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11/09/2005

Mariage...

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

Le corps exige, réclame, ce curieux souffle qui vient de très loin...

C'est un peu de cette poussière d'étoile... de cette eau cosmique qui brûle... parlant au-delà de nous… en de ça…

Éléments... constituants... de l'épiderme sensuel aux profondeurs tenaces... ô fondation qui élague constamment sa propre démesure... un appel curieux qui est déjà dans sa primitive candeur un spasme de mots qui élaborent la texture même de la réalité... un foisonnement…

Être ô Être…



Réservoir de forces instinctives… mémoire des mémoires…



Au bord des précipices internes, trouver l’Ordre Factuel… la collaboration avec les rêves qui sont donnés…

La pierre, la silice, le sel… ces symphonies se conjuguent… contrepoints d’atomes…





En premier lieu…

méditer la présence… matière… matière… ô Incarnation…car si ce feu est impossible…



… quel feu allumerons-nous ?

Un ami très cher me précise souvent qu’il nous faut faire jaillir le flux du coussin, lorsque la position adéquate, ange ou lotus, nous délivre les possibles de l’Être… Le méditant est une bombe atomique que peu soupçonnent…

Nous, veilleurs, guettons la vague prochaine…





…celle qui balaiera les statues de sel arrêtées dans leur désert…





Personne ne devine ce que sera la Victoire de demain…



… et le mariage que célèbrent, au quotidien, les créateurs d’une aube de chaque instant…

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Bande son du moment :

* « Tyranny of Souls » de Bruce Dickinson

Lectures du moment :

*La Divine Comédie de Dante
*Illuminations de Rimbaud

Citation du jour : «Il n'existe que trois êtres respectables: le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer. » Charles Baudelaire

Humeur du moment : Fatigué

07/09/2005

Politicards... Journaleux... et droits de l'hommisme !

