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10/02/2016

Rimbaud, lui, hurlait à la vie

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Rimbaud, c'est comme quelqu'un qui a fait un casse. Il fait un casse dans le ciel. Rien ne lui a jamais suffi, même une fortune, pourtant, il n'y a que l'or qui compte pour lui. D'abord l'or spirituel, ensuite l'or matériel. D'un coup de poing, il fait éclater la vitre derrière laquelle étaient les plus beaux joyaux, il rafle tout ça et il le laisse tomber un peu plus loin. Il a la terrible négligence du voyou qui n'a même pas l'idée du partage, et jette ses diaments comme des bouts de ferraille. Il y a un grand principe de déception chez Rimbaud : son impatience discrédite tout ce qu'il peut trouver. Ce n'est jamais ça. On dit que les chiens hurlent à la mort. Rimbaud, lui, hurlait à la vie. Il n'y a que Dieu qui soit à la taille du don et de l'impatience d'un tel jeune homme. On dirait que les autres avaient le temps de se tromper et que lui ne l'avait pas. »

Christian Bobin, La lumière du monde

 

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"Adam's Lament" d'Arvo Pärt

=--=Publié dans la Catégorie "Music..."=--=

 

"Adam’s Lament" (Les lamentations d’Adam) est une œuvre de commande conjointe des capitales européennes de la culture, Istanbul 2010 et Tallinn 2011, composée en 2009 par Arvo Pärt, compositeur estonien, sur un texte de Saint Silouane de l'Athos.

Dans ce texte extatique en même temps que rempli de souffrance, Adam pleure la perte de Dieu et fait entrer l’humanité dans une douloureuse quête de l’Amour perdu après son Exil...

Saint Silouane tente, par son poème, de nous ouvrir un chemin vers la Rédemption. Il s’agit selon ses propres mots de savoir habiter cette préfiguration de l’enfer dans laquelle nous sommes, "Tiens ton esprit en enfer et ne désespère pas", comme le répétait cet ascète qui cultivait avec ardeur une compassion universelle, et, dans ce dépouillement de soi, se sentir saisi par l’Amour de Dieu qui libère et absout par-delà les larmes...

Cette oeuvre sublime réveille en nous l'empreinte enfouie d’une autre réalité, inscrite dans notre cœur à tous, mais noyée par notre déracinement et notre oubli de Dieu...

Arvo Pärt a dit, à propos de cette création musicale : « Cette histoire est votre histoire et cela m'interroge. Cette histoire est la mienne, et elle vient répondre à la vôtre. C'est notre histoire à tous. L'histoire d'Adam est celle de tous les enfants des hommes. Et c'est une si grande tragédie. »

 

 

 

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Saint Silouane l'Athonite : Les Lamentations d'Adam

 

« Adam, père de toute l'humanité, connaissait dans le Paradis la douceur de l'amour de Dieu ; aussi souffrit-il amèrement lorsque, à cause de son péché, il fut chassé du jardin de l'Éden et perdit l'amour de Dieu. Il se lamentait avec de grands gémissements, et ses sanglots remplissaient tout le vaste désert, car son âme était tourmentée à cette pensée : "J'ai offensé le Dieu que j'aime." Il ne regrettait pas tant le Paradis et sa beauté que d'avoir perdu l'amour de Dieu, qui, insatiablement et à chaque instant, attire l'âme à lui.

De même, toute âme qui a connu Dieu par le Saint-Esprit, mais qui, ensuite, a perdu la grâce, passe par les tourments d'Adam. L'âme est malade et éprouve un douloureux regret d'avoir affligé son Seigneur bien-aimé.

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Adam languissait sur terre et sanglotait amèrement.
La terre ne lui était pas douce,
Et il soupirait après Dieu en clamant :
"Mon âme languit après le Seigneur, et je le cherche avec larmes.
Comment ne le chercherais-je pas ?
Quand j'étais avec lui, mon âme était joyeuse et sereine,
Et l'Ennemi n'avait point d'accès auprès de moi.
Mais, à présent, l'esprit mauvais a pris pouvoir sur moi,
Agite et fait souffrir mon âme.
C'est pourquoi mon âme désire à en mourir le Seigneur ;
Mon esprit s'élève vers Dieu, et rien sur terre ne peut me réjouir.
Rien ne peut consoler mon âme,
Mais elle désire de nouveau voir le Seigneur, et être comblée par lui.
Je ne puis l'oublier un seul instant, et mon âme languit après lui ;
Ma peine est si grande que je pleure en gémissant :
Aie pitié de moi, ô Dieu, aie pitié de ta créature tombée."

