29/03/2013
La chambre, les quatre murs, c’est intenable
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« La chambre, les quatre murs, c’est intenable. Il faut bouger. On ne sait plus quelles rues éviter, celles qu’on connaît parce qu’on les connaît, celles qu’on ne connaît pas pour la même raison, ou pour une autre. Je soupçonne mes semelles de n’avoir pas été faites pour ces trottoirs, mes jambes pour ces pantalons, ni ma patience pour cette attente. Hauts faits, bas faits, acrobaties, records, le plus difficile c’est de respirer. »
Jacques Rigaut, "Lord Patchogue", texte publié dans le numéro 203 de la "Nouvelle Revue Française" en août 1930
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Une Nation procédurale...
=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=
Alain Finkielkraut dans un entretien donné au Journal "Le Point" datant du 16 Juillet 2009 :
« On propose à nos sociétés un avenir multiculturel, et le grand paradoxe du multiculturalisme, c’est que toutes les cultures sont les bienvenues à l’exception d’une seule, la culture du pays hôte. Pour être authentiquement multiculturelle, pour accueillir la diversité comme il se doit, la France est tenue de ne plus être une nation substantielle, mais une nation procédurale simplement vouée à organiser la coexistence des communautés qui la composent. »
Une nation procédurale. Tout est dit. La négation de la substance d'un pays, d'un peuple, de son héritage, de ses possibles. C'est Bruxelles et ses procédures. Soyons à l'image de la Capitale zéropéenne, jusqu'à la lie, jusqu'au bout du bout, à l'image de sa dictature molle qui nous étouffe comme une tonne de chamallow qu'on nous enfoncerait dans la bouche.

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La vie humaine n'est qu'un songe
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« Le 26 Mai 18..
(...) La vie humaine n'est qu'un songe ; c'est ce que beaucoup ont pensé et cette idée ne cesse de me poursuivre. Quand je considère les étroites limites dans lesquelles sont considérées les facultés actives et intellectuelles de l'homme ; quand je vois que tous leurs efforts s'épuisent à satisfaire des besoins, qui n'ont d'autres buts de prolonger notre malheureuse existence ; que toute notre tranquillité, sur certains points de la science, n'est qu'une résignation fondée sur des rêves, produite par cette illusion qui couvre les murs de notre prison de peintures variées et de perspectives lumineuses ; tout cela rend muet, mon ami ; je rentre en moi-même, et j'y trouve un monde ! mais un monde fantastique, crée par des pressentiments, de sombres désirs et qui n'a aucune vivante action. Couvert d'un nuage épais, tout nage, tout flotte devant moi, et je m'enfonce en souriant dans ce chaos de rêves.
Gouverneurs, pédagogues, instituteurs, tous sont d'accord que les enfants ne savent ce qu'ils veulent. Mais que nous autres, grands enfants, parcourons ce globe en chancelant, sans savoir d'où nous venons, où nous allons ; que comme les petits, nous agissons sans but ; que comme eux, nous nous laissons mener par des gâteaux, des bonbons et la verge, c'est ce que personne ne veut croire volontiers, et à mon avis cependant cela crève les yeux.
Au reste, je t'accorde bien volontiers ( car je sais ce que tu vas me répondre ) que ceux-là sont les plus heureux qui, comme les enfants, vivent au jour la journée, traînent leur poupée çà et là, l'habillent, la déshabillent, passent et repassent avec grand respect devant le tiroir où la maman tient les sucreries, et quand elle leur en donne, les dévorent avec avidité et se mettent à crier : encore, encore ! Oui, voilà de fortunées créatures ! Heureux aussi ceux qui donnent un titre imposant à leurs futiles occupations ou même à leurs passions, pour les présenter au genre humain comme des oeuvres de géant, entreprises pour son salut et sa prospérité. Encore une fois, grand bien leur fasse, à eux et à qui peut penser comme eux.
Mais celui qui dans son humilité reconnaît le néant où toutes ces vanités doivent aboutir ; celui qui voit le bourgeois aisé arranger son petit jardin comme un paradis ; qui voit le malheureux sous le fardeau qui l'accable, se traîner sur le chemin sans se rebuter ; et tous ceux enfin également intéressés à contempler une minute de plus la lumière du soleil ; celui-là, dis-je, est tranquille, il crée son univers en lui-même, il est aussi heureux d'être homme. Quelque limité que soit son pouvoir, il entretient toujours dans son coeur le doux sentiment de la liberté ; il sait qu'il peut quitter cette prison quand il lui plaira. »
Johann Wolfgang von Goethe, Les Souffrances du jeune Werther

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