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23/02/2017

On n’a donc pas de mérite particulier à faire bouger les choses, car elles bougent toutes seules...

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Le changement, autrement dit, a changé de place et de nature. Le progrès n’est plus un arrachement à la tradition, il est notre tradition même. Il ne résulte plus d’une décision, il vit sa vie, automatique et autonome. Il n’est plus maîtrisé, il est irrépressible. Il n’est pas prométhéen, il est destinal. On n’a donc pas de mérite particulier à faire bouger les choses, car elles bougent toutes seules. Dans un monde voué au mouvement et à l’innovation permanente, innover vraiment serait ralentir, agir contre l’ordre établi, ce serait faire un pas de côté, la subversion et la transgression consisteraient non plus à continuer tête baissée mais à regarder le paysage, le parti du changement serait celui de la préservation et, comme le disait Benjamin, seule l’interruption des processus en cours mériterait le nom de révolution.
Mais qui parle aujourd’hui d’interrompre ? Qui lève la tête ou le pied, qui secoue la routine de la puissance et l’inertie de l’activisme ? »

Alain Finkielkraut, L'ingratitude

 

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