Ainsi se lamentait Adam,

Et les larmes lui coulaient de son visage sur la poitrine et jusqu'à terre,
Et tout le désert résonnait de ses gémissements.
Les animaux et les oiseaux se turent de douleur,
Mais Adam pleurait, car, à cause de son péché,
tous avaient perdu la paix et l'amour.
Grande était la détresse d'Adam lorsqu'il fut chassé du Paradis ;
Mais lorsqu'il vit Abel tué par son frère Caïn, sa souffrance redoubla ;
L'âme écrasée de douleur, il se lamentait et songeait :
"De moi sortiront et se multiplieront des peuples entiers.
Tous, ils souffriront ; ils vivront dans l'inimitié
et se tueront les uns les autres."
Cette douleur était immense comme la mer,
Et seul peut la comprendre celui dont l'âme a connu le Seigneur
et sait combien il nous aime.

Moi aussi, j'ai perdu la grâce
Et, d'une seule voix, je crie avec Adam :
"Sois miséricordieux envers moi, Seigneur.
Donne-moi un esprit d'humilité et d'amour.
" Ô amour du Seigneur! Celui qui t'a connu,
sans se lasser te cherche jour et nuit, et s'écrie :
"Je te désire, Seigneur, et je te cherche avec des larmes.
Comment pourrai je ne pas te chercher ?
Tu m'as donné de te connaître par le Saint-Esprit,
Et cette connaissance divine entraîne mon âme à te chercher en pleurant."

Adam pleurait :
"Il n'y a point de douceur pour moi dans le désert.
Il n'y en a point dans les hautes montagnes, ni dans les prairies,
Ni dans les forêts, ni dans le chant des oiseaux ;
Rien ne m'est doux.
Mon âme est dans une profonde affliction, car j'ai offensé mon Dieu.
Et si le Seigneur me prenait à nouveau dans le Paradis,
même là, je souffrais et pleurerais
Pourquoi ai-je offensé le Dieu que j'aime ?"

Chassé du Paradis, Adam souffrait dans son âme,
Et, dans sa douleur, il versait d'abondantes larmes.
De même, toute âme qui a connu le Seigneur, languit après lui et s'écrie :
"Où es-tu, Seigneur ? Où es-tu, ma Lumière ?
Pourquoi m'as-tu caché ton Visage ?
Depuis longtemps mon âme ne te voit plus ;
Elle aspire à toi et te cherche en pleurant.
Où est mon Seigneur ?
Pourquoi mon âme ne le voit-elle plus ?
Qu'est-ce qui l'empêche de vivre en moi ?
Voici : je n'ai pas l'humilité du Christ, ni l'amour des ennemis."

Dieu est Amour infini, Amour impossible à décrire.
Adam marchait sur la terre, et pleurait à cause
des maux sans nombre de son coeur,
Mais ses pensées étaient absorbées en Dieu ;
Et lorsque son corps était à bout de forces
et ne pouvait plus répandre de larmes,
Même alors son esprit restait tendu vers Dieu,
Car il ne pouvait oublier le Paradis et sa beauté ;
Mais, plus que tout, Adam aimait Dieu,
Et cet amour lui donnait la force de s'élancer vers lui.

- Ô Adam, j'écris à ton sujet :
Mais, tu le vois, mon esprit est trop faible
pour comprendre ton désir de Dieu,
Et comment tu portais le fardeau de la pénitence.
Ô Adam, tu vois combien, moi, ton enfant, je souffre sur terre.
Il n'y a presque plus de feu en moi,
Et la flamme de mon amour est près de s'éteindre.
Ô Adam, chante-nous le cantique du Seigneur,
Pour que mon âme tressaille de joie dans le Seigneur
Et s'avance pour le louer et le glorifier,
Comme le louent, aux cieux, les Chérubins et les Séraphins,
Et comme toute la hiérarchie céleste des Anges
lui chante l'hymne trois fois sainte.
Ô Adam, notre père, chante-nous le cantique du Seigneur,
Pour que toute la terre l'entende,
Pour que tous tes enfants élèvent leur esprit vers Dieu,
Se réjouissent aux sons du chant céleste
et oublient leurs peines sur la terre.

