Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/02/2014

Cha­cun de nous a une âme infin­i­ment dif­férente des autres âmes et dont la prove­nance est un mys­tère

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Les cro­quants dont je suis ne savent rien ou presque rien au-delà de leurs aïeux immé­di­ats, pater­nels ou mater­nels ; mais les uns comme les autres ignorent invin­ci­ble­ment leur par­enté sur­na­turelle, et les gouttes d’un sang plus ou moins illus­tre dont se récla­ment les superbes ne con­stituent pour per­sonne l’IDENTITÉ.
Vous pou­vez savoir qui vous engen­dra, mais, sans une révéla­tion divine, com­ment pourriez-vous savoir qui vous a conçu ? Vous croyez être né d’un acte, vous êtes né d’une pen­sée. Toute généra­tion est sur­na­turelle. L’état civil dont vous êtes quelque­fois si fier ne sait absol­u­ment rien de votre âme et son reg­istre de néant ne peut men­tion­ner que votre corps cat­a­logué à l’avance pour le cimetière. S’il existe un arbre généalogique des âmes, les Anges seuls peu­vent être admis à le con­tem­pler. Les autres arbres ainsi dénom­més sont déce­vants et incer­tains. La généalo­gie des âmes ! Qui peut com­pren­dre cela ?

Vous êtes le fils ou le petit-fils d’un grand homme. Si vous n’êtes pas pré­cisé­ment un avor­ton, on vous dira que vous avez hérité de son âme, comme si ce lieu com­mun avait un sens. Cha­cun de nous a une âme infin­i­ment dif­férente des autres âmes et dont la prove­nance est un mys­tère. Elle vient d’en haut ou d’en bas, de très loin ou de très près, mais elle va où elle doit aller, infail­li­ble­ment. Il y a des êtres humains écrasés par leur âme qui paraît trop grande pour eux et il y en a une infinité qui ne la sen­tent même pas. Et cepen­dant ils n’ont que cela, les uns et les autres, et il n’est pas pos­si­ble d’y rien changer.
Ames de saints, âmes de poètes, âmes de bar­bares, âmes de pédants ou d’imbéciles, âmes de cent mille bour­reaux pour une seule âme de mar­tyr, âmes som­bres ou lumineuses, d’où venez vous et quelle Volonté inscrutable vous a réparties ?
Je sais bien que je suis né à telle époque, en un lieu déter­miné, et que j’ai un nom parmi les hommes. J’ai eu un père et une mère, j’ai eu des frères, des amis et des enne­mis. Tout cela est indu­bitable, mais j’ignore le nom de mon âme, j’ignore d’où elle est venue et, par con­séquent, je ne sais absol­u­ment pas qui je suis. Quand elle quit­tera mon corps, celui-ci tombera en pous­sière et les chères créa­tures qui me sur­vivront en pleu­rant, héri­tières de mon igno­rance, ne pour­ront me désigner dans leurs prières que par le nom d’emprunt qui servit à me séparer un peu des autres mor­tels. »

Léon Bloy, Médi­ta­tions d’un soli­taire

 

16:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Car l’espérance est un fruit alléchant qui ne rassasie pas

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« L’espérance est une charmante jeune fille qui vous glisse entre les mains. Le ressouvenir est une belle vielle femme qui ne rend pourtant jamais service à l’instant où il faut. La reprise est une épouse aimée, dont on ne se lasse jamais ; car c’est du feu nouveau seulement qu’on se lasse. Du vieux, on ne se lasse jamais et, quand on l’a devant soi, on est heureux. Seul est vraiment heureux celui qui ne s’abuse pas lui-même dans l’illusion que la reprise apporterait du nouveau ; car, c’est alors qu’on s’en lasserait. Il appartient à la jeunesse d’espérer, à la jeunesse de se ressouvenir ; mais il faut du courage pour vouloir la reprise. Celui qui veut seulement espérer est lâche. Celui qui veut seulement se ressouvenir est voluptueux. Mais celui qui veut la reprise est viril ; et il est d’autant plus profondément homme qu’il a su plus énergiquement la prendre en charge. Par contre, celui qui ne saisit pas que la vie est une reprise, que la reprise est la beauté de la vie, s’est jugé lui-même ; il ne mérite pas mieux que ce qui va lui arriver : il périra. Car l’espérance est un fruit alléchant qui ne rassasie pas ; le ressouvenir est un piteux viatique, qui ne rassasie pas : mais la reprise est le pain quotidien, une bénédiction qui rassasie. »

Søren Kierkegaard, La Reprise

 

14:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

A thief & a Congressman...

=--=Publié dans la Catégorie "Brèves Libérales"=--=

 


Cliquez sur la photo

11:05 Publié dans Brèves Libérales | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Mais, d’un autre côté, il ne l’aimait pas, car il se contentait de languir après elle

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Il commençait lui-même à se rendre compte du malentendu, et la jeune adorée lui était déjà presque un fardeau. Et pourtant, elle était l’aimée, la seule et unique qu’il eût aimée, la seule et unique qu’il voulût jamais aimer.
Mais, d’un autre côté, il ne l’aimait pas, car il se contentait de languir après elle. Pendant tout ce temps, se produisait en son for intérieur un remarquable changement. La verve poétique que s’éveillait à une échelle que jamais je n’aurais cru possible.
A cet instant, je compris tout et sans peine : la jeune fille n’était pas son aimée ; elle était l’occasion, pour le poétique, de s’éveiller en lui ; elle le rendait poète.
C’est pourquoi il ne pouvait aimer qu’elle, sans jamais l’oublier, sans jamais vouloir aimer quelqu’un d’autre ; et pourtant, il ne pouvait que languir après elle, continuellement.
Elle était embarquée avec lui, mêlée à tout l’essentiel de son être ; sa mémoire, en lui, serait éternellement neuve. Elle avait été beaucoup pour lui : elle l’avait rendu poète. Mais, par là même, elle avait signé son propre arrêt de mort. »

Søren Kierkegaard, La Reprise

 

07:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Dieu garde tout homme d’une fidélité pareille !

=--=Publié dans la Catégorie "Lectures"=--=

 

« Rien, d’ailleurs, n’est plus séduisant, pour une jeune fille, que d’être aimée d’un homme à l’humeur sombre et enclin à la poésie. Si elle se montre tout juste assez égoïste pour s’imaginer qu’elle l’aime fidèlement en se cramponnant à lui au lieu de le lâcher, elle a, dans la vie, une tâche bien commode : elle jouit, d’un seul coup, de l’honneur et de la bonne conscience d’être fidèle et par-dessus le marché, de la quintessence de l’amour-passion, de tous le plus exquis ! Dieu garde tout homme d’une fidélité pareille ! »

Søren Kierkegaard, La Reprise

 

05:00 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook