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08/10/2013

Ceci n'est plus une femme...

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C’est une action de se suicider...

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« À peine Jacques-Émile Blanche venait-il de m’annoncer la nouvelle que je vois apparaître Drieu :



— Mourir du désespoir de ne pouvoir être un écrivain, c’est un beau drame ! Je n’aurais jamais cru Rigaut capable d’un tel courage. Peut-être était-il né pour l’action et ne le savait-il pas ? C’est une action de se suicider... Ai-je précipité le dénouement lors de la dernière visite que je lui fis ? J’avisai sur sa table de chevet quelques papiers et comme son regard m’interrogeait : "Pas la peine, n’insistez pas, vous ne pourrez jamais écrire." Et voilà. Je me sens un peu responsable.



C’est d’après ce pauvre garçon que Drieu créa le personnage de Gonzagues dans : La Valise vide, la meilleure nouvelle de Plainte contre Inconnu, et qui fit le succès subit du premier livre en prose, uniquement littéraire, qu’il publiait. Je vois Drieu frappé de cette mort de l’homme, de l’ami, et à la fois embarrassé soudain comme s’il devait dans ses bras prendre le personnage que son obsession, sa mémoire et la fiction ont mis naguère artistement au jour et qui, lui, continue de vivre. En 1921, j’avais connu Jacques Rigaut quand il tournait autour de Drieu, sachant qu’il l’intéressait et que rien n’amusait davantage le moraliste que de condamner un de ses amis ; je le vis ensuite assez flatté de se reconnaître dans la nouvelle de Drieu, ayant d’ailleurs tout fait pour y entrer et affectant d’offrir, puis de taire, quelques secrets nouveaux sur sa personne avec une incroyable forfanterie, lorsque arrivant quelque part, il y trouvait son biographe et qu’on louait celui-ci d’avoir épuisé son sujet. Drieu se rappelait le manège.



Pour moi, depuis longtemps je l’avais perdu de vue. Il avait fini par se marier ; une Américaine divorcée avec deux enfants. Sentimental, il joua la comédie du monsieur qui ne croit pas à ces balivernes. Selon Drieu, il la rendit malheureuse. Encore plus malheureux qu’elle, il l’attendait ; elle tardait à revenir ; il crut qu’elle ne reviendrait plus, et, comme l’inspiration littéraire, elle aussi, surtout elle, ne manifestait pas davantage, il s’est tué d’un coup de revolver. Et sa mère vivait, il avait une mère !



— Les surréalistes, m’a dit Drieu en partant, en feront un saint de leur Église. Ils l’en avaient chassé avec des injures. »

Roger Martin du Gard, Les Mémorables, 1918-1945

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En littérature je préconise un fanatisme, un nazisme, un fascisme absolu et excessif !

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« En littérature je préconise un fanatisme, un nazisme, un fascisme absolu et excessif ! Toute Littérature est de droite. Toute poésie est profondément fasciste. Si dans la rue, la civilisation nous pousse à pratiquer une politique de gauche, dans la créativité, il n’est d’autre solution que d’être d’extrême-droite. De gauche dans le quotidien et de droite sur le papier. Un créateur ne peut travailler dans la justice. L’Égalité, la Liberté, la Fraternité, il connaît pas. J’estime que tout artiste est fasciste. C’est trop facile à démontrer. C’est l’exigence intime. Le fascisme est la seule issue pour un artiste. 
C’est un humanisme mal digéré qui fait que les gens se croient plus à gauche qu’ils ne le sont réellement. Viscéralement, tout le monde est à droite. L’instinct est de droite. C’est le coeur qui est à gauche. Mais ce ne sont ni mes antécédents ni vraiment ma personnalité qui me font passer pour un fasciste, ce sont mes lectures ! Alors là, on n’a pas fini de m’accuser ! J’irai jusqu’à dire qu’un grand écrivain socio-communiste, ça n’existe pas. Mes admirations plongent plutôt dans les anarchistes (puisque tout écrivain qui se respecte a poussé sur un fumier plus ou moins haut l’anarchie) dont le fascisme est le plus explicite. Encore faudrait-il me prouver qu’il s’agit bien là d’homme de droite !

Si Céline est de droite, alors oui tous les génies littéraires sont de droite. Je prends n’importe qui au poteau ! Qui à gauche alors ? Aragon ? Breton ? Eluard ? Laissez-moi chier ! À "droite" on tape n’importe où, la littérature gicle à grand pus : Bloy, Morand, Pound, Roussel, Nimier, Proust, Drumont, Daudet, Barbey… C’est ça votre charrette ? C’est la Terreur de la Convention ! »

Marc-Edouard Nabe, Au Régal des Vermines

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Je cherche à former des groupes, à faire naître des rêves dans l’âme des garçons

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« Je fais la connaissance de Jean-Louis Foncine, à qui je dis d’emblée mon admiration pour "Le relais de la Chance au Roy". Nous parlons de cette nostalgie d’une chevalerie adolescente qui joue un si grand rôle dans ses livres. - Je lutte de toutes mes forces contre la termitière, me dit-il, et comme je crois qu’un groupe peut lui résister plus efficacement qu’un homme seul, je cherche à former des groupes, à faire naître des rêves dans l’âme des garçons. C’est pourquoi j’emploie souvent un langage fasciste. Le malheur du fascisme est d’avoir été dans les mains de primaires et de fous qui l’ont discrédité. »

Gabriel Matzneff, Cette camisole de flammes

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Individuality

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L’homme prend sa vie dans la tradition et la société

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« L’individualité absolue a été la croyance de la plupart des philosophes du XVIIIe siècle. C’était un axiome en métaphysique , qu’il n’existait que des individus, et que tous les prétendus être collectifs ou universaux, tels que société, patrie, humanité, etc., n‘étaient que des abstractions de notre esprit. Ces philosophes étaient dans une grande erreur. Ils ne comprenaient pas ce qui n’est point tangible par les sens ; ils ne comprenaient pas l’invisible. Parce ce que après qu’un certain temps s’est écoulé, la mère se sépare du fruit qu’elle portait dans ses entrailles, et que la mère et son enfant forment alors deux êtres distincts et séparés, nierez-vous le rapport qui existe entre eux; nierez-vous ce que la nature vous montre même par le témoignage de vois sens, à savoir que cette mère et cet enfant sont l’un sans l’autre des êtres incomplets, malades, et menacés de mort, et que le besoin mutuel, aussi bien que l’amour, en fait un être composé de deux êtres? Il en est de même de la société et de l’humanité. Loin d’être indépendant de toute société et de toute tradition, l’homme prend sa vie dans la tradition et la société. Il ne vit que parce qu’il est à la fois dans un certain présent et dans un certain passé. »

Pierre Leroux, A la source perdue du socialisme français

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