12/05/2008
LÉON BLOY OU LES PARADOXES D’UN IMPRÉCATEUR
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

J'ai tenu entre mes mains, au travail, à la FNAC donc, ce livre collectif qui fait tant jaser, Le Livre noir de la révolution française (Editions du Cerf). Je l'ai longuement parcouru et suis même parvenu à lire certains chapitres en entier par l'art et la manière de transformer les pauses officielles en jardin de lecture.

Les doux crétins qui peuplent notre République se refusent de concevoir à quel point cet événement a été décisif sur l'avenir du monde en négatif aussi, ne désirant en retenir que le mythe du soulèvement libérateur et progressiste. Non contents d'aborder uniquement les faits historiques sanglants (il s'agit d'un livre Noir, je le répète), la guillotine, les "mariages républicains", le génocide vendéen... les auteurs de ce pavé (nous sommes en présence d'un ouvrage collectif) s'attachent également à analyser les penseurs, les écrivains qui sortis de la révolution n'ont plus été en mesure de penser leurs postulats de la même manière une fois leurs plume trempée dans le sang des victimes des enragés. Après la lecture du chapitre consacré à Baudelaire par exemple, les bobos gauchistes devront bien admettre que les quelques six mois durant lesquels le poète se sera proclamé "révolutionnaire" ne lui auront servi qu'à liquider cette triste illusion avant de se tourner vers l'essentiel : le Verbe au service du Beau et de l'Ordre.
Baudelaire, donc, Huysmans, Nietzsche, Balzac, Comte... et, bien entendu, Léon Bloy dont ma douce Irina a pris le temps de retranscrire ici l'article qui lui est consacré dans l'ouvrage en question sous la plume de l'historien Jean-François Galinier-Pallerola et que je vous livre avec une pensée spéciale pour mon ami Jean-Jacques L., admirateur de l'écrivain, une dédicace certaine pour Restif, Bloyen de la Toile qui vient si souvent en ces lieux déployer sa sympathique érudition. Sans oublier XP qui voue une admiration à Bloy bien plus censée que celle d'un Marc-Edouard Nabe.
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Il faut entendre, aussi, l'excellente émission, en fichier mp3, consacrée au Livre noir de la révolution française sur le site de Canal Académie que vous pouvez télécharger ICI
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"LÉON BLOY OU LES PARADOXES D’UN IMPRÉCATEUR
Le rapport de Léon Bloy à l’histoire, et donc à la Révolution française, se place sur le plan du prophétisme dont l’essence, dit Jean Guitton, est « la révolte contre l’abus au nom de la pureté meurtrie, au nom de l’esprit défiguré par la lettre, au nom du principe déformé par l’usage.(1) » Le prophète encourt la colère des puissants, crie dans le désert, choisit sa cible, quel scandale dénoncer dans l’amoncellement d’injustices qu’il perçoit ; mais n’étant ni roi ni prêtre, il ne doit se soucier ni de réalisme, ni de responsabilité, ni des conséquences de ses paroles de feu sur un autre que lui-même, ni en définitive d’être bien compris dans l’excès de ses vaticinations : il suffit que sa voix ne se taise pas, ne fût-elle jamais écoutée. Dans ses condamnations ou ses dénonciations, Léon Bloy n’a cure de respecter le principe de non-contradiction. Il se laisse guider par la mission qu’il croit avoir reçue de Dieu. Au lieu d’enquêter patiemment sur des détails avec érudition et souci d’exactitude, comme le font aujourd’hui les historiens, il recherche, avec saint Augustin ou Bossuet, une vision globale de l’histoire universelle, en tant que lieu où Dieu se révèle en gouvernant le monde par sa Providence et lieu où se découvre son dessein sur l’homme, de la création la fin des temps.
Léon Bloy naît en 1846 dans une famille de petits-bourgeois de province. Son père, employé de bureau, est proche de la franc-maçonnerie. À quinze ans, il perd la foi, n’éprouve que détestation et révolte contre Jésus, l’Église, l’argent et les puissants. Il se sent proche des anarchistes révolutionnaires qui lancent des bombes et préparent le Grand Soir. Ayant quitté une médiocre place de gratte-papier, déclassé, il mène à Paris une vie de bohème littéraire. Il envoie un article à La Rue, revue de Jules Vallès, se proclame sous le Second Empire « républicain et parfait socialiste », rencontre et lit l’anarchiste russe Alexandre Herzen, « patriarche des nihilistes (2) », qui meurt à Paris en 1870. Bloy y trouve l’écho de sa propre colère et l’annonce des massacres auxquels il aspire pour étancher sa soif de justice : « Les exécutions seront nombreuses, écrit Herzen […] Il suffira que l’incendie de la fureur, de la vengeance, détruise le monde […] et ce sera superbe. vive le chaos et la destruction ! Vive la mort ! Place à l’Avenir.(3) »Les accents de l’Internationale, composée en 1871, s’avèrent moins sanglants pour chanter : « Du passé faisons table rase… »
La conversation au catholicisme, en 1868, le sauve du nihilisme sans exorciser sa violence ni son intransigeance. La poussée anarchiste constitue, selon lui, une réaction à la médiocrité de l’idéologie bourgeoise matérialiste ; il évoque « la merveilleuse fructification de semailles de l’hypocrisie bourgeoise et de l’athéisme philosophique, depuis une demi-douzaine de lustres.(4) » Même devenu chrétien, il ne considère pas sans une réelle sympathie les attentats anarchistes : « La dynamite pastichait une fois de plus la Vraie Colère », écrit-il en 1892 ; « Les anarchistes informés de l’inexistence de Dieu, ont heureusement trouvé l’expédient sortable qu’il fallait pour envisager à notre époque, avec moins d’effroi, la nécessité de mourir. […] Le catholicisme ou la pétard ! Choisissez donc une bonne fois, si vous n’êtes pas des morts. (5) » En 1902, Rachilde, habituellement favorable à Bloy, s’attire les reproches de l’écrivain en le déclarant anarchiste, « beaucoup plus près de Ravachol que de Jésus », dans une critique de l’Exégèse des lieux communs. (6)
Jacques Maritain, un des filleuls de Léon Bloy avec sa femme Raïssa, rend compte de l’engagement social de Bloy : « Partout où il voit quelqu’un souffrir d’injustice, il s’élance vers lui : Christophe Colomb, Marie-Antoinette, Louis XVII, la très noble Mélanie, les Juifs […] ; le Pauvre enfin, le Pauvre et la Pauvreté qu’il chérit tous deux à cause du Pauvre par excellence ; et infiniment au-dessus de tout, Notre Dame, la reine du monde, qui pleure et qu’on n’écoute pas, tous ont reçu son témoignage.(7) » La conception bloisienne du « pauvre » ne correspond donc pas à une catégorie sociale, le prolétariat, mais à une position de victime à laquelle il s’identifie, en tant qu’artiste maudit et petit-bourgeois déclassé, et où sa mystique lui fait reconnaître, avec le Poverello d’Assise, un ambassadeur du Christ.
