Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/04/2021

Projets participatifs

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=

 

Quand il te prend l'idée saugrenue de jeter un oeil dans la gazette communale, éditée par ta municipalité (avec ton argent), cela ne te remonte aucunement le moral, ma p'tite caille.

Après les numéros de téléphone d'usage dédiés aux urgences médicales, aux pompiers, à la police, à la plomberie et diverses tuyauteries, aux réparateurs de télévisions, aux contacts religieux (sans n'omettre personne), dès la troisième page on nous propose un organigramme pour une cohésion sociale avec comme assise et fondement "la création d'un potager collectif" agrémenté de divers "travaux manuels"...

Aussitôt un fou rire me prend...

J'imagine Mouloud, Rachid, Oussenou et Fatoumata, élégants dans leurs jogging et se déplaçant comme des gorilles, en train de jardiner en se lançant des "Wesh Rachid", "Ta mère Mouloud", déterminés à retrouver une adhérence harmonieuse communautaire par-delà leur clan, leur tribu, leur ethnie, leur foi... au lieu de faire les guetteurs pour les Boss qui tiennent les quartiers et dealent du shit de merde coupé au tranxène et au plastique à des petits blancs qui les trouvent sympas et cools, "parce que la diversitude c'est important"...
La commune met à disposition gratuitement (enfin non, avec ton argent, mais il ne faut pas trop le dire) un vaste terrain. Aux associations de se bouger pour recréer du lien qui fasse sens. Associations subventionnées avec ton argent également, mon p'tit lapin.

Le Maire propose (enfin, ses conseillers en communication) d'adjoindre au "potager citoyen" un "poulailler éco-responsable", ce qui contribuera à sensibiliser une jeunesse "consciente et pleine de talents" à l'avenir de notre planète. Un poulailler ! Les Vegans doivent faire probablement la gueule. Pour les calmer, le Maire insiste sur la possibilité de planter, en plus du potager, un "verger éducatif et formateur". C'est que le terrain en question est vaste et plein de promesses. Quant aux braves poules, elles ne feront pas long feu sitôt que les différents camps tziganes balkaniques éparpillés aux alentours et s'étant enracinés comme de mauvaises herbes dans ce qui finira par devenir une multitude de bidon-villes (et qui répandent leurs détritus ainsi que leurs urines et vastes défécations purulentes un peu partout autour de leurs lieux de vie) auront eu vent de la nouvelle. Les beaux jours arrivent ! Barbecues gratuits en perspective.

Arrive la sixième page sur laquelle nous apprenons que quelques roulottes de chantiers récupérées de la casse ont été transformées en espace d'accueil pour permettre à la jeunesse de se retrouver dans la joie et la bonne humeur. Ce lieu collectif sera géré par une Association (subventionnée avec ton argent, mon p'tit poulet) portant le nom remarquable d' "Arc-en-Ciel d'Avenir". Mouloud, Rachid, Oussenou et Fatoumata pourront y retrouver Khaled et Aïcha afin d'y écouter du Rap et du Raï autour d'un thé à la menthe ou d'un café turc. L'électricité ainsi que l'eau et l'entretien des lieux (WC compris) seront à la charge de la Municipalité... enfin, à la charge de notre pognon, ma p'tite dame, mon brave monsieur. Et ils n'ont pas prévu de réouvrir les troquets pour l'instant afin qu'on puisse aller s'y saouler après avoir lu de semblables sornettes. Pas grave. Je me saoulerai à la maison.

Page 8, je suis invité à protéger grenouilles et crapauds. Ma cité banlieusarde possède plusieurs lacs, de nombreux espaces verts et il y a une forêt à proximité. Excellente initiative ! Je n'avais rien à faire ces derniers temps. Cette offensive écologique va m'occuper sainement, d'autant plus que l'on m'explique comment je dois m'y prendre afin de préserver leur éco-système, avec force détails dont je vous épargnerai l'inventaire ici tellement les termes utilisés mélangent allègrement mots scientifiques abscons avec du jargon idéologique qui ferait passer Staline ou Hitler pour des débutants fréquentables. Finalement, je crois que je préfère n'avoir rien à foutre.

J'apprends page 10 que la commune est heureuse d'accueillir des familles de réfugiés (quelques photos montrent qu'ils ne sont pas syriens... ou alors les syriens sont devenus aussi noirs que des africains sub-sahariens) et on nous persuade (en prenant contact avec des Associations qui s'occupent d'eux, subventionnées avec ton fric, mon chaton) de les inviter à partager un goûter afin de les aider à s'intégrer à "notre vision du lien social". Je veux bien les inviter à partager mon imaginaire social avec du bon vin, du pâté de campagne et du saucisson. Mais je crois que ça ne va pas être possible. Autant oublier... Hamdoullah !

Page 12, on me conseille de tenter "une mobilité alternative", en faisant du vélo. C'est meilleur pour la santé, plus économique et incontestablement plus écologique. D'ailleurs à la page 13 il y a une magnifique Publicité pour un marchand de vélo local. Pas con le Maire. Mais je me rends à mon travail et fais mes courses uniquement à pieds. Les vélocipèdes peuvent aller se rhabiller.

Page 15, dans un soucis d'éco-responsabilité, on me précise que progressivement toutes les informations concernant la ville passeront en mode virtuel et seront bientôt consultables uniquement en ligne, via le site de la Municipalité, la page Facebook de ma ville, les divers sites des diverses Associations (subventionnées avec ta maille, ma perdrix bleue). On m'invite sous un déluge d'adresses mails, de liens de sites, à me dépêcher d'enregistrer tout cela dans mes favoris. Bien-sûr, je l'ai fait aussitôt, vous pensez bien.

Page 18, on m'annonce un "été solidaire" en me suggérant de m'intéresser aux divers "projets citoyens et participatifs". Je préférerais, de loin, un été déconfiné pour pouvoir me foutre à la terrasse d'une brasserie parisienne et regarder passer les jolies femmes dans leurs robes décolletées, en sirotant un whisky coca glacé sous un soleil de plomb. Mais je rêve.

J'ai vainement regardé s'il y avait une page dédiée aux dépenses communales. Tant qu'à mettre en oeuvre autant de "projets participatifs", j'aimerais savoir combien ces conneries me coûtent.

20:02 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Les commentaires sont fermés.