02/10/2013
Ceci n'est plus une femme...
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Jacob lutta avec Dieu toute la nuit...
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« Cette nuit-là, Jacob se leva, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq.
Il leur fit traverser le torrent et il fit passer aussi tout ce qui lui appartenait.
Jacob resta seul. Or, quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.
L'homme, voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.
L'homme lui dit : "Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis."
L'homme lui demanda : "Quel est ton nom ? - Je m'appelle Jacob. -
On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu."
Jacob lui fit cette demande : "Révèle-moi ton nom, je t'en prie." Mais il répondit : "Pourquoi me demandes-tu mon nom ?" Et à cet endroit il le bénit.
Jacob appela ce lieu Pénouël (ce qui signifie : Face de Dieu), car il disait :"J'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve." Au lever du soleil, il traversa le torrent à Pénouël. Il resta boiteux de la hanche. »
Sainte Bible in Chapitre de la Genèse 32 : 23-32
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Cette vie extérieure à laquelle tienne la plupart des hommes
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« - Ne me parlez pas de cela ! Répondit le vieux militaire. Vous ne pouvez pas savoir jusqu'où va mon mépris pour cette vie extérieure à laquelle tienne la plupart des hommes. J'ai subitement été pris d'une maladie, le dégoût de l'humanité. Enfin, ajouta-t-il en faisant un geste plein d'enfantillage, il vaut mieux avoir du luxe dans ses sentiments que sur ses habits. Je ne crains, moi, le mépris de personne. »
Honoré de Balzac, Colonel Chabert
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Socialisme...
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On se flatte de vouloir mettre fin à tous les attachements locaux
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« On se flatte d'avoir fait adopter le principe géométrique, et de vouloir mettre fin à tous les attachements locaux : on ne connaîtra plus, nous dit-on, ni Gascons ni Picards, ni Bretons ni Normands, mais seulement des Français, qui n'auront qu'une patrie, qu'un coeur, qu'une assemblée. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que votre pays sera bientôt habité non par des Français, mais par des hommes sans patrie. On n'a jamais connu d'hommes attachés par la fierté, par un penchant ou par un sentiment profond à un rectangle ou un carré. Personne ne se fera jamais gloire d'être originaire du carré numéro 71 ou de porter quelque autre étiquette du même genre. C'est au sein de nos familles que commencent nos affections publiques et l'on peut dire qu'un homme insensible aux liens de parenté ne fera jamais un citoyen dévoué à son pays. De nos familles nous passons au voisinage, aux gens que nous fréquentons et aux séjours que nous aimons dans notre province. Ce sont, pour nos sentiments, autant de lieux d'accueil et de repos. Ces divisions anciennes de notre pays, qui sont le fruit des siècles et non le produit d'un acte soudain d'autorité, sont autant de petites images de notre grande patrie qui nous réchauffent le coeur, sans que jamais ces inclinations subordonnées nuisent à l'amour que nous portons au pays en son entier. Peut-être cette tendresse particulière nous prépare-t-elle au contraire à ces sentiments plus élevés et plus vastes qui peuvent seuls conduire les hommes à prendre à coeur, comme s'il s'agissait de leurs intérêts personnels les plus chers, ceux d'un royaume aussi étendue que l'est la France. Et ce qui attache les citoyens à l'ensemble de ce territoire, de même qu'aux noms de ses anciennes provinces, c'est un corps de vieux préjugés et d'habitudes qu'on ne peut guère fonder en raison. »
Edmund Burke, Réflexions sur la révolution de France
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L'Evangile a des menaces et des conclusions terribles
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« [...] La Justice et la Miséricorde sont identiques et consubstantielles dans leur absolu. Voilà ce que ne veulent entendre ni les sentimentaux ni les fanatiques. Une doctrine qui propose l'Amour de Dieu pour fin suprême, a surtout besoin d'être virile, sous peine de sanctionner toutes les illusions de l'amour-propre ou de l'amour charnel. Il est trop facile d'émasculer les âmes en ne leur enseignant que le précepte de chérir ses frères, au mépris de tous les autres préceptes qu'on leur cacherait. On obtient, de la sorte, une religion mollasse et poisseuse, plus redoutable par ses effets que le nihilisme même.
Or, l'Evangile a des menaces et des conclusions terribles. Jésus, en vingt endroits, lance l'anathème, non sur des choses, mais sur des hommes qu'il désigne avec une effrayante précision. Il n'en donne pas moins sa vie pour tous, mais après nous avoir laissé la consigne de parler "sur les toits", comme il a parlé lui-même. C'est l'unique modèle et les chrétiens n'ont pas mieux à faire que de pratiquer ses exemples. Que penseriez-vous de la charité d'un homme qui laisserait empoisonner ses frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de l'empoisonneur ? Moi, je dis qu'à ce point de vue la charité consiste à vociférer et que le véritable amour doit être implacable. Mais cela suppose une virilité, si défunte aujourd'hui, qu'on ne peut même plus prononcer son nom sans attenter à la pudeur... »
Léon Bloy, Le désespéré
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