26/06/2013
Couper des têtes et remplir des prisons
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« S’indigner consiste à rejeter dans l’indignité les gens qui nous indignent, par conséquent à les chasser du Bien, où l’on trône avec notre dignité, pour les rejeter dans le Mal, où ils pourriront avec les autres indignes. C’est une arme idéologique qu’ont utilisée tous les dictateurs. L’indignation a beaucoup servi aux inquisiteurs de l’Eglise catholique, ainsi qu’aux révolutionnaire et contre-révolutionnaires français. Et russes. S’indigner c’est se hisser sur le socle de la morale pour faire la loi idéologique et politique, celle-ci consistant le plus souvent à couper des têtes et à remplir des prisons. »
Patrick Besson, Patrick Besson au Point
23:38 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Mes prochaines années ne sont plus si nombreuses. Mais je m’obstine à leur faire confiance.
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Arriéré ? Peut-être. Réactionnaire ? Oui et non.
Je ne suis pas hostile à réagir contre la bêtise - et d’abord contre la mienne -, contre l’oubli qui menace, contre la laideur qui monte dans notre monde affolé par l’argent, contre les risques de destruction d’une planète dont le sort est désormais entre nos mains. Mais les regrets ne sont pas mon fort. Je laisse le temps couler et, si j’osais, je l’encouragerais à le faire. Conservateur ? Sûrement pas. J’ai été fasciné par le passé, par le passé de l’univers, par le passé des hommes, par mon propre passé. Au plaisir de Dieu est un éloge ironique des miens et de ma jeunesse parmi eux. Mais ce qui m’a toujours intéressé, beaucoup plus que le passé et presque autant que le présent, c’est l’avenir. La vie n’est faite que de matins. Le monde n’est fait que d’enfants. J’ai fait mienne la formule de Woody Allen : "L’avenir m’intéresse parce que c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années." Mes prochaines années ne sont plus si nombreuses. Mais je m’obstine à leur faire confiance. Puisque nous sommes dans le temps, il faut aimer notre destin. Amor fati. »
Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait
16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Une société de gogos
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

« La vieille dame à qui vous offrez, dans l’escalier du métro, de porter sa valise, refuse en serrant la main avec énergie sur la poignée de ladite: elle vous a pris pour un détrousseur. La jeune femme à qui vous offrez votre place dans l’autobus ne remercie jamais et s’assoit d’un air pincé: elle vous a pris pour un entreprenant. Le monsieur à qui vous offrez, sur le trottoir, un billet de cinéma qui vous est resté pour compte, parce que Gaby ne veut pas voir de films tristes, et que le cinéma ne rembourse pas, fait beaucoup d’embarras et finalement refuse: il vous a pris pour le revendeur marron d’un billet périmé qui va lui causer des ennuis. Le gosse à qui vous offrez, sur le trottoir, un billet de cirque qui vous a été donné par une oeuvre de bienfaisance, vous regarde avec trouble, pique un fard, refuse, « justement il a une course à faire »: il vous a pris pour un satyre. Bref, à tous les échelons, cette société vit sur ses gardes, contre tout et contre tous, âprement défendu par devant, mais ouverte à qui veut par derrière. Car – et c’est sans doute le plus curieux de l’histoire – cette société de défiants et aussi une société de gogos. »
Henry de Montherlant, Le fichier parisien

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook




















































