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14/06/2020

C'est irreversible !

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

« Les nations d’Occident croient posséder des armées fortes. En réalité, elles n’ont plus d’armées. Depuis des années, par tous les moyens, on inspire à nos peuples la honte de leurs armées. On a fabriqué des films, par exemple, vus par des millions de spectateurs, sur des massacres d’Indiens, de Noirs ou d’Arabes oubliés depuis cent ans et exhumés pour les besoins de la conspiration. On a travesti des guerres de survie, bien qu’elles eussent été toutes perdues par l’Occident, en tentatives barbares d’établir l’hégémonie blanche. Parce qu’il ne restait pas assez de militaires vivants à haïr, on s’est rabattu sur les fantômes guerriers du passé, lesquels sont innombrables, multipliables à l’infini et incapables de protester, morts muets et abandonnés, livrés sans risques à la vindicte populaire. Ne parlons pas de littérature, de pièces de théâtre ou d’oratorios, destinés à un public restreint. Parlons plutôt des mass media, de l’utilisation scandaleusement faussée d’un instrument de communication de masse par ceux qui, sous le masque de la liberté, pratiquent le terrorisme intellectuel. En dépit des avertissements des survivants de la lucidité, nous avons laissé une frénésie masochiste, hors de toute mesure, nous emporter vers d’hallucinantes aventures, et à force de vouloir tout admettre, nous avons pris le risque insensé de devoir tout affronter en même temps, et seuls. Souvenez-vous, monsieur le président ! Par des opérations de démoralisation nationale et de dissolution civique savamment conçues et diaboliquement orchestrées, on a fait en sorte que la fin des guerres coloniales, Vietnam compris, ne soit en réalité qu’un commencement. C’est irréversible. Désormais, le bon peuple a horreur de son armée accusée de trop de génocides. Quant à la police, depuis Guignol, son destin est marqué et l’on se demande comment elle a pu tenir aussi longtemps sans se vomir dessus. Maintenant, c’est fait. Et l’armée a suivi. Volontaire ou non, de métier ou pas, elle se fait horreur à elle-même. »

Jean Raspail, Le camp des saints

 

 

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