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16/05/2011

La chute de DSK : la fin des 30 calamiteuses ?

=--=Publié dans la Catégorie "Franc-tireur"=--=

Cette affaire new-yorkaise de DSK annonce la fin d’un cycle qui a démarré avec l’élection de François Mitterrand, le 10 mai 1981, qui a fait pénétrer la France entière dans la pensée Magique, selon le mot de Jack Lang qui affirmait, très sérieux, solennel même, que notre pays était passé des ténèbres à la lumière, une pensée qui a passé son temps à dénier la réalité, à cacher les faits divers (comme dans les dictatures… car le fait divers est toujours révélateur de l’état d’un pays, surtout quand il se répète sans cesse), et qui prend fin au moment où les droites dites populaires, nationales ou extrêmes ont le vent en poupe et grimpent à tout va vers les sommets pour le plus grand malheur de nos chers bobos qui voudraient conserver leurs petits privilèges en dépit des soucis du peuple, le peuple, ce beauf viticole, que la Gôche a toujours méprisé, de Robespierre à Strauss-Kahn, au nom de la vertu et du progressisme. Ce beauf qui préfère voter FN que PS ou PC, parce qu’il n’est peut-être pas cultivé, le beauf en question, mais il sait réagir épidermiquement aux circonstances qui sont les siennes, il voit sa civilisation changer de gueule, alors doté de son simple bon sens populaire, ce même bon sens qui horrifie le bobo de base, il tente de mettre un coup de frein à tout ce cirque. La Gôche a toujours la tête dans le cul et mille leçons à donner, parée de sa vertu, exactement comme Robespierre en son temps qui nous les brisait avec ses longs discours fleuve de quatre plombes de long où il faisait l’éloge de la déesse de la Raison et de la Vertu Révolutionnaire, la Gôche disais-je est estomaquée, elle n’arrive pas à s’en remettre. DSK en pervers sexuel, chopé par les couilles à New York par la police qui ne rigole pas avec les affaires de viols présumés ou authentiques. Menottes et photos pour la presse, films pour les médias télévisés, images pour la postérité. DSK, Dominique the SEX KILLER, comme dirait mon épouse en se marrant, avec une gueule de possédé effaré par ce qui lui arrive. Il est beau le héros, le sauveur des masses progressistes, le social-démocrate couché devant la machine à billet, l’aplatisseur de peuples qui demande à chacun d’entre eux de se plier à la banque centrale, d’abandonner son essence aux oublis de l’Histoire et de marcher vers la gouvernance mondiale le cœur plein d’espérance. Fausse religion des lendemains qui chantent, nouvelle Internationale toujours recommencée pour la joie des doux dingues rêveurs qui mangent bio, font les brocantes et soutiennent les sans-papiers pour se faire bonne conscience.

Mon épouse, qui bosse dans l’édition, est au courant des frasques de DSK, via un ponte du domaine en question, depuis des lustres, quelqu'un qui comme DSK et son épouse, Anne Sinclair, était un habitué des milieux échangistes où il les croisait l’un et l’autre, toujours ensemble et qui y est allé de quelques "condifences" de manière espiègle il y a plus de 10 ans de cela devant des collaborateurs dont Irina qui en fut amusée. D’où la complaisance d’Anne Sinclair à propos des extravagances de la bite de Dominique-nique-nique, puisqu’elle partage certains de ses vices. Et pas seulement mon épouse, mais le tout Paris informé était au courant.

Berlusconi, de droite, en comparaison, il paye des putes… bon il s’est fait couillonner sur l’âge de certaines, c’est là un autre problème, mais à quelques mois prêt il passait au travers. Berlusconi, il a du pognon et il aime le montrer jusque dans les affaires de la chair, c’est un rital méditerranéen décomplexé du porte-monnaie et décomplexé de la quéquette, certes il est vulgaire, mais au moins il est rigolo avec ses cheveux teints, sa peau bronzée et ses dents refaites. C’est pas un socialiste, Berlu, vous me suivez ? Il cache pas sa réussite sociale. Sa réussite intérieure c’est une autre affaire, ça le regarde, il s’en expliquera avec le Seigneur un jour, on verra s’il assumera complètement.