=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=

Sacrés politicards, sacrés journalistes… grâce à eux l’Être s’évanouit… fond comme neige au soleil… dans le cadre nauséabond, installé, entretenu de l’Absence du Verbe… impossibilité d’atteindre la meilleure part de nous-même : celle qui par les Mots noblement clamés dans une haute conscience de soi parvient à soigner et guérir les Maux en les nommant…
Ainsi…
Soyons sélectifs dans nos « ingérences », le Capitalisme Intégriste nous en sera reconnaissant !
L'ère du temps est celle de « l'ingérence humanitaire », de l'aide aux opprimés quand ceux qui les oppriment ne sont pas forts et ne sont pas nos amis ! En fait, une nouvelle manière de fliquer le monde pour que la normalisation en cours porte rapidement ses fruits : mettre tout le monde au pas ! Pays, différences, cultures, individus. Enculage général !
Un massacre de civils au Kosovo, les deux tours du World Trade Center qui s’écroulent, et c’est le branle bas de combat, une marée de protestations belliqueuses appelant à la défense du Droit et des droits de l'homme par les armes. Versons donc un peu de sang. Encore.
Joli leurre…
Il y aurait tant à dire de ces passionnés de la conscience ! La conscience dans les chaussettes. Tant à dire qu’on ne sait pas par où commencer.
Ah ! ces grands qui nous gouvernent, qui pensent pour nous, aux sourires bien blancs, à l’haleine impeccable, les puissants de ce monde qui montent soudain sur les estrades pour haranguer le populo, qui se précipitent aux meurtrières de l'indignation pour faire vociférer leurs muqueuses et leurs humeurs, et tandis que l'OTAN se mue en ange vengeur d’un occident « choqué » dans ses valeurs les plus intimes, l’ONU bredouille sur place, Clinton ou Bush se frottent les mains. L'exultation devient collective. On songe soudain aux prémices d'une croisade. Une croisade particulière qui n’a rien de saint ! La grand-messe absolutoire à la télévision est quotidienne, le présentateur joue le rôle du prêcheur sous le regard bigot du paroissien dans son canapé se grattant les couilles. Le Spectacle peut commencer…pardon… peut se poursuivre. Guy DEBORD se marre dans sa tombe ! Un moment d'hypocrisie aussi dans ce que l'hypocrisie a de plus laid et l'occident de plus irritant. On se met le masque de l’homo-festivus occidental, celui que porte et défend avec ardeur Marc-Olivier Fogiel, mais avec la larme et la colère adéquates, celles qu’on n’affiche plus pour son propre pays, pour sa propre culture, pour sa propre identité, pour son propre honneur – en supposant que ce terme ait encore une signification (même moindre) pour le moindre lecteur de cette bafouille que je trace.
Qui pouvait montrer, sur une carte, le Kosovo ou le Kurdistan avant certains évènements récents ? Et encore aujourd’hui… après les évènements ? Au Kosovo ou au Kurdistan Turque… ceci n’est qu’une suspension des hostilités en cours. Car désormais il semble bien que le 21ème Siècle soit parti pour être celui de la guerre perpétuelle, afin de bien nous maintenir dans la crainte et la peur d’un choc des civilisations. Le Gouvernement Américain est parvenu à faire la nouvelle scission tant désirée. Nord/Sud. Le nouvel Ordre Mondial en est le garant et le dépositaire. Le nouvel Ordre Mondial : celui du fric à tout va, de la consommation joyeuse et de la vie à crédit. Pour cela, et avant l’aplanissement général et l’uniformisation de toute l’Humanité, le nouvel Ordre Mondial a besoin, encore pour un temps, de la division calculée… pour mieux régner. Bien-sûr.
Français montrez moi Roubaix sur une carte ! L’avenir nous en reparlera de cette ville. Parole de Serbe.
Tristesse pour la conscience humaine. Dodo, citoyen ! Et surtout : chut ! Ne te réveille pas trop, on te traiterait de néo-réac et de fasciste ! Même si tu vomis Le Pen ! Surtout si tu vomis Le Pen !
« Comment ? Ce type tient ces propos et n’est pas d’extrême droite !!!! C’est choquant, dans ce pays de la liberté et des droits Universels de l’Homme .»
Il devrait plutôt rejoindre le camp de Marc-Olivier Fogiel, n'est-ce pas, et postillonner onctueusement son ressentiment démocratique sur une vieille France qui, bien que moisie, savait au moins mettre un pied devant l'autre quand il fallait et avait encore le sens... du bon sens.
Et on part comme en 14. En chantant. En priant. Convaincus d’être les sauveurs. Les élus. Pauvre Irak !
On clame alors bien fort qu’on s’en va défendre (à tout prix) le droit international et les valeurs universelles. Et ces droits et ces valeurs on les refuse aux victimes que nos massacres accouchent, ou à tous ceux dont la situation politique, religieuse, culturelle ne coïncide pas avec nos intérêts.
