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21/02/2010

Robert Johnson : Me and The Devil

=--=Publié dans la Catégorie "Blues"=--=

Tout commence par-là.

Guitariste rock, on peut passer des heures sur sa guitare électrique à fantasmer sur une restructuration du monde par le son, à vouloir ressembler à Alvin Lee, Johnny Winter, Robin Trower ou Frank Marino, on n'arrivera pas à grand chose si on n'a pleinement présent à l'esprit que tout a commencé avec quelques mauvais garçons descendants d'esclaves qui se retrouvaient le soir de Juke Joint en Juke Joint pour élaborer une musique sensuelle et primitive qui inquiéterait les blancs les plus frileux tout en inspirant les blancs les plus libérés. Ce qui fera ravaler au racisme sa morve nauséabonde au moins le temps de quelques chansons. Eric Clapton ou Rory Gallagher l'avaient très bien compris. Tout a commencé avec les anciens bluesmen nègres au tout début du XXème Siècle, ceux dont les grands-parents voire les parents, recevaient encore des coups de fouets dans les champs de coton, ceux dont les doigts crevassés et desséchés par le dur labeur du jour trouvaient encore la force et l'inspiration pour chanter le soir, When the sun goes down, des mélopées faites d'espoir et de fraternité, des histoires de pacte Vaudou signé au croisement de chemins lugubres, des histoires d'abandon et de désespoir, de vide moral et spirituel, de sexe tantôt triste tantôt joyeux et d'espérance messianique. Une confusion dont les plus aguerris parvenaient à faire émerger un sens qui ferait chanter quelques décennies plus tard à James Brown, non pas la haine ou le désespoir, mais le bonheur d'être au monde tout simplement...

 

Les grands ont posé les bases de ce qui allaient devenir le Rock and Roll avec toutes ses ramifications diverses. Son House, Big Bill Broonzy, Memphis Slim, Blind Willie Johnson, pour n'en citer que quelques uns. Mais le plus important de tous fut, sans conteste, le légendaire Robert Johnson, mort mystérieusement à l'âge de 27 ans (et inaugurant, par là, un surprenant Cénacle, à croire que le Diable est vraiment passé par leur âme pour presser le citron jusqu'à la lie), empoisonné, dit-on, par un mari jaloux et enterré en... trois endroits différents ! Les trois différentes localités se disputent encore la primauté de faire reposer en leur terre les restes du grand homme.
Non seulement Robert Johnson fut une légende, mais il a enregistré avec une prouesse remarquable, dans des conditions techniques réduites, une série de chansons qui ont depuis été reprises par les plus grands ou eu une influence considérable sur ceux-ci... D'Aerosmith à ZZ Top, sans oublier l'immense Jimi Hendrix ou le fabuleux Eric Clapton que j'ai déjà cité mais qui fut tellement obsédé par le parcours de Robert Johnson qu'il inaugura sa carrière en reprenant ses chansons dés ses débuts avec le bluesman britannique John Mayall...

 

...puis tout de suite après au sein des lumineux Cream...

 

Tout au long de sa carrière solo, Eric Clapton a toujours trouvé le moyen de glisser une reprise de Robert Johnson dans son répertoire plutôt pop et sucré, histoire de rappeler à tout le monde d'où il venait... Cette obsession a culminé, néanmoins, en 2004 lorsqu'il a enregistré tout un album consacré à sa principale influence, "Me and Mr. Johnson" qui est à écouter avec son autre disque de blues, "From the Craddle", sorti 10 années plus tôt, et où le bien nommé Slowhand nous montre qu'il sait de quoi il cause.

 

Alors pour que les non initiés parmi vous crèvent moins crétins... voici les chansons que Robert Johnson en personne a enregistrées lors des 5 seules sessions d'enregistrement de sa courte et mystérieuse vie, probablement seules et uniques certitudes que l'on possède à son sujet : les 23, 26 et 27 Novembre 1936 à San Antonio, et les 19 et 20 Juin 1937 à Dallas, toutes deux au Texas, donc,celles de San Antonio furent enregistrées dans une simple chambre d'hôtel, celles de Dallas eurent lieu dans le bâtiment d'une Compagnie de Disques. Je ne connais pas les détails...

Je ne sais si Robert Johnson, comme l'affirme la légende, a vendu son âme au Diable, toujours est-il qu'il jouait de la guitare, très très mal et il était la risée de tous les bluesmen qui croisaient son chemin et l'invitaient à laisser tomber cette aventure qui risquait de lui faire mal et de retourner au champ de coton. Cependant, il disparut quelques courts mois et revint avec une maîtrise de l'instrument qui asphyxia littéralement tout le monde. Non seulement il maîtrisait les accordages des autres chanteurs, mais les spécialistes se prennent encore la tête pour savoir s'il n'a pas inclus quelques sombres accordages que le Diable en personne lui aurait inspirés tout en le faisant pénétrer dans la science du contrepoint, car on a l'impression, par moment d'entendre deux guitaristes jouer en contre-rythme, alors que Robert Johnson jouait... seul. En tout cas, personne avant lui, ne jouait de cette manière au sein de sa communauté.

Enjoy !

Ecoutez en ligne ou, en cliquant sur le "cercle noir", téléchargez directement le fichier mp3 sur votre PC ou votre Mac...