Léon Bloy se définit lui-même en 1905 comme « un communard de la veille », un communard d’avant la Commune, un « communard converti au catholicisme (8) ». En 1869, son père lui reproche : « Mon pauvre Léon […] Tu fais de la religion comme tu faisais naguère des sentiments sociaux. De babouviste, tu es devenu dominiquain (sic) de l’école de Torquemada. Je ne peux te suivre dans ces excès, dans tes frénésies. Tu vantes les douceurs de l’Église et tu anathémises (sic).(9) »
La relation de Léon Bloy à l’égard de la Révolution française reste marquée par le radicalisme de son rejet de la société contemporaine. Loin de l’horrifier, la Terreur le fascine au même titre que les attentats terroristes de la fin du XIXe siècle. Il n’est pas du côté de 1789 et des bourgeois, mais de 1793 et des sans-culottes et anticipe les exterminations de masse de la dékoulakisation et des Khmers rouges : « Les trois cent mille têtes du citoyen Marat ne m’auraient pas suffi, confie-t-il dans une lettre de 1882. L’égalité démocratique prise du plus bas possible devait, selon mes vues, réaliser un niveau social tel qu’il ne restât plus sous le soleil que le Bourbeux et le Croupissant […] Toute supériorité, tout relief humain devait tomber, s’engouffrer et périr dans le cloaque d’une promiscuité définitive. (10) »
Dans Le Désespéré, Bloy retrouve les mêmes accents terroristes pour annoncer le châtiment des nantis. Pour lui, les attentats anarchistes ne font qu’anticiper sur la vengeance de Dieu. Mais l’enfer de Bloy annonce plus la révolution culturelle maoïste qu’il ne ressemble aux exécutions des otages par les communards de 1871 : « Ils [les riches] se tordront de terreur, les Richards-cœur-de-porcs et leurs impitoyables femelles, ils beugleront en ouvrant des gueules où le sang des misérables apparaîtra en caillots pourris ! Ils oublieront d’un inexprimable oubli la tenue décente et les airs charmants des salons, quand on les déshabillera de leurs chairs et qu’on leur brûlera la tête avec des charbons ardents — et il n’y aura plus l’ombre d’un chroniqueur nauséeux pour en informer un public bourgeois en capilotade ! Car il faut indispensablement que cela finisse, toute cette ordure de l’avarice et de l’égoïsme humains ! Les dynamiteurs allemands ne sont que les prédécesseurs ou, si l’on veut, des sous-assesseurs de la Tragédie sans pareille où le plus pauvre et, par conséquent, le plus Criminel des hommes que la férocité des lâches ait jamais châtiés, s’en viendra juger toute la terre dans le Feu des cieux. (11)»
L’influence de Barbey d’Aurevilly et de Blanc de Saint-Bonnet (12), puis la défaite de la France devant la Prusse, en 1870, font opérer à Bloy une mutation spirituelle et politique radicale : le jeune révolutionnaire, devenu catholique en 1868, se met au service de la restauration monarchique.
En 1867, Léon Bloy rencontre Barbey d’Aurevilly à Paris et entre dans le cercle des admirateurs de l’écrivain. Celui-ci entreprend la formation intellectuelle du jeune Périgourdin, qui a quitté les bancs du lycée en troisième. Il lui fait lire notamment les auteurs latins classiques, les Pères de l’Église, Joseph de Maistre, Bonald, Carlyle, Donoso Cortés et les autres maîtres de la pensée contre-révolutionnaire. L’admiration de Léon Bloy envers Barbey d’Aurevilly ne se démentira jamais.
Le nouveau converti professe un catholicisme de combat antimoderne vibrant d’énergie. Ce goût de l’action et de l’héroïsme le pousse à s’engager dans une milice de volontaires de Dordogne intégrée au corps de volontaires vendéens de Cathelineau, pendant la guerre de 1870, pour défendre « Rome et la France au nom du Sacré Cœur », comme on le chante alors dans les églises. Il rejoint ensuite un corps de volontaires contre la Commune, mais n’aura pas à combattre avec les Versaillais contre les Communards (13). En 1870, il écrit dans une lettre à un prêtre : « Quand on me parle de patriotisme, je ne sais pas ce qu’on veut dire. Ma patrie à moi, c’est avant tout l’Église romaine et j’entends être un soldat du Christ.(14) » Catholique et patriote, il est simultanément contre la Prusse luthérienne, contre « la République des vaincus » et contre la Commune héritière de 1789. Désormais, Léon Bloy ne se voue plus à la révolution. Se proclamant anti-républicain et anti-démocrate, il met, provisoirement, son talent et son ambition littéraire à la disposition de la cause catholique et royaliste.