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Le Saint-Esprit est amour et douceur pour l'âme, l'intelligence et le corps. Celui qui a connu Dieu par le Saint-Esprit ne peut être comblé ; jour et nuit, il s'élance vers le Dieu Vivant, car grande est la douceur de l'amour divin. Et quand l'âme perd la grâce, c'est en pleurant qu'elle cherche à nouveau l'Esprit Saint.

Mais l'homme qui n'a pas connu Dieu par le Saint-Esprit, ne peut le chercher avec des larmes, et son âme est sans cesse assaillie par les passions ; son esprit est préoccupé par les choses de la terre et ne peut parvenir à la contemplation, ni connaître Jésus Christ. C'est par le Saint-Esprit que l'on connaît Jésus Christ.

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Adam connaissait Dieu et le Paradis ;
et après la chute, il le cherchait en pleurant.

- Ô Adam, notre père, parle-nous du Seigneur, à nous tes enfants.
Ton âme connaissait Dieu sur terre ;
Elle connaissait aussi le Paradis, sa douceur et sa joie.
Maintenant tu demeures aux cieux et tu vois la Gloire du Seigneur.
Dit-nous comment notre Seigneur est glorifié pour sa Passion ;
Parle-nous des chants que l'on chante aux cieux et de leur douceur,
Car c'est dans le Saint-Esprit qu'ils sont chantés.
Parle-nous de la Gloire du Seigneur ;
Dis-nous combien il est clément et combien il aime sa créature.

Parle-nous de la Très-Sainte Mère de Dieu ;
Dis-nous comment elle est magnifiée aux cieux,
Et par quelles hymnes elle est dite bienheureuse.
Parle-nous de la joie des Saints ;
Dis-nous comment ils resplendissent de grâce,
Combien ils aiment le Seigneur et avec quelle humilité
ils se tiennent devant Dieu.
Ô Adam, console et réjouis nos âmes affligées.
Raconte-nous ce que tu vois aux cieux...

Pourquoi donc gardes-tu le silence ?
Pourtant la terre entière est dans la souffrance...
Ou bien es-tu si absorbé par l'amour de Dieu
que tu ne peux plus te souvenir de nous ?
Ou bien vois-tu la Mère de Dieu dans la Gloire
et ne peux-tu t'arracher à cette vision ?
Pourquoi ne veux-tu pas nous dire avec douceur une parole de consolation,
À nous qui sommes accablés,
Pour nous faire oublier l'amertume de la terre ?
Ô Adam, notre père, tu vois pourtant l'accablement de tes fils sur la terre.
Pourquoi donc gardes-tu le silence ?

Et Adam dit :
- Mes enfants, laissez-moi en paix.
Je ne puis m'arracher à l'amour de Dieu et parler avec vous.
Mon âme est blessée par l'amour du Seigneur et se réjouit de sa beauté ;
Comment pourrais-je me souvenir de la terre ?
Ceux qui vivent devant la Face du Seigneur
ne peuvent penser aux choses de la terre.

- Ô Adam, notre père, tu nous a abandonnés, nous tes orphelins.
Nous sommes pourtant plongés dans la souffrance ici sur la terre.
Dis-nous ce qu'il faut faire pour plaire à Dieu :
Regarde tes enfants dispersés sur toute la terre,
Dispersés aussi dans les pensées de leur coeur.
Beaucoup ont oublié Dieu ;
Ils vivent dans les ténèbres et se dirigent vers l'abîme de l'enfer.

- Ne me dérangez pas.
Je vois la Mère de Dieu dans la Gloire,
Et comment pourrais-je m'arracher à cette vision pour parler avec vous ?
Je vois les saints Prophètes et les Apôtres ;
Et, tous, ils sont semblables à notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu.
Je chemine à travers les jardins du Paradis
et, partout, je vois la Gloire du Seigneur.
Car le Seigneur est en moi et m'a rendu semblable à lui.
Le Seigneur glorifie l'homme et le rend semblable à lui.

- Ô Adam, nous sommes pourtant tes enfants.
Dis-nous, à nous qui peinons sur terre,
Comment on peut hériter du Paradis,
Pour que, nous aussi, comme toi, nous contemplions la Gloire du Seigneur.
Notre coeur languit après le Seigneur,
Alors que, toi, tu demeures dans les cieux
et te réjouis de la Gloire du Seigneur.
Nous t'en supplions, console-nous.

