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09/04/2013

Supplique à une jeune passante

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Fille en short, qui ronges tes ongles en tortillant du cul,
les garçons te regardent -
tu as plus d’importance, semble-t-il,
que Gaughin ou Brahma ou Balzac,
plus, en tout cas, que les crânes qui nagent à nos pieds,
ta démarche hautaine brise la tour Eiffel,
fait tourner les têtes des vieux vendeurs de journaux à la sexualité
éteinte depuis longtemps ;
tes bêtises réfrénées, ta danse de l’idiote,
tes grimaces délicieuses – ne lave jamais tes sous-vêtements
sales, ne chasse jamais tes actes d’amour
à travers les allées résidentielles -

ne nous gâche pas ça
en accumulant kilos et fatigue,
en acceptant la télévision et un mari gnangan ;
n’abandonne jamais ce déhanchement maladroit et inepte
pour arroser la pelouse le samedi -
ne nous renvoie pas à Balzac ou à l’introspection
ou à Paris
ou au vin, ne nous renvoie pas
à l’incubation de nos doutes ou au souvenir
du frétillement de la mort, salope, affole-nous d’amour
et de faim, garde les requins, les requins sanglants
loin du coeur. »

Charles Bukowski, Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines

18:45 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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