais pas. Il n'y a pas de connaissance en-dehors de l'Amour. Il n'y a dans l'amour que de l'inconnaissable. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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19/05/2026

Comme une étoile au point du jour

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« Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue — comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu.

Avec le regard simple, revient la force pure. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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18/05/2026

Il pousse devant lui le troupeau de ses pensées

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« L'homme livide c'est l'homme social, c'est l'homme utile, persuadé de son utilité. C'est l'homme de la plus faible identité — celle de maintenir les choses en état, celle du mensonge éternel de vivre en société. Et puis il y aurait un autre type d'homme. Inutile, celui-là. Merveilleusement inutile. Ce n'est pas lui qui invente la brouette, les cartes bancaires ou les bas nylon. Il n'invente jamais rien. Il n'ajoute ni n'enlève rien au monde : il le quitte. Il s'en découvre quitté, c'est pareil. On l'aperçoit ici ou là. Il pousse devant lui le troupeau de ses pensées. Il rêve dans toutes les langues. De loin, visible. Il est comme ces gens du désert, ces hommes bleus. Il est comme ces gens aux chairs teintées du tissu qui les garde du soleil. Il a le cœur perclus de bleu. On l'aperçoit ici ou là, dans les révoltes qu'il inspire, dans les flammes qui le mangent. Dans les livres qu'il écrit. C'est pour le voir que vous lisez. C'est pour les heures nomades, pour la brise d'une phrase sous les tentures de l'encre. Vous allez de livre en livre, de campement en campement. La lecture, c'est sans fin. C'est comme l'amour, c'est comme l'espoir, c'est sans espoir. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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17/05/2026

L'amour commence là

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« On fait quelques pas hors de l'enfance, puis très vite on s'arrête. On est comme un poisson sur le sable. On est comme celui qui piétine dans sa mort, un adulte. On attend. On attend jusqu'à ce que l'attente se délivre d'elle même, jusqu'à l'équivalence d'attendre, de dormir ou mourir. L'amour commence là — dans les fonds du désert. Il est invisible dans ses débuts, indiscernable dans son visage. D'abord on ne voit rien. On voit qu'il avance, c'est tout. Il avance vers lui-même, vers son propre couronnement.

Ainsi vous ai-je vu avancer dans la poussière d'été, toute légère dans votre robe toute blanche. »

Christian Bobin, Une petite robe de fête

 

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16/05/2026

"Féminité"...

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« Comment pouvais-je comprendre, à mon âge, et si peu informé du monde où je vivais, que le mot "féminité" pouvait être une prison pour femmes ? Tad me disait :
— Politiquement, ma sœur est une analphabète, mais sa façon de rêver d’elle-même est celle d’une révolutionnaire qui s’ignore. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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15/05/2026

Quelque raison de vivre autre que Lila

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« Il y avait au château trois bibliothèques où les volumes bordés d'or et de pourpre couvraient les murs et j'y venais souvent pour chercher dans les livres quelque raison de vivre autre que Lila. Il n'y en avait pas. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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14/05/2026

Quand on vieillit...

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« Quand on vieillit, on a de moins en moins de chances de tout rater parce qu'on n'a plus le temps, et on peut vivre tranquillement en se contentant de ce qu'on à déjà raté. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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13/05/2026

Cécité

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« On dit que l'amour est aveugle mais avec toi, qui sait, la cécité est peut-être une façon de voir. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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12/05/2026

Sévère, exigeante et difficile...

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« Je commençais cependant à m’éveiller à l’idée qu’il ne suffisait pas d’aimer mais qu’il fallait aussi apprendre à aimer et me rappelai le conseil de mon oncle Ambroise, celui de "tenir fermement le bout de la ficelle pour empêcher son cerf-volant d’aller se perdre dans la poursuite du bleu".
Je rêvais trop haut et trop loin. Il me fallait accepter l’idée que j’étais seulement ma propre vie et pas celle de Lila. Jamais encore la notion de liberté ne m’était apparue aussi sévère, aussi exigeante et difficile. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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11/05/2026

Promenade avec François Bousquet à Gare du Nord...

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Une expression qui pue le renoncement

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« Il faut un peu de raison, ce qui se dit aussi en français, "se faire une raison", bien que je sois le premier à reconnaître que c’est une expression qui pue le renoncement, l’abandon et la soumission et que si tous les Français "se faisaient une raison", il y a longtemps qu’il n’y aurait plus de France. »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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10/05/2026

"Grain de folie"... "étincelle sacrée"...

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« Ainsi, ils m'ont traité de fou. Eh bien, figure-toi, ces beaux messieurs et ces belles dames ont raison. Il est parfaitement évident qu'un homme qui a voué toute sa vie aux cerfs-volants n'est pas dépourvu d'un grain de folie. Seulement se pose une question d'interprétation. Il y en a qui appellent ça "grain de folie", d'autres parlent aussi d'"étincelle sacrée". Il est parfois difficile de distinguer l'un de l'autre. Mais si tu aimes vraiment quelqu'un ou quelque chose, donne-lui tout ce que tu as et même tout ce que tu es, et ne t'occupe pas du reste... »

Romain Gary, Les cerfs-volants

 

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Un événement unique dans l'histoire...

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08/05/2026

Le furieux Patriarcat Occidental... et français, surtout...

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Cité par Bernard Lewis, dans son livre édité chez Gallimard, "Que s'est-il passé ? L'Islam, l'Occident et la modernité" :

« Evliya Çelebi, écrivain célèbre de son époque, se rendit à Vienne en 1665 dans le cadre d'une mission diplomatique. Dans la longue et minutieuse relation qu'il donne de la capitale impériale et des aventures qu'il y vécut, il décrit ainsi l'un des spectacles qui l'ont particulièrement impressionné :

J'ai vu dans ce pays une chose très extraordinaire. Si l'empereur rencontre une femme dans la rue et se trouve être à cheval, il arrête sa monture et laisse passer la dame. Si il est à pied, il s'immobilise dans une attitude polie. La dame le saluant alors, il enlève son chapeau et la traite avec déférence. Il attend qu'elle soit passée pour poursuivre son chemin. C'est un spectacle très extraordinaire. Dans ce pays, comme partout en terre infidèle, les femmes ont les premières la parole et sont honorées et respectées pour l'amour de Marie Mère.

Evliya Çelebi, Seyahatname, Istanbul, 1928, vol VII., pp. 318-319 ; trad. allemande de R. F. Kreutel, Im Reiche des goldenen Apfzls, Graz, 1957, pp. 194-195 »

Ce qui m'évoque, également ce passage de Yirmisekiz Mehmed Efendi :

« En France, les hommes ont beaucoup de respect pour le sexe : les plus grands seigneurs feront des honnêtetés incroyables aux femmes du plus bas état ; de sorte que les femmes font ce qu’elles veulent et vont en tel lieu qu’il leur plaît ; leurs commandements passent partout. On dit aussi que la France est leur paradis, parce qu’elles y vivent libres de toute peine et de tout soin, et que quelque chose qu’elles puissent désirer, elles l’obtiennent facilement. »

Yirmisekiz Mehmed Efendi, Le Paradis des infidèles

 

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