09/04/2014
Les manquements de la conscience humaine, privée de sa dimension divine
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« Les manquements de la conscience humaine, privée de sa dimension divine, ont constitué un facteur déterminant dans tous les grands crimes de ce siècle. Le premier a été la Première Guerre mondiale, puisqu’une bonne partie de notre situation actuelle en découle. Cette guerre (…) a eut lieu quand l’Europe, débordante de santé et de richesse, est tombée dans une folie d’automutilation qui ne pouvait que ruiner sa force pour un siècle ou plus, et peut-être pour toujours. La seule explication possible à ce phénomène est une éclipse spirituelle chez les dirigeants de l’Europe, qui avaient perdu la conscience d’une Suprême Puissance au dessus de leur tête (…). Seule la perte de cette intuition supérieure émanant de Dieu a pu permettre à l’Occident d’accepter calmement, après la Première Guerre mondiale, l’agonie prolongée de la Russie, mise en pièces par une bande de cannibales (…). L’Occident n’a pas compris que c’était en fait le commencement d’un processus durable qui annonçait un désastre pour le monde entier. »
Alexandre Soljénitsyne, Men have forgotten God, National Review, juillet 1983
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Les piliers de l'ordre bourgeois
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« De nombreux militants de gauche s'insurgent encore contre la famille autoritaire, le moralisme anti sexuel, la censure littéraire, la morale du travail et autres piliers de l'ordre bourgeois, alors que ceux-ci ont déjà été sapés ou détruits par le capitalisme avancé. Ces radicaux ne voient pas que la personnalité autoritaire n'est plus le prototype de l'homme économique. Ce dernier a lui-même cédé la place à l'homme psychologique de notre temps -dernier avatar de l'individualisme bourgeois. »
Christopher Lasch, La culture du narcissisme
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Il est fatal et légitime que la prépondérance intellectuelle appartienne à celui qui possède la prépondérance économique
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« En 1914, à la veille de la guerre, Barrès revenait d’un voyage au Proche Orient. Partout, il y avait admiré nos instituts et nos écoles prospères encore, mais les maîtres allaient manquer puisque les noviciats étaient interdits en France. Barrès alla donc trouver Jaurès : "Monsieur Jaurès, lui dis-je, je viens d’aller par terre de Beyrouth à Constantinople, après un arrêt à Alexandrie. Précédemment, j’avais visité la Grèce et l’Egypte. Savez-vous à quel point, dans tous ces pays, c’est notre esprit qui domine ?" Mais faute de recrutement, ces écoles étaient menacées de ruine. Il fallait que Jaurès aidât Barrès à rouvrir les noviciats de France, sinon l’Allemagne, dont la situation économique dans le Levant l’emportait déjà sur la nôtre, se substituerait à nous.
La réponse de Jaurès fût étonnante : "Monsieur Barrès, il est fatal et légitime que la prépondérance intellectuelle appartienne à celui qui possède la prépondérance économique. Je ne m’associerais pas à votre campagne." »
François Mauriac, Bloc-notes 1952-1957
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