LÉON BLOY, LES BOURBONS ET NAPOLÉON
D’emblée il y a maldonne : Bloy n’est pas devenu royaliste mais théocrate ; la question du régime politique est secondaire et ne l’intéresse guère : « Et d’abord, écrit-il dans une lettre, nous sommes catholiques. Nous le sommes jusqu’aux dents, partout, en tout, devant tous et malgré tout.(15) » Il tire les conséquences de ces prémisses dans un texte de 1897 : « I) Je suis pour la Théocratie absolue, telle qu’elle est affirmée dans la bulle Unam Sanctam de Boniface VIII. II) Je pense que l’Église doit tenir en main les deux glaives, le Spirituel et le Temporel, que tout lui appartient, les âmes et les corps, et qu’en dehors d’elle il ne peut y avoir de salut, ni pour les individus, ni pour les sociétés.(16) » Bloy développe ce programme en quatre points dans un article de décembre 1892 : « 1) Solennelle translation de la pourriture de Renan par une équipe de vidangeurs dans le dépotoir national le plus lointain. 2) Érection au sommet de la tour Eiffel d’une colossale croix en or massif, du poids de plusieurs dizaines de millions de francs, aux frais de la Ville de Paris. 3) Obligation pour tous les Français d’entendre la messe tous les dimanches et de communier au moins quatre fois par an sous peine de mort. 4) Abolition du suffrage universel, etc. (17) »
Sa période historique de référence est un Moyen Âge imaginaire qu’il se représente comme une époque héroïque de chrétienté et d’adéquation entre un catholicisme sans compromis et une société parfaitement croyante : ce fut, écrit-il, « après les Temps Apostoliques la plus belle époque du monde. Une épopée où on croyait, où on aimait jusqu’à mourir, où on était fidèle jusque dans les supplices, où on se sacrifiait complètement où le Corps et le Sang du Christ passaient avant toute chose.(18) » Dès lors, Bloy ne peut que juger sévèrement les périodes suivantes, en particulier l’Ancien Régime et l’absolutisme dont il réprouve le gallicanisme.
La tentative d’intégration de Léon Bloy dans le camp catholique et monarchiste tourne donc court très rapidement. Il est engagé comme secrétaire dans les comités catholiques de Louis Pagès, qui préparent la victoire électorale des royalistes, en 1873, et le rétablissement de la monarchie au profit du comte de Chambord. Comme il est renvoyé de ce poste au bout de quinze jours pour manque de zèle et d’exactitude, la recommandation de Blanc de Saint-Bonnet lui permet d’entrer en 1874 à L’Univers, le journal catholique intransigeant et ultramontain de Louis Veuillot, où il ne place que cinq articles de critique littéraire avant d’en être congédié. Il devient ensuite, un mois, secrétaire de Georges Cadoudal, fondateur de la revue La Restauration. Les Assomptionnistes lui ouvrent brièvement les portes du Pèlerin, en 1879-1880 surtout, mais le tiennent à l’écart du lancement de La Croix, ce que Bloy ne leur pardonne jamais. Ces échecs font douter Bloy de son avenir littéraire. Une retraite à la Trappe, une autre à la Grande-Chartreuse suffisent à l’éloigner de la vie monastique. Il mène à Paris une existence précaire de miséreux et de tapeur, place des articles là où il peut, se lie un temps avec Coppée, Huysmans et Villiers de l’Isle-Adam. Il parvient néanmoins à acquérir une notoriété et un succès d’estime ; ses livres, ignorés ou mal accueillis par la critique, ont un public fidèle, hélas ! trop peu nombreux pour mettre l’écrivain et sa famille à l’abri des besoins. Bloy se montre hostile au nationalisme de Barrès et ignore superbement Maurras, dont il réussit à ne jamais écrire le nom dans son Journal de 1892 à 1917. Quant aux Daudet père et fils, il les éreinte joyeusement avec la clique des plumitifs de l’époque qui sont ses cibles de prédilection.
Pourquoi le « parti catholique » ne parvient-il pas à utiliser les talents de polémiste et d’apologète de Bloy ? Dans sa biographie, Maurice Bardèche, qui ne l’aime guère, met en avant ses défauts : orgueil démesuré, paresse, lenteur d’écriture, sensualité, excès d’imagination, individualisme exacerbé, mais surtout irréalisme impénitent et irresponsabilité. Bloy est trop accaparé par le surnaturel pour accorder de l’importance à l’évènementiel, à l’opportunité historique de rétablir la monarchie en France en profitant de la majorité royaliste de la Chambre, de l’élection de Mac Mahon et de l’unification provisoire du camp royaliste (19). Pierre Gaudes évoque plutôt un esprit trop indépendant pour les politiques, trop religieux pour les littéraires et trop artiste pour les religieux (20). Comme P. Gaudes, Michel Arveiller estime que la raison principale de la mise à l’écart de Bloy par ceux qui auraient dû l’accueillir, le soutenir et mettre son style au service de leur cause réside dans le fait qu’ « il n’est pas partie de la famille ». Même converti, l’ancien anarchiste reste inassimilable par les notables conservateurs. Léon Bloy juge d’ailleurs trop sévèrement le milieu où il prétendait s’intégrer pour que cela puisse se réaliser : « Du reste, si une chose me donne de l’horreur et du dégoût, c’est bien le journalisme catholique tel que je le vois pratiqué ici [à L’Univers]. Le Saint Père et l’Église sont la propriété de MM. Veuillot et Cie. […] Du talent, il n’en est pas question, c’et une affaire de monopole et de boutique. Je trouve cela simplement immonde et je le dirai en temps et lieu. (21) »
Les catholiques intégraux et les monarchistes s’accordent avec Léon Bloy sur sa critique du xviiie siècle conforme à la pensée traditionaliste. Il vitupère contre les privilèges de l’argent héréditaire substitués à ceux de la noblesse héréditaire et dissimulés sous le déguisement de la méritocratie républicaine. L’égalité inscrite dans la devise de la République lui semble aussi fausse qu’hypocrite : « Assurément, écrit-il en 1874, s’il y a quelque chose de perdu aujourd’hui, c’est la notion d’aristocratie. Le préjugé veut que tous les hommes soient égaux. La raison et l’expérience disent le contraire. N’importe. Tous les hommes mangent et boivent, donc tous les hommes sont égaux. On en est là. L’abjecte incrédulité du dernier siècle a tellement affaibli les intelligences et perverti les cœurs que cette misère hante même les têtes bien faites. (22) »
