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10/11/2019

À chaque vague, une promesse, toujours la même

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« "À la mer ! À la mer !" criaient les garçons merveilleux d'un livre de mon enfance. J'ai tout oublié de ce livre, sauf ce cri. "À la mer !" et par l'Océan indien jusqu'au boulevard de la Mer Rouge d'où l'on entend éclater une à une, dans les nuits silencieuses, les pierres du désert qui gèlent après avoir brûlé, nous revenons à la mer ancienne où se taisent les cris.
Un matin enfin, nous relâchons dans une baie pleine d'un étrange silence, balisée de voiles fixes. Seuls, quelques oiseaux de mer se disputent dans le ciel des morceaux de roseaux. À la nage, nous regagnons une plage déserte ; toute la journée, nous entrons dans l'eau puis nous séchons sur le sable. Le soir venu, sous le ciel qui verdit et recule, la mer, si calme pourtant, s'apaise encore. De courtes vagues soufflent une buée d'écume sur la grève tiède. Les oiseaux de mer ont disparu. Il ne reste qu'un espace, offert au voyage immobile. Certaines nuits dont la douceur se prolonge, oui, cela aide à mourir de savoir qu'elles reviendront après nous sur la terre et la mer. Grande mer, toujours labourée, toujours vierge, ma religion avec la nuit ! Elle nous lave et nous rassasie dans ses sillons stériles, elle nous libère et nous tient debout. À chaque vague, une promesse, toujours la même. Que dit la vague ? Si je devais mourir, entouré de montagnes froides, ignoré du monde, renié par les miens, à bout de forces enfin, la mer, au dernier moment, emplirait ma cellule, viendrait me soutenir au-dessus de moi-même et m'aider à mourir sans haine.
À minuit, seul sur le rivage. Attendre encore, et je partirai. Le ciel lui-même est en panne, avec toutes ses étoiles, comme ces paquebots couverts de feux qui, à cette heure même, dans le monde entier, illuminent les eaux sombres des ports. L'espace et le silence pèsent d'un seul poids sur le coeur. Un brusque amour, une grande oeuvre, un acte décisif, une pensée qui transfigure, à certains moments donnent la même intolérable anxiété, doublée d'un attrait irrésistible. Délicieuse angoisse d'être, proximité exquise d'un danger dont nous ne connais-sons pas le nom, vivre, alors, est-ce courir à sa perte ? À nouveau, sans répit, courons à notre perte. J'ai toujours eu l'impression de vivre en haute mer, menacé, au coeur d'un bonheur royal. »

Albert Camus, L'été

 

 

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09/11/2019

Ce qu'on appelle gloire

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« Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L'odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. A peine au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s'ébranle d'un rythme sûr et pesant pour aller s'accroupir dans la mer.
Nous arrivons par le village qui s'ouvre déjà sur la baie. Nous entrons dans un monde jaune et bleu où nous accueille le soupir odorant et âcre de la terre d'été en Algérie. Partout, des bougainvillées rosat dépassent les murs des villas; dans les jardins, des hibiscus au rouge encore pâle, une profusion de roses thé épaisses comme de la crème et de délicates bordures de longs iris bleus. Toutes les pierres sont chaudes.

(...)

Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. Tout à l’heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j’aurai conscience, contre tous les préjugés, d’accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort. »

Albert Camus, Noces à Tipasa

 

 

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Nous avions été élevés par des gens qui croyaient à la réalité du sang

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« La campagne s‘était trouvée de nouveaux chefs, des types qui la réorganisaient dans leurs bureaux. De Londres, de Bristol, ils sont venus nous convaincre que l’avenir était dans la production en batterie. Ils disaient qu’aujourd’hui un éleveur doit nourrir des centaines, des milliers de gens entassés dans les villes. La planète n’a plus la place pour le bétail, les hommes n’ont plus le temps de les mener au pré. Sur la même surface, désormais, la technique permettait d’augmenter le rendement ! Il suffisait de ne plus exiger de la terre qu’elle fournisse sa force aux bêtes, mais de leur apporter l’énergie nous-mêmes, sur un plateau !
C’était une révolution. Car nous avions été élevés par des gens qui croyaient à la réalité du sang. Jusqu’ici, les bêtes que nous mangions se nourrissaient d’une herbe engraissée dans le terreau du Dorset, chauffée au soleil du Dorset, battue par les vents du Dorset. L’énergie puisée dans le sol, pulsée dans les fibres de l’herbe, diffusée dans les tissus musculaires des bêtes irriguaient nos propres corps. L’énergie se transférait verticalement, des profondeurs vers l’homme, via l’herbe puis la bête. C’était cela être de quelque part : porter dans ses veines les principes chimiques d’un sol. Et voilà qu’on nous annonçait que le sol était devenu inutile. »