DSK c’est autre chose, ce qui le fait bander c’est le truc illégal, en dehors des lois, la soumission de la femme. Vous suivez ? Lui qui passe son temps à vouloir faire marcher droit la terre entière… enfin, quand ça l’arrange, hein ?, parce que Sarcelles c’est pas non plus une totale réussite. Mais là, en fait, y’a plusieurs choses… toute la classe politique le défend, à mon avis, pour une seule raison : tout le monde savait. Une vidéo avec Ardisson tourne sur la toile depuis hier, un peu partout, grâce à YouTube, reprenant un extrait d’une émission qu’Ardisson tenait sur la chaine Paris Première, qui montre bien que tout le Paris branché, câblé et informé savait, c’est tellement évident, et les gens ont honte parce que s’ils ne le défendaient pas (putain ! même Boutin la Catho coincée le défend !!!) cela mettrait méchamment en doute leur propre morale, parce que tôt ou tard, vous allez voir, ça va se savoir et le fait que la classe entière le défendait ça paraitra, au moins, logique : nous savions alors c’est normal, nous sommes un peu coupables aussi, veuillez nous pardonner. Alors que si la classe politique ne le défendait pas ça ferait une autre musique : nous savions, mais comme nous sommes aussi pourris que lui, mais c’est bien fait pour sa gueule, que voulez-vous ? c’est ça la politique. Faut qu'ils assurent, qu'ils gardent quelques portes de sorties, qu'ils s'assurent un peu de pitié.

Dans la vidéo avec Ardisson, une jeune journaliste écrivain, Tristane Banon, témoigne des assauts de DSK à son encontre, alors qu’il l’avait carrément fait tomber dans un piège. L’émission date d’il y a plusieurs années déjà, le nom de DSK est « beepé » et ce qu’elle a subi depuis est proprement ahurissant : pressions diverses, complots à son égard, mise à l’écart, alors que la pauvre fille qui était toute jeune à l’époque des faits, n’avait pas porté plainte contre la crapule sur recommandation de sa mère, une grosse huile du PS, qui s’en mord les doigts à présent et qui apparaît un peu partout sur les chaines d’information télévisées pour vider son sac qui lui pèse parce que trop lourd. Ce qui est révélateur, de même, d’un certain état mental qui règne chez les socialistes. Et ce silence qui a régné sur cette affaire durant tant d’années apparaît soudain comme proprement assourdissant.

Résumons-nous : DSK est, me dit-on, économiquement talentueux, politiquement exemplaire. Certes. Il n’a jamais été ma tasse de thé, mais mettons que ceux qui disent ça aient raison. Par contre, il a un sérieux problème avec sa bite. C’est tout. Tristane Banon en 2002, la hongroise économiste du FMI en 2008, Ardisson qui dit, dans la vidéo, qu’il a 14 copines qui affirment qu’il aurait essayé sur elles (bon, 14 c’est peut-être une façon de parler, mais même si elles ne sont que 5 ou 7, ça fait beaucoup), Tristane Banon qui précise qu’aucune jeune nana à l’assemblée ne veut bosser avec lui (le mec a une réputation de droit de cuissage), mon épouse qui n’est rien du tout et qui a appris de la bouche d’un décisionnaire à son taf (en même temps que plein d’autres gens, elle n’était pas seule) lors d’une réunion de travail que DSK et Anne Sinclair fréquentaient les mêmes boites échangistes que lui sans se cacher, et y’a plus de 10 ans, hein, ça révèle tout de même une certaine tendance… et à présent cette histoire new-yorkaise. Moi je pense que ça fait vraiment beaucoup. Y’a quelques mois, tout de même, DSK a été obligé de s’excuser devant le FMI et ses employés pour garder sa place… depuis tout semblait rentré dans l’ordre… jusqu’à ce que ses instincts le rattrapent ! Bien entendu qu’il pouvait se taper des « professionnelles », mais c’est pas excitant des « professionnelles » pour un obsédé compulsif comme lui, ce qui le fait bander c’est franchir la limite, aller contre la légalité, sauter sur la première gonzesse physiquement bien achalandée qui passe pour qu’elle se soumette.

Un court instant un flash me traverse l’esprit : la première rencontre entre DSK et Anne Sinclair, un viol réussi des deux côtés car consenti par Anne, cette coquine avec ses airs de sainte nitouche et de bourgeoise pleine de fausse retenue qui faisait fantasmer tout le monde dans les années 80. Un destin scellé sur le bon coup de bite et la soumission adéquate.