Il décrit le siècle des Lumières comme le ferait un peintre : « Les hommes de ce temps grandissent dans une espèce de lumière lavée et trouble à travers laquelle ils aperçoivent le ciel comme un frontispice turquin d’un poème encyclopédique, et la nature comme une idylle à la Deshoulières ou à la Florian, pleine de petits moutons blancs et de petits arbres bleus, découpés sur de petites aurores fleur-de-pêcher et se prolongeant ainsi indéfiniment sous les horizons. » Le décor une fois posé, la scène de bergerie s’anime : « Le singe est la bête d’élection et d’affection du xviiie siècle […]. Ce singe remplace Notre Seigneur Jésus Christ et grimpe sur tous les autels. Il est sous le nom de Voltaire l’avant –dernière incarnation du Moloch et son dernier avatar avant d’arriver à Robespierre qui réalisera la définitive splendeur de son intégrale résurrection. En attendant qu’il boive le sang, il dévore les âmes et travaille son appétit de démon. » Le jugement tombe : « Ce fut une époque superficielle où il semble que tout le monde naissait avec le don de ne rien entendre aux choses supérieures. » Vient ensuite le commentaire doctrinal : « Substitution cartésienne du moi à Dieu dans tous les ordres de faits politiques ou scientifiques, substitution du papier à la loi d’obéissance, refonte générale des constitutions, découverte inespérée des droits de l’homme, système de la nature, système de crédit, système de l’athéisme et de la banqueroute, abdication des privilèges de la noblesse et inauguration des privilèges de la Canaille…(23) »
Mais les positions de Bloy à l’égard de la monarchie ont de quoi choquer les royalistes. Le règne des Bourbons « était, à vrai dire, une pente effroyable qui descendait de Louis XIV et s’en allait, à travers trois règnes de boue, droit au panier de la guillotine (24) ». Sauf Henri IV « dont la vaillance proverbiale avait été un peu soudarde et beaucoup gasconne, on peut dire que l’avènement de ces princes fut l’adieu définitif aux sublimes emportements chevaleresques du Moyen Âge (25) ». Il traite cette dynastie de « race immonde des Bourbon (26) », ses princes sont « si odieux que je n’hésite pas à justifier Napoléon du meurtre du duc d’Enghien, traître à son roi et fomenteur avec son père et l’ignoble comte de Provence, de l’exaspération populaire qui coûta la vie à Louis XVI. Une justice supérieure a déterminé Napoléon. (27) »
Malgré les victoires militaires et la révocation de l’édit de Nantes, qui convient à l’intolérance de Bloy, Louis XIV lui déplaît : « Le protocolaire Louis XIV, chef suprême du bureau des monarchies est l’un des plus médiocres bellâtres qu’on ait jamais vus. » Louis XV ne saurait évidemment trouver grâce à ses yeux : « Le bourbeux Louis XV, très digne de son ascendant, aussitôt après sa mort, ô Juvénal, dut être précipitamment mis en bière par l’effroyable moyen d’une pompe à vidanger et c’est le trait le plus caractéristique de son règne.(28)»
Louis XVI aurait pu trouver grâce à ses yeux, en roi martyr, pitoyable vaincu, comme l’exilé de Sainte-Hélène. Loin s’en faut : « Appuyé sur le nuage des plus vaines espérances qui aient jamais habité a pulpe molle d’un cerveau philanthropique, il put entendre sans indignation les insolentes menaces des parlements et les protestations funambulesques des deux assemblées, assister en roi pacifique à l’égorgement de ses plus fidèles serviteurs, présider entre Talleyrand et Lafayette à la transcendante bouffonnerie de la Fédération […], se coiffer du bonnet rouge et ne jamais désespérer du cœur des Français. La guillotine lui paraît bien inconcevable et bien amère au lendemain d’une si fougueuse rhétorique de fraternité. « Je n’aurais jamais cru », disent les niais. Louis XVI n’a jamais cru et, par conséquent, jamais douté.(29) » Pour Bloy, tout Louis XVI se résume dans l’assentiment à la révolution bourgeoise de 1789-1790. Sa faiblesse est l’antithèse de la grandeur héroïque qui sied à un souverain : « Tout était dans la main de cet homme ; les quatre cent mille Allemands fidèles de Bouillé ; la noblesse terrienne non corrompue qui se fût levée de toutes les provinces à l’appel de son suzerain menacé ; à la frontière, une Europe sympathique et d’ailleurs intéressée au salut de ce trône, et, à défaut de tout cela, la fuite. La fuite dont les timides animaux trouvent l’énergie et dont il fut incapable ! Il ne sut même pas fuir, l’ayant entrepris, et se fit arrêter au dernier moment, comme un malfaiteur évadé, par une poignée de goujats.(30) »
La Restauration au profit des frères de Louis XVI est illégitime puisque Bloy croit fermement que Naundorf est Louis XVII, le roi légitime évadé de la prison du Temple que ses oncles et sa sœur privent du trône de France (31) : « Et quand Napoléon a cessé de barrer l’espace qui est sous le ciel, cela continue ignoblement avec le sac d’excrément qui s’est appelé Louis XVIII et son imbécile puîné Charles X, tous deux fratricides et supplanteurs dégoûtants de leur neveu, l’infortuné Louis XVII, aussi peu capables l’un et l’autre d’un éclair d’intelligence que d’un mouvement de courage ou de bonté magnanime. On ne finirait pas de prostituer l’imagination s’il fallait parler de Louis-Philippe, du capitulard de Sedan, des présidents de notre salope de République… (32)» En réalité Bloy se projette dans cette figure de proscrit, victime d’une immense conspiration d’injustice : « Quand j’écrivais Le Fils de Louis XVI, j’ignorais encore que Louis XVII, c’était moi-même, simplement. […] Comment de telles tribulations auraient-elles pu convenir à un autre personnage et quel autre que le fils de tous les rois aurait-il pu les supporter ?(33) ».
