17/11/2013
Ceci n'est plus une femme...
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La conscience de l’inconscience de la vie est l’impôt le plus ancien que l’intelligence ait connu
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« La conscience de l’inconscience de la vie est l’impôt le plus ancien que l’intelligence ait connu. Il y a des intelligences inconscientes – éclats fugitifs de l’esprit, courants de la pensée, mystères et philosophies – qui ont les mêmes automatismes que les réflexes de notre corps, ou que le foie et les reins dans la gestion de leurs excrétions. »
« Je vis toujours au présent. L’avenir, je ne le connais pas. Le passé, je ne l’ai plus. L’un me pèse comme la possibilité de tout, l’autre comme la réalité de rien. Je n’ai ni espoirs ni regrets. Sachant ce que ma vie a été jusqu’à maintenant – c’est-à-dire, si souvent et si largement, le contraire de ce que j’aurais voulu -, que puis-je prévoir de ma vie future, sinon qu’elle sera ce que je ne prévois pas, ce que je ne souhaite pas, et qu’elle m’arrivera du dehors, parfois même par le jeu de ma propre volonté ? Rien non plus, dans mon passé, que je puisse me remémorer avec l’inutile désir de le revivre. Je n’ai jamais été que la trace et le simulacre de moi-même. Mon passé, c’est tout ce que je n’ai pas réussi à être. Même les sensations des moments enfuis n’éveillent en moi aucune nostalgie : ce qu’on éprouve exige le moment présent ; celui-ci une fois passé, la page est tournée et l’histoire continue, mais non pas le texte. »
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Un désarroi qui dépasse les limites de mon individualité consciente
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« Il me vient alors une terreur sarcastique de la vie, un désarroi qui dépasse les limites de mon individualité consciente. Je sais que je n’ai été qu’erreur et égarement, que je n’ai point vécu, que je n’ai existé que dans la mesure où j’ai empli le temps avec de la conscience, de la pensée. Et l’impression que j’ai de moi-même, c’est celle d’un homme se réveillant d’un sommeil peuplé de rêves réels, ou d’un homme libéré par un tremblement de terre, de la pénombre du cachot à laquelle il s’était accoutumé. »
« La lassitude de toutes les illusions, et de tout ce qu’elles comportent – la perte de ces mêmes illusions, l’inutilité de les avoir, l’avant-lassitude de devoir les avoir pour les perdre ensuite, le chagrin de les avoir eues, la honte intellectuelle d’en avoir eu tout en sachant que telle serait leur fin. »
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