Les médias affirment porter l'attention de l'opinion publique sur une cause juste. On en oublie tant d'autres causes ou conflits pas moins justes que ceux projetés dans la mire, dans un oubli à peine enrobé de quelques commentaires lapidaires et souvent bien ignorants, ironiques de ce cynisme moderne qui n’éclaire rien ni personne. Pire, parfois les commentaires concernant ces conflits oubliés sont inexistants, alors que dans le traitement des conflits qui veulent bien les intéresser, nos médias brillent souvent par leur furieux déchaînement (la guerre de Bosnie devient une guerre de conquête alors que les Serbes qui y ont pris les armes y vivent depuis 500 ans), leurs amalgames (tous les Serbes sont des Nationalistes sanguinaires… ou …l’Irak est une menace Islamiste alors que le pays est laïc) et leurs condamnations hâtives (Milosevic au tribunal de la Haye, alors que les Serbes auraient voulu le juger eux-mêmes pour faire leur mea-culpa et se faire accepter dans la communauté Internationale... désormais l’Histoire – manipulée – ne retiendra que le jugement de Milosevic à la Haye et l’idée que les Serbes ne voulaient pas le donner !). Lamentable.
Et comme par hasard, les points du globe qui intéressent les journalistes sont souvent ceux qui intéressent les dirigeants de leurs pays. Ce n’est pas tant un imaginaire "complot politico-médiatique " (encore que ces oiseaux là – les journalistes et les politicards – s’entendent plutôt bien) qu’une assurance que viendra tôt ou tard, l'heure du grand show militaire, diplomatique, et la fête de la reconstruction, quand le Business aura repris ses droits, qui pousse les journalistes à cette attitude. Mais les a-t-il jamais perdu ses droits, le Business ?
Oui, ils se disent tous, les scribouillards comme les valeureux hommes d'action, que viendra l'heure bénie où ils sentiront que fouler un pays à terre, honni et vomi des puissants, avec leurs analyses de journalistes planqués dans les luxueux hôtels, avec leurs délicieuses perspectives de Requins de la finance... fouler un pays à terre, disais-je, est moins frustrant et surtout plus rentable que combattre les moulins de l'indifférence pour réveiller un peuple de mort-vivants. Et pourquoi le réveiller d'abord ?
Il nous faut du CASH !
Ce qui explique, ainsi, que l'on parle plus des kurdes d'Irak que des kurdes de Turquie qui n'ont pas eu la " chance ", pour attirer l'attention des médias occidentaux, de disposer de Saddam Hussein. La Turquie n’est-elle pas pressentie pour rentrer dans la CEE ? J’y reviendrai.
Ah ! Ce Nebo qui se la pète avec ses « figures de style » ? Vraiment ? Les exemples pourtant foisonnent, montrant que l'ironie n'est pas dans ce que j’écris mais dans les faits : éclipsés les sahraouis, enfouis les Chrétiens du Soudan et autres peuples ou conflits si peu évoqués qu'en parler fait presque sourire, ennuie. Les sourcils se tordent, interrogatifs. On craint l'étalage lassant d'un goût pédant pour la révolte exotique et la marginalité.
De même des conflits plus proches : pas si loin, en Turquie, donc, l'un des meilleurs alliés des USA, la Turquie, donc, deuxième armée de l'OTAN (!!!!), emploie tous les moyens, y compris les déplacements de populations et la torture systématique, dans sa lutte contre les kurdes du P.K.K. Et dois-je rappeler l'occupation par la Turquie du nord de la Chypre et les autres violations des droits de l'homme sur cette magnifique île, d'une façon qui au total dépasse en fureur et en dimension ce qui s’est passé au Kosovo sous Milosevic avant les bombardements de l'OTAN. En Chypre, depuis 1974 l'armée turque occupe le nord de l’île qu'elle a vidé par la force de ses habitants chypriotes grecs (en 1975 la Turquie avait en plus imposé que les chypriotes turcs vivant au sud gagnent le nord de l'île, créant ainsi deux zones « éthniquement pures ») ; de nos jours elle conforte cet état de fait par l'apport massif de colons venus de Turquie et la présence d'un corps d'armée. L'origine réelle du conflit remonte aux années 50, quand la Chypre était encore une colonie ou un protectorat (je ne sais plus) Britannique, c'est à cette époque que les turcs eurent l'idée d'un partage de l'île et de la création au nord d'une zone "turque" pour contrer la volonté des chypriotes grecs (qui représentaient alors 82% de la population de l'île) de se rattacher à la Grèce. La proclamation de l'indépendance de l'île en 1960 n'avait pas détourné les parties de leurs ambitions respectives. La Turquie avait préparé le partage et l'intervention de 1974 en mettant en place des milices chypriotes turques, bras armé de sa politique dans l'île (et dont l'action eut pour conséquence des affrontements sanglants et des atrocités impliquant les deux communautés de l'île - affrontements qui connurent leur paroxysme dans les années 60). Depuis... c’est le statu quo ! Et ce pays, la Turquie, devrait rentrer dans l’Europe. Lorsqu’on sait que les Chrétiens Orthodoxes de Turquie ne peuvent même pas ouvrir leurs écoles ou leurs monastères librement.