Quant au comte de Chambord, dont Bloy servit la cause sans y croire en 1873, il écrit en 1908 : « Les derrières cuisaient encore de la botte allemande. On ne parlait que de retourner à Dieu […]. On se cramponnait éperdument au comte de Chambord, supposé le Grand Monarque annoncé par des prophéties et dont la bedaine illégitime devait tout sauver.(34)»
En revanche, Bloy aime Napoléon parce qu’il le voit en génie victorieux et en vaincu héroïque. Incapable d’analyser rationnellement le bilan désastreux des Cent-Jours, il ne perçoit qu’un geste grandiose, l’Aigle volant miraculeusement de clocher en clocher. Le destin romantique de Bonaparte, élevé au sommet et précipité dans l’abîme, ne peut résulter, selon lui, que d’une intervention divine : « J’ose conclure au symbolisme prophétique dans l’épopée napoléonienne. […] C’est sa destinée qui s’est dénouée. C’est le projectile de Dieu qui avait fini sa parabole et qui, naturellement, retombait. […] Et cette grandiose chevauchée de victoires, apparue entre les putritudes roses du xviiie siècle et les abjections bourgeoises du xixe, ressemble aujourd’hui à un impossible songe.(35) » Sans être vraiment bonapartiste, Bloy éprouve la nostalgie de la grandeur impériale sans voir la contradiction entre cette admiration pour Bonaparte et ses proclamations de la supériorité du pape, ni son exécration pour le Concordat pourtant signé par le Premier consul : « Énorme sacrilège que la substitution du Salvam fac republicam au Salvum fac regem du texte sacré. Rien n’est plus semblable au reniement de Pierre que le Concordat.(36) » Il lit et relit le récit des campagnes napoléoniennes : « Tout livre se référant à ce prodigieux me fait pantelant, haletant, presque sanglotant, comme si Dieu passait.(37) » À la mort du prince impérial, il est « saturé d’une mélancolie presque surhumaine » ; la France ne peut plus rien attendre « puisque les Bourbons actuels ne comptent pas plus que des fantômes […] à moins pourtant que l’excès de son opprobre n’eût été précisément calculé pour la souterraine germination de quelque Sauveur inconnu dont l’avènement ne serait possible qu’en l’absence absolue de compétition(38) ».
LÉON BLOY ET LA RÉPUBLIQUE

Léon Bloy parle rarement de la Ire République. En 1874, on trouve des échos sans originalité des lectures de Joseph de Maistre auquel il se réfère : Révolution satanique, valeur expiatoire de la Terreur(39). Hésitant sur la gloire des soldats de la Révolution, il lui arrive de mentionner « l’enthousiasme de 92 (40) » et de le mettre ailleurs au rang des « fortes blagues dont le lyrisme révolutionnaire nous a saturés (41) ». Bizarrement il aborde avec réserve les persécutions antireligieuses de la Révolution. À propos d’une brochure sur « Les six cent prêtres martyrs des îles de la Charente », il reproche à l’auteur d’avoir utilisé « la qualification de martyre si facilement prodiguée par la sentimentalité moderne. Sans doute, il dut y avoir parmi ces malheureux prêtres de saintes âmes résignées à l’acceptation ; mais combien d’autres expièrent d’étranges infidélités sacerdotales !(42) » La mort de Marie-Antoinette l’émeut davantage, parce qu’il y voit une de ces victimes de l’injustice dont il se sent spontanément solidaire : « Jusqu’au 16 octobre 1793, on avait vu des reines décapiter des reines, on n’avait pas vu de reine guillotinée juridiquement par la Canaille, cette goujate majesté des temps actuels. Un tel arrêt ne devait pas manquer à la jurisprudence des abolisseurs de Dieu.(43) »
En réalité, la IIIe République intéresse plus Bloy que la Ire République. Née de la défaite, la République sous laquelle il souffre est l’objet de toute sa détestation : « La décrépitude originelle de cette bâtarde de tous les lâches est à faire vomir. Jézabel de lupanar, fardée d’immondices, monstrueusement engraissée de fornications, toute bestialité de goujat s’est assouvie dans ses bras et elle ressemble à quelque très antique Luxure qu’on aurait peinte sur la muraille d’un hypogée. (44)» L’interprétation de l’histoire par Bloy suit une méthode transposée de l’exégèse symbolique que lui a enseignée l’abbé Tardif de Moidrey, vers 1880. Son herméneutique s’inspire aussi de révélations personnelles qu’il croit avoir reçues. Il cherche « la main de Dieu dans les ténèbres de l’histoire.(45) » Le monde, selon lui, suit la loi d’airain d’une déchéance implacable, jusqu’à ce que vienne, à la fin des temps, le Consolateur des pauvres, le règne de l’Esprit-Saint qui rendra justice aux opprimés. « La France, écrit-il en 1908, ne veut plus de roi, ni de reine, ni de Dieu, ni d’Eucharistie, ni de pénitence, ni de pardon, ni de paix, ni de guerre, ni de gloire, ni de beauté, ni de quoi que ce soit qui donne la vie ou la mort. (46)» Adoptant une posture millénariste, Bloy déclare attendre « les cosaques et le Saint-Esprit (47)» dans un avenir très proche. Le dernier régime politique que la France connaît ne peut donc être que le pire, la République.
