08/06/2014
Est croyant celui qui adhère intérieurement à des réalités mystérieuses qui, par nature, ne peuvent être saisies que par la foi
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« Foi et crédulité – Le premier terme s’emploie pour désigner une qualité, une force ; le second pour dénoncer un défaut, une faiblesse. Crédule : "qui croit trop facilement" (Littré). Qu’est-ce à dire ? Est crédule celui qui croit où l’on doit vérifier. Est croyant celui qui adhère intérieurement à des réalités mystérieuses qui, par nature, ne peuvent être saisies que par la foi. La crédulité se situe donc en deçà de la vérification, la foi au-delà. Ce qui signifie que la vraie foi présuppose une large zone d’incrédulité exercée et dépassée. C’est le sens de la phrase de Chateaubriand : "Il n’y a pas chrétien plus croyant ni d’homme plus incrédule que moi."
Ceci pour objet de la foi ou de la crédulité. - Du côté du sujet, la crédulité implique la passivité, la paresse de l’esprit tandis que la foi procède de la ferveur et de l’engagement de l’âme. La crédulité pourrait se définir comme une faiblesse de l’esprit, et la foi comme une force de l’âme. -Il faut noter aussi qu’une certaine de incrédulité procède de la même carence intellectuelle, mais alliée à l’orgueil de l’esprit et à l’atrophie de l’âme... "Il n’est pas de pire disgrâce pour un esprit faible que de devenir un esprit fort." (Victor Hugo) »
Gustave Thibon, Aux ailes de la lettre
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Réfractaire à toute assimilation rationaliste
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« Foi – le mot clef du christianisme intérieur, de la dialectique de l’âme et non de l’esprit. Tout est si clair, si merveilleusement enchainé dans le monde des essences et des espérances – et si confus, si chaotique dans le monde des existences et des faits. Il faut cette purification par la nuit (credo quia absurdum) ; il faut que l’écart soit irréductible entre ces deux univers, pour que le foi devienne surnaturelle, c’est à dire réfractaire à toute assimilation rationaliste. Il faut que je ne comprenne rien à ce qui existe pour m’abandonner sans recours à ce qui est... »
« Il faut choisir entre la preuve et le signe. Le signe ne prouve rien, et la preuve ne signifie rien. »
Gustave Thibon, Aux ailes de la lettre
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