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03/09/2016

Un goût féminin de la parure ?

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

Ce seul passage en dit davantage sur Sartre que sur Baudelaire. Comprenne qui peut…

 

« En principe le dandy, sportif et guerrier, doit avoir une mise et une tenue viriles d’une aristocratique austérité : "la perfection de la toilette consiste (aux yeux du dandy) dans la simplicité absolue".
Mais alors que signifient ces cheveux teints, ces ongles de femme, ces gants roses, ces longues boucles - tout ce que le vrai dandy, qu’il soit Brummel ou Orsay, taxera de mauvais goût ? Il y a chez Baudelaire un passage insensible de la virilité du dandysme à une sorte de coquetterie féminine, à un goût féminin de la parure. Voyez cet instantané que nous avons de lui, plus vrai, plus vivant qu’un portrait : "A pas lents, d’une allure un peu dandinée et légèrement féminine, Baudelaire traversait le terre-plein de la porte de Namur ; évitant méticuleusement la crotte et, s’il pleuvait, sautillant sur la pointe de ses escarpins vernis dans lesquels il se plaisait à se mirer. Rasé de frais, les cheveux rejetés en volute derrière l’oreille, un col de chemise mou, d’une blancheur absolue, dépassant le collet de sa longue houppelande, il avait l’air à la fois d’un clergyman et d’un comédien."
Voilà qui sent plus le pédéraste que le dandy. »

Jean-Paul Sartre, Baudelaire

 

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