Sylvain Tesson, Une vie à coucher dehors

 

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08/11/2019

La partie finale

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« En même temps, il ne faut en aucun cas oublier que, mystérieusement, c'est en France et à partir de la France que la partie finale va devoir se jouer, parce que c'est ainsi qu'il en a été décidé "depuis les ultimes hauteurs des cieux". Ce sera donc dans les soubassements inconscients d'une certaine France profonde, dissimulée, que réside la décision salvatrice, et peu importe alors l'état d'abominable dégénérescence spirituelle et politico-historique de la France, parce que des puissances d'un autre ordre vont avoir à y mener la "bataille finale". Il est donc urgent que les nôtres – quel que soit leur nombre – se rassemblent déjà, et se tiennent prêts à se saisir de la grande vague montante. »

Jean Parvulesco,, La troisième guerre mondiale est commencée in Revue "Rébellion, n° 26, septembre-octobre 2007"

 

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De toutes les religions horribles, la plus horrible est le culte du dieu intérieur

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« De toutes les formes concevables d'Illumination, la pire est que ce que les hommes de cette espèce nomment la Lumière Intérieure. De toutes les religions horribles, la plus horrible est le culte du dieu intérieur. (...) Si Jones adore le dieu qui est en lui, cela signifie en fin de compte que Jones adore Jones. Que Jones adore le soleil ou la lune ou n'importe quoi pourvu que ce ne soit pas la Lumière Intérieure ; que Jones adore les chats ou les crocodiles, s'il réussit à en trouver un sur sa route, mais pas le dieu intérieur. Le christianisme est venu en ce monde d'abord pour affirmer avec violence qu'un homme ne doit pas regarder à l'intérieur de soi-même, mais à l'extérieur pour y reconnaître avec stupeur et enthousiasme une compagnie divine et un capitaine divin. Le seul plaisir à être chrétien venait de n'être plus laissé seul avec la Lumière intérieure, de reconnaître enfin l'existence d'une Lumière extérieure, belle comme le soleil, claire comme la lune, terrible comme une armée, bannières déployées. »

G.K Chesterton, Orthodoxie

 

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07/11/2019

Une démarche hypothetico-déductive

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« Décrire l'impact émotionnel d'une œuvre ou inversement les traits qui lui enlèvent tout pouvoir à cet égard, constater que les spectateurs ont été bouleversés par tel film de Kurosawa ou se sont endormis au" Camion" de Marguerite Duras, que les auditeurs ont été transportés par la musique funèbre pour la reine Marie de Purcell ou ont eu mal aux oreilles à la création mondiale du concert pour casseroles et synthétiseur de Tartempion par l'ensemble Intertartempionain, c'est prononcer des phrases qui sont à la fois au régime descriptif et au régime évaluatif. Un groupie de Tartempion aurait prononcé des phrases (non moins véridiques) mettant l'accent sur la profondeur abyssale des intentions philosophiques du compositeur et sur les applaudissements (polis) du public (habituel). Le choix des phrases descriptives dépend des options esthétiques de chacun. Nous affirmons seulement que ces options se discutent et ne sont pas l'enjeu d'un "combat des dieux" ou l'objet d'un "différend".

Quant à la question de savoir si l'on peut déduire le bien ou le beau du vrai, j'avancerai, sans m'étendre, que c'est possible moyennant un nombre minimal de postulats affirmant des valeurs humaines universelles. "Ces valeurs essentielles, disait Leo Strauss, sont aussi intemporelles que les principes de la logique" sans lesquels on ne peut rien démontrer ni même rien dire. Les sciences exactes aussi ont une démarche hypothetico-déductive. On ne voit pas pourquoi il serait interdit, à la science de l'art par exemple, de poser à son point de départ une ou deux propositions non démontrables mais susceptibles d'être largement acceptées comme allant de soi de par leur lien à des invariants anthropologiques. »

Kostas Mavrakis, Pour l'art. Éclipse et renouveau

 

 

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Une apparence d’humilité qui est une chose infernale

