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10/12/2013

Ceci n'est plus une femme...

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Rester seul...

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« Rester seul, délibérément, dans une société où chaque jour davantage votre intérêt évident est de vous agréger, c’est cette forme d’héroïsme que je vous convie ici à saluer. »

Henry de Montherlant, Textes sous une Occupation

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L’exigence sex­uelle exprimée par le con­formisme de la majorité

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« Aujourd’hui, la lib­erté sex­uelle de la majorité est en réal­ité une con­ven­tion, une oblig­a­tion, un devoir social, une anx­iété sociale, une car­ac­téris­tique inévitable de la qual­ité de vie du con­som­ma­teur. Bref, la fausse libéra­tion du bien-être a créé une sit­u­a­tion tout aussi folle et peut-être davan­tage que celle du temps de la pauvreté.

En effet, pre­mière­ment : le résul­tat d’une lib­erté sex­uelle “offerte” par le pou­voir est une véri­ta­ble névrose général­isée. La facil­ité a créé l’obsession ; parce que c’est une facil­ité “induite” et imposée, découlant du fait que la tolérance du pou­voir ne con­cerne que l’exigence sex­uelle exprimée par le con­formisme de la majorité. Elle ne pro­tège que le cou­ple : et le cou­ple a fini par devenir une con­di­tion de parox­ysme, au lieu d’être un signe de lib­erté et de bonheur. […]

Autre­fois le cou­ple était béni, aujourd’hui il est mau­dit. Les con­ven­tions et les jour­nal­istes imbé­ciles con­tin­u­ent de s’attendrir sur “le bon petit cou­ple” (comme ils dis­ent abom­inable­ment) sans s’apercevoir qu’il s’agit là d’un pacte crim­inel. Et les mariages : autre­fois, c’étaient des fêtes, et leur car­ac­tère d’institution – si stu­pide et sin­istre – était moins fort du fait qu’il était insti­tué par, pré­cisé­ment, un proces­sus heureux et joyeux. Aujourd’hui, au con­traire, les mariages ressem­blent à de hâtifs rites funèbres. La cause de toutes les choses ter­ri­bles que je suis en train de dire est claire : autre­fois “l’espèce” devait lut­ter pour sur­vivre et, par con­séquent le nom­bre des nais­sances devait dépasser celui des décès. Aujourd’hui, par con­tre, “l’espèce”, si elle veut sur­vivre, doit s’arranger pour que le nom­bre des nais­sances ne dépasse pas celui des décès. Et donc : chaque enfant qui nais­sait autre­fois, représen­tant une garantie de vie, était béni, tan­dis que chaque enfant qui naît aujourd’hui, con­tribuant à l’autodestruction de l’humanité, est mau­dit. »

Pier Paolo Pasolini, Écrits cor­saires

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La faute des banques...

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Une chose me choque dans votre pays, c’est votre jalousie égalitaire

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« Les batteries s’endorment, le major Parker répond à des questionnaires de la brigade ; les ordonnances apportent le rhum, le sucre et l’eau bouillante ; le colonel met le gramophone à la vitesse 61 et le docteur O’Grady parle de la révolution Russe.
- Il est sans exemple, dit-il, qu’une révolution ait laissé au pouvoir après elle les hommes qui l’avaient faite. On trouve cependant encore des révolutionnaires : cela prouve combien l’histoire est mal enseignée.
- Parker, dit le colonel, faites passer le porto.
- L’ambition, dit Aurelle, n’est tout de même pas le seul mobile qui fasse agir les hommes ; on peut être révolutionnaire par haine du tyran, par jalousie et même par amour de l’humanité.
Le major Parker abandonna ses papiers.
- J’ai beaucoup d’admiration pour la France, Aurelle, surtout depuis cette guerre, mais une chose me choque dans votre pays, si vous me permettez de vous parler sincèrement, c’est votre jalousie égalitaire. Quand je lis l’histoire de votre révolution, je regrette de n’avoir pas été là pour boxer Robespierre et cet horrible fellow Hébert. Et vos sans-culottes…Well, cela me donne envie de m’habiller de satin pourpre brodé d’or et d’aller me promener sur la place de la Concorde.

Le docteur reprit :
- L’amour de l’humanité est un état pathologique d’origine sexuelle qui se produit fréquemment à l’époque de la puberté chez les intellectuels timides : le phosphore en excès dans l’organisme doit s’éliminer d’une façon quelconque. Quant à la haine du tyran, c’est un sentiment plus humain et qui a beau jeu en temps de guerre, alors que la force et la foule coïncident. Il faut que les empereurs soient fous furieux quand ils se décident à déclarer ces guerres qui substituent le peuple armé à leurs gardes prétoriennes. Cette sottise faite, le despotisme produit nécessairement la révolution jusqu’à ce que le terrorisme amène la réaction.
- Vous nous condamnez donc, docteur, à osciller sans cesse de l’émeute au coup d’état ?
- Non, dit le docteur, car le peuple anglais, qui avait déjà donné au monde le fromage de Stilton et des fauteuils confortables, a inventé pour notre salut à tous, la soupape parlementaire. Des champions élus font désormais pour nous émeutes et coups d’état en chambre, ce qui laisse au reste de la nation le loisir de jouer au cricket. La presse complète le système en nous permettant de jouir de ces tumultes par procuration. Tout cela fait partie du confort moderne et dans cent ans, tout homme blanc, jaune, rouge ou noir refusera d’habiter un appartement sans eau courante et un pays sans parlement. »

André Maurois, Les silences du colonel Bramble

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