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Séparé de toute part par son incompréhensibilité comme par une ténèbre

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves"=--=

"Ayant laissé toutes les apparences, non seulement ce que perçoivent les sens, mais ce que l’intelligence croit voir, il tend toujours plus vers l’intérieur, jusqu’à ce qu’il pénètre, par l’effort de l’esprit, jusqu’à l’invisible et à l’inconnaissable et que là il voie Dieu. C’est en cela que consiste la vraie connaissance de celui qu’il cherche et sa vraie vision, dans le fait de ne pas voir, parce que celui qu’il cherche transcende toute connaissance, séparé de toute part par son incompréhensibilité comme par une ténèbre."
Saint Grégoire de Nysse, La Vie de Moïse

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19/02/2010

Liquider les peuples

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves"=--=

« Pour liquider les peuples, on commence par leur enlever la mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Puis quelqu’un d’autre leur écrit d’autres livres, leur donne une autre culture, leur invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est, et ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite. »

Milan Hübl, historien et porte-parole des intellectuels et acteur de premier ordre lors du Printemps de Prague.

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18/02/2010

Je suis un artiste et non le porte-parole d’un million de voyous

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

Kerouac et Burroughs furent les précurseurs du mouvement hippie. Ouais... bien malgré eux, croyez-moi.

« Les bretons étaient contre les révolutionnaires, qui étaient des athées, qui tranchaient les têtes au nom de la fraternité, tandis que les bretons avaient des raisons paternelles de rester fidèles à leur ancien mode de vie. »

« je ne suis pas bouddhiste, je suis un catholique en pèlerinage sur cette terre ancestrale qui s’est battue pour le catholicisme, à un contre dix, et qui a pourtant fini par gagner, car certes, à l’aube, je vais entendre sonner le tocsin, les cloches vont sonner pour les morts. »

« Partout dans le monde les intellectuels des villes vivent coupés de la terre et de ceux qui la cultivent, et ne sont en fin de compte que des insensés dépourvus de racines (…) toute cette ordure superficielle des existentialistes, des hipsters et des bourgeois décadents. »

« Pour moi le mot "beat" ne signifit pas "débordement de frénésie hystérique sans objet", la "beat generation" ce n’était pas les voyous, ni la canaille, les durs, les je-m’en-foutistes, ni les déracinés. Pour moi, the "beat" désigne bien une route, mais la route de celui qui recherche la "béatitude", à l’instar de Saint François d’Assise. Je suis artiste et conteur, un écrivain dans la grande tradition narratrice française et non le porte-parole d’un million de voyous. ».

Jack Kerouac : Satori à Paris/ Vanité de Duluoz/ Entretiens

 

« Quand je tomberai
dans l’affre inhumain
de la mort vertigineuse
je saurai (si
assez malin pour m’rappeler)
que tous les tunnels
noirs de la haine
ou de l’amour dans lesquels
je tombe, sont,
au fait,
des éternités rayonnantes
et vraies
pour moi »

Jack Kerouac
184e Chorus
Mexico City Blues

 

Le 12 octobre 1965 Jack Kerouac adresse une lettre à Sterling Lord, son agent : « Continuez à envoyer SATORI A PARIS aux éditeurs. Je crois qu’ils sont tous furieux d’apprendre que je suis le descendant de nobles bretons plutôt que le bâtard anonyme né de leurs propres préjugés. »

 

 

« Pour moi le péché le plus impardonnable est le Mensonge parce que, tout comme la fausse monnaie, il dévalue la vérité. »

« Sans friction, sans conflit, n'importe quel système s'arrêtera. » William S. Burroughs, Ultimes Paroles

« Je pense que les revues d’avant-garde française de l’époque ont voulu enrôler Burroughs dans un combat politique passéiste et sans issue qui ne le concernait pas vraiment. Burroughs luttait contre tous les discours. Il est resté fidèle à lui-même jusqu’à la fin de sa vie. Des gens comme lui ou, dans un autre domaine comme Sun Ra, sont exceptionnels. Lisant récemment deux de ses derniers ouvrages "Mon éducation, un livre des rêves" et "Ultimes paroles", j’ai été frappé d’y retrouver deux fois cette assertion qui devrait paraître très réactionnaire aux beaux esprits de notre époque : "Les scientifiques ne m’inspirent qu’un profond dégoût. Je préfère de loin un prêtre averti et cultivé… à un vieil abruti pétochard, éternellement planqué dans les chiottes d’un univers condamné". » Lucien Suel

Et en guise de digression :

« Car ce n’est pas avec le langage châtié des "conservateurs" post-modernes que s’exprimaient Rabelais ou saint Irénée de Lyon, pas plus que sainte Jeanne d’Arc, Tertullien ou saint Thomas d’Aquin, et pas plus que Kerouac, Jack, qui fut en son temps traité de "réactionnaire" par la clique gauchiste, et pas plus que M. Zimmermann, dit "Bob Dylan", à qui la même mésaventure arrive depuis sa conversion au christianisme évangélique. » Maurice G. Dantec

Consultez cet excellent lien qui fera frémir le gôchiste lambda...

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16/02/2010

Il est vain de vouloir rendre l'époque actuelle pareille au bon vieux temps

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

 

"Le climat d'une époque est inaltérable. La dégradation continue de la situation prouve que nous sommes entrés dans le dernier stade de la Loi. Or, le printemps ou l'été ne peuvent durer toujours ni le jour de luire constamment. Il est donc vain de vouloir rendre l'époque actuelle pareille au bon vieux temps d'il y a un siècle. L'important est faire en sorte que chaque époque soit aussi bonne qu'elle peut l'être compte tenu de sa nature. L'erreur de ceux qui ont toujours la nostalgie des mœurs passés tient à leur méconnaissance de cette vérité. En revanche, ceux qui n'apprécient que ce qui est au goût du jour et méprisent le démodé sont bien superficiels."

Jōchō Yamamoto, Le Hagakure

19:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (5) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook