14/01/2016
Unis par un esprit commun les individus forment un peuple
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« Cette forme particulière de conscience agissante, dont les êtres humains sont animés lorsqu’ils instaurent entre eux des rapports fraternels, c’est ce que Landauer appelle "l’esprit". Toutefois, le philosophe libertaire n’entend pas le terme "esprit" en un sens spiritualiste, car il est ici proche du monisme spinoziste de Constantin Brunner, il n’oppose donc jamais l’esprit à la matière, ou à l’étendue, mais les considère comme deux attributs de la substance infinie et incréée, qui les enveloppe en une unité indivise. L’esprit est ainsi la symétrie idéelle d’une forme très concrète de rapport individuel, dont il est indissociable et que l’on peut caractériser comme la fraternité. Unis par un esprit commun les individus forment un peuple, mais ce lien s’est distendu au XXè siècle, il n’y a donc plus à proprement parler de peuples, il n’y a que des masses atomisées. Le nationalisme est l’idéologie par excellence de ces masses atomisées, qui trouvent dans l’idolâtrie de l’État-nation un substitut à l’absence de communauté réelle, car là où règne l’atomisation, il n’y a ni communauté ni peuple, mais seulement des individus solitaires et des États. L’esprit exprime l’unité du peuple, l’État impose l’unité aux masses. »
Charles Daget, Présentation de "La communauté par le retrait et autres essais" de Gustav Landauer
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La Clémentinerie du moment...
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Il faudrait dire à Clémentine Autain que ce sont les soldats d'une armée COMMUNISTE qui ont commis ces saloperies...
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Plein Midi
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« Au milieu du jour,
sur la Mer étrusque,
pâle, verdissant
comme le bronze
exhumé des hypogées, pèse
la bonace. Nulle bave
de vent aux alentours
ne souffle. Nul roseau ne tremble
sur le rivage
solitaire, rêche de houx
et de genêts roussis. Nulle voix
ne résonne, à l’écoute.
Une ligne de voiles en panne
vers Livourne
blanchoie. Dans le clair
silence le cap Corvo,
l’île du Faro,
à ma vue ; et plus lointaines,
aériennes dans l’air,
les îles de ton courroux,
ô Dante, notre père,
la Capraia et la Gorgona.
Couronne marmoréenne
aux pointes menaçantes,
les grandes Alpes apuanes
règnent sur l’amer royaume,
par leur orgueil dressées.
L’estuaire est comme un étang
salé. De la couleur de la mer,
au milieu des cabanes,
à travers les filets
qui pendent des perches
croisées, il se tait.
Comme le bronze des tombeaux
pâle, qui verdit, paisible,
lui, qui souriait.
Quasi léthéen,
oublieux, étal,
il ne montre signe
de courant, ni ride
de brise. La fuite
des deux rives
se ferme comme dans un cercle
de roseaux que circonscrit
l’oubli silencieux ; et aux roseaux
nul murmure. Plus sombres
les bois de San Rossore
forment une obscure enceinte ;
mais les plus lointains,
vers le Gombo, vers le Serchio,
sont presque azurs.
Dorment les monts Pisans,
couverts d’inertes
cumulus de vapeur.
Bonace, touffeur,
silence alentour.
L’Été mûrit
sur ma tête comme un fruit
qui m’est promis,
que je dois cueillir
de la main,
que je dois aspirer
de mes seules lèvres.
Perdue est toute trace
de l’homme. Voix ne résonne
si j’écoute. Toute douleur
humaine m’abandonne.
Je n’ai plus de nom.
Et je sens que mon visage
se dore de l’or
méridien,
et que ma barbe
blonde brille
comme la paille marine,
je sens que le rivage plissé
par le si délicat
travail de la vague
et du vent est comme
mon palais, est comme
le creux de ma main
où le toucher s’affine.
Et ma force allongée
s’imprime sur l’arène,
se répand dans la mer ;
et le fleuve est ma veine,
la montagne est mon front,
le bois est mon pubis,
la nuée est ma sueur.
Et moi je suis dans la fleur
de la quenouille, dans l’écaille
de la pigne, dans la baie
du genévrier : je suis dans le fucus,
dans la paille marine,
dans toute chose exiguë,
dans toute chose immense,
dans le sable proche,
dans les cimes lointaines.
Je brûle, je brille.
Et je n’ai plus de nom.
Et les alpes et les îles et les golfes
et les caps et les phares et les bois
et les estuaires que je nommai
n’ont plus leur nom habituel
qui résonne sur les lèvres des hommes.
Je n’ai plus ni nom ni destin
parmi les hommes, mais mon nom
est Midi. En toute chose, je vis
taciturne comme la Mort.
Et ma vie est divine. »
Gabriele D’Annunzio, Plein Midi, in "Poèmes d’amour et de gloire"
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David Bowie : "The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars" (1972) (Album Complet)
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