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21/04/2022

De la poudre aux yeux… et de la poudre plein ses narines...

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires..."=--=

 

 

— T’as regardé le débat hier soir ?

— Aucunement. 

— Te connaissant t’as dû faire un truc plus palpitant, genre lire Nietzsche ou un bouquin de théologie orthodoxe en te vidant un verre de whisky.

— Pas du tout. Je suis encore en Carême, moi, monsieur, pas d’alcool depuis plus de 40 jours, et la Pâque Orthodoxe tombant cette année le jour du second tour des élections, crois bien que dimanche prochain j’aurai à coeur autre chose que la présidentielle : je célèbrerai la Sainte Résurrection de mon Sauveur Jésus Christ. Mais hier soir j’ai fait un truc tout aussi intéressant que de lire Nietzsche ou un livre de théologie orthodoxe : à l’heure du débat, j’ai fait le ménage dans tous les tiroirs de ma cuisine en écoutant d’une oreille distraite le saisissant témoignage de Johnny Depp au tribunal, face à sa harpie d’ex-épouse Amber Heard… c’était bien plus captivant que de me farcir Foutriquet et la Poissonnière… et puis ça m’a reposé la tête après mes lectures récentes de passages entiers de « L’échelle sainte » de Saint Jean Climaque ou du livre du Hiéromoine Hilarion Domratchev, « Sur les monts du Caucase ». Car je suis un homme imparfait et je suis pécheur.

— Bah ! T’as pas loupé grand-chose. Marine n’a pas été à la hauteur… mais Macron ne l’a pas détruite comme il y a cinq ans… elle a eu de bons moments, il faut le reconnaître.

— Je ne sais même pas ce qui s’y est dit, lors de ce débat. Mais crois-le ou non, je vois très bien ce qui a pu s’y raconter dans les grandes lignes… 

— Ah oui ? Et quoi ?

— Oh tu sais, je n’ai aucune prétention à la médiumnité, il suffit juste de connaître un peu les deux protagonistes de cette affaire et la Marine, on la connaît depuis un bail… quant à Macron, en cinq ans on a eu le temps de le connaître l’animal. Pas vrai ?

— Et alors qu’as-tu à en dire ?

— Ben un banquier de chez Rothschild qui t’explique que parce que l'on a un emprunt a rembourser on n’est pas libre, que baisser la TVA c'est une mesure pour les riches, qu'un référendum est anticonstitutionnel sauf quand le vote est certain d’aller dans le sens qui lui sied, que la proportionnelle c'est bien mais qu'il n’a pas eu le temps de se pencher dessus, qu'il faut travailler plus longtemps et qu’on discutera des modalités par la suite, qu'il a supprimé des lits dans les hôpitaux mais qu'il veut faire bosser d'avantage les auxiliaires de vies et les infirmiers et infirmières qui sont au bord du suicide, etc… et tout ça avec un regard plein de mépris et l’arrogance déterminée de quelqu’un qui se trouve en haut de l’échelle alimentaire. Un vrai prédateur. Il a, j’imagine très bien, pratiqué si ce n’est ouvertement, du moins en sous-texte, l’art du « en même temps » avec une audace de salope séductrice, car ce mec c’est de la poudre aux yeux… et de la poudre plein ses narines. Et crois-moi, en matière de poudre dans les narines, je m’y connais suffisamment pour renifler, sans mauvais jeu de mot, les cocaïnés de loin.

— T’as un passé de grand pécheur.

— Ouais, rien dont je sois fier, il y a bien pire que moi, mais c’est mon bagage existentiel, mon vécu, mon expérience, alors les sniffeurs je les vois arriver de loin.
Avec mes potes ayant survécu à nos années folles de dérives, lorsque nous nous revoyons en diverses occasions, nous sommes pliés de rires chaque fois que nous évoquons Manu et ses tics obsessionnels de poudré compulsif. Le pire, c’est qu’il est tellement sûr de lui, qu’il ne le cache même pas. Assurance arrogante, regard déterminé, pupilles dilatées sur certaines photos quand tu zoomes dessus… c’est affligeant tellement c’est gros !
Et personne ne dit rien à part le populo accoudé au zinc qui refait le monde en sirotant un demi ou un ballon de p’tit blanc sec. Le populo sait être con et dangereux, mais il a encore un fond de bon sens. Nos politiques tendent de plus en plus à l’oublier ce qui finira bien un jour par se retourner contre eux.

