27/09/2013
Il n’existe plus de substance saine
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« Puisque, par le temps qui court, il n’existe plus de substance saine, puisque le vin qu’on boit et que la liberté qu’on proclame, sont frelatés et dérisoires, puisqu’il faut enfin une singulière dose de bonne volonté pour croire que les classes dirigeantes sont respectables et que les classes domestiquées sont dignes d’être soulagées ou plaintes, il ne me semble, conclut des Esseintes, ni plus ridicule ni plus fou, de demander à mon prochain une somme d’illusion à peine équivalente à celle qu’il dépense dans des buts imbéciles chaque jour, pour figurer que la ville de Pantin est une Nice artificielle, une Menton factice. »
Joris-Karl Huysmans, A rebours

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L’artiste est, à son insu même, hanté par la nostalgie d’un autre siècle
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« En effet, lorsque l’époque où un homme de talent est obligé de vivre, est plate et bête, l’artiste est, à son insu même, hanté par la nostalgie d’un autre siècle.
Ne pouvant s’harmoniser qu’à de rares intervalles avec le milieu où il évolue ; ne découvrant plus dans l’examen de ce milieu et des créatures qui le subissent, des jouissances d’observation et d’analyse suffisantes à le distraire, il sent sourdre et éclore en lui de particuliers phénomènes. De confus désirs de migration se lèvent qui se débrouillent dans la réflexion et dans l’étude. Les instincts, les sensations, les penchants légués par l’hérédité se réveillent, se déterminent, s’imposent avec une impérieuse assurance. Il se rappelle des souvenirs d’êtres et de choses qu’il n’a pas personnellement connus, et il vient un moment où il s‘évade violemment du pénitencier de son siècle et rôde, en toute liberté, dans une autre époque avec laquelle, par une dernière illusion, il lui semble qu’il eût été mieux en accord. »
Joris-Karl Huysmans, A rebours
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Leurs incompréhensibles et interminables projets
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« Il semblait au début qu'ils avaient échoué là par hasard, selon les caprices du vent, et qu'ils venaient vivre ici de façon provisoire, pour partager plus ou moins avec nous la façon dont on avait toujours vécu dans ces contrées, comme si les autorités civiles devaient prolonger pendant un certain temps l'occupation inaugurée par l'armée. Cependant, de mois en mois, le nombre de ces étrangers augmentait. Ce qui suprenait le plus les gens de la ville et les remplissait à la fois d'étonnement et de méfiance, ce n'était pas tant leur nombre que leurs incompréhensibles et interminables projets, l'activité débordante et la persévérance dont ils faisaient preuve pour mener à bien les tâches qu'ils entreprenaient. Ces étrangers ne s'arrêtaient jamais de travailler et ne permettaient à personne de prendre le moindre répit ; ils semblaient résolus à enfermer dans leur réseau, -invisible, mais de plus en plus perceptible- de lois, d'ordonnances et de règlement la vie tout entière, hommes, bêtes et objets, et à tout déplacer et transformer autour d'eux, aussi bien l'aspect extérieur de la ville que les moeurs et les habitudes des hommes, du berceau à la tombe. Ils faisaient tout cela avec calme et sans beaucoup parler, sans user de violence ou de provocation, si bien que l'on n'avait pas à quoi résister. Lorsqu'ils se heurtaient à l'incompréhension ou à des résistences, ils s'arrêtaient immédiatement, se consultaient quelque part sans qu'on le vît, changeaient seulement d'objectif ou de façon de faire, mais parvenaient quand même à leurs fins. Ils mesuraient une terre en friche, marquaient les arbres dans la forêt, inspectaient les lieux d'aisances et les canaux, examinaient les dents des chevaux et des vaches, vérifiaient les poids et les mesures, s'informaient des maladies dont souffrait le peuple, du nombre et des noms des arbres fruitiers, des races de moutons ou de la volaille. (On aurait dit qu'ils s'amusaient, tant ce qu'ils faisaient paraissait incompréhensible, irréel et peu sérieux aux yeux des gens.) »
Ivo Andrić, Le Pont sur la Drina

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Ceci n'est plus une femme...
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La haine des hommes
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« Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tout seuls. »
Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit
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