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07/08/2013

Mais ce vide est-il vraiment le vide ?

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« Beaucoup de critiques ont relevé dans "Madère", pour en être effrayés, ce chemin vers le vide. Le vide fait peur aujourd'hui. Il faut un désespoir consistant ; ou bien une religion. (...) De plus en plus, tous les buts que l'on propose, toutes les religions concrètes, tous les systèmes métaphysiques, toutes les consolations que l'on se crée, me répugnent. (...) Mais ce vide est-il vraiment le vide ; n'est-il pas une sorte de plénitude, qui refuse les secours artificiels de la pensée ; qui est assez fort pour se suffire, sans masques. »

Jacques Chardonne, Ce que je voulais vous dire aujourd'hui


 

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Une certaine tranquilité avec soi-même

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« Il était à l’aise avec tout le monde. C’est un privilège bien rare, et qui ne tient ni à la fortune, ni au rang, que d’être à l’aise dans la vie. Cela suppose une certaine tranquillité avec soi-même. »

Jacques Chardonne, Vivre à Madère

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Troufignolages

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« Gide me fait toujours moins rigoler avec ses troufignolages. Il faut que les membres du Nobel suédois soient aussi secrètement très préoccupés par les questions d’anus pour avoir décerné leur palme à ce grand propagandiste ! On les dit très puritains pourtant les membres (oh oh oh) du Nobel ! (L’affreux esprit!) voyez-vous Gide est un auteur avant tout à la mode, pas du tout un écrivain. Un écrivain avant tout comme un peintre ou un poète il faut qu’il transpose. Gide est un notaire - je crois un excellent critique - mais tout de prose - aucune transe chez lui si ce n’est à la vue des fesses du petit bédouin. La belle histoire ! Sa chance a été que l’adultère n’intéresse personne. Qu’Emma Bovary se fasse enfiler en fiacre par Léon cela n’intéresse plus cent lecteurs. Léon à présent doit se faire enculer au moins par deux débardeurs jaloux dans les bas quartiers de Rouen. Et cet intérêt sera bref. On attend le grand romancier de la Partouze - "Vous avez juré de ne pas éjaculer dans ma femme, Monsieur !"

Tel sera le Porto-Riche de demain.

Il y a un cycle des histoires du trou du cul. Le Satyricon ? on ne fera jamais mieux. Le Christianisme est passé par là, qui endeuille tout. Cependant, Flaubert avait un sacré tempérament. Gide est un cuistre tarabiscoté - un Alain riche. C’est bien le diable s’il ne sort pas dix Gides de l’Ecole Normale chaque année. »

Louis-Ferdinand Céline, Lettre à Ernst Bendz, Le 22 janvier 1949

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