Les électeurs qui vont lui donner leur vote afin de faire barrage au fascisme ne voient même pas que le fascisme est devenu progressiste. Car mettons que Marine Le Pen soit élue demain, tu crois qu’elle va ouvrir des camps de concentrations voire des camps de la mort ? Qu’elle va faire la chasse aux basanés et aux opposants politiques avec des patrouilles spéciales créées à cet effet ? Qu’elle va supprimer l’Assemblée Nationale et imposer de sa main de fer qui caresse ses chats un pouvoir dictatorial ? Qu’elle va organiser des pogroms antisémite ?

— Bien-sûr que non, mais où veux-tu en venir ?

— Et bien je veux en venir au fait que si Macron est réélu, les Gilets Jaunes continueront à être éborgnés et leurs mains arrachées, les « Black Bloc » continueront à casser sous le regard impassible de la Police les commerces et à brûler les voitures des honnêtes citoyens, tandis que les infirmières qui manifesteront finiront la gueule sous la botte des CRS. Si Macron le juge nécessaire, les invitations autoritaires à la vaccination reprendront, ainsi que l’obligation à l’Ausweis pour aller à l’hôpital, en concert ou au restaurant. Nous serons éventuellement confinés à nouveau, on agitera la peur de la mort pour maintenir les personnes en état d’obéissance et de soumission. On se croirait sous le III ème Reich. Mais un III ème Reich juste un peu plus mollasson, pour remporter l’adhésion de suffisamment de personnes afin d’affirmer avec morgue et condescendance paternaliste la nécessité de cet « état d’urgence sanitaire ».

— Et pour la Marine d’hier soir, tu vois quoi dans ta boule de Cristal ?

— La pauvre. Elle a dû être en équilibre très délicat et insolvable. Là ou Zemmour avait les couilles d’annoncer la couleur et de ne pas dévier d’un iota de ce qu’il dit dans ses analyses depuis vingt ans, elle a certainement tenté de préserver la chèvre et le choux tout en enrobant son discours de suffisamment de testostérone héritée de son paternel pour ne pas perdre l’attention de ses électeurs historiques ! J’ai bon ?

— Ouais, grosso modo c’etait ça.

— En gros ça a dû être le débat de l’arrogance d’un côté contre l’insuffisance de l’autre. Avec Zemmour au second tour ça n’aurait pas été la même chose, Foutriquet se serait fait manger à la p’tite cuillère et Zemmour se serait curé les dents avant la fin de la confrontation. Et la Poissonnière aurait rongé son frein devant l’écran de télévision de son QG en prenant une leçon de répartie et de rhétorique… n’est pas bretteur qui veut.

— Je crains que nous repartions pour cinq ans de plus avec Macron. C’est terrible. De toute façon les esprits sont tellement laminés par la propagande qu’il va passer à nouveau pour le sauveur de la Démocratie devant un danger dont le socialiste Lionel Jospin lui-même, évincé par Jean-Marie Le Pen en 2002 lors de la présidentielle, disait il y a quelques années qu’il était déjà inexistant au temps du Président du FN et il doit l’être encore plus, inexistant, sous les auspices de sa fille.

— Oui, tu as parfaitement raison.
Tu sais, il ne s’agit pas pour moi de faire l’éloge de Marine Le Pen qui intellectuellement ne m’impressionne guère et qui, surtout, a un programme économique désastreux : du mélenchonisme national, dont je suis surpris que les électeurs de gauche ne parlent pas car il va complètement dans le sens de leurs revendications. En tout cas très nettement plus que le programme de Macron.
Lorsque dans les années 80 le Front National avait un programme économique parfaitement libéral, inspiré de Reagan et de Thatcher, le vieux borgne disait des saloperies inacceptables sur la Shoah. A présent que la fille a nettoyé son Parti des éléments sulfureux et douteux, elle a procédé a un revirement dans son programme économique qui me laisse pantois, mais que son père avait déjà amorcé à partir du milieu des années 90. Elle a juste fini par enfoncer le clou.