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« Il y a une apparence d’humilité qui est une chose infernale. Elle dit à l’homme : sois sage. C’est l’orgueil dans son mensonge le plus subtil et le plus exécrable, c’est l’orgueil qui veut retenir l’homme en lui-même, le retenir dans la limite, au pays de l’ombre et du froid. Car cette sagesse-là ressemble à la sagesse comme un bec de gaz ressemble au soleil. Il y a dans la vie des âmes appelées un moment décisif où retentit l’appel de Dieu, l’appel immédiat et éternel, l’appel de l’abîme. La voix de l’abîme est : jette-toi à la mer. C’est l’infini qui approche et qui demande à être admis dans la familiarité ; le moment est suprême. Si l’âme entend ce cri de détresse, car l’infini toujours en détresse appelle au secours comme un homme qui se noie, si l’âme entend ce cri de détresse, elle se jette à la mer dans l'abîme d’où la voix vient. Elle abdique sa limite et fait vœu d’infini.

Si l’âme, retenue par les liens de son raisonnement, refuse d’entendre celui qui crie au secours, l’âme a pour punition temporelle et éternelle de rester dans la prison qu’elle a choisie en elle-même, dans elle-même. Elle verra si le bon sens rend heureux. Les murs de sa prison dans lesquels elle s’est complu se resserrent autour d’elle. L’air manque ; elle étouffe et son bon sens ne la soulage pas. Elle s’est trouvée, elle se cherche : Ah ! vous voulez la mesure. Eh bien ! la voilà. Goûtez un peu les plaisirs de la mesure. Brisez-vous le front contre les murs que vous avez serrés, pour voir si la joie est en eux. Raisonnez un peu, enterrée vive, sous la pierre du tombeau. Et si la pensée de l’infini vous poursuit dans votre sépulcre, elle vous poursuivra sous la forme du désespoir, et si votre cœur prend encore une voix, ce sera pour vous dire : Tu m'as trahi ! »

Ernest Hello, Du Néant à Dieu

 

 

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06/11/2019

Cette attraction désespérée

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« "On ne peut... étreindre la beauté sans croire embrasser Dieu" (Hugo). Le mélange des chairs n'exercerait pas sur nous cette attraction désespérée si nous n'avions pas l'illusion d'arracher à la mort son voile et son secret, et de toucher Dieu. Un Dieu tiède, parfumé, dont l'infini tient dans nos bras, qui se prouve et qui s'éprouve par un baiser. Mais le Christ ressuscité à dit : "Ne me touche pas !" »

Gustave Thibon, L'ignorance étoilée

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05/11/2019

Vaincre un coeur de femme

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« Le moyen le plus puissant et le plus infaillible pour vaincre un coeur de femme, le moyen qui n'a jamais trompé personne, mais qui agit absolument sur toutes les femmes, jusqu'à la dernière sans exception. Ce moyen est connu : c'est la flatterie. Il n'y a rien de plus difficile au monde que la droiture, et il n'y a rien de plus facile, que la flatterie. Il suffit qu'il y ait une infime note de fausseté dans une attitude franche pour qu'il se produise immédiatement une dissonance et, par conséquent, un scandale. Si notre flatterie est toute entière tissée de fausseté, elle reste quand même agréable et l'on y prête l'oreille non sans plaisir. Le plaisir est peut-être grossier, mais c'est un plaisir quand même. Et si grossière que soit la flatterie, il semblera toujours à celui que vous flattez que ce que vous dites est au moins à moitié vrai. »

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski , Crime et châtiment

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Quelle prétention et quelle stupidité dans ce voeu des amants !

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« "Combler" un être... Quelle prétention et quelle stupidité dans ce voeu des amants ! On n'est jamais si près d'éclater ou de vomir que lorsqu'on est trop rempli. L'amour aussi doit choisir entre la quantité et la qualité, la puissance et la pureté. Non pas te combler, mais n'être, au fond de toi, qu'un appel à peine perceptible, à force de pudeur, vers une perfection impossible que j'adore et que je trahis dans le même souffle. »

Gustave Thibon, L'ignorance étoilée

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04/11/2019

Que cherche-t-on dans l'amour ?