- Pourquoi élevez-vous la voix vers moi, mes enfants ?
Le Seigneur vous aime, et il vous a donné les commandements.
Observez-les ; aimez-vous les uns les autres,
Et vous trouverez la paix en Dieu.
À toute heure, repentez-vous de vos péchés,
Pour que vous puissiez rencontrer le Seigneur.
Le Seigneur a dit : "J'aime ceux qui m'aiment,
Et je glorifierai ceux qui me glorifient."

- Ô Adam, prie pour nous, tes enfants.

Nos âmes sont accablées de bien de maux.
Ô Adam, notre père, tu demeures dans les cieux
Et contemples le Seigneur assis, dans la Gloire, à la droite de Dieu le Père.
Tu vois les Chérubins, les Séraphins, et tous les Saints ;
Tu entends les chants célestes, et leur douceur a fait oublier
la terre à ton âme.
Mais nous, sur terre, nous sommes dans l'affliction et assoiffés de Dieu.
Il n'y a presque plus de feu en nous pour aimer avec ardeur le Seigneur.
Inspire-nous : que devons-nous faire pour trouver le Paradis ?

Et Adam répond :

- Ne troublez pas ma paix, mes enfants, car,

À cause de la douceur de l'amour de Dieu,
Je ne puis me souvenir de la terre.

- Ô Adam, nos âmes languissent,
nous sommes écrasés sous le poids de nos peines.
Dis-nous une parole de consolation.
Chante-nous l'un des chants que tu entends au ciel,
Pour que toute la terre l'entende
et que les hommes oublient leurs misères...
Ô Adam, nous sommes accablés de tristesse.

- Ne troublez pas ma paix.
Le temps de mes souffrances est passé.
La beauté du Paradis et la douceur de l'Esprit Saint sont telles
Que je ne puis plus me souvenir de la terre.
Mais voici ce que je vous dirai :
Le Seigneur vous aime, et, vous aussi, vivez dans l'amour ;
Soyez obéissants à toute autorité, humiliez vos coeurs,
Et le Saint-Esprit vivra en vous.
Il vient silencieusement dans l'âme, lui donne la paix,
Et, sans parole, témoigne de son salut.
Chantez à Dieu avec amour et humilité d'esprit,
Car c'est en cela que se réjouit le Seigneur.

- Ô Adam, notre père, que devons-nous donc faire ? Nous chantons, mais nous n'avons ni amour ni humilité.

- Repentez vous devant le Seigneur, et demandez.
Il aime les hommes et leur accordera tout.
Moi aussi, je me suis beaucoup repenti,
Et j'ai beaucoup souffert d'avoir offensé le Seigneur,
Et d'avoir, par mon péché, perdu la paix et l'amour sur terre.
Mes larmes ruisselaient sur mon visage
et inondaient ma poitrine et la terre,
Et le désert entendait mes gémissements.
Vous ne pouvez comprendre ma détresse
ni comment je pleurais Dieu et le Paradis.
Au Paradis, j'étais heureux et joyeux :
L'Esprit de Dieu me réjouissait, et je ne connaissais aucune souffrance.
Mais, lorsque je fus chassé du Paradis,
Le froid et la faim commencèrent à me torturer ;
Les animaux et les oiseaux qui étaient doux dans le Paradis
et qui m'aimaient,
Devinrent sauvages et se mirent à me craindre et à me fuir.
De mauvaises pensées m'assaillirent ;
Le soleil et le vent me brûlèrent ; la pluie me trempa ;
Les maladies et toutes les souffrances de la terre me tourmentèrent.
Mais j’ai tout enduré, et j'ai fermement espéré en Dieu.
Vous aussi, accomplissez les travaux de la pénitence.
Aimez les afflictions, desséchez vos corps,
Humiliez-vous et aimez vos ennemis,
Pour que l'Esprit Saint puisse établir en vous sa demeure,
Et alors vous connaîtrez et trouverez le Royaume des Cieux.

Mais moi, ne me troublez pas :
Maintenant mon amour pour Dieu m'a fait oublier la terre
et tout ce qui s'y trouve.
J'ai même oublié le Paradis perdu,
Car je vois la Gloire du Seigneur et la Gloire des Saints.
Eux aussi, ils resplendissent de la lumière qui jaillit de la Face de Dieu,
Semblables au Seigneur lui-même.

- Ô Adam, chante-nous un chant céleste,
Pour que toute la terre puisse l'entendre
et jouir de la paix dans l'amour de Dieu.
Nous voudrions entendre ces chants :
Ils sont doux, car ils sont chantés dans l'Esprit Saint.

