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15/09/2008

Racines

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

J’aime cette citation de Léon Daudet, tirée de ses Souvenirs Littéraires, un court chapitre, deux pages, consacré à Charles Maurras : « L’avenir ne s’éclaire que dans la mesure où le présent demande au passé ses leçons éprouvées. L’Humanité procède par reviviscence et par enveloppements d’aspects renouvelés, dans les principes éternels de la Raison. »
Et cette citation de Georges Bernanos, tirée de La France contre les robots : « on ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas tout d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

Lorsque l’on voit que toute vie intérieure est désormais reléguée dans un passé lointain, mort et enterré, ou au mieux autorisé dans le grand shopping new-age où chaque imbécile peut se construire son petit autel intérieur bardé de syncrétismes individuels plats, sans profondeur ni reliefs, on se dit que le présent ne questionne plus le passé et que les voies de l’avenir sont bouchées comme des égouts coincés de merde.

« (…) l’oubli rapide des évènements, même récents, semble être une des caractéristiques de la culture de masse. [on] enseigne de moins en moins l’histoire dans les écoles. Prenons toutefois conscience de ce qui se passe simultanément. Jamais encore toute la peinture et toute la musique du passé n’ont été aussi universellement accessibles, à travers les reproductions et les disques, jamais on n’a su reconstituer d’une manière aussi visuelle la vie des civilisations révolues, jamais non plus de telles foules n’ont visité les musées et les galeries d’art ancien. Ainsi la technique, qui chasse l’histoire des salles de classe, récupère ce qu’elle a détruit, et peut-être même davantage. »
Czeslaw Milosz, Témoignages de la Poésie

« Est-il vrai qu’il faille enseigner l’histoire aux enfants sans qu’ils la comprennent et de façon à meubler leur mémoire de quelques dates et de quelques évènements ? C’est extrêmement douteux. On ne s’y prendrait pas autrement si l’on voulait tuer l’intérêt. En tout cas, un âge vient, et très vite, où l’on a besoin d’un fil conducteur, où l’on soupçonne que les hommes d’autrefois ressemblaient à ceux d’aujourd’hui et que leurs actions avaient des motifs pareils aux nôtres. On cherche alors la raison de tout ce qu’ils ont fait et dont le récit purement chronologique esst insipide ou incohérent. » Jacques Bainville, Histoire de France – Introduction

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07:00 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Quelqu'un qui cite Czeslaw Milosz deux jours de suite ne peut pas être foncièrement mauvais.

Écrit par : SERGE | 15/09/2008

Vous avez d'intéressantes lectures cher monsieur.

Écrit par : Anna | 15/09/2008

Les commentaires sont fermés.