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10/05/2017

L’équilibre écologique ancestral brisé à tout jamais

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« Las, comme dit Péguy (et Berthelot dans ses bons jours), l’époque est venue de ceux qui font le malin. De ceux qui considèrent qu’être né en dernier est un gage de supériorité. De ceux qui regardent le passé avec un petit sourire paternaliste. « Si l’on supprimait les haies, on gagnerait en surface agricole », pensèrent les malins en clignant de l’oeil. Il y eut les remembrements intensifs, la destruction des haies subventionnée par l’État, le comblement des mares, l’assassinat des grenouilles rieuses et des tritons crêtés, l’agrandissement des parcelles et la monoculture : là où l’on cultivait dix espèces, il n’en resta plus qu’une qu’il fallut inonder de pesticides pour éviter les maladies que toute culture unique appelle. Le résultat ne se fit pas attendre : ruissellement, érosion, inondations, cours d’eau pollués, disparition des poissons, appauvrissement des nappes phréatiques, assèchement des zones humides, disparition des oiseaux, prolifération des vers et des insectes nuisibles, utilisation de la chimie, là encore, pour s’en débarrasser. Quinze millions d’hectares remembrés. Un million cinq cent mille kilomètres de haies arrachées (sur deux millions !). Des destructions irréversibles. L’équilibre écologique ancestral brisé à tout jamais. Du vandalisme vendu sous le nom de progrès. De la bêtise crasse et orgueilleuse. »

Olivier Maulin, Le bocage à la nage

 

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