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02/05/2017

L’absorption de toute spontanéité sociale par l’État

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Voilà le plus grand danger qui menace aujourd’hui la civilisation ; l’étatisation de la vie, l’ "interventionnisme" de l’État, l’absorption de toute spontanéité sociale par l’État ; c’est-à-dire l’annulation de la spontanéité historique qui, en définitive, soutient, nourrit et entraîne les destins humains. Quand la masse éprouve quelque malheur, ou lorsque simplement elle ressent quelque violent désir, c’est pour elle une bien forte tentation que cette possibilité permanente et assurée de tout obtenir –sans effort et sans lutte, sans doute et sans risque- en se bornant à appuyer sur le ressort et à faire fonctionner ainsi la majestueuse machine. La masse dit : "l’État c’est moi", ce qui est une parfaite erreur. L’État est la masse dans le seul sens où l’on peut dire de deux hommes qu’ils sont identiques parce qu’aucun d’eux ne s’appelle Jean. L’État contemporain et la masse coïncident seulement en ce qu’ils sont anonymes. Mais le fait est que l’homme-masse croit effectivement qu’il est l’État, et qu’il tendra de plus en plus à le faire fonctionner sous n’importe quel prétexte, pour anéantir grâce à lui toute minorité créatrice qui le gêne – qui le gêne dans n’importe quel domaine : dans celui de la politique, de l’industrie, aussi bien que dans celui des idées. »

José Ortega y Gasset, La révolte des masses

 

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