Cliquez sur la Carte

Sachez que le gouvernement turc, dans la partie turque du Kurdistan, brûle systématiquement et chasse les habitants des villages kurdes soupçonnés de soutenir le P.K.K. (Parti des travailleurs Kurdes) ou qui refusent de constituer une milice locale anti-P.K.K..
Tout le monde s'en fout et la Turquie fait même partie des pays qui participent aux actions de l'O.N.U. (en Bosnie, par exemple, et appelle au respect des droits de l'homme au Kosovo, sans que cela ne percute qui que ce soit – que ce soit parmi les médias ou nos dirigeants de gauche, de droite, du centre, tous tellement vertueux). Les plaintes de certains sont voués à passer au second plan jusqu'à ce qu'un changement de conjoncture économique, stratégique, politique fasse tourner dans leur direction le vent des intérêts. Il semble que certaines plaintes soient même passées aux oubliettes.
Je ne peux, ni ne cherche, à blâmer tout le monde pour ces évidences que si peu ne se lassent d'ignorer. Certes, on ne peut connaître ni s'intéresser à tout (le choix même des exemples dans ce texte en est l’illustration), mais l'attitude des journalistes censés nous informer de tout, le comportement nauséabond de certains intellectuels (B.H.L. ?) qui érigent leur fonds de commerce sur ces luttes sélectives (sur des amoncellements de cadavres) pour la dignité humaine, peuvent être sujet à " interrogations ". Les chefs d'Etats, quant à eux, pensent bien sûr avant tout à la sauvegarde des intérêts nationaux... et aux prochaines élections.
Et des questions, oui, je m’en pose ! Par exemple celle de savoir si l’attitude des journalistes et des politiciens favorise autre chose que de simples intérêts contingents – quoi que les cyniques diraient que le « sacrifice » est vain pour n’importe quelle cause et qu’il est préférable de compter les billets. Ou formulé différemment : la question de l'utilisation vulgaire et abusive, par les pays occidentaux, de certaines valeurs (Les droits. Les devoirs.) dans le seul but de préserver des intérêts qui sont pourtant opposés à ces valeurs. C’est cette tare malsaine de la politique internationale qui consiste, pour servir ses propres intérêts, à prétexter la défense zélée des droits de l'homme en intervenant de la manière la plus brutale qui soit dans un pays donné, par le biais d’un prétendu « droit d'ingérence ». En attendant, sous des montagnes d 'hypocrisie et de prétextes bidons de lâches et de couards, on ferme les yeux sur les violations qui ont lieu partout ailleurs y compris dans son propre « camp » que pourtant l'on serait parfaitement en mesure de stopper, ou en tout cas de condamner autrement qu'à demi-mots. Et on se complait dans cette indécente comédie, dans cette mascarade post-moderne. L’occident jettera-t-il un jour son masque de pacotille, devant lequel les foules hypnotisées clignent des yeux ?
Oui, pauvre fou que je suis, (tel Zola à une autre époque et pour d’autres raisons… mais pas si éloignées que ça de celle-ci) j’accuse (et condamne même) ces « moins que rien », ces « qui ressemblent à rien », ces scribouilleurs de tristes pages aux 1000 et 1 opinions mais sans la moindre idée ni intuition authentique dans leurs analyses et comptes rendus bidons, ces petits politiciens véreux, ces journaleux libidineux imbus d’eux-mêmes se caressant le nombril à longueurs de pages, d’heures d’antennes ou de mandats ; je les accuse d’être la lie de l’humanité, participant à de véritables génocides humains, culturels et intellectuels et les condamne à l’indifférence. Je suis gentil, n’est ce pas ? Il mériteraient une bonne fessée aussi.
Leur condamnation à l'indifférence (ah ! si elle était seulement suivie et appliquée par nous tous !) rendrait peut-être moins amère la course des peuples qui courent derrière leurs " droits " comme derrière un mirage dans ce silence sanglant. Ce silence sanglant ou ce baragouinage généralisé assourdissant qui fait qu’on entend uniquement qui on veut bien entendre.
Le seul espoir que j'ai en cette Vie... c'est que tout cela soit mené à son terme... dans un paroxysme définitif...
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Bande son du moment :
*Carmen de Bizet
Lectures du moment :
*La Divine Comédie de Dante
*Illuminations de Rimbaud
Citation du jour : « Le monde va finir. La seule raison pour laquelle il pourrait durer, c'est qu'il existe. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : qu'est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel ? – Car, en supposant qu'il continuât à exister matériellement, serait-ce une existence digne de ce nom et du dictionnaire historique ? Je ne dis pas que le monde sera réduit aux expédients et au désordre bouffon des républiques du Sud-Amérique, – que peut-être même nous retournerons à l'état sauvage, et que nous irons, à travers les ruines herbues de notre civilisation, chercher notre pâture, un fusil à la main. Non ; – car ce sort et ces aventures supposeraient encore une certaine énergie vitale, écho des premiers âges. Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre. La mécanique nous aura tellement américanisés, – le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacriléges ou anti-naturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs. Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. » Charles Baudelaire, Fusées

Humeur du moment : Déterminé

Il faut bien bouffer... même quand on est un héros !

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Magasinier…

La lourdeur du Corps, quand il faut exécuter les bonnes manœuvres, pressé par les obligations professionnelles sans importance...

Les obligations professionnelles sans importance puisqu'il faut bouffer et payer son loyer...