Pour le reste, tu as raison, mais ça coule de source. L’aptitude des gardiens de la vérité officielle, des tauliers de ce qui est supposé être le renom moral de la République, à énoncer ostensiblement et notoirement quel bulletin il convient de glisser dans l’urne le jour de l’élection afin de ne pas perdre face au milieu de ses semblables, et d’annoncer pour ou contre quel candidat à l’Élysée il convient de se prononcer, est proprement hallucinant, car ça ne passe nullement par le débat des idées, mais par l’ostracisation pure et simple, le bannissement, le rejet d’un candidat et de ses électeurs. Cela se fait avec un empressement moutonnier et l’assurance d’être du bon côté, celui que Philippe Muray appelait « L’Empire du Bien ». Le secret de l’isoloir ? Terminé ! Circulez y’a rien à voir ! On se passerait volontiers de leur pathétique opinion, quel que soit d’ailleurs le choix de notre vote, mais les grégaires aiment à se rassurer mutuellement et vous demandent à la moindre occasion de montrer patte blanche. Et lorsque tu montres patte blanche il faut le faire savoir au monde entier ardemment et avec enthousiasme, dans une communion unanime et afin de prêcher la Bonne Parole, de faire bonne oeuvre d’évangélisation. Lorsque tu ne montres pas patte blanche, les feux de l’enfer se doivent d’être déchaînés contre ta personne.

Dans leur tyrannique démarche, leur dictatoriale injonction, il ne s’agit certainement pas de mettre en commun une certitude et une appréciation personnelles avec des personnes qui partageraient leur point de vue, mais de se monter sur un piédestal moral afin de se présenter comme des intendants de la conscience citoyenne, autorisés à la désormais habituelle harangue et mise en garde en direction de ceux qui n’entrent pas dans leurs critères doctrinaux et ne partagent pas leur position, ou sont éventuellement hésitants. Car Grand est leur Credo. Ces chevaleresques doctrinaires de la vertu, que Saint-Just et Robespierre n’auraient pu qu’approuver, ces héroïques déclamateurs dévots se voient subitement investis d’une nouvelle Croisade : après avoir prôné les bienfaits de la vaccination, leur nouvelle mission consiste à affirmer sans ambages la nécessité d’une indiscutable intention de vote pour le seul candidat fréquentable selon leur agenda… ou leur soumission. Pour eux, raisonner avec justesse équivaut à bien gamberger et bien gamberger consiste à raisonner comme eux raisonnent, pas autrement.
Tu vois le topo ? Tu amplifies cela par la voie de tous les médias, de toutes les déclarations des uns et des autres, de tous les réseaux sociaux, et tu obtiens assujettissement et docilité, allégeance et servilité. Parlant des athéniens et des spartes, La Boétie, dans son « Discours sur la servitude volontaire » dit : « ces gens ne pouvaient souffrir que, de la moindre parole seulement, on touchât à leur liberté »… Il faut dire que les choses ont bien changées.

— Un mot de conclusion ?

— Et bien l’un mérite de perdre et l’autre ne mérite pas de gagner. La France est dans la merde ! Si je vais voter, je voterai la mort dans l’âme… comme je l’ai d’ailleurs souvent fait. Mais dimanche matin, avant tout, je m’exclamerai : « Christ est ressuscité ! En vérité il est ressuscité ! » Le reste, finalement, est important mais secondaire, car je ne mets aucun espoir dans ce monde, même s'il faut se battre pour que ça aille mieux.

 

 

 

19:29 Publié dans Humeurs Littéraires | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Pas regardé non plus. Pas d'histoires de Carême mais d'hygiéne ( donc quand meme un peu Carême ) et de padtélé ( dé-chainés ). Ce matin commentaire sur Fr Cul... et oui, surprise intéressante, aussi la:" MLP insuffisante, Macron suffisant " Je partage fb, bonnes fetes de Pâques. J-marc

Écrit par : J-marc | 21/04/2022

Sur la photo, le poudré fait une tête de chien battu
Votez pour moi sinon je pleure

Écrit par : Kobus van Cleef | 24/04/2022

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