Reste le coup monté… c’est pas con et, dans la politique, c’est logique. Depuis une éternité on se poignarde dans le dos. Rien de plus normal sous le soleil. Ou sous la lune. Les salauds aiment les rencontres nocturnes, discrètes.

Sarkozy ? Si c’est lui, coup de génie stratégique : je te l’envoie au FMI et j’ai rien d’autre à faire, il sera rattrapé par ses démons et il fera un pas de travers, j’ai mes bons informateurs, le type est sympathique en apparence mais c’est un vrai pervers, il a noyé le poisson dans l’eau bien des fois et aux USA ça rigole pas. S’il fait un pas de travers là-bas, c’est tout bénef pour moi. Le simple fait de faire un clin d’œil à une femme, aux USA, c’est le tribunal assuré si la femme porte plainte. Parce que c’est la LOI, c’est comme ça. Je trouve ça petit, moi,  je suis un slave orthodoxe qui a hérité, par mon éducation française, d’un tempérament libertin latin… mais aux USA, c’est la Loi. La Loi aux USA, ça rigole jamais. Je me remémore une anecdote que m’avait raconté Eric James Guillemain, mon ex-chanteur au sein de Venice, à propos d’une paire de bottes en croco qu’il avait ramenée du Mexique, en repassant la frontière en direction des USA il se les était fait confisquées : le flic aux douanes, gros et transpirant, avec ses lunettes noires en train de le fixer et de lui dire simplement : « This is the law ! » Parce que les bottes en croco c’était interdit : espèce protégée. Donc on ne rigole pas : on envoie un signal et on t’emmerde. 

Monsieur DSK, les USA sont un grand pays souverain et libre... et « This is the law ! »

Si Sarkozy, en concertation avec les ennemis de DSK au PS, a fait en sorte qu’une belle black, femme de chambre, originaire du Ghana, divorcée et mère d’une enfant (donc qui a besoin de fric pour les études de sa môme), vienne juste agiter son cul devant le pervers au bon moment, ça ne serait pas étonnant. Le mec est tombé dans le piège et la seule chose qu’a eu à faire la femme de chambre en question c’est de hurler au viol, qu’effectivement le mec a tenté par pulsion plus forte que lui et que les autres témoignages français viennent peut-être pas confirmer… mais sérieusement conforter.

Si Sarko est derrière ce coup… c’est du machiavélisme d’orfèvre… de la stratégie digne de Sun Tzu et de L’Art de la Guerre : j’agis pas… je place les pions… et par le « non agir » je laisse les choses se faire. Il a compris tout Clausewitz, là, le Sarko… Mitterrand est battu à plates coutures !

Parce que comprenez bien, ici ça n’est pas une question d’intelligence, il paraît que DSK est intelligent, mais les mecs les plus intelligents ont un point faible et DSK, son point faible, c’est le cul. Voilà. Mais ça, je vous dis, moi ça fait un moment que je le sais, au point où depuis qu’on sait ça, ma femme et moi, à chaque fois qu’on le voyait à la télévision on y allait de notre petit commentaire rabelaisien en rigolant. Mais jusqu’à présent ça restait dans le domaine privé, donc l’usage de sa bite et du cul d’Anne Sinclair, ça les regardait, moi je m’en fous, mais dès que ça passe dans le harcèlement sexuel évident ou la tentative de viol avérée… ça commence à me hérisser. La Prima Nocte c’est terminé messieurs les Seigneurs de la Haute Finance.

Bon, ce sont des mots en l’air… parce qu’il y a présomption d’innocence, mais avouez que c’est tragi-comique et que les faits ne causent pas en sa faveur. Et Sinclair qui partage certaines de ses pratiques sexuelles ne peut que le défendre. C’est son mari, je ne doute pas qu’ils s’aiment, mais là c’est très limite.

Il faut avouer, de plus, que le FMI ne fait pas grand chose pour le défendre, et ce malgré la déclaration de ses hommes de mains au FMI qui avouaient qu’ils l’auraient bien gardé avec eux tellement ils aimaient son efficacité, que ça leur brisait le cœur qu’il veuille présenter sa candidature à la Présidence de la République, le FMI ne le défend pas, simplement parce qu’une fois ça va… deux fois c’est déjà trop… et voilà les dégâts.

