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06/04/2020

Le long des peupliers impairs...

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Le long des peupliers impairs
Combien de fois suis-je passé ?
Tous tes voisins me connaissaient,
Il n'y a que toi qui m'ignorais !

Et que de fois j'ai regardé
Vers ta fenêtre qui brillait !
Tout l'univers me comprenait,
Il n'y a que toi qui refusais.

Combien de fois ai-je espéré
Une réponse murmurée !
Un jour, un seul jour de ta vie,
Un jour de toi m'aurait suffi !

Être amis une heure, être amants,
Une heure, une heure seulement !
Te voir un instant me sourire,
Un seul instant et puis mourir !

D'un doux rayon de ton oeil clair
J'aurais su faire au firmament
Une étoile qui éclaire
La route à venir du temps.

Tu aurais eu vie éternelle
Et combien d’autres en plus d’elle !
Et quel beau marbre auraient donc fait
Tes bras si blancs, tes bras glacés !

Visage à jamais adoré,
Telles ces fées inégalées
Remontant jusqu’à nous
Des tréfonds du passé !

J’avais pour toi les yeux d’un chien
Car je t’aimais d’amour païen,
Du même amour que les miens
Avaient connu aux temps anciens.

Mais aujourd’hui peu m’importe
De ne plus voir souvent ta porte,
Ni de savoir que ton regard
Se retourne en vain pour me voir.

Car aujourd’hui tu ne m’attires
Ni par l’allure ni par le corps,
Je te regarde sans désir,
Pour toi mes yeux sont ceux d’un mort.

Tu aurais dû t’envelopper
De ton charme sacré
Et faire jaillir dans la nuit
Le feu de l’amour infini. »

Mihai Eminescu, "Le long des peupliers impairs..." in Poésies

 

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Plus que Novalis, c'est du "sous"-Baudelaire à vrai dire!

Écrit par : Larkens | 06/04/2020

Eminescu est un immense poète. Ici la traduction ne lui fait pas honneur.

Écrit par : Stepan Radinescu | 07/04/2020

C'est ce que je me suis dit aussi... il y a un écart entre ce qui souffle dans le poème, indique une "incarnation"... et les mots français qui deviennent des maux. Mais j'ai voulu néanmoins partager ces vers...

Écrit par : Nebo | 07/04/2020

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