17/01/2014
La passivité intellectuelle, la confusion et l'amnésie collective
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« Une critique pertinente de la conception dominante de l'éducation éclairée — de l'analyse dominante du processus de "modernisation" — doit ainsi se développer autour de deux axes. Le premier consiste à mettre en évidence la persistance de ces formes de particularisme supposées désuètes — liens familiaux, religion, conscience ethnique, nationalisme noir — qui n'ont pas seulement fait preuve de leur résistance au melting pot, mais continuent d'apporter aux gens des ressources psychologiques et spirituelles indispensables à une citoyenneté démocratique, ainsi qu'une façon de voir les choses véritablement cosmopolite, par opposition au point de vue déraciné, désorienté, si souvent synonyme, aujourd'hui, d'émancipation intellectuelle. Le second axe doit permettre d'expliquer pour quelles raisons la culture de masse, uniformisée, des sociétés modernes n'engendre en aucun cas une mentalité éclairée et indépendante, mais, au contraire, la passivité intellectuelle, la confusion et l'amnésie collective. »
Christopher Lasch, Culture de masse ou culture populaire
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Sous Contrôle...
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A quels enfants allons-nous laisser le monde ?
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« Comme certaines représentations dans les rêves sont le produit d’un compromis entre la perception d’une réalité physique qui tend à interrompre le sommeil et le désir de continuer à dormir, l’idée d’une civilisation à défendre, aussi environnée de périls qu’on veuille bien l’admettre, est encore rassurante : c’est le genre de calmant que vendent mensuellement les démocrates du Monde diplomatique, par exemple. Parmi les choses que les gens n’ont pas envie d’entendre, qu’ils ne veulent pas voir alors même qu’elles s’étalent sous leurs yeux, il y a celles-ci : que tous ces perfectionnements techniques, qui leur ont si bien simplifié la vie qu’il n’en reste presque plus rien de vivant, agencent quelque chose qui n’est déjà plus une civilisation ; que la barbarie jaillit comme de source de cette vie simplifiée, mécanisée, sans esprit ; et que parmi tous les résultats terrifiants de cette expérience de déshumanisation à laquelle ils se sont prêtés de si bon gré, le plus terrifiant est encore leur progéniture, parce que c’est celui qui en somme ratifie tous les autres. C’est pourquoi, quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : "Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ?", il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : "A quels enfants allons-nous laisser le monde ?" »
Jaime Semprun, L’abîme se repeuple
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