Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

21/07/2011

La vie en vaut la peine ne serait-ce que pour ces lumineux petits plaisirs.

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=

 

Mon roman au point mort depuis des mois et des mois et des jours et des nuits. Je ne l'ouvre même plus. Et ça n'est même pas la crampe de l'écrivain. Dégoût. Dépit. Nausée. Inconsciemment, je sais que mon cerveau note les moindres palpitations nerveuses, émotionnelles, striures émergeantes du creuset des souvenirs qui me traversent dans la banalité de mon quotidien. Travailler. Tenir tête. Considérer mon fils qui se tait. Regarder ma fille fuir mon regard, avec ce mélange de crainte, de colère ravalée et de fierté mal placée qu’ont les jeunes femmes de son âge. Ces derniers jours, mon modeste I-Pod shuffle me donne beaucoup d’air pur, me préserve un refuge à l’abri des cons et des abrutis que je me dois de tolérer, de supporter, d’admettre tout au long de ma journée de travail. Mon Cadre étant en vacances neuf heures de musique sur les oreilles, je me perd dans les allées des meubles contenant les livres, les cds, les dvds et j’exécute, scrupuleusement ma tâche, avec sérieux, mais comme un automate programmé par bientôt 20 ans de présence au même poste tant bien que mal, soutenu que je suis par le chant de Chris Cornell, la guitare de Frank Marino ou David Grissom, le puslations du saxophone de John Coltrane ou les gémissements existentialistes de la trompette de Miles Davis. Et je lis Ernst Jünger. Ma vie est ce qu’elle est. Un écrivaillon dans le creux de son époque nauséabonde qui survit comme il peut. J’aime encore boire du vin et faire l’amour, même si le vin, en ce moment, m'est interdit pour des raisons de santé... mais ça reviendra, je m'y attelle. La vie en vaut la peine ne serait-ce que pour ces lumineux petits plaisirs.

15:42 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Comme l'écrivait Marx, "tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée et tout ce qui était sacré est profané"

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Il apparaît en effet évident que l'accumulation du Capital (ou "Croissance") ne pourrait se poursuivre très longtemps si elle devait s'accommoder de l'austérité religieuse, du culte des valeurs familiales, de l'indifférence à la mode ou de l'idéal patriotique. Il suffit d'ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure pour constater, au contraire, que la "croissance" ne peut trouver ses bases psycho-idéologiques réelles que dans une culture de la consommation généralisée, c'est à dire dans cet imaginaire "permissif", "fashion" et "rebelle" dont l'apologie permanente est devenue la principale raison d'être de la nouvelle gauche (et qui constitue parallèlement le principe même de l'industrie du divertissement, de la publicité et du mensonge médiatique).

Comme le souligne Thomas Frank "c'est le monde des affaires qui, depuis les plateaux de télévision, et toujours sur le ton hystérique de l'insurrection culturelle, s'adresse à nous, choquant les gens simples, humiliant les croyants, corrompant les traditions et fracassant le patriarcat. C'est à cause de la nouvelle économie et de son culte pour la nouveauté et la créativité que nos banquiers se gargarisent d'être des révolutionnaires et que nos courtiers en bourse prétendent que la détention d'actions est une arme anticonformiste qui nous fait entrer dans le millénaire rock'n'roll."

C'est donc parce qu'une "économie de droite" ne peut fonctionner durablement qu'avec une "culture de gauche" que les dictatures libérales ne sauraient jamais avoir qu'une fonction historique limitée et provisoire : celle, en somme, de "remettre l'économie sur ses rails" en noyant éventuellement dans le sang (sur le modèle indonésien ou chilien) les différents obstacles politiques et syndicaux à l'accumulation du Capital.

A terme, c'est cependant le régime représentatif (dont l'ingénieux système électoral, fondé sur le principe de l'alternance unique, constitue l'un des verrous les plus efficaces contre la participation des classes populaires au jeu politique) qui apparaît comme le cadre juridique et politique le plus approprié au développement intégral d'une société spectaculaire et marchande ; autrement dit d'une société en mouvement perpétuel dans laquelle, comme l'écrivait Marx, "tout ce qui avait solidité et permanence s'en va en fumée et tout ce qui était sacré est profané". »

Jean-Claude Michéa, La double pensée, retour sur la question libérale

07:03 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook