05/06/2012

Tout à l’écurie respirait la joie de vivre

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« Tout à l’écurie respirait la joie de vivre ; les chevaux étaient debout dans la paille dont les brins leur chatouillaient le ventre. On trouvait toujours deux ou trois autres chevaux-légers auprès de Wittgrewe, des anciens de troisième année. J’y appris comment on panse sa monture après une longue chevauchée, comment on lui prépare sa litière, on la bouchonne, on lui tâte les paturons, on place devant elle de l’eau où l’on a versé de la paille hachée pour qu’elle ne boive pas trop goulûment, comment on la soigne et on la cajole, jusqu’à ce qu’elle vous pose la tête sur l’épaule et souffle à travers ses naseaux. J’appris aussi les arcanes du service d’écurie chez les châtelains et les paysans, j’appris à boire de l’eau-de-vie, à fumer des pipes demi longues à fourneau peint, à jouer aux cartes et autres arts sans lesquels nul ne peut faire un bon hussard. »

Ernst Jünger, Abeilles de verre

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