25/09/2013
Sainteté...
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« Être humain consiste essentiellement à ne pas rechercher la perfection et être parfois prêt à commettre des péchés de loyauté, à ne pas pousser l'ascétisme jusqu'au point où il rendrait les relations amicales impossibles et à accepter finalement d'être vaincu et brisé par la vie, ce qui est le prix inévitable de l'amour que l'on porte à d'autres individus. Sans doute l'alcool, le tabac et le reste sont-ils des choses dont un saint doit se garder, mais la sainteté est elle-même quelque chose dont les êtres humains doivent se garder. »
George Orwell, "Reflections on Gandhi", in "Partisan Review, janvier 1949"
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Tea Party : Sister Awake
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when the winter was over
she returned there to find him
and her memories filled her with light
she remembered the beauty
she remembered desires
and her memories filled her with light
i am the sun in the flame
cold from the flame turns away
and in these winds came a change
she awakes...
sister walk through these fields of delight
but I want you to know
desperation's the tenderest trap
so gently you go
what will it take
sister awake
when this beautiful cult of desire
has left you for dead
isolation will cradle the lies
of things left unsaid
what will it take
sister awake
and you'll look to the heavens above
and taste it's deceit
these temptations have blinded desires
to sleep at their feet
what will it take
sister awake
and you'll hear them call out your name
invoking the fates
chances are you've travelled too far
in stirring their hate
what will it take
sister awake
14:53 Publié dans Music... | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Un art, une culture, un savoir-faire, une connaissance, une sagesse, une esthétique des choses de l’amour
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« Le Kâma-sûtra agit en exacte antithèse à La Cité de Dieu. Vâtsyâyana, pour ce que l’on en sait, autrement dit pour les informations livrées dans le corps de son ouvrage, est un brahmane qui enseigne l’excellence de l’hindouisme et appelle à respecter les règles de sa religion. Le livre se présente comme une synthèse d’ouvrages anciens consacrés au même sujet, à savoir "l’art du sexe". Dès l’ouverture du livre, le philosophe donne le nom des auteurs, le titre de leurs ouvrages, les grandes lignes des contenus et annonce qu’il résumera l’ensemble.
En prolégomènes, Vâtsyâyana pose clairement la dimension philosophique de son projet : si les animaux se contentent de la sexualité brute, de la copulation mécanique indexée sur l’unique exigence de la nature, les hommes, eux, pour autant qu’ils aient envie de mériter leur humanité, doivent faire un art, une culture, un savoir-faire, une connaissance, une sagesse, une esthétique des choses de l’amour, grâce à des techniques susceptibles d’être enseignées, transmises par un individu qui sait à un autre qui ignore. Et, chose essentielle : l’ignorant qualifie tout aussi bien l’homme que la femme. La culture sexuelle s’offre donc indistinctement aux deux sexes, ce qui, de fait, définit chez le penseur indien une égalité essentielle et existentielle dès le départ entre les deux sexes. On est loin des fables chrétiennes sur Adam abusé par une Ève vicieuse et pécheresse - et encore plus loin de la haine chrétienne des corps. »
Michel Onfray, Le souci des plaisirs
14:07 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Au désert...
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« Adolescents, nous vivons en partie par procuration, à travers les auteurs que nous aimons et auxquels nous nous identifions. Adultes, nous avons parfois l’impression que les livres qui jadis ne quittaient pas notre table de chevet ne nous sont plus nécessaires ; que nous devons les oublier et voler de nos propres ailes ; imiter ce moine qui, après avoir passé vingt ans à s’adonner nuit et jour à la lecture, se leva un matin, distribua tous les livres qu’il possédait, et s’enfuit au désert. »
Gabriel Matzneff, Maîtres et complices
11:56 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Une façon de se masturber en faisant croire à son prochain que c'est lui qu'on caresse
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« Je n'ai donc plus tellement soif de mes semblables et me demande même - avec prudence - si l'humanisme n'est pas un réflexe de défense corporatiste, une sorte de syndicalisme biologique destiné à protéger l'espèce à laquelle on appartient, à défendre ses prérogatives. Nul doute qu'on pratiquerait le léopardisme si on était léopard et l'éléphantisme si on était éléphant. L'amour porté à l'Homme par lui-même (et ses avatars finalistes, anthropocentristes, monothéistes...) ne serait que l'adoration de soi-même dans le miroir de l'autre. Une façon de se masturber en faisant croire à son prochain que c'est lui qu'on caresse. Les humanistes aiment, lorsqu'ils contemplent les yeux de leur prochain, y découvrir que c'est eux qu'on regarde.
Ma réticence tient également au vocabulaire. J'ai le sentiment désagréable que le discours humaniste confond la grandeur de quelques personnages avec la valeur proclamée de l'Homme. Sous le prétexte que, dans la nuit de l'histoire, brillent de rares hommes d'exception (les figures de proue de René Grousset), des torchères plantées sur les récifs pour nous guider dans la traversée des âges, le discours conclut que rien sur la terre ne se situe au-dessus de l'Homme. C'est la même confusion qui entraîne à décrire comme aurifère une rivière de boue dans laquelle roulent quelques pépites, comme si charrier à dose infime une poignée de paillettes suffisait à sauver un flot de limon sale. »
Sylvain Tesson, Petit traité de l’immensité du monde
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