Le 14 juillet, devenu fête nationale en 1880, est qualifiée de « fête nationale du goujatisme (48) ». Le suffrage universel attire inexorablement ses sarcasmes : « Le suffrage universel est un mal sans remède et, pour mon compte, je le crois un mal absolu. C’est un monstre et une antinomie dans le goût d’une pyramide qui reposerait sur la pointe. (49) » Une bombe explosant à la Chambre et blessant une cinquantaine de personnes le laisse indifférent (50). Le pessimisme désespéré de Bloy le porte à penser que « tout est rejeté parce que nous touchons à une époque mystérieuse où Dieu veut agir tout seul, comme il lui plaira (51) ».
Le ralliement de Léon XIII à la République et, plus tard, les tentatives de paix de Benoît XV pendant la Première Guerre mondiale lui semblent des trahisons qui mettent à l’épreuve sa fidélité affichée au souverain pontife. Lorsqu’il apprend la mort de Léon XIII, il note dans son journal : « Il y a plus de vingt ans que j’attends son successeur. (52) » Il n’épargne pas plus les catholiques qui cherchent un compromis avec leur siècle que ses anciens amis royalistes. Fidèle au catholicisme intégral de L’Univers, il attaque avec prédilection ceux que nous appellerions les catholiques de progrès : « Les catholiques modernes, monstrueusement engendrés de Manrèze (sic) et de Port-Royal, sont devenus en France, un groupe si fétide que, par comparaison, la mofette maçonnique ou anticléricale donne presque la sensation d’une paradisiaque buée de parfums… (53)» Mais plus loin, d’autres diatribes visent l’ensemble de ses coreligionnaires, encore qu’il évite alors d’employer la première personne du pluriel afin de montrer qu’il n’appartient pas au troupeau ainsi vilipendé : « Les catholiques déshonorent leur Dieu, comme jamais les juifs et les plus fanatiques antichrétiens ne furent capables de le déshonorer. […] C’est l’enfantillage volontaire d’accuser ces pleutres de scélératesse. La surpassante horreur, c’est qu’ils sont médiocres. (54) »
LA POSTÉRITÉ DE LÉON BLOY
Après la Première Guerre mondiale, Léon Bloy, mort en 1917, jouit d’une reconnaissance posthume de la part de la nouvelle génération. Si les contradictoires et flamboyantes imprécations de Léon Bloy le tiennent à l’écart des manuels scolaires de littérature, elles permettent à des courants intellectuels opposés de le revendiquer dans leur patrimoine. Parmi les lecteurs de Bloy, il faudrait citer des personnalités aussi diverses que le peintre Georges Rouault ou, hors de France, le philosophe Nicolas Berdiaev, Thomas Merton, Maurice Maeterlinck et Franz Kafka pour Le Salut par les juifs (55).
Jean Guitton évoque dans un discours « un ordre de prophètes, ordre laïc, qui s’est constitué en France : je songe à la lignée qui de Joseph de Maistre va jusqu’à Léon Bloy, Péguy, Mounier, Bernanos et tant d’autres (56)». La première descendance de Bloy, dans cette filiation, ce sont les écrivains de la droite catholique des années 1930, Bernanos surtout (57), mais aussi Claudel et même Daniel-Rops et Mauriac, féroce contempteur du monde bourgeois catholique, et bien sûr, Jacques et Raïssa Maritain.
Les revues littéraires de la droite catholique de l’entre-deux-guerres citent souvent Léon Bloy avec Hello, Péguy et Bernanos. Les hommes de cette mouvance se veulent spiritualistes, révolutionnaires, anti-capitalistes, ennemis du « désordre établi » et font leurs les féroces critiques de Bloy contre la IIIe République et la bourgeoisie. Jean-Louis Loubet del Bayle cite La Jeune Droite autour de Jean Maxence, fondateur des Cahiers (1928-1931) ; la revue Réaction (1920-1932) fondée par des jeunes proches de l’Association des Étudiants d’Action française ; La Revue du Siècle (1933-1934) fondée par Gérard de Catalogne à laquelle collabore Jean de Fabrègue (58).
Léon Daudet fait figurer Léon Bloy, en 1895, sous le nom de Robert Scipion dans Les Kamchatka, « livre où je suis traîné sur quelques fumiers », note Bloy dans Le Mendiant ingrat (59). Mais en 1930, quand Bloy a atteint la notoriété, il lui consacre un article dans La Revue universelle. L. Daudet se garde d’y aborder les opinions politiques et les jugements de Bloy sur l’histoire de la France contemporaine, mais souligne son exécration du xixe siècle et la conspiration du silence dont il fut victime, sans signaler que les journaux royalistes y eurent leur part (60).
L’influence de Bloy s’exerce aussi dans le courant chrétien démocrate, notamment avec la revue Esprit d’Emmanuel Mounier, qui évolue vers une gauche catholique fort éloignée des positions de Léon Bloy. Michel Winock mentionne la présence à Esprit de Michel Moré « disciple de Bloy, grand lecteur de Huysmans (61)». Mais au début des années 1930, Esprit exprime un désir de rupture entre « l’ordre chrétien et le désordre établi », un rejet du monde bourgeois qui le rapprochent de Léon Bloy, comme cette conclusion de Mounier qui évoque l’attente eschatologique de Bloy : « Il est grand temps que le scandale arrive.(62) » Une figure majeure du catholicisme social, Stanislas Fumet, publie, en 1935, Mission de Léon Bloy (63) ; il dirige, en 1937, Temps présent, puis, pendant l’Occupation, fonde dans la clandestinité des Cahiers du Témoignage chrétien auxquels collabore un autre admirateur de Bloy, Pierre Emmanuel.