Les chefs, les sous-chefs, les quarts et les tiers de chefs… les superviseurs supervisant… les cadres encadrant… les ouvriers manuelisant… tout ce beau cirque livide… les rires graveleux sans légèreté, sans humour… la satisfaction trouvée dans si peu de choses… les salaires au ras des pâquerettes malgré des bénéfices impressionnants… le blanc des yeux : rouge… les pupilles dilatées… la bouffe à la cantine : banale… les sourires forcés… les teints pâles… ceux qui s’évitent… ceux qui se montrent… ceux qui n’ont pas la moindre envergure mais font semblant d’en avoir une (les jeunes cadres tout particulièrement)… pas de Culture… pas d’angoisse à étreindre, ou plutôt : ravalée l’angoisse, contenue l’angoisse, par l’art sinistre qui consiste à se persuader que la maîtrise sur leur vie est totale, que la saison va être bonne, que la saison va leur donner les opportunités de nouveaux challenges, leur offrir la perspective de nouvelles conquêtes… magnifiques ces beaux et valeureux cadres, rasés de près, costard-cravate et chair très triste… aucun dandysme… que de l’air… même pas du vent… mais dangereux… décisionnaires… crocs aiguisés… névroses et hystéries réglées par de pitoyables convictions de requins humanoïdes… Dans leurs tâches : ils ne peuvent, en effet, qu’être effectifs… mais beaucoup d’entre eux ne sont, finalement, que de pauvres tâches !



Pointeuse… salutations… enthousiasmes et déceptions… brouhaha existentiel… on vole deux minutes pour échanger quelques mots, ou un sourire authentique, avec deux ou trois personnes qui résistent, mais en demeurant sur le qui-vive, des fois qu’on se fasse prendre en flagrant délit d’humanité… et l’entreprise nous assassine, doucement, à petit feu, sans qu’on s’en rende compte… on rentre… on sombre… devant la télé-réalité, devant le foot, en mal-bouffant une mauvaise pizza… enchantement de notre univers !



Celui qui parvient, le soir venu, à éteindre la télévision, à ouvrir un livre… pire (ou mieux, c’est au choix) à écrire quelques lignes est un héros… comme moi… qui passera très vite pour un connard prétentieux auprès de tout ce joli monde…

Étant presque tous dotés, en toutes choses, d’un très mauvais goût, Cadres, prolos et employés divers, c’est bien moi, face à leur morgue qu’ils ont commune, face à la normalité de leur étroitesse répugnante, qui devient nauséeux et provoque haut-le-cœur et aversions diverses. Je leur renvoie l’image de ce qu’ils n’osent pas être, ou ne savent pas être et, probablement, ne seront jamais : un souverain, libre et détaché, un franc-tireur incendiaire, jouant des masques Vénitiens et riant de presque tout avec délectation…



Puisque je fais preuve, selon eux, de mauvais goût, comme disait mon ami Baudelaire : « Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire. »

Bref… tenir le coup… dépasser la ténèbre…



Nebo

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Bande son du moment : Carmen de Bizet

Lectures du moment :

*La Divine Comédie de Dante
*Illuminations de Rimbaud

Citation du jour : « Mieux vaut celui qui, assis à sa place, avance dans le Tao. » Tao-tö-king,LXII

Humeur du moment : tranchante...

06/09/2005

Tout...

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17/03/2005


"Tout
cet encre
cette ligne tracée par mon abandon
le souffle du rire
la larme et son sel
les mots
l'éruption
la pensée qui menace
la guerre faite à l'angoisse d'être
EST le mouvement
l'action
faisant face à l'inertie
la Mort tancée par la Vie
le cri du fou
l'ascension de la pente
la marche sur le front
au milieu des cadavres regardant le ciel
le jeu de l'enfant
ses lèvres qui embrassent
la poursuite de la quête
le témoignage de la trace"


Du fin fond de l'Être surgit le souffle qui me dicte... l'aurore et la terminaison...




Le drame Social et sa médiocre inquisition, "pet de lapin" dirait Henry Miller... rien de cette farce n'est à retenir, si ce n'est l'essentiel : la souffrance des êtres, leur Damnation, leur affliction morne qu'ils se transmettent comme des offrandes empoisonnées... Or, TOUT chante et clame la vie... au milieu de cette agitation... buvons la coupe, amis de la grappe... ne baissons pas notre garde... La Guerre a bien cours en ce moment même… Partout !

Nebo