16/04/2014
Préférer être malheureux en exigeant trop de Soi plutôt qu'être heureux en se résignant à la médiocrité
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« J’ai en revanche été immédiatement passionné par Drieu La Rochelle, non pas tant d’ailleurs en raison de son oeuvre, qui est assez inégale, qu’en raison de son tempérament. J’aimais ses oscillations toutes normandes, son obsession de la mort et du suicide, sa propension à lutter contre lui-même, à préférer être malheureux en exigeant trop de lui-même plutôt qu’à être heureux en se résignant à la médiocrité et à la satisfaction de soi. Beaucoup plus tard, la lecture de son "Journal", qui fut si mal accueilli par les esprits sectaires, m’a mis au bord des larmes. »
Alain de Benoist, Mémoire vive
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Une indifférence à la vérité
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« Je suis allergique à l’hémiplégie en matière de culture politique. Sur le plan des idées, j’ai d’abord acquis une culture de droite. Elle s’est ajoutée à ma culture philosophique, en se combinant plus ou moins bien avec elle. Je me suis ensuite employé à acquérir une culture de gauche. Une telle démarche me paraît toute naturelle : comment peut-on trancher autrement que de manière arbitraire quand on ne connaît pas les points de vue en présence ? Prendre position, c’est se situer par rapport aux arguments et aux contre-arguments, ce qui implique de les connaître. Avoir à la fois une culture de droite et de gauche permet en outre d’identifier dans toute doctrine ce qui peut être sa par de vérité (et aussi sa part d’erreur). L’esprit partisan veut ignorer cela. La plupart des gens ne lisent que ce avec quoi ils se sentent en accord. Cela leur donne du plaisir et cela les rassure. Ils ont besoin d’être confortés dans ce qu’ils pensent déjà. Il ne leur vient pas à l’idée de chercher à savoir, objectivement, ce que pensent leurs adversaires. Ils pressentent obscurément qu’ils ne sauraient pas quoi répondre. Cela risquerait d’entamer leurs certitudes, de contredire leur aspiration à de petits catéchismes simplificateurs. Combien de gens de droite connaissent le contenu du débat théorique engagé dans les années 1930 entre Walter Benjamin et Theodor W. Adorno sur la question du statut de l’art à l’époque de la technique ? Combien de gens de gauche savent en quoi les idées de Gobineau sont incompatibles avec celles de Houston Stewart Chamberlain ? Qui a lu Ernst Bloch et Gustav Landauer à droite ? Qui a lu Joseph de Maistre, Donoso Cortés et Moeller va den Bruck à gauche ? Je trouve détestable cette hémiplégie qu’avait déjà dénoncée José Ortega y Gasset. J’y vois, en dernière analyse, une indifférence à la vérité. »
Alain de Benoist, Mémoire vive
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Le maintien des départements algériens dans le cadre de la République française eût été une catastrophe
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« J’ai vite oublié aussi la thématique de l’Algérie française. Je l’ai déjà dit : défendre cette cause était respectable, défendre la cause inverse l’était aussi. L’indépendance n’était pas seulement inéluctable. C’est le maintien des départements algériens dans le cadre de la République française qui eût été une catastrophe, ce que de Gaulle avait très bien vu, si l’on en croit les propos que lui a prêtés Alain Peyrefitte. J’ai d’ailleurs abandonné en même temps l’anti-gaullisme de principe qui régnait à droite à cette époque. Le général de Gaulle a au contraire suscité chez moi une très grande admiration, du fait de sa politique d’indépendance nationale et de son refus de se soumettre à l’hégémonie américaine. Sa décision, prise en 1966, de retirer la France du dispositif militaire de l’OTAN, qui conduisit à la fermeture des bases américaines installées sur le territoire français, sa politique au Proche-Orient, son célèbre discours de Phnom-Penh, son appel au "Québec libre", sont encore aujourd’hui autant d’exemples à suivre. »
Alain de Benoist, Mémoire vive
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