04/02/2014
Des gens qui touchent au commerce...
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« C’est un fait que les bons livres de voyages – Voyez Polo, Bernier, Tavernier et Chardin – sont souvent écrits par des gens qui touchent au commerce. Vente, achat, bénéfice sont les premiers mots du vocabulaire international, l’âpreté mercantile évite à l’observateur ces engouements benêts qui vont bientôt fleurir dans la littérature quand les poètes se mettront à voyager. Avec un commerçant, pas d’envolées à craindre. »
Nicolas Bouvier, Chroniques japonaises
23:24 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (1) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Couvert de poussière...
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Couvert de poussière, un piment à demi rongé dans la main droite, j'écoutais au fond de moi la journée s'effondrer joyeusement comme une falaise. »
Nicolas Bouvier, L'usage du monde
23:19 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Éternellement humain
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« L’âme humaine, déjà, est affreusement débile. Les connaissances auxquelles elle peut prétendre sont presque aussi limitées que les forces de notre corps. Elle entrevoit, mais elle n’étreint presque rien. Ses hypothèses, dont elle prétend faire des définitions éternelles avec une inlassables naïveté, se chevauchent, s’annihilent, se détruisent de siècle en siècle. La science humaine, celle du monde intérieur comme celle du monde extérieur, gagne un centimètre par génération, comme les sauteurs à la perche, quand il y a tout l’insondable de l’éther au-dessus d’elle. Une religion divine devrait élargir miraculeusement ces pauvres connaissances. Au seuil de cette religion, je m’aperçois qu’elle réduit encore ce piètre cercle. Et dans cette fameuse religion "révélée", comme dans toutes ses sœurs grouillant au fond de la nuit des temps, se disputant avec elle notre infime écorce terrestre, je reconnais les ornières, les charnières, les roueries ou les traces maladroites d’un labeur humain, rien qu’humain. Éternellement humain. Depuis les Pharaons, rois et dieux qui donnèrent une âme immortelle à leurs peuples en révolte parce qu’ils ne pouvaient plus garder seuls le privilège de l’éternité, jusqu’aux dernières confections des pages, le dogme de l’Immaculée-Conception, basé, disent les théologiens, sur des raisons de convenance (convenance ! N’est-ce pas admirable !), le dogme de l’infaillibilité pontificale, cette grossière manœuvre politicienne, tout vient de l’homme , et retournera à la même poussière que lui. »
Lucien Rebatet, Les deux étendards
16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Je suis abasourdi par cette paix. Ou bien elle m’effraye.
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Ce village mort de chaleur ; ces champs où les épais rideaux d’arbres dissimulent tout labeur humain ; ces nuits sans une fente de lumière, ce silence, ou ces bruits si attendus qu’on ne les perçoit pas… Je suis abasourdi par cette paix. Ou bien elle m’effraye. Je suis au milieu de cette paix comme un malade dont l’angoisse redouble dans les ténèbres muettes de l’insomnie. Et les seuls remèdes possibles détruisent ma vie. À tous les coins de cette maison, une habitude m’attend, dans son pli qui n’a pas bougé. Et ces habitudes sont vice, détente, engourdissement, distractions insipides mais que l’on s’étonne de ne plus remâcher. »
Lucien Rebatet, Les deux étendards
07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
La proie d’un kaléidoscope infernal
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Michel devenait la proie d’un kaléidoscope infernal. Le flot du rapide l’emportait, charrié avec une multitude incalculable d’images, de perceptions, de pensées débandées, qui s’entrechoquaient, se croisaient dans un éclair, au gré des plus imprévisibles caprices, pour composer d’autres pensées, d’autres images défaites avant même qu’il eût pu les nommer. Il cherchait éperdument quelque point stable où s’accrocher. Cet afflux monstrueux devenait aussi terrifiant que le néant des nuits les plus sinistres. Chaque effort pour l’arrêter, pour le définir, y déversait de nouveaux éléments, ajoutait à ce chaos roulant. »
Lucien Rebatet, Les deux étendards
05:05 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook


























