Ivan Rioufol, le 9 mai dernier sur son Blog avait commis un texte qui accompagne à merveille tout ce qui arrive à la Gôche depuis quelques temps et dont l’affaire DSK est la pierre d’achoppement finale, « Les trente calamiteuses » que ça s’appelle et c’est juste et précis :

« Après les Trente glorieuses (Les années cinquante, soixante, soixante-dix), voici les Trente calamiteuses. Elles débutent le 10 mai 1981 et s'achèvent actuellement, sous les yeux de Français irrités par ce qu'ils endurent, avec l'effondrement de la pensée magique. Instauré avec l'élection de François Mitterrand avant d'être repris par la droite mimétique, l'irréalisme politique est, en effet, le premier responsable de la somme des désastres qui s'accumulent et qui font grossir les rangs des déçus de la gauche et de la droite. Trente ans d'utopies, de dénis des faits, de mépris des gens et de méthodes Coué ont renforcé la méfiance des électeurs vis-à-vis de leurs représentants. Une époque s'achève, avec le trentième anniversaire de l'arrivée des socialistes au pouvoir. Cependant, le PS se réclame encore de cette période, qui ne vaut que pour la nostalgie qu'elle peut éventuellement inspirer.

Cet immobilisme du PS, incapable de briser les liens avec un mitterrandisme momifié, pourrait bien être la cause de son échec en 2012. Face aux faillites des idéologies, le bon sens commande de s'en séparer au profit de politiques pragmatiques et efficaces. Or la gauche ne semble pas prête à cette révolution des esprits, quand elle défend encore la retraite à soixante ans, les emplois aidés, le mondialisme et autres sujets qui mériteraient d'en finir avec les réponses toutes faites que propose son vieux logiciel. Même si la droite au pouvoir n'est guère vaillante, elle est en train de s'émanciper de cette glaciation intellectuelle qui donne à la gauche son côté Hibernatus. Une nouvelle manière de faire de la politique doit être imaginée, sur les champs de ruines laissé par les discours automatiques. Et, sur ce terrain, je crois Nicolas Sarkozy plus libéré et inventif que DSK ou François Hollande. »

(Ivan Rioufol) 9 mai 2011 sur son Blog

Et puis ce texte du peintre chaman Ibara, qui ne mâche pas ses mots et qui l’a appelé « Les 30 calamiteuses » également :

« Giscard au tapis, l’orgueil meurtrit, s’en est allé, contrit. La gauche accédait au pouvoir. Le juif errant était enfin arrivé. La terre était fertile, l’herbe grasse et le troupeau, docilement baba cool, ressentait l’impatience d’un désir frénétique de jouissance transgressive. Une aubaine pour la clique « humaniste » aux dents longues. La vengeance en plat froid allait rassasier plus que de raison une fringale de pouvoir si longtemps contenue. Le peuple en liesse se réjouissait dans l’espérance. Les loups entraient dans la bergerie. L’histoire allait être réécrite à la gloire des sodomites et du Dieu biblique. La France se retrouvait captive d’une pensée mortelle. La mère en NTM, le racisme en SOS, la musique en exécrables concerts, le tag en art majeur, la vulgarité en idole adulée, la féminisation en accélération, la famille en décomposition, le métissage en engrenage, la culpabilité en devoir de mémoire, la décadence en ordonnance, le sang en contamination et toutes les transgressions dansaient sans circonvolution au panthéon des inversions. 10 mai 1981, date fatidique marquée du chiffre 16. La lame de la « maison Dieu » du tarot de Marseille. Destruction, calamité, misère. Trente ans plus tard, la terre est stérile, l’herbe rare et le troupeau désespéré. Le fermier est un fou dégénéré entouré de démons hallucinés, ils ne sont que l’une des conséquences désastreuses d’une espérance trahie...»

Ibara

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La terre nous résiste

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

« La terre nous en apprend plus long sur nous que les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. Mais, pour l’atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu’il dégage est universelle. De même l’avion, l’outil des lignes aériennes, mêle l’homme à tous les vieux problèmes.

J’ai toujours, devant les yeux, l’image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.

Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d’une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l’espace, on s’usait en calculs sur la nébuleuse d’Andromède. Là on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu’aux plus discrets, celui du poète, de l’instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d’étoiles éteintes, combien d’hommes endormis...

Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne. »

Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes

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