 

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Source Texte : Pages Orthodoxes

 

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Le feu de l'esprit

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« C'est le feu qui décide, le feu de l'esprit, et il passe où il veut. Il n'a besoin pour prendre que d'un bois sec, c'est-à-dire d'un coeur ferme. D'ailleurs, le Christ n'a rien écrit. La lumière du monde ne vient pas du monde : elle vient de l'embrasement de ces coeurs purs, épris plus que d'eux-mêmes de la simplicité radicale du ciel bleu, d'un geste généreux ou d'une parole fraîche. Ce n'est pas uniquement affaire d'écriture (sainte ou non) et j'irai même jusqu'à dire que certains illetrés peuvent avoir dans ce domaine une supériorité de vision sur la tribu myope des lettrés. »

Christian Bobin, La lumière du monde

 

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09/02/2016

C'est quelqu'un qui nettoie le désert

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« L'oeuvre de Cioran est précieuse, mais elle est souvent incomprise. Cioran est quelqu'un qui par un côté serait le meilleur des amis, parce qu'il traque d'une manière quasiment maniaque toute chimère, toute illusion. Croyant parfois parler contre toute espérance, il libère en réalité le champ de l'espérance réelle parce qu'il en a chassé toutes les ivresses faciles. Un vrai livre, c'est toujours quelqu'un qui entre dans notre solitude. Cioran est un bienfaiteur, non pas, comme le disent ses faux disciples, parce qu'il désenchante le monde, mais parce qu'il ne laisse aucun faux désenchantement. C'est quelqu'un qui nettoie le désert. Avec un petit balai, il enlève tous les déchets des consolations faciles, et c'est pour moi après ce travail que commence la consolation vraie. Il fait le travail de l'hiver : il enlève les branches mortes : cela s'appelle préparer le printemps. Et puis il a cette grâce qui s'appelle l'humour et qui manque fâcheusement à la plupart des philosophes. C'est comme de préparer un voyage singulier que de le lire. Au lieu de remplir notre valise il la vide. Il ouvre la valise et il dit : "ça c'est inutile, ça c'est encombrant, ça je n'en ai pas besoin." A la fin la valise est vide et le voyage peut commencer vraiment. »

Christian Bobin, La lumière du monde

 

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08/02/2016

Les éboulis de la vie

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« Tous les bébés naissent en temps de guerre et dans des villes en ruine. Sitôt qu'on naît, on reçoit les éboulis de la vie. A peine nés, on se trouve sous les pylônes électriques des bruits, des conventions, du peu d'amour. La seule chance qu'on aurait, ce serait d'être élevés par des dieux. C'est effarant de voir qu'on tombe à la naissance entre des mains si peu expérimentées, tremblantes, si peu sûres. Je ne suis pas une exception. »

Christian Bobin, La lumière du monde

 

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06/02/2016

Une curiosité universelle

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« Le principe qui règne aujourd'hui est une curiosité universelle : chacun montre sa belle âme, raconte ses secrets. Qui a le malheur de ne pas s'y intéresser est un monstre. Il faut se passionner pour les ennuis de sa concierge, sinon douze balles dans la peau. L'humanité, ça ne transige pas. »

Roger Nimier, Le Grand d’Espagne

 

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Le sens des grands devoirs

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Ernst Jünger, Arno Breker, 1982

« Ainsi voyaient-ils plus tôt et plus clairement que les autres le sens des grands devoirs se pervertir chez les hommes : le travail et les sciences se mettre au service de la mort ; l'épée protéger l'injustice ; le juge - dans une grossière parodie de justice - ravaler le droit au rang d'un instrument de tribuns ; les maîtres, au lieu de donner l'exemple, détruire l'image de Dieu dans l'âme des enfants, et les médecins, loin de guérir, estropier les faibles et tuer les malades. »

Ernst Jünger, La Paix

 

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Nénufar

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L'Accent Circonflexe...

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Réforme de l'Orthographe... bis...

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05/02/2016

Réforme de l'Orthographe... à nouveau...

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Réforme de l'Orthographe... encore...

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Réforme de l'Orthographe... suite...

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Philippe de Villiers balance...

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Philippe de Villiers balance sur les coulisses de notre joli monde politique... c'est du lourd... et ça fait mal... ça dure 1h28... mais ça vaut la peine d'être écouté jusqu'au bout. Tout le monde y passe. 

 

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Réforme de l'Orthographe

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Réforme de l'Orthographe

 


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