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« Que cherche-t-on dans l'amour ? Une habitude qui reste une nouveauté, un breuvage qui apaise la soif en tant que vide et souffrance et qui dilate en tant que capacité et désir -- en un mot l'inépuisable dans le monde de la limité, l'impossible. Car demander l'infini à une créature, c'est désirer contradictoirement l'étroite chaleur du refuge et la liberté de l'espace, c'est mettre l'amour en cage et vouloir qu'il vole en plein ciel, c'est oublier qu'il n'y a qu'une alternative pour l'oiseau captif : laisser ses ailes s'atrophier dans la servitude ou, en se révoltant, les briser contre les barreaux.
Seul le souvenir (je pense encore une fois à Proust) permet de concilier l'attachement à la limite et l'appel de l'infini. Car l'absence matérielle de la créature aimée fait que l'amour que nous lui portons n'est plus un obstacle à l'élan divin -- et ce qui fut une cage devient un point de départ vers tous les au-delà. »

Gustave Thibon, L'ignorance étoilée

 

 

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02/11/2019

La torpeur moderne

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« Tu me parles de la mine triste de Delisle et de la mine triomphante de Bouilhet. Effets différents de causes pareilles, à savoir : l'amour, le tendre amour, etc., comme dit Pangloss. Si Delisle prenait la vie (ou pouvait la prendre) par le même bout que l'autre, il aurait ce teint frais et cet aimable aspect qui t'ébahit. Mais je lui crois l'esprit empêtré de graisse. Il est gêné par des superfluités sentimentales, bonnes ou mauvaises, inutiles à son métier. Je l'ai vu s'indigner contre des oeuvres à cause des moeurs de l'auteur. Il en est encore à rêver l'amour, la vertu, etc., ou tout au moins la vengeance. Une chose lui manque : le sens comique. Je défie ce garçon de me faire rire, et c'est quelque chose, le rire : c'est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie, "le propre de l'homme", comme dit Rabelais. Car les chiens, les loups, les chats et généralement toutes les bêtes à poils, pleurent. Je suis de l'avis de Montaigne, mon père nourricier : il me semble que nous ne pouvons jamais être assez méprisés selon notre mérite. J'aime à voir l'humanité et tout ce qu'elle respecte, ravalé, bafoué, honni, sifflé. C'est par là que j'ai quelque tendresse pour les ascétiques. La torpeur moderne vient du respect illimité que l'homme a pour lui-même. Quand je dis respect... non : culte, fétichisme. Le rêve du socialisme, n'est-ce pas de pouvoir faire asseoir l'humanité, monstrueuse d'obésité, dans une niche toute peinte en jaune, comme dans les gares de chemin de fer, et qu'elle soit là à se dandiner sur ses couilles, ivre, béate, les yeux clos, digérant son déjeuner, attendant le dîner et faisant sous elle ? Ah ! je ne crèverai pas sans lui avoir craché à la figure de toute la force de mon gosier. »

Gustave Flaubert, Lettre à Louise Colet. Croisset, Nuit de jeudi 2-3 mars 1854

 

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28/10/2019

Lourd à porter

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« Je n’aimais pas moins ; j’aimais plus. Mais le poids de l’amour, comme celui d’un bras tendrement posé au travers d’une poitrine, devenait peu à peu lourd à porter. »

Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien

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27/10/2019

Avec ta chair, avec tes plaintes

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« Je ne peux pas me détacher de toi. Je ne peux pas. Toi, quand c'est fini, tu te lèves, tu t'habilles, tu siffles, tu pars, tu disparais. Pour moi c'est la nostalgie qui commence. Je ne cesse jamais de te vouloir, toi, avec ta chair, avec tes plaintes. »

Violette Leduc, Ravages

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26/10/2019

L'odieux poinçon de la croix et du lys

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« Qu'on le veuille ou non la France est née royaume, elle ne tient que par ses ruines encore debout, et la république y loge non sans malaise : l'héritage lui fait mal, lui fait honte, elle voudrait pouvoir s'en passer, le balancer dans les ténèbres de la préhistoire. Elle en a contracté une sorte de délire contagieux qui nous précipite vers la vérité des autres, n'importe quelle vérité pourvu qu'elle ne porte pas l'odieux poinçon de la croix et du lys. Feu de tout bois pour le bûcher où se consument trop lentement les vérités reçues et demandons à l'hérétique, au barbare, au druide, à l'étrusque, au généticien, au yogui, au bambara, au spoutnik, au zoulou, au lama, au rabbin, au marabout, au maçon, au fakir, au cyclotron, à l'iroquois, au rotary, au physiocrate, au samoyède, au chimpanzé s'il le faut les leçons et lumières qui renverront une bonne fois l'ordre classique au folklore de grand-papa, cet ordre dont nous n'avons plus qu'à rougir et qui voudrait encore qu'on mourût pour lui. »

Jacques Perret, Du tac au tac

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