03/06/2008
Le déplacement immobile du point
=--=Publié dans la Catégorie "Humeurs Littéraires"=--=
« La première éjaculation d’un môme est le premier signe de la mort. »
Léo Ferré – Benoît Misère
Je cherche encore le sens profond de ce lien intime entre Eros et Thanatos. Quand on jouis on meurt un peu, mais quand on meurt est-ce qu’on jouis ? Je cherche à voir ce qui m’inclut afin d’inclure ce qui m’inclut. Expérience Dantesque. Voir tout et me voir tel que je suis vu, avec cet éloignement, dans le tout. Le déplacement immobile du point. Je marche pieds nus le long du rebord de mes phrases.
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Etuve...
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Tenir le cap, garder l’œil sur l’étoile, au milieu de ces métamorphoses. S’il faut mentir : mentir adroitement. Je me suis rasé la barbe et ayant vu le visage qui a émergé dans le miroir j’ai eu du mal à lui conférer un sens. Systématiquement, de me regarder dans les yeux convoque mes ombres, mes fantômes, mes illusions. Si je m’élève par la pensée dessus la ville, j’en vois les lumières pâles, à travers son nuage de pollution, qui transpercent les flancs de l’air et fument. Un tas doré d’ordures en fermentation avancée. S’il faut mentir : mentir adroitement, pour mettre à jour la vérité. Tenir le cap, garder l’œil sur l’étoile, au milieu du chuintement des vagues qui rend fou. Fixer les impressions qui viennent de loin avant qu’elles ne s’évanouissent dans l’âtre que je tisonne. Écrire. La valse des ombres tourbillonne comme des sheitans masqués en derviches tourneurs malsains, sans pivot, sans autre but que la noirceur. Je croupis dans mon étuve, emplis de dards empoisonnés. Plus de 42 années d’ampoules et de cornes aux pieds.
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