Les écrivains d’une droite extrême, comme Lucien Rebatet, relisent Bloy pour son intolérance, la violence de son langage, ses tirades contre l’ordre bourgeois, la ploutocratie, le suffrage universel, le clergé rallié à la République, pour lesquelles ils placent Bloy dans leur lignée de pamphlétaires. Son nom se trouve souvent dans les pages web des groupes de cette mouvance qui lisent Bloy en l’amputant de sa fidélité indéfectible, quoique critique, au catholicisme et au pape.
Le 3 mai 1925, quand les amis de Bloy inaugurent une grande croix de granit sur sa tombe à Bourg-la-Reine, ils trouvent une gerbe de roses rouges barrée d’un ruban noir où se lit l’inscription : « Le groupe anarchiste de Bourg-la-Reine à Léon Bloy, le défenseur des pauvres.(64)» Bloy anarchiste ? Autre lecture possible qui ne retient que sa révolte et fait abstraction de sa foi chrétienne, de son mysticisme, de sa soumission perpétuelle à la divine Providence et de son secret : « Une extraordinaire dilection pour les âmes, un amour qu’auraient pu comprendre les tendres hommes du Moyen Âge, qui étaient doux, comme il est doux, et qui aimaient les larmes comme il les aime.(65) »
LE GÉNIE
CONCLUSION
L’incohérence politique de Léon Bloy et son indifférence à cet égard montrent qu’il ne faut pas juger ses déclarations successives comme des engagements dans le champ politique empirique, mais comme une éthique et une esthétique : Bloy est un émigré de l’intérieur ne trouvant jamais durablement sa place dans un parti, une revue ou un domicile. Son passé révolutionnaire et son incapacité à s’incorporer au camp traditionaliste indiquent qu’il ne résiste pas à la Révolution, comme les conservateurs ou les réactionnaires, mais qu’il construit un bastion inexpugnable contre l’esprit bourgeois qu’il assimile à la philosophie des Lumières et à la Révolution. Ainsi s’inscrit-il dans la lignée des écrivains antimodernes dessinée par Alain Compagnon en transformant « une marginalité politique et un handicap idéologique en un atout esthétique (66) »."
Jean-François Galinier-Pallerola, historien
(1)Réponse de M. Jean Guitton au discours de M. Pierre-Henri Simon, Discours prononcé dans la séance publique, le jeudi 9 novembre 1967, Paris, Palais de l’Institut.
(2)Léon Bloy, Le Désespéré, 1886, Paris, La Table ronde, 1997, p.26.
(3)Ibid. Maurice Bardèche, Léon Bloy, Paris, La Table ronde, 1989, p.36, donne cette citation et renvoie aux Textes philosophiques d’Herzen, t. II, édition de Moscou.
(4)« L’Archiconfrérie de la Bonne Mort, 5 décembre 1892 », dans Le Mendiant ingrat (1892-1895), Journal, t. I, Paris, Robert Laffont, 1999, p. 47. Bloy date donc du Second Empire l’essor simultané de la mentalité bourgeoise et de l’anarchisme.
(5)Ibid., p.46-49. C’est Bloy qui utilise les lettres capitales pour la phrase de conclusion. Il indique que « l’Archiconfrérie dont il est parlé n’est autre que l’Anarchie explosive et militante ».
(6)« 1er septembre 1902, à Rachilde en réponse à son article sur l’Exégèse des lieux communs », dans Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne (1900-1904), Journal, t. I, p.429.
(7) Jacques Maritain, « Le secret de Léon Bloy », cité dans Léon Bloy, Le Pèlerin de l’absolu (1910-1912), Journal, t. II, p.306.
(8) Michèle Fontana, Léon Bloy. Journalisme et subversion 1874-1917, Paris, Honoré Champion, 1998, p. 241. L’auteur renvoie l’introduction aux Propos d’un entrepreneur en démolition, paru en 1905. Elle note que Bloy garde des liens avec Marc Sangnier, dont il réprouve pourtant le républicanisme, parce que le fondateur du Sillon va vers les pauvres (p. 256).
(9) Michel Arveiller, « Le Harki du saint troupeau, Léon Bloy et le parti catholique », dans M. Arveiller et Pierre Gaudes, Léon Bloy, Cahier de l’Herne, 1988, p. 266.
(10) Lettre citée dans M. Bardèche, Léon Bloy, p. 26-27.
(11)Le Désespéré, p. 256-257. C’est Bloy qui souligne.
(12)Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880), philosophe catholique conservateur et royaliste dans le courant du catholicisme social du comte Albert de Mun. Son livre, De la douleur (1849), exerce une forte influence sur Léon Bloy.
(13)M. Bardèche, Léon Bloy, p. 53-55
(14)Lettre citée dans M. Fontana, Léon Bloy. Journalisme et subversion 1874-1917, p. 45.
(15)Lettre datée probablement de 1870 citée dans M. Fontana, Léon Bloy. Journalisme et subversion 1874-1917, p. 45.
(16)« 19 mai 1897 », Mon journal (1896-1900), Journal, t.I, p. 201
(17)« L’Archiconfrérie de la Bonne Mort, 5 décembre 1892 », Le Mendiant ingrat, Journal, t. I, p. 47.
(18)« 16 juillet 1897 », Mon journal (1896-1899), Journal, t. I, p. 207.
(19)L’intransigeance du comte de Chambord sur le drapeau blanc, symbole d’une monarchie de droit divin et non octroyée par un parlement, fait échouer le projet.
(20)Voir Introduction générale, Journal, t. I.
(21)Lettre de Léon Bloy à Blanc de Saint-Bonnet en 1873 citée dans M. Arveiller, « Le Harki du saint troupeau, Léon Bloy et le parti catholique », p. 270.
