20/02/2016
Les pauvres se repaissent des ordures bourgeoises, s’en gavent
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« J’aurais voulu écrire un livre sur les pauvres ; je n’ai pas pu. D’abord, pour écrire sur les pauvres, il faut les observer, les voir. C’est un hideux spectacle. C’est la servitude, non seulement volontaire, mais quémandée, mais achetée par les esclaves. J’aurais voulu montrer aux pauvres ce qu’ils dépensent d’efforts et d’intelligence, à croupir dans l’ignorance. J’aurais voulu leur faire voir ce qu’il leur faut de courage pour être lâches. Mais leur abjection est trop énorme, en vérité. Cette chair étiquetée, à vendre, vendue, se méprise trop, me dégoûte trop. Dans tous les pays du monde, les pauvres sont des troupeaux d’êtres vils, aimant leurs chaînes de papier, vénérant leurs gardes-chiourmes, pleins d’estime et d’admiration pour les laquais de leurs gardes-chiourmes, pour leurs valets d’épée et de plume. Toute une immonde racaille bourgeoise, grimauds, cabotins, et rapins - tourbe d’assassins et d’empoisonneurs que je voue à la mort - vit, prospère et multiplie sur l’argent donné par les pauvres, avec plaisir. Les pauvres se repaissent des ordures bourgeoises, s’en gavent. Et quant aux hommes qui leur parlent de liberté et d’égalité, quant aux hommes qui leur consacrent leurs forces, leur talent, leur vie - les pauvres n’en ont cure; je suis sûr qu’ils les haïssent. »
Georges Darien, L’épaulette
16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Oublier l'ouvrier lyonnais
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Les libéraux aiment passionnément les peuples opprimés, sauf celui qu’ils oppriment. Secourir les Grecs, pleurer sur le Bulgare, on n’a pas inventé de meilleur moyen pour oublier l’ouvrier lyonnais et concilier une âme tendre avec le souci de ses intérêts. »
Roger Nimier, Le Grand d’Espagne
12:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
La nostalgie des grands périls...
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Élevés dans une ère de sécurité, nous avions tous la nostalgie de l'inhabituel, des grands périls. La guerre nous avait donc saisis comme une ivresse. C'est sous une pluie de fleurs que nous étions partis, grisés de roses et de sang. Nul doute que la guerre ne nous offrît la grandeur, la force, la gravité. Elle nous apparaissait comme l'action virile : de joyeux combats de tirailleurs, dans les près où le sang tombait en rosée sur les fleurs. Pas de plus belle mort au monde... Ah surtout, ne pas rester chez soi, être admis à cette communion ! »
Ernst Jünger, Orages d'acier
07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook






















































