06/04/2017
Le poète est fait pour donner une voix au silence des choses, le prêtre au silence de Dieu
=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=
« Le prêtre et le poète. — Hier, ordination de l’abbé B… J’ai compris l’essence solitaire du sacerdoce. Le prêtre est ici-bas un étranger, il est séparé des hommes et de la nature : segregatus in Evangelium… Il est infiniment distant de la création et comme suspendu entre Dieu et l’homme. Sottise que de comparer le prêtre au poète (cela est d’un autre ordre, dirait Pascal).
Harmonieusement il mimera le geste d’accorder la cithare au geste de bénir, chante Le Cardonnel. Ce "mélange" me fait pitié : le sacerdoce se change là en une manière de prolongement de la poésie ! En réalité, pas de commune mesure entre ces deux choses. Le poète est immergé dans la création, le prêtre en est séparé ; la bénédiction du poète monte du monde vers Dieu, la bénédiction du prêtre descend de Dieu vers le monde. Le poète est fait pour donner une voix au silence des choses, le prêtre au silence de Dieu. Il y a là deux mystères essentiellement différents, deux vocations opposés et complémentaires : la tâche du poète consiste à s’enfoncer toujours plus profondément dans la nature afin d’y retrouver l’empreinte et le germe du monde surnaturel, celle du prêtre à s’enfoncer toujours plus avant dans le monde surnaturel afin d’y retrouver la nature. Le poète commence à l’homme, le prêtre commence à Dieu. Tous deux sont porteurs d’un message d’innocence : le premier confident de la blancheur du monde, parle aux hommes du Paradis terrestre perdu ("cet homme vient à nous de la part des forêts") ; le second, confident de la pureté éternelle de Dieu, leur révèle le paradis céleste promis ("cet homme au front serein, vient de la part de Dieu").
Pureté édénique d’une part, pureté divine de l’autre. La source de l’inspiration du poète est située en deçà du péché, celle de l’inspiration du prêtre en deçà de la mort.
"Le poète est le coeur du monde" disait Eichendorff. Le coeur, organe central. Ainsi plongé dans les entrailles de la création, le poète partage le secret divin du monde. Le prêtre, isolé du monde et qui repose comme saint Jean sur le coeur du Christ, partage lui, le secret humain de Dieu.
Enfin, le poète crée. Il ajoute à ce qu’il touche. Il transforme la création. Tandis que le prêtre est un pur messager (il n’existe pas pour l’homme de création surnaturelle !). Et sa grandeur, sa fidélité consistent à n’être que cela. Mais ce qu’il transmet est infiniment plus profond et plus précieux que ce que le poète crée. Aussi le rôle du poète est-il éclatant, nimbé de grandeur humaine, et celui du prêtre effacé et comme inexistant : jam non ego vivo… »
Gustave Thibon, L’échelle de Jacob
23:23 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook
Les deux matamores
=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=
L'imposture est quotidienne. C'est devenu un sport médiatique nationale : étaller la guimauve propagandiste tous les jours dans les tronches citoyennes.
Le journaliste le plus à droite (j'entends par "droite" : "droite conventionnelle"...) trouve le moyen d'encenser les deux matamores que sont Arthaud et Poutou. Ce qui recentre aussitôt la droite et rend la césure du débat, de fait, ridicule. Tout le monde, en revanche, trouvera le moyen de mettre du poil à gratter dans les cols de Fillon le bourgeois ou Le Pen la Fasciste.
Les deux guignoles prolétaires auraient le "parler franc" et ils bénéficieraient d'une "immunité ouvrière"... Laissez-moi rire d'un rire inconvenant !
Oublions que les propos des pitoyables clowns que sont Arthaud et Poutou sont des propos de Totalitaires pour lequels notre démocratie n'est pas populaire, mais bourgeoise... et cessons de frémir de ce qu'ils en feraient s'ils arrivaient au pouvoir...
Outre le fait qu'ils sont extatiquement démagogiques, ces sinistres pignoufs que l'on nous présente comme "les représentants du peuple" ne représentent, tout au plus, que leurs ombres et les quelques demeurés qui militent au sein de leurs groupuscules séctaires. Deux nabots qui se moquent du pays réel comme de leur première dent, qui s'y connaissent moins en économie que les dealers basiques qui sévissent dans les quartiers de ma cité (qui ont, pourtant, un QI de moule) et qui perçoivent les petits patrons comme des exploiteurs alors qu'une large part d'entre eux gagnent moins que Poutou et Arthaud en prenant les risques de l'entrepreunariat, voire ne parviennent même pas à se salarier au sein de leur propre entreprise.
En 2012, Philippe Poutou : 1,15% des voix... Nathalie Arthaud : 0,56 %... à eux deux ils ne font pas 2% sur les votes exprimés. Représentants du peuple, mon cul ! Les vilains petits canards que sont Fillon et Le Pen représentent le peuple dix fois plus... Tremble France avec ta tête dans le sable et ton cul offert...
En janvier dernier, dans le journal Le Monde, un collectif regroupant hommes politiques, artistes et hommes de lettres s’insurgeait contre la non visibilité des deux candidats anticapitalistes. Ce qui prouvait déjà combien ces deux sommités de la nullité politique ne sont que les marionnettes de l'inconscient journalistique... ou du Sur-Moi médiatique... et les idiots utiles des personnalités en quête d'une honorabilité idéologique qui cherchent à se refaire une bonne conscience... bref, de toutes ces valeureuses lopettes qui n'osent interroger les faits, questionner comme il se doit l'actualité, prendre la réalité pour autre chose qu'un "hoax" d'extrême-droite et cesser de mépriser le petit peuple qui se fout du NPA, de LO ou des états d'âme de Christine Angot...
Et j'allais oublier... Poutou et sa manière de s'habiller... cette attitude qui consiste à surjouer le prolo, ce manque de respect à l'encontre de la classe ouvrière dont il a l'outrecuidance de se réclamer... ce mépris de la cravate au nom d'un mystérieux principe ! Risible ! Je me souviens d'un de mes oncles, ébéniste qui passait son temps à bosser via agences d'intérim, qui allait de chantier en chantier faire des fenêtres et des portes, des portes et des fenêtres. Lorsque j'étais enfant, le samedi soir il m'emmenait au cinéma. Rasé de près, coiffé impecablement, le costard deux pièces de mise. Il aimait la propreté et la décence. Le milieu dont on vient ne commande pas d'être habillé de manière négligée. Poutou humilie les classes populaires, il ne les honore nullement ni ne les représente, il leur postillonne à la gueule quand il affirme parler en leur nom...
Je commençais ma p'tite humeur en utilisant le terme de "Matamore" pour qualifier nos deux syndicalistes champions en ressentiments...
Matamore : personnage hâbleur, plus vantard que courageux. C'est bien de cela qu'il s'agit...
Mais on désigne également par "matamore", un cachot, un souterrain où les Maures enfermaient leurs esclaves. Curieuse résonance, n'est-ce pas ?
00:41 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook




















