(22)« La légitimité par M. Blanc de Saint-Bonnet l’auteur de La Restauration française », article inédit, janvier 1874, dans Œuvres, t. V, Paris, Mercure de France, 1974, p. 26.
(23)La Chevalière de la mort, 1891, dans Œuvres, t. V, Paris, Mercure de France, 1966, p. 29-30.
(24)Ibid., p. 30.
(25)Le Fils de Louis XVI, 1900, dans Œuvres, t. V, p. 155.
(26)« Dédicace au Fils de Louis XVI, 28 mars 1914 », Au seuil de l’Apocalypse (1913-1915), Journal, t. II, p. 382.
(27)« 16 avril 1900 », Le Vieux de la montagne, Journal (1907-1910), t. II, p. 80.
(28)L’âme de Napoléon, 1912, dans Œuvres, t. V, p. 55
(29)La Chevalière de la mort, p. 38.
(30)Ibid., p. 41.
(31)Voir Le Fils de Louis XVI.
(32)L’Âme de Napoléon, p. 55.
(33)« Dédicace au Fils de Louis XVI, 8 novembre 1910 », Le Pèlerin de l’absolu (1910-1912), Journal, t. II, p. 193.
(34)Celle qui pleure (Notre-Dame de La Salette), 1908, dans Œuvres, t. X, Paris, Robert Laffont, 1970, p. 118.
(35)« Le mancenillier du 20 mars », Le Pal, n°3, 23 mars 1885, dans Œuvres, t. IV, Paris, Robert Laffont, 1955, p. 77.
(36)« Septembre 1894 », Le Mendiant ingrat, Journal, t. I, p. 105
(37)« 4 décembre 1897 », Mon Journal, Journal, t. I, p. 31.
(38)La Chevalière de la mort, p. 76. C’est Bloy qui utilise les lettres capitales.
(39)Erreurs et mensonge historiques par Charles Barthélemy, Etudes historiques pour la défense de l’Eglise par Léon Gauthier, dans Œuvres inédites, p. 46.
(40)Le Pal, n°5, 1885, dans Œuvres, t. IV, p. 71.
(41)Un démolisseur de plus, dans Œuvres inédites, p. 207.
(42)« 1er août 1893 », Au seuil de l’Apocalypse (1913-1915), p. 357.
(43)La Chevalière de la mort, p. 24.
(44)« La république des vaincus », Le Pal, n°3, 23 mars 1885, dans Œuvres, t. IV, p. 68.
(45)Histoire de France contée à Véronique et Madeleine (Introduction inachevée), Journal, t. II, p. 644.
(46)Celle qui pleure, dans Œuvres, t. X, p. 190. Cette reine rejetée est la Vierge Marie.
(47)Au seuil de l’Apocalypse, Journal, t. II, p. 497.
(48)« 14 juillet 1892 », Le Mendiant ingrat, Journal, t. I. p. 31. Mais Bloy regardera le feu d’artifice de son appartement avec des amis en 1888. Voir « Lettre 130 de Léon Bloy à Maurice Fleury, 13 juillet 1888 », Lettres, correspondance à trois, Léon Bloy, J.-K. Huysmans, Villiers de l’Isle-Adam, Vanves, Thot, 1980.
(49)« Les cadets du suffrage universel » (avril 1884), dans Œuvres inédites, p. 106.
(50)« 10 décembre 1893 », L’Archiconfrérie de la mort, Journal, t. I, p. 46-49.
(51) « Mars 1897, Lettre à Henri Provins », Mon Journal, Journal, t. I, p. 197.
(52)« 21 juillet 1903 », Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne, Journal, t. I, p. 493.
(53)Le Désespéré, p. 136.
(54)Ibid., p. 138-139. Le soulignement, indiqué par les majuscules, est de Bloy. M. Bardèche, Léon Bloy, p. 178, cite ce texte en renvoyant au Pal, n°4, dans Œuvres, t. IV, p. 82. Bloy réutilise souvent certains textes d’une publication à l’autre.
(55) L’encyclopédie de l’Agora cite aussi d’autres écrivains et journalistes : // agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Leon_Bloy. Léon Bloy publie Le Salut par les Juifs en 1882 en réponse au livre d’Edouard Drumont, La France juive, 1886.
(56) Jean Guitton, Réponse de M. Jean Guitton au discours de M. Pierre-Henri Simon.
(57)Voir Georges Bernanos, « Dans l’amitié de Léon Bloy », Essais et écrits de combat, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1968, p. 1233.
(58)Voir Jean-Louis Loubet del Bayle, Les Non-Conformistes des années trente, Paris, ed. du Seuil, 2001.
(59)Le Mendiant ingrat, Journal, t. I, p. 150.
(60)Voir Léon Daudet, « Léon Bloy », La Revue universelle, n°20, 1930.
(61)Michel Winock, Esprit, des intellectuels dans la cité, 1930-1950, Paris, Ed. du Seuil, 1996.
(62)Emmanuel Mounier, Esprit, n°6, mai 1933, cité dans J.-L. Loubet del Bayle, p. 265.
(63)Stanislas Fumet, Mission de Léon Bloy, Paris Desclée de Brouwer, 1935.
(64) Joseph Bollery, Léon Bloy, sa maturité, sa mort, du « Mendiant ingrat » à « La porte des humbles » 1895-1917, Paris, Albin Michel, 1954, p. 407.
(65) J. Maritain, « Le secret de Léon Bloy », cité dans Léon Bloy, Le Pèlerin de l’Absolu, Journal, t. II, p. 306. Maritain se réfère à l’énergie déployée par Léon Bloy pour assurer les saluts des âmes en s’efforçant de convertir ses connaissances au catholicisme et à une vie sacramentelle intense.
(66)Antoine Compagnon, Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes, Paris, Gallimard, 2005, p. 447.
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